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Tome second. C - I.
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DANTE. DARIUS.

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Dante (Ignace) petit-fils du précédent, naquit à Perouso, 8c íè fit Moine JaCô-oin. 11 f e rcnc jj t habile en Philosophie & en Théologie, & plus encore dans les Mathématiques.II fut appellé à Florence par le grand Duc Cosine I , & lui expliqua la Sphere , & les Livres deItolomée. .11 fit des Leçons publiques fur le même sujet, & il eut beaucoup d'Auditeurs dans1 Académie de Boulogne, lors qu’il y expliqua la Géographie , Lc la Cosmographie. Etant re-tourné à Peroufe , il fit une belle Carte de cette Ville, Lc de tout son territoire. La réputationde fa Science le fit attirer à Rome par Grégoire XIII; qui lui donna la commission de faire desCartes de Géographie, & des Plans. I! s’en aquita íi bien que ce Pontife fc crut obligé de l’éle-ve r à l'Episcopat. II lui donna donc l’Evêché d’Alatri proche de Rome. Ce nouveau Prélat neManqua pas d’aller résider ; mais Sixte V , Successeur de Grégoire XIII, le voulut avoir auprèsd e foi , Lc lui donna ordre de s’en revenir à Rome. Dante fe préparoit à ce voiage , lors que laMort lui en fit faire un plus long le ip d’Oétobre ty8<í (a). II eít Auteur de quelques Li-vres ( sl). Je parlerai de Ion frcre dans une Remarque {B).

C'í) ll est Auteur de quelques Livres. ] II publia à Flpren-^ e > en 1569 , un Traité de la construction & de sillage_ f Astrolabe. II fit aussi des Notes fur la Sphere de Sa-crobosco , fur f Astrolabe , fur le Planisphère universel. IIht une Sphere du Monde en cinq tables. Ajoutez à cela*on Optique d’Euclide , & d’Eliodore Larilleus, & sonCommentaire fur les deux réglés de Jaques Barozzi. Cesdeux derniers Ouvrages font en Italien (1). Voffius n’apoint conu cet Auteur. On ne trouve dans le Catalogue^Oxford que le Commentario aile regole délia Prospettiva diJac. Barozzi imprimé à Rome Pan 1583.

C® j Je parlerai de son frere dans une Remarque. ] C’est-à-dire de Vincent Dante fils de Jules, & petit-fils de“ìerre Vincent, 8c neveu de la docte Théodora. 11 s’apli-

qua aux études de la famille , & y réussit extrêmement,car il fut un bon Architecte, & un bon Mathématicien. IIfut d’ailleurs très-habile dans la Sculpture, 8c dans la Pein-ture. II fit à Peroufe une statue de Jules III. Le RoissEspagne Philippe II se voulut servir de lui pour acheverl’Escurial, & lui ofrit de grosses pensions ; mais Danten’eut pas assez de santé pour s’engager à ce voiage. II s’ar-rêta dans le lieu de fa naissance (z) , 8c s’y apliqua à laPoésie, 8c aux Mathématiques. II composa plusieurs Ou-vrages , 8c entre autres la Vie de ceux qui ont excelé dansle dessein des statues. Monumenta plura reliquit , inter quaconnumerantur Vita Italico idiomate cœlatorum ftatuarum U-lustrium (z). 11 mourut à Peroufe fan 1576, à f âge dequarante-íix ans (4).

(rf) Tiretif’ÓItloïnï*Athen. AU-gust. pag,

Iól , 162.

(2) íV-a*d re à Pe-roufe.

( 3 ) OMoi-ni, Arhen.August,pag. 32 9*

( 4 ) TiréífOIdoini,Li-meme,

DANTE (Jean Baptiste) natif de Peroufe, fut un excellent Mathématicien.L’une de les inventions les plus subtiles fut de travailler à des ailes si éxactement proportion-nées à la pesanteur de son corps, qu’il s’en fervoit pour voler. 11 en fit plusieurs sois l’cxpé-fience ( ./tso , fur le lac de Thrasimene , & avec un tel succès que cela lui inspira la hardiesse dedonner ce grand spectacle à toute la ville de Peroufe. Le tems qu’il choisit fut la solemnité duMariage de Barthelemi d’Alviane avec la soeur de Jean Paul Ballioni. Lors que la Ioule des spec-tateurs fut assemblée à la grande place, voilà tout-d’un-coup notre Dante qui s’élançant du lieule plus éminent de la ville fe montra tout couvert de plumes Sc batant deux grandes ailes au mi-lieu de i’air. II conduisit son vol par dessus la place, Sc jetta le peuple dans l’admiration. Mal-heureusement, le fer avec quoi il dirigeoit l’une de sos ailes fe rompit: alors, il ne put plus ba-lancer la pesanteur de son corps , il tomba fur l’Eglife de Notre Dame , Sc se cassa une cuisse.Elle fut rétablie par les Chirurgiens. II fut ensuite apellé à professer les Mathématiques dansVenise. 11 mourut de maladie avant l’àge de quarante ans (a). 11 n’est pas besoin de dire pour-

quoi on le surnomma Dédale. Je ne doute point qu’il ne fût parent des autres Dantesde Perousedont j ai fait mention , Lc je fuis surpris qu’Oldoïni, qui me fournit cet Article , ne dise rien nide la famille, ni du siécle (b) , de ce Dédale.

( A'\ n fe fit des ailes si êxaâîement proportionnées à son rien: cependant, c’est une chose qui s'est pratiquée en d an-eorps , qu'il s'en fervoit pour voler, ll en fit plusieurs fois l’expé - tres lieux , à ce qu on dit. Voiez le ernier Jrience. J Je croi que plusieurs de mes Lecteurs n’en croiront Savans de 1 année 1678.

