DAVID.
(t) Les fem-mes allant fi u.devant du"Roi danfoicnt& chantoient ,Saiil cn a tuéses mille ,David ses dixmille. 1 Li-vre de Sa-muel, Chap.XVIII, Vers7 .
( kj Lk-mé-me, Vers. 27.
(/) Lk-mè•me , Vers 29.
(#») Lk-mt-nie , Vers z o,
(») Lk-mt-me, Chap.XIX, Vers
I & 2 .
(s) Lk-mè*me, Chap,XXIV, érchap. XXVI.
(p) Lk-mè-tne, Chap.XXVíl.
(7) Là-tnê-mc,
(r) II Livrede SamuelChap. II,
Vers 4.
(/) Lk-mè-me, Vers f.
(s) Lk-mè -me , Chap.
III.
(#) C*étoì$le Général ,d'iArmée deDavid,
(») Lk-mè-777s, Chap, IV.
(?) £*-»>«-n»,,
K, 5.
(z.) Lk-mè -wí , Chap.XV, Vers.
34 > «s?/»»*.
ta par toutes les villes fur la défaite des Philistins, fâisoient dix sois plus d’honneur à David qíi’àSaiil (i), le Roi sentit une jalousie véhémente , qui s’augmenta de plus en plus , parce que lesemplois, qu’il donnoit à David afin de l’éloigner de la (Jour , ne servoient qu’à le rendre plusillustre, ôc à lui aquérir l’affection êc l’admiration des Juifs. Par une fausse politique, il voulutl’avoir pour gendre : il espéra que la condition sous laquelle il lui donneroit fa seconde fille, ledélivreroit de cet objet d’aversion ; mais il fut confondu dans fa ruse. 11 demanda pour ledouaire de sa fille cent prépuces de Philistins: David lui en aporta deux cens bien comptez (i )}deforte qu’au lieu de périr dans cette entreprise , comme Saiil l’avoic espéré , il en revint avec unnouvel éclat de gloire. 11 épousa la fille de Saiil, 6c n’en devint que plus formidable au Roi (/):toutes ses expéditions furent très-heureufes contre les Philistins ; son nom fit grand bruit ; il sutdans une estime extraordinaire (m) j si bien que Saiil, qui conoissoit beaucoup moins la vertude son beau-fils, que le naturel des peuples, s’imagina que la mort de David étoit la feule chosequi sût capable d’empêcher que l’on ne le déthrônât. il résolut donc de s’en défaire pour unebonne fois. II fit confidence de ce dessein à son fils aîné, qui, bien loin d’entrer dans la jalou-sie de son pere , avertit David de ce noir complot (»). David prit la fuite , & fut poursuivi delieu en lieu , jusqu’à ce qu’il eût donné des preuves incontestables de fa probité, & de fa fidélitéà son beau-pere , à qui il ne fit aucun mal en deux occasions favorables ( 0 ) , où il ne tenoitqu’à lui de le tuer. Cela fit résoudre Saiil a le laisser en repos. Mais comme David craignit leretour des mauvais desseins de ce Prince , il n’eut garde de relâcher ses précautions ; au con-traire, il se pourvut mieux d’aíyle qu’auparavant au pais des Philistins (p). U demanda au Roide Gath une ville pour fa demeure, d’où il fit cent courses fur les pais d’alentour (q). II re-tourna en Judée après la mort de Saiil, & y fut déclaré Roi par la Tribu dejuda (r). Cepen-dant , les autres Tribus se soumirent à Isbozet fils de Saiil : la fidélité d’Abner en fut cause (s).Cet homme, qui avoit été General d’armée sous le Roi Saiil, mit Isbozet fur le thrône & l’ymaintint contre les efforts de David ; mais n’aiant pu souffrir qu’lsbozet le censurât d’avoir prisune concubine de Saiil (/), il négocia avec David pour le mettre en possession du Roiaumed’Isbozet. La négociation eût été bientôt conclue au consentement de David, si Joab (»), pourvenger une querelle particulière, n’eût tué Abner. La mort de cet homme ne fit que hâter laruine du malheureux Isbozet : deux de ses principaux Capitaines le tuèrent, 6c portèrent fa têteà David , qui, bien loin de les en récompenser comme ils s’y étoient atendus, donna ordrequ’on les tuât (z). Les sujets d’Isbozet ne tardèrent guere à subir volontairement le joug deDavid. Ce Prince avoit régné sept ans 6c demi fur la Tribu de Juda : depuis il régna environtrente-trois ans fur tout Israël (y). Ce long Régné fut remarquable par de grans succès, 6cpar des conquêtes glorieuses : il ne fut guere troublé que par l’attentat des propres enfans duPrince (£). Ce font ordinairement les ennemis que les Souverains ont le plus à craindre. Peus’en salut que David ne retournât à la condition chétive où Samuel le trouva. Humainementparlant, ce revers lui étoit inévitable ( F) , s’il n’eût trouvé des gens qui firent l’office d’un traî-tre auprès d’Abíklom son fils (z). La piété de David est si éclatante dans ses Pseaumes , 6c dansplusieurs de ses actions, qu’on ne la fauroit assez admirer. C’est un soleil de sainteté dansî’Eglife : il y répand par ses Ouvrages une merveilleuse lumière de consolation ôc de piété ?mais il a eu ses taches ( G ). La Vie de ce grand Prince publiée par Mr. l’Abbé de Choisiest un bon Livre , 6c scroit beaucoup meilleur, si l’on avoit pris la peine de marquer enmarge les années de chaque fait, 6c les endroits de la Bible ou de Joscphe qui ont fournice que l’on avance. Un Lecteur n’est pas bien aise d’ignorer si ce qu’il lit vient d’une sourcesacrée, ou d’une source profane. Je ne marquerai pas beaucoup de fautes de Mr. Moreri (H).
