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, Roi des Juifs, a été un des plus grans hommes du monde , quand même on ne leconndereroit pas comme un Roi Prophète, qui étoit selon le cœur de Dieu. La prémiere sois9ue 1 Ecriture le fait paraître fur la scene ( a ) , c’eít pour nous aprendre que Samuel le désignaKk01 ’ & fit la cérémonie du Sacre. David n’étoit alors qu’un simple berger. 11 étoit le plus jeu-rf . .^uit fils d’ií'aï Berhléémite (A). Après cela, l'Ecriture nous aprend qu’il fut envolé auJ: 01 Saisi (b) , pour lui faire passer les accès de sa frénésie, au son des inltrumens de Musique ( B).
n service de cette importance le fit tellement aimer de Saisi , que ce Prince le retint dans fa mai-0n > à le fit son Ecuier (c). L’Ecriture dit ensuite (d) que David s’en retournoit de tems entetns chez son pere pour avoir soin des troupeaux, 6c qu’un jour son pere l’envoia au camp de Saisiav ec quelques provisions, qu’il deílinoit à trois de ses fils qui portoient les armes. David, enexécutant cet ordre, ouït le défi qu’un Philistin nommé Goliath, fier de fa force 6c de fa taillegigantesque , venoit faire tous les jours aux Israélites, fans que personne parmi eux osât l’accepter.
témoigna bonne envie de s’aller batre contre ce Géant, 6c là-destus il fut amené au Roi, 6c l'as-Ur . a qu’il triompherait de ce Philistin. Saisi lui donna ses armes ; mais comme David s’cn trou-as embarrassé, si les quita, 6c résolut de ne se servir que de sa fronde. II le fit si heureusement,qu il terrassa d’un coup de pierre ce Rodomont (§), ôc puis il le tua de lâ propre épée , 6c luic °upa la tête qu’il vint présenter à Saisi (C). Ce Prince avoir demandé à son Général , en voiantMarcher David contre Goliath , de qui eji fils ce jeune garçon (f) (D) ? Le Général lui réponditqu il n’en savoit rien, 6c reçut ordre de Saisi de s’en informer : mais Saisi l’aprit lui-même de la°uche de ce jeune homme ; car, lors qu’on le lui eut amené après la victoire , il lui demanda dees -1 u fils} Lc David lui répondit qu’il étoit fils d’Isaï (g). Alors Saisi le retint à son service,ans lui plus permettre de s’en retourner chez líaï {h). Mais, comme les Chansons, qu’on chan-ta
(A) Il étoit le plus jeune des fils d-’ Ifidi Bcthléémite. ] Isaïuescendoit en droite ligne de Juda l’un des douze enfans deJacob, & demeurait à Bethléem petite Ville de la tribu deJuda. Quelques nouveaux Rabins disent que lors que Da-xid fm conçu , Isaï son pere ne croioit point jouir de salemme , mais de sa servante , & c’est par là qu’ils expli-quent le verset 7 du Pseaume LI, où David aíïure qu’il aReformé en iniquité, & que fa mere l’a échauffé en péché. Ce-rf > disent-fls , lignifie qu’Isaï son pere commit un adultéré enengendrant, parce qu encore qu il V engendrât de sa femme, il. cro y°it ne l’engendrer que d'une servante d, la pudicité de la-î ìl avoit tendu des piégés (i). Cette explication est peu
contorme à la doctrine du péché originel ; & c est pour ce-a que le Pere Bartolocci ( 2 ), aiant raporté ce sentiment des
OUVeaux Rat-.Vt j-.:_-__ _ r .
(а) I Livrede Samuel,Chap. XVI »Vers iz.
(б) Là-mê-me, Vers. 2 ô.
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difs qu'ìLportoìr les.Armes deSaiil. Là-mime , Vers,21.
(d) Là-mê -Wf, Chap.XVII, Vers,15.
(í) Là-mê-me , Vers
4 9> S o.
(f) Là-mê-me, Vers
5 5*
(g) Lk-ml-me , Vers. s í.
(h) Là-mê-me, Chap.XVIII, Vers,
2 .
