DANTE.
4 s
patrons illustres dans fa disgrâce , mais qu’il nc fut pas toujours fe conserver leur affection (K) -,car 3 quoi qu’il fût assez taciturne, il donnoit à sa langue en quelques rencontres un peu trop de
libcr-
faintes Lettres , Sc que les Lettres humain.s expliquent entrer en examen de ces choses, conféré à Bellarmin les Anim-par tout combien l’opinion de l’indépendance est erronée; adverfions du datte Junius ,esquelles il trouvera de solides con-í- ar ’ dit-il, comme la Lune est illuminée par le Soleil, ainsi firmatìons contre toutes ces illusions cy elustons,cy verra claire-’â pUÌÍÎssJlcc temporelle cil illuminée par ^ rniissin/v» frai,-,'- ■yp.ûrit st s» t hn-m-mP. TJfílOtt l jinteÇftr'îst en un (ifíff
tueìle. Voici ses paroles ; il est bon dest 11 aucun Lecteur ne me soupçonne de supercherie.
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rum ìn tenta parte Monarchie, affirmât Komanos Imperatorcsnullam dependentiam habere à Papa , fed à solo Deo, nifi inficâlantibas ai forum animarum , non autem in rébus tempora-bbtis, qtioi quam erroneum fit , ubiqiie locorum in humants ct*àïvinis literis explicatur, ficut namque luna illuminatur à fi-> ita poteflas temforalis à fpiritualì ( 6 o ).
Mr. du Pieds Mornai raporte plusieurs opinions de Dan-te, qui ne font guere conformes au Papisme (6i ) : „ II fit» un Traité intitulé, Monarchie, où il prouve que le Pape» n’est point au dessus de l’Empereur, Sc n’a aucun droit" Pur l’Empire ; Directement contre la Clémentine Pafto-»> ralis, qui prétend l’un Lc l’autre; Envient mesmes jus-,, ques à dire en son Purgatoire :
,, Di hoggi mat che la Chiefa di Roma„ Per confonder in fs due reggtmentí„ Cade nel fango es? fe bruta cy la soma.
,i Di maintenant que l'Eglise de Rome,
„ Qui fond en un les deux gouvernemens,
,, Tombe en la fange, Sc se gaste, & la somme.
” Se perd elle mesme & la charge qui lui est commise.
„ Réfuté auflì la Donation de Constantin, qu il maintient>> n’estre de fait, & n avoir peu de droict; Et pour ce fut„ par aucuns condamné d’Hérésie. Que les Decretistes, gens„ ignorans de toute bonne Théologie cy Philosophie, afferment,» que les traditions de íEglise font le fondement de lafoy;cho-,, fe exécrable, veu. qu on ne peut douter , que ceux qui devant» les Traditions de l'Eglise ont cre'.i au Christ fils de Dieu ,fiit-> à venir, soit venu fiusrir pour nous cy esperans ont efié fer-„ vens en charité, ne soient ses cohéritiers en la vie éternelle.» En son Poème du Paradis en Italien, fe plaint, que les, Pape de Pasteur est devenu Loup Sc a fait desvoier les-> brebis ; Que pour ce l’Evangile 8ç les Docteurs font de-j> laissés 8c ne s’estudient qu’aux Décrétâtes ; Qu a cela3, font attentifs lc Pape 8c ses Cardinaux ; Ne vont points, leurs pensées à Nazareth, où l’Ange Gabriel ouvrit fes3, ailles, mais au Vatican 8c autres lieux choisis de Rome,3, qui ont esté le Cemetiere à la milice , qui suivit saincts, Pierre , 8c en ont proprement à Rome enseveli la doc-3> trine; Que jadis on fsisoìt la Guerre à l’Eglise par glai-3, ves, mais que maintenant on la fait en lui ostant le pain,3, que Dieu lui donne, 8c qu’il ne desnie à personne sça-3, voir la prédication de sa parole, Mais toi, dit-il, adres-„ sant sa parole au Pape, qui n'efcrìs que pour effacer, ou par3, un Chancelier ,pense que Pierre i -y Paul, qui moururent pour” ■ ?- Se, í ncur que tu gastes, vivent encor-, mais tu ne
” ZT - A n ' m la fífi à un autre lieu, Que c’est„ chose indigne, que lEscnture divine soit du tout mi-3, se en arriéré , ou violentée ou torse ; Qu'on ne consi-3, dere point combien de sang elle a cousté à semer au„ monde ; Combien elle est agréable à qui s’en accoste„ avec humilité; Qu’au contraire, chacun tasche à se fai-,, re valoir par ses inventions 8c l’Evangile se taist ; Les„ Questions vaines, les fables retentissent fur la chaire tou-„ te l’année 8c s’en retournent les povres brebis repeues» de vent ; Et plusieurs autres lieux s’en pourraient tirer,, contre les pardons 8c indulgences du Pape, Lc autres abusde l’Eglise Romaine, qu’il nous dépeint de forte, qu’il est
nn’ìl ‘varz-vit- Kiari 1 - -1 - i» *
.. __ répondant à ce Passage (62 ),
‘ffiniTpZÍ qbserve I, que Dante étoit Gibelin (63 ), 8c plein de ressen-*»* p. 1 ° riment des maux que lui avoir faits la faction contraire.
