DANDINI. DANTE.
(c) Simon,Fr-face dxVoyage duMont Li-ban, eju'ìl atraduit de PI-tait en de ceJésuite.
(d) Votez, saRelation.
(tf) L'Editionde Hollandemet malr 5 99.
(4) Siir.on,préface de laTraductionFranç. duVoiage duMont Li-ban.
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les accusera pas d’avoir siaté leur Confrère, ni d’avoir trop recherché à le montrer par sesbeaux endroits, lors qu’on saura ce que le Pere Simon dit de lui. 11 dit que Dandini étoìt dunefamille noble d'Italie , dont il y a encore aujourd'hui des Comtes qui -portent ce nom , (5? qui demeurent àCefene ; que c’étoit un homme ,, qui avoir un esprit pénétrant, un jugement tolide, & une
„ grande expérience.; qu’outre la Théologie de l’Ecôle , qu’il lavoir parfaitement, il pof-
,, lédoit la Théologie des Peres, & fur tout la Morale, dont il a composé un excellent Ouvra-
,, ge.: de sorte que le Pape ne pouvoir choisir un homme plus capable de traiter avec les
„ Maronites ; qu’il est vrai que la conoislànce des Langues Orientales lui manquoit, mais qu’il„ supiéa facilement à ce défaut par le moien des interprètes dont il sc servit (c) Je laisse lesautres éloges qu’il lui donne (C). On auroit tort de vouloir faire passer ces louanges pour sus-pectes , & d’en donner pour raison que ceux qui traduisent ou qui commentent un Livre se pré-occupent extrêmement à l’avantage de l’Auteur , & se rendent les Protecteurs perpétuels , ou mê-me les Panégyristes de ses scntimens ; car on ne peut pas en user plus librement envers un Au-teur , que le Pere Simon en a usé envers le Pere Dandini ( D ) : il le critique, il le réfute forte-ment en mille rencontres, dans les Remarques qu’il a jointes à la Traduction du Volage du MontLiban. Voilà un Livre qui a été inconu au P. Sotuel. 11 set imprimé à Cesene , en i6s6 ,fous le Titre de Miffione Apoflolica al Patriarca e Maroniti del Monte Libano. 11 contient laRelation du Voiage de ce Jésuite vers les Maronites , 6c à Jérusalem. Le Pere Dandini ensei-gnoit la Philosophie à Perouse {d) en 1596- f ) , lors qu’il set choisi par Clement VIII. pourla Nonciature du Mont Liban. 11 s’embarqua à Venise le 14. de Juillet 1796. & il fut de retourà Rome au mois d’Août de l’année suivante. 11 en partit peu après pour aller exercer en Polo-gne la charge de Provincial. La Traduction Françoise , qui a été faite de son Voiage par le Pe-re Simon , set imprimée à Paris l’an 167s. ct rimprimée à la Haie en 1685. Elle ne contientpoint le Voiage de Jérusalem ( E ).
( C ) Je laisse les autres éloges que le P. Simon lui donne. ]Le Pere Dandini, dit-il (4) , ” tâcha de se dépouiller de„ tous les préjugez qu’il attribue à ceux qui avoient été a-„ vant lui au Mont Liban. II ne s’en raporta pas tout-à-fait„ aux Bulles des Papes qui faisoient pourtant la meilleu-„ re partie de i'es instructions , parce qu’il ne jugea pas„ qu’iis fussent infaillibles dans les faits dont il s’agissoit.„ Mais il écouta avec bien de la patience le Patriarche 8c„ les principaux Maronites , qui fe plaignoient de quel-„ ques Jésuites qui l’avoient précédé dans le même em-„ ploi , 8c toutes ces précautions font des preuves con-„ vaincantes de fa sage conduite. Auílì semble-1-il n’a-„ voir eu autre chose devant les yeux , que de découvrir„ la véritable créance des Maronites. Cependant, com-„ me l’on verra dans les Remarques que j'ai jointes à ma„ Traduction , toute la pénétration de son esprit 8c tous„ les efforts de fa prudence ne purent empêcher qu’il ne se„ laissât surprendre.