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ouï ses prières, & qui si’avoìt délivré de la note de bâtar-dise. Iíaï continua & dit, La pierre que les architectes ont re-jet t ée efi devenue la pierre angulaire, qui soutiendra toute lamaison. Ses autres fils , Samuel, 8tc, dirent aussi 'des Sen-tences. Le Rabin ajoûte que le dessein d’Iíìu avoit étébon , fa femme étoit vieille , fa servante jeune, & il sou-haitoit de procréer de nouveaux enfans. d penfiero d’isaïera buono perche effendo la patrona vecthia,e la maffera giova-ne, havea dejìderio di haver altri figlïvoli (7 ). O la bonneApologie ! si de pareilles excuses lufiloient, quelle multi-tude d’impudiques ne mettroit-on pas à couvert de la cen-sure ? y eut-il jamais de dogmes fur la direction dïntentionplus commodes que celui-là ?
, ,, - r ___.... (B) Il fut envoie au Roi Sa'úl, pour lui faire paffer les actes
ouveaux Rabins, s’est cru obligé d’éxaminer par occasion, de fa frénésie au son des Insirumens de Musique, j On pourraitc les anciens Juifs ont reconnu la vérité de cette doctrine, débiter bien des Recueils lur ce sujet; mais je m’en abstiens,
Sc vous renvoie à ceux de Caspar Lœscherus Professeur en
(?) FrecettId i ester im-parti SíC,pag. &».
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% Cap. 17 .
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Si_ la suposition de ces Rabins étoit véritable , ils auraientraison de dire qu’Isaï aurait commis un adultéré ; mais,fagniiL k vautre côté, il faudrait dire qu’il ne l’auroit point commis,fi croiant de bonne foi qu’il jouïssoit de fa femme, il eûtengrossé fa servante. Cette suposition Rabinique est bienéloignée de,la tradition que St. Jérôme raporte. II dit qu’ona cru qu’Isaï pere de David ne commit jamais aucun péchéactuel , ôc qu’il n’y eut en lui aucune souillure que cellequ’il aporta du sein de sa mere. Mirum efi quod de Ifeà pâ-tre Davidis resert Hieronymus ,ìllum nunquam aliud peccatumcommififfe quam quod ex origine contraxit. 6 \uo enim loco legi-tnus : Amasa (j) ingreisus est ad Abigail filiam Naas soro-rem San'ice ; fie Hieronymus (J) , Naas interpretatur colu-ber, quia eum nullum admifisse mortiferum perhibent pec-catum , nisi quod originaliter de serpente antiquo contraxit.Est autem Naas qui & Isaï pater David. Eamdem traditio-nem resert Abulensis ( j), er monet Naas eundem effe quijurJtffe sive Ifdi patrem Davidis , quod quidem c? antea Lira-nus (*) docuerat (3). Au reste, ceux qui voudraient adop-ter l’impertinence des Rabins fur la conception de David,passeraient aisément dans une autre impertinence , qui fe-rait de mettre David au nombre des bâtards illustres. Laraison physique que l’on allégué pourquoi les bâtards vien-nent il souvent au monde avec tant de talens naturels, au-rait lieu ici de la part du pere.
Je viens de lire un Livre Italien (4) , où ce Contedes Rabins est raporté en cette maniéré. Le pere de Da-jdd aimoit fa servante , 8c après lavoir cajolée plusieursrais , il lui dit enfin quelle eût à se tenir prête à couchercette nuit-là avec lui. Elle n’aiant pas moins de vertu quede beauté se plaignit à sa maîtresse , qu’Isaï ne lui donnoittqd repos par ses sollicitations. Che non poteva haver ripofi,r, ípetto che il patrone conúnuamente la tentavaper farla giace-re una nofíe con lui (;). Promets lui de le contenter cettenui t-ci, lui répondit Ja maîtresse , 8c j’irai me mettre à taPhce. La chose s’exécuta deux ou trois nuits confecuti-}' es - Quand Isaï se fut aperçu que sa femme avec laquel-le i] ne couchoit plus depuis long-tems étoit néanmoinsenceinte , il l’accusa d’adultere , 8c ne voulut point ajoû-te r foi Eu récit qu’elle lui fit de l’accord passé avec la ser-rante. Ni lui n i s eS fils ne voulurent voir Pensant quelleraitau monde, ils le tinrent pour bâtard : il la traita avece dernier mépris, 8c fit élever l enfant à la campagne par-rai les pastres. II ne parla point de ce mystère à ses voi-raa ; il cacha cette honte domestique pour 1 amour de sesn ans. Les choses demeurèrent en cet état jusques à ce queraphete Samuel fut chercher un Roi dans la famille®Son choix ne s’étant pas arrêté fur aucun des filsHuon lui montra, il salut faire venir David : on le fit avec
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Théologie à Wïttemberg. Consultez sa Differtatïo Hifierko-Dheologica de Saule fer Muficam curato. Elle fut imprimée àWittembevg Pan 1688.