II. Que Dante advoue cy la donation cy la cause qu'on allé-gué de la donation, À fçavoir la guérison de la lepre de Cons-tantin. Bien eft il vray qu en ce Livre de la Monarchie (j.),il tasche de prouver que Constantin ne l'a peu faire, £ autantque cefioit démembrer l'Empire: mais un Poète n est pas jugede cette matière d'F.stat. III. Qu’en ce qu’il a dit des tradi-tions , il n’y a point de mal, moiennant qu il soit sainemententendu. IV. Qu’il ne blâme que les Papes de son temps,qu il traiéle comme ennemis ey persécuteurs de fa faílion. V.Que quand il parle de ces Pontifes, il proteste de reverer leurdignité, encores qu’H blâme leurs personnes. VI. Qu’il n’a con-damné que les impofteurs qtti prefehoient de fausses indulgences,ou faifoient un sordide trafic des vraies. Voici quelques Versdu Dante raportez par Coëssetcau comme une preuve d Or-thodoxie à V égard de la soumission qui est due au Pape.
Situe Christiani à movervi pi'ftardi (64).
Non fíate corne penne ad ognì vento,
Et non creàiate ch' ognï acqua vt lavt,
Havete il vechio, el nova teftamento,
Fl pastor de la chiefa, che vi guida : j§U?efio vi basti à vostro falvamento (+)•
Rivet répond à cela (65 ì que t Auteur du Livret Italien,intitulé Aviso piacevole dato à la bella baba, avoit recueillites principales pìeces,fnr lesquelles Bellarmin a fourni de defen-Jts u Coejfeteau ; qu’il faut donc que le Leéieitr , <l u 't voudra
exhorte les Adversaires à prendre garde a ces Vers de Dante:
De vol Pastor s’accorfe l’UvangelistaGfuando colei che fiede fopra l acquePuttanggiar co' t Régi à lui su viftaQuella che con le cette teste nacqtteEt da le dieci corna hebbe argumer.toPin che virtute al sto marito piacque (*)•
Là certes , poursuit ce Ministre (66) , il recognoist que S.Jean au 17 de V Apoc. a parlé du Pape, fous le nom de la pail-larde affìfe fur les eaux, cy de la befie à. sept testes cy dix cor-nes , quoi que d'ailleurs il díe du fiege cy de la puissance desclefs, ll n y a personne qui nie que ces choses considérées en el-les en toute Eglise ne joient recommandables. Mais ft ellesfont usurpées par un tyran, rien n’etnpesche aussi q:i on ne le
descrive tel qu il est . Quant au faiíl de la Donation
de Constantin, qui y prendra bien garde trouvera qu il en araporté l’opinion commune cy recette de son temps ( 67 ), parforme de concession, non fa creance, laquelle n a jamais con-senti à une telle absurdité. Pour' ce qui concerne les six Versraportez par Coefíeteau, voici comment son Antagoniste lestraduit. Soiez ò Chreftiens plus tardifs a vous émouvoir : nefiiez comme plumes à tout vent, cy ne croiez que toute eauvous lave', vous avez le vieux cy le nouveau Testament. LePasteur de ÍF.glìfi qui vous conduit. ' Celui là suffit a voftresalut. Après quoi il parle ainsi: „ Coeffeteau voudroit-il„ bien conseiller à tous Chreftiens, pour s’affermir contre la„ légéreté en creance, de prendre le vieux 8c le nouveau„ Testament ? II s’en gardera bien. hiais il n’a point de„ honte d’attribuer au Pape, qu’il est le Pasteur qui nous f tf-„ fit a salut-, Et vomirait bien que Dante eust ainsi biasphe-„ rné, qui lans double a parlé du vrai Sauveur qui nous gui-,, de par le vieil 8c le nouveau Testament ”. Nous avonsici un illustre éxemple des illusions où l’on peut tomber ,quand on s’arrête au premier sens que les expressions d’unhomme offrent à l’esprit. Ceux qui lisent ces lix Vers deDante, 8c qui les preneur in finft obvio quem ipstamet pro-pofitionum verba pr/t fi ferunt (68); qui les entendent, dis-je, de la maniéré qu’Innocent douze veut que l’on enten-de les cinq Propositions de Jansenius, croient que ce Poè-te a voulu dire qu’il ne faut, pour être sauvé, que se con-former au Vieux 8c au Nouveau Testament, Lc suivre lavoie que le Pape comme Pasteur de l’Eglise nous montre.•Mais peut-être n’est-ce point là le vrai sens de Dante;peut-être a-t-il voulu dire ce que Rivet lui attribue. Apre-nons de là qu’un Auteur, qui veut éviter que les siécles àvenir n’interprétent de plusieurs façons contraires ce qu’ila dit, souhaite une choie presque impossible. Si l’on pré-voioit les Controverses qui s’éleveront dans trois ou qua-tre cens ans, on s’exprimeroit dune maniéré plus précise;mais je ne sai si les Langues fourniraient autant de ter-mes qu’il en faudrait pour ôter les équivoques, 8c pourobvier aux chicanes.
