DANTE.
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gncur à sa plume Sc à son esprit. Quelques-uns doutent un peu de ce qu’on allure qu’il futÍH ìmwiic ccuc -^ n " ^ Paris quand il le vit exilé (k). Le plus coníidérable de ses Ouvrages est le Poe me{i<J. r " que son nomme Comédie de VEnfer , du Purgatoire , 0° du Paradis. 11 a servi de Texte à quel-ques Commentateurs (G.) , 6c il a fourni une matière de guerre à plusieurs Critiques ( H). ílcontient certaines choses qui ne plaisent point aux amis des Papes, 6c qui semblent signifierU) vo/tx. í* que Rome eit le siégé de l’Antechriíl (l). Un autre Livre de Dante a fort déplu à la Cour de. |^ om - } à l’a fait passer pour Hérétique (/). N'oublions pas que ce grand Poète trouva des
patrons
($7) Gran-ger, Com-menuirefur le Pur-gatoire deDante404.
(a 8) Nico-las de Mon-tand, Mi-roir desFrançois,Livr. 2 » pdg.17 , 18,
Edit. de
1 $ 8í.
( 39 ) Votez,<tcLw> la T{e-tnttrcjtíe ( 5 )df t y .ArticleDempst'■ r ,le Scandaledes Paujlens ,
( 40 ) Vatez.entre autresFi iíJ us II -lyrií’-i's, înG-itilogoTestiumVer'' itis, à 0Wolíìus , A(*I VolumeLectionummemorabi-lium, &rccondita-lum, pag.m, 61 r.
( 4 .) j\ú
vu une Edi-tion de Venisefaite (jecroi)sur celle-là ,en 1578 , infolio , dédiéele 10 Juin1578, parGio. ÍAnt .r Rampaz.etto »à Guillaumede G<,nz.aguoDuc deMan-
( 4 z) Et nonpas au grandDuc Came ,comme Mi-chel Poc-cianti deScriptor.Florent.pag. 1 69 ,Cassure,
(4O F»eand.AlbertDescript.Ital p. 495,
(44) 'Au
Raportons k Paraphrase du Traducteur (37): „ Le temps„ viendra bien toit ^ dict il) que l’ire de Dieu se débon-„ dera d’une telle façon au grand malheur de la Republi-„ que de Florence, pour les impudicitez 8c vilainies des„ Dames Florentines, que fi l’on veut appaifer son ire, les„ Prédicateurs seront contraints de défendre publiquement„ quelles ne portent plus leurs gorges 8c poitrines ouver-„ tes. C’est ce qu’il veut dire, Nel quai sarÀ in Pergamo,, (il nomme ainsi la chaire de v.rite) ìnterdetto A le ssa-,, ciate donne Piorenttne , proprement eshontees , L’andar,, monstrando con le poppe il petto, c’est-à-dire, d’aller par la„ Ville la gorge découverte pour monstrer leurs grosses„ mammelles, 8c l’estomach relevé Un Ecrivain Fran-çois du XVI siécle a exprimé plus fortement cette especede nudité , dont il blàmoit les Françoises. Quant à nosfemmes, dit-il (38), elles ont appris la. maniéré des soldats dutemps présent, qui font parade de monstrer leurs Poitrinals do-rez , ey reluifans , quand ils vont faire leurs monstres ; caralant à leurs mejfes gagner les pardons , ou soit qu’elles aillenten Ville visiter les vergiers, ou jardins , ou autres lieux secrets ,qu il n est fiant à dire, zy pour caufi, elles font leurs monstresde leurs poitrines ouvertes ,monstrans leurs ceints, diaphragmes,le cœur, lespoulmons, zy autres parties pcïïorales qui ont unperpétuel mouvement, que ces bonnes dames font aller par com-pas , ou mesure, comme un horologe, ou pour mieux dire commeles soufflets des marefihaux, lesquels allument le feu pour servirà leur forge : ainsi de mesmes vont nos damoiselles , lesquellespar les soufflets ou respirations de leurs poulmons, allument lefeu du exur des tìelìogabalistes de nostre Cour , lesquels ne sentdéfia que par trop esseminez, c? efihaujsez en leurs concupiscen-ces , mais pour les mieux inflammer ou brujltr du tout , nos Me-dées de Cour inventent tous les artifices que nature a peu pro-duire , pour aider au genre humain à bon usage , asm de les con-vertir en chofis lascives, infâmes, zy sordides. L’abus ne futpas si grand quelques années après (39).
Les Protestans opt bien fait valoir les invectives de Dan-te contre les abus de la Cour de Rome (40). Voler, ci-des-sous la Remarque ( I).