- L’Ar-
(14) « ti*vre de Sa-muel, Chap.XV.
(ïj) Lk-mè -me, Chap.XVI.
(l&) Il vio-la Tamar,& fut tuépour ce crimepar ordredl K-AbsalomLrere de Ta-mar de pere& de entre.Là-même.Chap. XIII,
( E ) Son Régné . . . ne sut guere troublé que par l'attentatde ses propres enfans. ] Le plus grand de leurs 1 attentatsfut la révolte d'Absalom , qui contraignit ce grand Princeà s'enfuir de Jérusalem dans un équipage lugubre , la têtecouverte , les pieds nuds, fondant en larmes, & n'aiantles oreilles batues que des gémìssemens de ses fidelles su-jets (14). Absalom entra dans Jérusalem comme en triom-phe; & afin que ses partisans ne se relâchassent point par lapensée que cette discorde du pere & du fils viendroit à ces-ser , il fit une chose très-capable de faire croire qu’il ne sereconcilieroit jamais avec David. II coucha avec les dixconcubines de ce Prince à la vue de tout le monde (15).II y a beaucoup d’aparence que ce crime lui auroit été par-donné : l’affliction extrême où fa mort plongea David enest une preuve. C’étoit le meilleur pere que l’on vit ja-mais : son indulgence pour ses enfans alloit au delà des jus-tes bornes, & il en porta la peine tout le premier. Car s’ileût puni, comme la chose le mérítoit, faction infâme deson fils Ammon (16), il n’auroit pas eu la honte & le dé-plaisir de voir qu’un autre vengea finjure de Tamar ; &s’il eût châtié comme il faloit celui qui vengea cette inju-re , il n’auroit pas couru risque d’être entièrement déthrô-né. David eut la destinée de la plûpart des grans Princes ;il fut malheureux dans fa Famille. Son fils aîné viola fapropre sœur, & fut tué par l’un de ses freres à cause de cetinceste: l’Auteur de ce matricide coucha avec les concubi-nes de David. „ x
(F) Peu s’en fallut qu'il ne retournât a la condition ...ouSamuel le trouva ...Ce revers lui étoit inévitable.'] On peutvoir par cet éxemple qu’il n’y a nul fond à faire fur la fidéli-té des peuples ; car enfin, David étoit tout ensemble un bonRoi 8c un grand Roi. II s’étoit fait aimer, il s’étoit fait esti-mer , 8c il avoit pour la Religion du pais tout le zèle imagi-nable. Ses sujets avoient donc lieu d’être contens, & s’ils a-voient eu à choisir un Prince,lui eussent-íls pu souhaiter d’au-tres qualitez ? Cependant ils font fi peu fermes dans leur de-voir à 1 égard de David, que son fils Absalom, pour se fairedéclarer Roi, n a qu a se rendre populaire pendant quelquesems, & à entretenir quelques émissaires dans chaque Tri-bu. On peut apliquer aux peuples la Maxime , casta est
quam nemo rogavit. Si l’on ne volt pas plus souvent desRois déthrônez, c’est que les peuples n’ont pas été sollici-tez à la révolte par des intrigues assez bien conduites. 11ne faut que cela : fi le Prince n’est pas méchant, on faitbien le faire passer pour tel , 011 pour esclave d’un mé-chant Conseil. Les prétextes ne manquent jamais , &pourvu qu’on les soutienne habilement, ils passent pourune raison légitime , quelque foibles qu’ils soient dans lcfond.
(G) ll a eu ses taches .1 Le dénombrement du peuple ftitune chose que Dieu considéra comme un grand péché (17).Ses amours pour la femme d’Urie , 8c les ordres qu’il don-na de faire périr le même Urie (18) , font deux crimestrès - énormes ; mais il en fut si touché, 8c il les expia parune repentance si admirable , que ce n’est pas l’endroit defa vie par où il contribue le moins à l’instruction 8c à 1 édi-fication des antes fidelles. On y aprend la fragilité desSaints ; & c’est un précepte de vigilance : on y aprend dequelle maniéré il faut pleurer ses péchez ; & c’est un très-beau modeste. Quant aux Remarques que certains Criti-ques voudroient étaler pour faire voir qu’cn quelques au-tres actions de fa vie il a mérité un grand blâme, je les su-prime dans cette Edition damant plus agréablement, quedes personnes beaucoup plus éclairées que moi en ce genrede matières m’ont assuré que l’on dissipe facilement tousces nuages d’Objections, dès qu’on se souvient, I , qu’ilétoit Roi de droit pendant la vie de Saiil ; II, qu’il avoitavec lui le grand Sacrificateur qui consultoit Dieu pour sa-voir ce qu’il faloit faire ; III, que Tordre donné à Josucd’exterminer les infidelles de la Palestine subsistoit toujours;IV, que plusieurs autres circonstances tirées de TEcriture,nous peuvent convaincre de l’innocence de David dans uneconduite , qui considérée en général paroît mauvaise , Scqui le seroit aujourd’hui.
(H) Je ne marquerai pas beaucoup de fautes de Air. Aioreri.}
Cinq seulement. .
I. David étoit âgé de vingt-deux ans , lors que Samuell’oignit de l’huile destinée au sacre des Rois. Cela est incom-patible avec ce qui fuit, 8c avec ce qui précede. Cet Au-teur venoit de dire que David naquit l’an 2950 du Monde,
XXF- ,