( V ) On ne peut pas en user plus librement envers un Au-teur , que le Pere Simon en a usé envers le Pere Dandinii] LeSdernieres paroles de la Citation précédente le font sentir. Di-sons le jugement qu’il a fait du style de ce jésuite. Sonstile,dit-il (5) , eft quelquefois fi négligé c? fi rempli de mots super-flus , d’épithètes inutiles, zv d’exaggerations, que j’ai cru qu ilétoit plus à propos de m appliquer à rendre son sens que sesparoles, quoi que d'ailleurs je garde presque par tout quelquechose de son caraSlere. Pour écrire aujfi avec plus de netteté,j'ai été souvent obligé a faire deux ou trois périodes d'une desfiennes.
(E) ha TraduStìon du Pere Simon . ne contient
point le Voiage de Jérusalem .] La raison que le Traduc-teur en donne est que comme nous avons un grand nom-bre de semblables Relations , il a cru qu il pouvoit fe dispen-ser de donner celle-ci au public , parce quelle ne contientpresque rien qui n ait été déjà remarqué par d'autres voya-geurs.
WReusner.t n Oiario,ptg. Ii.
(b) Volater-rjmis, Cora-mentar. Ur-banor. Libr.XXI, p,g.tn. 770.
DANTE, l’un des premiers Poètes d’Italie , naquit à Florence le 27 de Mai (a)
12 6s {b), 11 étoit de bonne Maison (^) , & il set élevé aux belles Lettres avec un grand • pold^t,
soin (c). 11 eut entre autres Maîtres le fameux Brunetti (d) , qui étoit l’un des plus habiles 6- sc sis<
hommes de ce tems-là. 11 fit bientôt éclater l’inclination que la nature lui avoit donné pour la fs'i
Poésie (e)-, & comme il devint amoureux dès que l’âge le lui permit (B ), il versifia beaucoup
dans fí) 't° ï su
(c) Idem , ibidem. xanus, Comment. Libr. XXf ,
(i) Il fe ditte Pere ditBisaïeul deDante, dansle Chant XVd» Paradisde ce P ocre,
pa%. »». zzr.
(r) Vel neposvelfilins. Pa-pyr. Maílo,in Elog.Tom. H, pag.3 6 . Bullart,Académiedes Scienc.Tom. II,pag. 306, nedevoir pasdire le ne-veu.
( 3) Votez, leParadis deDante ,
Chant XVI ,P*£-m 3 39.(4) Dante,au Chant VIdu Paradis,
O) Le mime,
AX Chant X
( A) il étoit de bonne Maison.’] On prétend que Caccia-guida son trisaieul ( 1 ) étoit fils ou petit - fils ( z ) d’EliséeFrangipani, fk qu’il épousa une Demoiselle Ferraroise dela Famille Aligheri. On ajoute que le fils de Cacciaguida& de cette Demoiselle prit le nom & les armes de fa rne-re, 8c que de là vint que la Famille de Dante eut le sur-nom d’Aligheri ( 3 ). Notez que Cacciaguida naquit à Flo-rence l’an 1160 (4). Les ancêtres de Dante, fort attachezau parti des Guelphes ( 5 ), furent chassez deux fois de Flo-rence par les Gibelins. Quelques-uns prétendent qu’il fautlui donner les noms de Vante d'Alighieri del Bello , & qu A-lighieri étoit le nom de son pere, 8c Bello le nom de fa Fa-mille. Volez les preuves qu’en donne Vincent Buonan-ni (6). Au reste, le nom de notre Poète étoit Vurantes,dont par abréviation on fit Dantes , pendant qu’il étoit en-fant (7). Grangier se trompe visiblement dans le Passageque je vais citer. II sert de Commentaire à quelques Versoù Cacciaguida déclare (8) qu’il vaut mieux qu’il ne di-se rien de ses ancêtres, ni du lieu qu’ils quittèrent pourfe retirer à Florence, que d’en parler. Ce qu il dit par mo-destie , ce sent les paroles de Grangier (9), plustost qu il nesceuft autre plus ancienne origine des fiens, ou que par defiusCacciaguida leur famtlle aye efté de peu d’estoffe, obscure, zjysans nobl.ejse. Car Vante semble designer en l’Enfer que ses an-ceftressoient descendus des anciens Romains, qui baflirent Flo-rence, âpres avoir quitté la Colonie de Fiezcla, au xv chant seplaignant de son exil , CX du tort que luy faisoient les Floren-tins , il fait ainst parler Ser Brunefto Latini.
de /'Enfer.
