DANTE.
(74) Bocca-tius, de Ge-neai. Deor.Libr. XV,C«f. VI,etftíd Papyr.Masson.Elogior.Tom, II >fag, riz.
(7 í) SelonBuonanni,qui rnet jdNaissance Àr*n ,r6o,il en eût euplus de 41.Voiez, sonDiscoursíui le ChantXXI deTEnfcr,fag. 1J7.
(76) Dantesupose qu'ilie trouva. dantl y Enfer: orU supose queson Voiage enEnfer se fitVan noo,dr il ne futbani qu'enI301.
( 77 ) Dante,Canto XVdel Infernopag. m. 116.
(78) Gran-gier, sur leXV Chantde /’Enferde Dante,pag. 1-6,167.
( 7 J>) A» XChant ditParadis, pag.m. 230.
(So) Volâ-tes. Com-ment. 17 r-banor. Libr.XXI, fag.771 .
(a} II fut im-primé k Po-reuse, Can1544 ■’ •» QrimprimaPan I $ 74 ,augmenté deNotes ird’une Lettrede /’.-í Hteura Alpbanutson Precep-
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libertc (m). II laiíîa des enfans (»). On conte une chose singulière de son attention à lalecture (L).
( m ) Erae morojijjimut & Philofophorum inflar , ut qui trìjlitiam pra fe re folebat. Papyr. Masso, Elogionutl Tom, II, pag, 2t. (a) Voies,
ferre -videretur, nec facile loqui & érevijjìme conceptiones animt exprime- la Eemarque (B).
me , au dixiesme Chant de fin Paradis , d’un Segtâer excellentPhilosophe zy Dialecticien , qui lifiit de fin temps aux grandesEfiholes de la rue aux Fouerres, la doctrine duquel ne fut,comme il dit > fans envie.
Questi, ond’ à me ritorna il tu rigardoE’ il lume d’uno spirto che’n pensieriGravi à morire, gli parv’ ester tardo.
EíTa è la luce eterna di Sigg'teriChc leggendo nel vico de li stramiSillogizzo invidiosi veri.
Pour savoir si les paroles de Boccace prouvent invincible-ment que notre Poëte ait étudié à Paris depuis son éxil, ilest nécessaire de considérer ce qui les précede. Boccacevenoit de dire, Fuit inter cives fuos tgregia nobilitate veren-dus : zy quantumeumque tenues ejfent illi substantiel, zy à curafamiliari, zy postremo à longo exilio angeretur , semper tamenPhyficis atque Theologicis imbutus vacavit Jludiis, zy adhucJulia fatetur Parifius , in eadem fipijjìme adversus quofiun-que , cy c ( 74). II est clair que ce Passage témoigne queDante éxilé disputoit souvent à toute outrance dans les Collè-ges de Paris. Néanmoins, je conois quelques personnes quis'imaginent que Boccace s’est trompé au tems : ils ne sau-roient se persuader que Dante, qui avoit été 1 un des princi-paux Gouverneurs des Florentins, 8c qui étoit animé d’uneenvie extrême de rétablir fa faction, se soit amusé à ergoti-ser dans les Colleges à l’âge de plus de trente cinq ans (75).Ils croient donc qu’il ne fit paroitre cette humeur st dispu-teusc dans les Ecoles de Paris, que lors qu’il étoit un jeuneEcolier, 8c qu’avant d’être promu au Conseil des huit. Ilsdisent qu’il sut Disciple de Branettus à Paris , 8c que cethomme mourut avant que Dante fût éxilé. Ils le prouventpar le Chant dixieme de l’Enfer ( 76). 11 est sûr que l’on ytrouve que notre Dante avoit été le Disciple de défunt Bru-netto Latinus.
Se fosse tutto p'teno il m'10 domandoRispos’ io lui, voi non fareste anchoraDell’ humana natura pojlo in bando ,
Che’n la mente m'e fitta, zy hor ni accoraFa cara , buona imagine paternaDi voi , quando nel mondo ad hor a ad hor aMi mostravate, corne l'huom s'eterna,
Et quant’io l'habbia in grado mentre vivoConvien, che nella mia lingua fi fierna (77).