DARIUS, I du nom , Roi des Perses , étoit sils d’Hystaípes (a). II fut undes sept Seigneurs qui abolirent la tyrannie des Mages , & ce fut lui qui tua le prétenduSmerdis (b) ( A ). Asin de ne pas répéter les choses que l’on trouve dans le Dictionaire deMoreri , je dirai feulement que l’Epitaphe de ce Roi de Perse contenoit une singulari-té fort remarquable ( B ). Darius eut plus de femmes que Moreri ne lui en donne (C).

Cet

(jÍ) Ce fut lui qui tua U prétendu. Smerdis.] Je ne COîprens rien dans ce que nous dit Moreri, que le dessein qsept grans Seigneurs formèrent de déthrôner Smerdis , iheureusement exécuté par Cambises qui mourut peu de te\f prés. Car en I lieu, ce ne fut point Smerdis qui usurpacouronne. Smerdis fils de Cyrus avoir été mis à mort ;les ordres de Cambyses son frere. L’ufurpateur étoit un ÏVi;e, qui fit accroire qu’il étoit Smerdis fils de Cyrus. Enlieu, ìes mêmes Seigneurs, qui formèrent le dessein de <thrôner cet usurpateur, furent ceux qui f exécutèrent. IIsaloit donc pas attribuer toute la gloire de l’éxécution àCambises. Cela est d’autant moins pardonnable à Mr. Mo:R, qu’il n’a point dit fi son prétendu Cambises étoit f unees Seigneurs. En III lieu, il n'y eut aucun Cambyscs,dans le dessein de chasser le Mage, ni dans l’éxécutionverte entreprise. IV. Enfin, aucun de ceux qui l’éxécutér<he mourut sort peu aptes, & avant que l’on procédât à 1section d’un nouveau Monarque.

(B) L’Epitapbe de ce Roi de Perse contenoit une singulatfort remarquable.] Darius dans son Epitaphe se vante cvoir été un grand buveur, Titulaires dìgna fepulcri. H’,

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pouvois boire beaucoup de vin , Z? porter bien cette charge. <Ne peut nier que , physiquement parlant , ce ne soit 1b pnne qualité que celle dont Darius fe glorifie; carenfc ’est une force, c’est une puissance, c’est l’effet d’un tePérament robuste: mais outre que c’est une qualité qui,traîne presque toujours un dérèglement moral, je ne vPas que l’on doive faire plus de cas de la faculté de biboire > que de celle de manger beaucoup. Or il est cert;stue 1 o n sent j e ne sai quelle aversion naturelle pourgrans ma ngews , Demosthene avo j t bonne grâce, 1quil dit a ceux qui donnoient à Philippe Roi de Maced

rie la louange de boire beaucoup (z), ce n est pas là unequalité roiale , c est celle d'une éponge ( 3 ). Mais commechaque nation a l’on goût, celui des Perses étoit d’estimerceux qui pou voient bien porter le vin. Le jeune Cyrus s’at-tribuoit cette qualité, comme une chose qui le rendoit plusdigne du sceptre que ne l’étoit son aîné (4).

(C) ll eut plus de femmes que Moreri ne lui en donne .]„ Au sentiment d’rìerodote , il avoir deux femmes ,„ Atosse & Artìstone ”. C’est ce que dit Monsr. Moreri :mais s’il avoir pris la peine de feuilleter Hérodote, il yeût trouvé trois ou quatre femmes de Darius , outre cesdeux-là. La prémiere femme de ce Prince étoit fille deGobryas : il l’épousa avant que de monter sur le thrône,8c en eut trois fils, dont lamé Artabazanes fut exclus dela succession en faveur de Xerxes, qui étoit l’aîné du se-cond lit. Comme la mere de Xerxes étoit fille de Cyrus,8c qu’il étoit né depuis que son pere régnoit, on le préféraà Artabazanes dont la mere n’étoit point Princesse, 8c quiétoit né avant que Darius régnât. Voilà ce qu’on trouvedans les premiers chapitres du VII livre d’Herodote ; 8cvoilà déjà deux femmes de Darius : la fille de Gobryas, delaquelle j’ignore le nom, 8c Atosse fille de Cyrus, 8c merede Xerxes. Cette fille de Cyrus avoir déjà été femme deson frere Cambyscs ( 5 ) , Lc puis du Mage qui usurpa lacouronne sous le faux nom de Smerdis. Elle avoir uneSœur encore fille nommée Artystone , que Darius épousaauffi (6). II épousa de plus la Princesse Parmys, fille deSmerdis fils de Cyrus; 8c Phaedima fille d’Otanes, l’un dessept Seigneurs qui firent périr le faux Smerdis (7). CettePhtedima avoir été à Cambyses, 8c fut une des parties de.la succession que le faux Smerdis recueillit; car il n’oubliapomt de s’emparer de tontes les femmes de Cambyses.Cele-ci, par le conseil de son pere, en couchant avec cet

Usur-

(a) Tirsí^Òldoïni,AthenxumAugust. p a£ .168 , I6p.

(b) Par b&cìrconfîanced k Mariagede Barthelemid*Viviane s»peur savoirqisil a, fleurivers la fin daAT Jïcde*

(!) Herod.

Libr. Iii 9Capite

Lxxvnim

f2) N« Aí*

rvfjtstriuvtKctYívTATOVfflrenMim pro »feùîo compo-tatorem. Plut.in Dcmosth.pag. 853 .

( 3 ) Idem ,ibidem,

( 4 ) Ci-de([UsCitation ( 29 )de P ^ArticleC V A U $.

(s) Herod.

Libr. Iil ,Capite

LXXXVIIU

( 6 ) Idem ,ibidem.

( 7 ) Idem,

ibidem .