( 6 ) Dons fouDiseorsosopra l’In-ferno deDante, pag.2, 3, &184.
Faccian le bestie Fiezolane strame,
Di lor medesme, & non tocchin la piántaS’alcuna serge ancor nel lor lettame,
In cui riviva la sementa fauta
Di que i Roman, che vi rimaser quando,
F u fatto il nido di malitia tanta.
11 est sur que Dante ne veut rien dire de particulier àlouange de ses ancêtres, & qu’il marque uniquement q
M Volaterranus , Libr. XXI , Mj. 770 (s) D ,„ s ifchont xvi du Tara
(9) Grangier, Commentaire lut le Paradis de Dante, pa S . 3 S i, ,;r.
y avoit dans Florence quelques Familles qui descendoientdes anciens Romains. Combien y a-t-il de villes parmicelles qui ont été des Colonies Romaines, où de simplesartisans issus de personnes de la lie du peuple depuis vingtgénérations ne mentiraient pas s’ils disoient à tout ha-zard qu’ils descendent des anciens Romains ? dequoi servi-rait cela pour prouver que leur Famille est illustre, & du-ne noblesse relevée ?
(JB) Il devint amoureux des que Vâge le lui permit.] Voi-là comment il me semble que j’ai pu traduire ces paroles , ide Volaterran, amavit in adolescentia Beatricem (10). Cet- r»-te Béatrix étoit fille de Folco Portioari (n): quelques-uns vM nprétendent que notre Poète l’aima fort honnêtement, maisque lors qu’elle fut morte il se dérégla beaucoup , en s’a- 77> ’bandonnant à l’amour lascif (iz). D’autres disent que l’a- fj, l>,mour pudicque qu il lui portoitsut cause qu après fa mort il mit S' eI f yX*la chose vraye à une fantafìe poétique, saignant que Béatrix est u rg* t ‘la Théologie ( 13 j. Ceux qui ont lu son Poème savent que f ds» iC ’Béatrix y moralise beaucoup , 8c qu’elle y soutient le per- p,g. t 10 'formage d’un Docteur grave. Lisez ce qui suit, vous y ) vi°'.trouverez d’ailleurs qtt’elle ne fut que la seconde Maîtres- ^ ll? io fjso.se; mais défiez-vous de cela. ” On remarque qu’il eut,, deux Maistresses en son jeune âge, l’une nommée Gen- coi^ )0„ tucca , de laquelle il devint amoureux étant en la ville l’ IO p a „te»
» de Lucques : l’autre Béatrix Portinaria , fille de Folco ,7.
,, Portinaria , qu’il aima d’une ardante , mais pudique as- e ' Glí a-,, section. Comme cette amour se mêloit souvent parut/ L" y*r ! s„ les sublimes conceptions de son esprit, il la voulut éter-„ niserparses Vers, en voilant la Théologie fous le beau L d „to<e lS s 0 .„ nom de Béatrix : 8c délirant de suivre les traces de Vir- te ,p*t s„ gile dans la descente de son Enée aux Enfers, il intro- .
„ duit cette fille de l’Empirée , qui vient lui donner ce„ Prince des Poètes Latins pour conducteur en des routes des ssf,, si obscures , 8 c si mal-aysées (14) ”• H est sûr que cet- 7-""-te Gentucca ne set point la préniiere maîtresse de Dante: ,08-il ne l’aima qu’après avoir été exilé ; il l’aima pendant lcséjour qu’il fit à Luques depuis son bannissement (15^ pNotez que le NOM de ses maîtresses s’est mieux conservéque celui de ses trois femmes. Papyre Masson avoue qu » p*S‘