Mais on n’y trouve point quelle est la Ville où il l’eut pourMaître. Quoi qu’il en soit , reportons la Note de Gran-gier fur ces paroles de Dante , Siete voi qui fir Brunetto.„ Messire Brunetto Latin fut de Florence, un Notaire ou„ Secretaire beaucoup estimé 8c versé en son art, , mais„ d’une conscience assez mauvaise, dont estant accusé d’a-„ voir commis plusieurs faulsetez il s’eu alla demeurer à Pa-„ ris , là où lisant publiquement la Physique, il fut Mais-„ tre de Dante, 8c comme Mathématicien ou Astrologue„ luy prédit, qu’il devoit estre l’un des plus doctes de son„ temps. Pour le vice de Sodomie nostre Poëte saint qu’il„ le trouve en ce lieu, damné avec les Sodomises (78) ".Joignez à cela que Dante supose (79) que le ProfesseurSeguier étoit mort. II y a donc de l’aparence qu’il l’avoit ouï8c conu avant le tems où il feint qu’il fut conduit au Paradis.Or ce tems devance son bannissement. Enfin, on peut ob-server que bien des Auteurs, qui parlent de ce qu’il fit depuisfa disgrâce, ne font mention que des retraites qu’il alla cher-cher chez des Princes d’Italie.
Selon Volâterran (80), il se retira d abord avec ceux defa faction chez Martel de Malespine: il alla ensuite à Vé-
rone , auprès de Can de l’Escale ; 8c enfin à Ravenne, auprèsde Guy Polentan, quatre ans après son éxil. L’ordre , ni lestems, n’ont pas été bien observez dans ce Récit. Nous apre-nons de Dante même, qu’il sc retira prémiérement à Véro-ne , chez un Seigneur de l’Escale ( 81 ) :
Il primo tuo rifuggio , e’I primo hojlelloSara la cartefia del gran Lombarde,
Che’n su la fiala porta il santo uccello:
C’haura in te fi benigno riguardo ;
Che del far zy del chìeder tra voi due
Fia prima quel , che tra gli altri e piu tardo ( 8z ) ;
8c qu’il y avoit près de six ans qu’on l’avoit banni (83),lors qu’il se réfugia chez le Marquis Malespine. Le SieurFreher conte qu’il fut d’abord à Paris , 8c qu’il en sortitpour aller trouver le Roi d’Aragon qui l’apelloit , 8c quile combla de bienfaits ; 8c qu’ensuite il fut attiré par Cande l’Escale, qui ic plaisoit beaucoup à l’entretien des Sa-vans , 8c qui lui donna de belles marques de fa libérali-té (84). Cc Récit n’est pas meilleur que celui de Volater-ran. J’avoue que Boccace observe que Dante fut fort ai-mé de Frideric d’Aragon Roi de Sicile (85 ).
Pour achever mon Commentaire, il me reste à dire, queDante n’eut pas le bonheur de plaire long-tems à son pa-tron de Vérone. On ne lui cacha pas qu’on ië dégoûtoitde lui, le grand Can de l’Escale lui dit un jour, c’est unechose étonnante qu’un tel qui est fou nous plaise à tous,8c se fasse aimer de tout le monde, ce que vous quipastezpour sage ne pouvez faire. II n’y a point là dequoi s’é-tonner , répondit Dante : vous n’admireriez pas une tellechose, fi vous saviez combien la conformité des esprits estla source de l’amitié. Chacun voit que cette réponse étoittrop choquante , pour n’achever pas de ruiner ce Poèteauprès du Prince de Vérone. Vous allez lire ce fait enLatin, 8c un peu plus étendu. Dantes Aligherius, ces pa-roles sont de Pétrarque (86), zy ipfi concivis nuper meus,vir vulgari eloquio clarijfimus fuit , fed moribus pariim ter con-tumaciam , zy oratìone liberior quàm delicatis ac Jìudiofis ntatisnostrei principum auribus atque oculis acceptum foret. Is igiturexul patria , cttm apud Canem magnum , commune tune affìic-torum filamen ac profugium verfaretur, primo quidem in ho-nore habit us, deinde pedetentim retrocedere cceperat , minusqu»in dies domino placere. F.rant in eodem conviâtu histriones acnebulones omnis generis, ut mos est, quorum unus procacijfimusobfeasnis verbis ac gestibus, multum apud omnes ìoei acgratiatenebat. Gfuod moleste ferre Dantem suspicatus Canis ,produítoillo in médium, zy magnis laudibus concelebrato, versus inDantem: Miror, inquit, quid cauft fubfit, cur hic cum sttdemens, nobis tamen omnibus placere novit, zsr ab omnibus di-ligitur , quod tu qui fapiens diceris non potes ? ille autem : Mini-me , inquit , mìrareris , fi nojfes quod morum paritas zsr fimi-litudo animorum amicìt’u causa est.