(G) Son Poème de VEnfer ,zzc, a servi de Texte u quelquesCommentateurs. ] Voler. l’Édition qui fut fáite de ses Poé-sies saliennes à Venise, l’an 1564, in folio, par les soinsde François Sansovin (41): vous y trouverez les Notes deChristophle Landinus , 8c celles d’Alexandre Vellutelli.Celles de Vincenzo Buonanni fur l’Enfer de ce Poète mefont tombées depuis peu entre les mains : elles furent im-primées à Florence, i» 4 . l’an 1372, 8c dédiées à Françoisde Medicis Prince de Toscane (42.). L’Auteur promet-toit un semblable Commentaire sur le Purgatoire 8c le Pa-radis de Dante: je ne fai point s’il a tenu fa parole; maisje fai que Bernardino Daniello a commenté tous ces troisPoèmes , 8c que long-tems avant lui Benvenuto d’Imolaavoit fait la même chose avec beaucoup d’esprit 8c d’éru-dition. Btnevenutus fummus Philosophas zy po'èta Comœdia-rum Dantis interpres, qua in re cum excellenti ingenio doílri-nam quoque summam ostendìt (43). Grangier, Conseiller 8cAumônier du Roi, 8c Abbé de Saint Barthelemi de Noion,les a mis en rime française, 8c commentez. Son Ouvragefut imprimé à Paris, l’an 1597, en 3 volumes in 12. Mr.Baillet (44) vous instruira des jugemens que les Critiques ontfait de ces trois Poèmes. II dit, qu’au sentiment de Castel-vetro, ils doivent passer pour un Poème épique, quoi queles Italiens leur aient donné le titre de Comédie. II faut no-ter que l’Auteur même le leur donna (45). Au reste ceuxqui pour prouver qu’il y travailloit avant son bannissement,nous viendroient dire que le Chant XXI de son Enfer futcomposé l’an 1300, nous allégueroient une foible preuve;car il s’est joué des dates à là fantaisie. N’introduit-il pas desgens qui lui prédisent ce qui lui étoit déjà arrivé (46)? II setransporte donc en un tems antérieur à celui où si faisoit son
comir.ine- Poème.
nmn dejo II. ( . çy a fourni une matière de Guerre à plusieurs
gcm-níTur Critiques. ] Les uns ont censuré Dante, 8c les autres ont
les Postes, écrit son Apologie. Jaques Mazzoni passe pour l’un des
, . . plus doctes de ses Défenseurs. II publia deux Volumes con-
Uchumxvi tte un certain Castravilla , qui avoit critiqué Dante (47).•st'Xxi dc Un savant homme de Siene , nommé Bellifaire Buigarini,l’Enfer. fit âez Notes contre cet Ouvrage de Mazzoni, à la prière(4«) Vqíiz. d'Horace Capponi Evêque de Carpentras. Quelqu’un lesu-atjfeus a- lui déroba, 8c les publia fous son nom , 8c sous le Titre detatim (76). brevis atque higeniosa contra Dantis opus Disputatio. On le(47) Nicius convainquit si fortement de son vol , qu’il fut obligé detrythra-us, chanter la palinodie. II la rendit publique conjointementl inaroth. 1, avec im Ouvrage où il répondoit aux Objections de Bul-6S - garini contre Dante. Un savant homme de Boulogne ,nommé Jérôme Zobbius, prit part à cette querelle, 8c pu-blia un Ouvrage lan 1583 , qu’il intitula , Dames ey Pe-trareba ab Hieronymo Zobbio defensi. Buigarini, profitant decette occasion de manifester plus sensiblement la fraude desoii Plagiaire, lit voir le jour à un nouveau Livre où il rc-
fiitoit ce que Capponi avoit oposé aux IV prémieres Par-ties de ses Remarques contre Mazzoni. II en publia deuxautres, l’un contre celui de Zobbius , l’autre contre lá Pa-linodie 8c l’Apologie du Plagiaire. Voilà déjà quatre Ou-vrages de Buigarini. II en publia un autre en Italien, oùsi réfuta ce que Zobbius. avoit écrit pour la Défense deDante touchant les particules poétiques. Son sixième Ou-vrage a pour Titre: Bellifarii Buigarini, Aperti, Academicimthronati , Nota ad primam Dantis defenfi partem JacobiMazzoni ., Enfin il fit imprimer un Livre contre un Ma-nuscrit qu’on attribuoit faussement à Speron Sperone , 8cqui soutenoit la cause de Dante (48). On prétend qu’ilsortit victorieux de ce long combat, 8c que la force de sesraisons fit établir que la Comédie de Dante n’apartenoit àaucune espece de Poème , vu qu’elle étoit éloignée despréceptes d’Aristote. Ne multis morer, finis fuit eiusmodi,ut Bulgarinus certaminis vìâîor difiederet, cum, certijfimis va-lidijfimisque ratiombus, adversariorum copias, pro Dante pro-pugnantes, profligaffet, obtinuiffetque, illius