(C) Il tua Goliath de fa propre épée ,Cf lui coupa la tête qu’iUvint présenter à Saisi. ] Les armes de Goliath furent con-servées comme un monument de la gloire des Israélites.David les porta d’abord dans fa tente (8), mais aparem-ment on les mit ensuite dans un lieu sacré ; car nous li-sons (9) que David aiant demandé au Sacrificateur Abime-lec , s'il ne pourrait point lui fournir quelque lialebarde ouquelque épée, ce Sacrificateur lui répondit: ! épée de Goliathest là, envelopée d’un drap derrière l’F.phod, prenez, la fi vousvoulez. David se la fit donner. Quant à la tête de Go-liath , elle fut portée à Jérusalem (10), lors que David eutchoisy cette Ville pour la capitale de son Roiaume. Jose-phe dit positivement que ce fiat David ìai-même qui consa-cra a Dieu lepée de Goliath ( 1 x ).
(D) Saisi avoit demandé à son Général.... de qui efl filsce Jeune garçon ?] C’eft une chose un peu étrange, que Saisin’ait point conu David ce jour-là, vu que ce jeune hom-me avoit joué des instrumens plusieurs fois en fa présence,pour calmer les noires vapeurs qui le tourmentoient. Siune narration comme celle-ci se trouvoit dans Thucydide oudans Tite Live , tous les Critiques concluraient unanime-ment que les Copistes auraient transposé les pages , publiéquelque chose en un lieu , répété quelque chose dans unautre , ou inséré des morceaux postiches dans l’Ouvrage deP Auteur.’ Mais ìl faut bien se garder de pareils soupçonslors qu’il s’agit de la Bible. II y a eu néanmoins des personnesassez hardies , pour prétendre que tous les Chapitres outous les versets du I Livre de Samuel n’ont^ point la placequ’ils ont eue dans leur origine. Mr. l’Abbé de Choisi le-ve mieux , ce me semble , la difficulté. On amena Davidà Saul, dit-il (12) : d’abord il ne le reconnut pas, quoi qu ill’eùt vu plufieurs fois dans le tems qu il l’avoit fait venir pourjouir de la harpe ; mais comme il y avoit plufieurs années, com-me David étoit alors fort jeune , qu il étoit venu à la Cour enqualité de Musicien, V qu on le voioit alors habillé en berger,il ne faut pas s’étonner qu un Roi accable d affairés, ct* dontVesprit étoit malade, eût oublie les traits de visage d un jeunehomme qui n avoit rien de considérable. Je Voudrois seulementqu’il n’eût point dit : 1 > qu il y avoit plusieurs années queSaisi n’avoit vu David: 2 ,que David etoit fort iè%ne, auandil vint à la Cour de Saul en qualité de Musicien. II n’y anulle aparence qu’il fut de beaucoup moins jeune quand iltua Goliath, que lors qu’il vint la prémiere fois à la Courde Saisi ; car, au tems de ce premier voiage , il étoit hom-me fort cy vaillant, C? guerrier , er qui savoit bien parler fj 3) ;il n’avoit que trente ans , lors qu’après la mort de Saisi il
•fn* A1.> T» • o_ *1 -» 1 /■_ /V.V /TR 1 '_
fs) I Livrede Samuel,Chap. XVlíyVers 54.
(p) La-înî-m t, Chap,XX!J Vers8 & P.
(10) La-mi~me, Chbp,XVII 3 Vers54*
f ti) Jo-seph. An-tiq. Libr .
VI, C*p.XI,&XU\
( 11) Choisi,Histoire dela Vie deDavid, pag.8, 9, Editiond’MmJierd,
1691.
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t arc j éto> 1 7Î maiS siuand on eut vu que ce prétendu bâ- fut élu Roi; 8cil faut necessairement qu’il se soit passé biengea bìe P erí ? nne que le Prophète cherchof , on chan- des années depuis la mort de Goliath , jusques à celle debavia r Cle Pensée; ce ne furent plus que beaux Cantiques. Saisi. Voìez' la Remarque où nous critiquons Mr. Morerì,ommença par un Te Deum: il loua Dieu qui avoit 7 & la Remarque (L).
Ii 3
(13) I Vi-
vre de Sa-muel, Ch*f %XVI , Vers
rî.