(L) On conte une chose finguliere de son attention à la lec-ture.'] II entra un jour chez un Libraire, dont la boutiquedonnoit fur la grande place de la Ville. Son dessein étoitde voir quelques jeux publics qui se dévoient célébrer ;mais aiant rencontré un Livre qu’il avoit envie de consul-ter , il s’apliqua à le lire de telle sorte que s’en retournantchez lui , il protesta avec serment qu’il n’avoit rien vu niouï de tout ce qui s’étoit fait, 8c qui s’étoit dit pendant lacélébration des jeux. _ Dantem Florentinum ferunt ad spec-tacula duâtum apud bibliopolam , quod ex eìus taberna in forumprospectus effet, confediffe, librumque,cujus fuiffet cupidus ,in-veniffe; quem tdm avide attenteque legerit, ut domum rediensjuramento teflatus fit ,nihtl fi vidiffe aut audiiffe ex iis, qus infor0 dicta saCtaque estent, qutmadmtdum dt eo scribit JEncasSylvius (87).
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D A N T E (Pierre Vincent) ctoit de Perouse , & dc la Famille des Raînal-di. Cc fut un homme de beaucoup d’esprit : il entendoit les belles Lettres , les Mathématiques ,ik PArchitecture ; St il composoit de si beaux Vers à l’imitation de Dante , que l’on jugea qu’ilfaisoit revivre en quelque façon la sublimité de cc grand génie. On lui donna même le sur-nom de Dante , ce qui plut de telle sorte à la Famille , que ses descendans ont quitté le nomRainaldì , & ont substitué à la place celui de Dante. Notre Pierre Vincent inventa quelquesmachines que les experts admirèrent , St composa en Italien un Commentaire sor la Sphere deJean de Sacrobosco (a). II mourut fort vieux Pan isiz , St laiíîa un fils St une fille (h) ( A ) ,dont je parlerai dans la Remarque.
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{A) Il laiffa un fils & une fille. ] Jutius Dante sonfils fut habile dans l’Architecture , 8c dans les Mathémati-ques. II fit un Livre de Alluvione Tyberis, 8c des Notes inOrnamenta Architecture.. 11 mourut l’an 1575. Je ferai unArticle à part pour Ignace Dante son fils, 8c j’y parlerai deVincent Dante , auffi son fils. Théodora Dante faSœur s etant retirée à la campagne l’an 1497, pour fuir lapeste dont la Ville de Perouse étoit afligée. fût si bien ins-
truite aux Mathématiques par son père > quelle mérita unrang honorable parmi les plus fameux Mathématiciens, du .^7tems. Elle composa des Livres fur cette Science, 8c l’en-soigna à Ignace son neveu avec beaucoup de succès ( 1 A a g u f a stiaMonsr. l’Abbé de la Roque a eu tort de dire qu’elle a fleuri d’As& itsur la fin du XVI siecle. Voiez son Journal des Savans oja,,du iz Décembre 1678 . à la page 460 de i’Edition de PJ }> ,■*Hollande.