comœdiam , verampoèmatis cujuspiam rationem non habere, quod ab Ariflotelispraceptis longiffime aberraret (49). L’Ugurgieri nous aprendque la Comédie de Dante excita parmi les Doctes 8c lesvirtuofi d’Italie une des plus mémorables Guerres que l’onait vues en ce genre-là (50). II ajoute que l’Ouvrage deMazzoni attisa ce feu, 8c que l’Ecrit qu’on vola à Bulgari-ni, 8c que le Plagiaire fit imprimer sous son nom , fut lapierre de scandale. Buigarini réclama son bien en publiantcet Ecrit, 8c en y mettant son nom: il fut réfuté par lePlagiaire; mais il revint à la charge, 8c se prévalut de laconfession du vol. Sa Répliqué fut imprimée à Siene, l’an1588: j’en raporte le Titre, afin de faire conoitre le nomde ce Plagiaire, qui n’a point encore paru dans les Listesde cette forte de voleurs. Il Bolgarmo avvantaggiotofi nellacausa per la confejjtone del furto rispofi ail’ Awersario con unlibro fiampato per Luca Bonetti in Siena l’anno 1588 che su in-titolato ; Difefi in rispofia dell’ Apologia t Palinodia di Monft-gnor Alesfandro Cariero Padovano in propofito délia Commediadi Dame (51). Lilius Gyraldus parle d’un Religieux Au-gustin , qui avoit eu dès fa jeunesse une grande préventionpour Dante, 8c qui réfutoit en toutes rencontres les Criti-ques de ce Poète. Certe in eo (Danthe) poèticam dispofitio-nem majoremque diligentiam plerosque defiderare video , ejusqaelingua nitorem : quos foannes Stephanus eremita, cs° amìcuscharïjfimus, C? munìceps nofler, qua est eruditione, cy quo àteneris erga Danthem fuit studio, mìrabiliter filitus est refelle-re (52). Je ne trouve point ce Jean Stephanus dans YAp-parato de gli Huomini illustri délia Citta di Terrara, publiél’an 1620 par Agostino Superbi da Terrara, Theologo e Prédicattore de' Minori Conventali. Gyraldus ajoute que les MoinesOlivetains conservoient comme un thrésor la Version Latineen Vers hexamètres , qu’un d’eux avoit faite des Poésiesde Dante : Vidi qui Latinum Danthem fecerat carmine hexa-mètre , ex Olivetanis videlicet fidalibus Piftorienfim quendameorum temporum : quem librum (proh fumme optime Deus,quanta custodia asfervatum in Olivetano coenobio j ipfì non fi-ne ambitione mihi , tanquam rem facram aliquam ostende-rant (53).
( 7 ) . . . Un autre Uvre . . . l’a fait passer pour HérétiquesC’est celui de Monarchia : il y soutient que l’autorité desEmpereurs ne doit point dépendre de celle des Papes.Voilà son Hérésie (54) : Scrípsit prater hac Opusculum deMonarchia, ubi ejus fuit opinio quod imperìum ab ecclejìa mi-nime dependeret. Chjus rei gratia tanquam h&reûcns poft ejusexitum damnatus est , cum aìiorum, tum Bartoli jurisperiti fin-tentia super lege I. c. prasules. lib. dìgeftorum de inquirendisr f\ s ( 55 )- Monsr. de Sponde Evêque François se montreici tout-à-fait Ultramontain ; car il raporte* cette Remar-que de Volaterran fans y joindre nul correctif (y6). II enuse de la même maniéré en citant St. Antonin , qui a ré-futé amplement, dit-il, Terreur la plus capitale qu’si aittrouvée dans les Ecrits de ce Poète, c’est a’avoir diminuéle pouvoir des Papes fur le temporel des Rois. &uem(Dantem) egregias animi dotes ac (cientia laudem zy pr&clarafiripta, tum aliis erroribus maculasse obfirvavit sandíus Anto-ninus (*) ; tum eo maxime, quo tertià parte traélatus fui deMonarchiâ conatus est deprimere auctoritatem Romani Pontiji-cis supra Imperatores fin Reges Romanortim in temporalibus,quem idem Antoninus pluribus confutat ( 57 ). Un véritableDisciple de la Sorbonne, 8c un vrai enfant de l’Eglife Galli-cane , n’auroient point parlé de la forte. Notez que cet An-naliste n’ose point spécifier les autres erreurs que St. Anto-nin a observées dans notre Poète. Le Poccianti n’a pasété si discret : car il nous aprend que St. Antonin a censuréDante d’avoir oublié le limbe des petits en fans, 8c d’avoírconsidéré comme une bassesse d’ame T abdication volontai-re du Pape Celeftin (58). 11 ajoute qu’en cela, Sedans ledogme de l’indéperulance des Empereurs, ce grand Poètemérité d’être blâmé, hi his cidpandus venit vates ifte terglo-riofiístmus (59). B est assez simple pour assurer que les