Prenez garde à une chose, c’est que Dante fournit despreuves, 8c à ceux qui disent qui] étoit bon Catholique,oc a ceux qui disent qu’il ne l’étoit pas. L’Auteur de 1 'A-vifo à la bella Italia a recueilli les dernieres : Bellarmin arecueilli les prémieresj 8c d’ailleurs il a éludé le mieux
Gretser nous ren-
t D Cent»
XI X ddlutemo.
(66) Rivet,Remarquesfur la Rép.au Myftcrtìd’iniquite ,ll P,<rtie ,p«t£. 495.
(67) Votez*le Chant XIXde f r user,
w, L z 6»
(68) Ces pa-roles font ti-rées. d y :<n Brefd'InnocentXI/ aux £-V' jues du.
P aïs-Bas ,dats d:* deFevrier 1694,
, t - -riment
aux Papes*y) ïmttes
Á\\£, L ; br.
i àc M.O*tiaxcYk. c.
^4) GlAtt-traduitain/i eff Pré-wùr Vers >ì?o\xt lesvçkux , d
CV.itíùevsS,loves, d'uticcevu ç\us
Le
P ocre venoìtde partir deiVœux lemé"
aise à voir, qu’il avoit bien remarqué la Paillarde de l’Apo- qu’il a pu tous les Passages de cet Aviso.calypfe (j) ”. Coeffeteau, répondant à ce Passage (62). voie à ce .
a faite au Passage de Mr. du Pleffis.
ce Cardinal; 8c c’est presque toute la Réponse qu’il
(69) Greffe-rus, f xam.MystetiiPlcsliani,f 46Z.
b) Cínt. jr<tl
,4) Rivet
tenues'7 U ^
V nse
In Dante, dit-il ( 69 ),luculentiffima testìmonia pro Pontificis Romani aucloritate fpro-que omnibus illìs capitibus, qua Pleffaus cy Illyricus attingunt,inveniuntur. Qua de re opéra pretium erit legere Bellarminumìn libella proprio contra ltalum quendam calumniatorem, quiex Dante potisttmum , Romani Pontificis majeftatem labefaHarenitebatttr : Ad omnia enim profani hominis objeíla respondìt ll -luftrijfmms Rellarminus : Et cap. iç.plurima loca ex Dante pro-ducit, qm cum Pleffsi cy lllyrici dclïrationibus non magis con-finant , quàm d’tes cum noíiíe, athir cum Tartaro.
(K) Il trouva des patrons illustres dans fit disgrâce, mais ilne fut pas toujours conserver leur ajfeélion.~\ Je trouve quel-que désordre dans les Récits qui concernent ses volagesaprès son bannissement. Quelques Auteurs disent, eue sevolant exilé, il sentit croître en son amele désir de l’érudi-tion, 8c qu’il s’en alla premièrement à Boulogne, pour s’v ces > Tm.ii}apliquer aux Sciences les plus relevées, 8c .puis à Paris } ° 7 'Exulem ubi fi vidit, tum vero magis incenfus eft studio libera-lium Artium, ac Bononm primìtm dédit operam gravioríbusfiientïts, indéque Luteliam Parifiorum profeâlus est C’est ceque Papyre Masson assure (70) : Mr. Bullait spécifie qu’ilpassa de Boulogne a Pans pour y aprendre la Phtlofithk cy lesprincipes de la Théologie ( 71 ). Naudé débite ( 73 V que Boc-cace nous a laisse par estent que Dante, estant classé de Flo-rence star la violence f des jafiions noires cy blanches '7 Q serttira a Pans, cy fréquentait fin en l'Vniverfité (* , irbiste-?™ m v rt i a í CrfUS ^ì05cumque circa qinmcumquc ràculta-tem volentes responsiombus aut positionibus objieere dis-putons mtravit Gymnasium ; luy mesme fait grande etti-Hh 3 me,
(70) Papyr.Maflo, lila-jgior. Tom.U,pag. 18.
(71) Bullart,Académiedes ScifB-
(iz) Naudé,Add : t. àl’Histoirede LouisXI, pag.
115 ,17S.
'-V // n'mfit chassé queparla FaSitadts N-.irs.
(*! 3. >5.
Gei>« 'íog.cab. 6 .