D A U R A T.
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(í) Papy r.Masso, inElog. jo.Auxati.
(c) DUÈreul, An-tiq. de Palis,png.m. S<SS-
(d) Dinct,Vie de Ron-sard. ®(*) L’cntreede "Ronsard
A ce Collegetombe versfan 15 45,puis queRonsard avoita! ors 20 anspatfez,.
(/) Docuitdiu fummacum gloria& difcipulos
dre un autre qui a été la source féconde d’une infinité de pointes (C). Etant allé à la capi-tale du Roiaume (6), afin d’y achever ses études , il y fit des progrès extraordinaires , & ils’y distingua de telle forte par son Grec & par le talent de la Poésie, qu’il devint l’un desProfesseurs de l’Université de Paris. On le fait succéder dès l’an iyóo à Jean Stracellus dansla charge de Lecteur 6c Professeur du Roi en Langue Greque (c) ; mais avant cela il avoitété Principal du College de Coqueret (d) ì après avoir été Précepteur de Jean Antoine deLais, chez Lazare de Bais son pere Maître des Requêtes. 11 avoit continué d’instruire cejeune Disciple dans le College de Coqueret, 6c il avoit eu là ausii pour Eleve pendant septannées le fameux Ronsard (<?). Un des plus justes 6c des plus glorieux éloges de Daurat estque de son Ecole sont sortis un grand nombre d 7 habiles gens (/). II enseignent bien , 6c famine un peu païsane 6c désagréable (D) n’arrêtoit pas le succès de ses Leçons. II étoitaccessible à tout le monde, il aimoit à dire de bons mots, 6c donnoit même quelquefois degrans repas, se montrant par tout fort éloigné de Pavarice (E) j ce qui, avec Pétoile oula fatalité de sa profession , pourroit bien être la cause de la pauvreté où il se trouva ré-duit (E), 6c qui lui a donné place dans la Liste des Savans qui font presque morts defaim ( g ). Charles IX l’avoit pourtant honoré de la qualité de son Poète , 6c s’étoit fort plu às'entretenir avec lui (G). Ce ne fut pas fous son Régné, mais fous celui de Henri II (j&),
que
(h) Environ l’an T 5 S 4 - Voiez. Monfr. de Thou, Livr. XIII, vers U fin, pag. m. 178.
Voiez. aujfi f ^Article Lorrains, T^marque (N)*
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(8) Bibliot.
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(9) Matago-nis de Mara-gonibus adJtalogalliamMatharelli >pag. m. 248.
(10) Votez,Garasse ,DoctrineLux. pag,117.
(n) Le La-bour. Addit.à Casteln.Tom. II,pag.
674.
(12) Mata-gonis deMatagoni-bus aa Ira-logailiamMatharelli,
pag. 247.
(13) Proso-pographie,
Tom. III,pag. 2575.
(14) Elleroulait fur ceque Beëlze-buth signifiePrince desMouches.
(rj) Histoi-re de l’Acad.ïrançoise,pag. m. 301,
(16) DamesGalant.
Tom. II,pag.140.
( 17) DU-
Verdier »Prosopogra-
phie , Tom,
m, pag.
25 75.
de famille, lllud . pro Roanne Mane-Pranso, Aura-
tum . cxhibet. Mr. Ménagé a désigné Daurat sous
le nom d 'Orthrophagus, dans fa Métamorphose de GargiliusMacro. Voiez ci - dosions la Remarque (D) de l’ArticleGoul'u (Nicolas).
( C ) . . . Pour en prendre un autre qui a été la source fé-conde d!une infinité de pointes. ] On n’avoit garde d’y man-quer dans un lìecle où les équivoques, les jeux de mots, lesturlupinades , étoient une monnoie de bon alloi. A pré-sent ce sont des especes décriées, qui ne font bonnes quepour le billon. Du Verdier Vau-Privas (8) nous a con-servé un Sonnet tout plein de dorures, ou d’allusions à sot,en l’honneur de Jean Dorât. Le docte François Hotniancrut fans doute bien rencontrer lors qu’il fit ce Distique con-tre lui :
Ex folido ejfe prius vulgus quem credidit auro ,
Extrorfum auratus , plumbeus intus erat (9).
Daurat, ni son Disciple Ronsard, ne se trouvèrent pas biend’avoir exercé leurs Muses contre ceux de k Religion ; c’é-toit s’attaquer à de trop rudes jouteurs. Le premier, don-nant dans une idée ou une métaphore tout-a-fait bastè, écrivitcontre les grenouilles du grand lac de Geneve, & les com-para aux grenouilles de l’Apocalypse. C’étoit bien à euxqu’il saloir parler de s Apocalypse. Us feignirent entre au-tres choses dans leur Réponse que leurs grenouilles au heude coasser, criaient auRat auRat de Limousin , &se plaignaient des Ronsïs de Vandomoìs (10). Ils lui ren-dirent méirie son injure en espece , car ils I’apellérent lagrenouille Limousine ( 11 ). Hotman l’apelle mangeur deraves. Vidi mu.lt os , dit-il (iz), qui dicebant quod illacarmina melius valebant aureum quam omnia poétastrorumepigrammata m fine tui lìbri pofita duos denarios , etìamfine excipiendo fuum vicinum Lemovicem raphanophagumJ oh. Auratum. Je ne sai si jamais Daurat a mis enVers la Réponse dont il se servit contre un Ministre deGeneve, qui lui avoit dit que le signe de la croix que fontles Catholiques fur leur personne semble eflre sait pour chasserles mouches. Du-Verdier Vau-Privas, qui raporte (13)cette réponse ( 14 ) avec de grandes marques d’aproba-tion , prétend que Daurat passant par Geneve , en reve-nant d’Italie , fut solicité d’embrasser le _ Calvinisme , &qu’on lui promettent bon apoiníiement , mais qu il ne se pou-vois accoustumer à cefte dofilrine. Ce fut fans doute après cevoiage qu’il écrivit le Poème qui lui attira une grêle d’al-lusions.
(O) il avoit la mine un peu faisane cr desagréable.~\ Mr.Moreri a outré ces paroles de Masson : Tametji vultu fubrus-tico cr infuavi erat , en les traduisant ainsi, ceux qui ont tra-vaillé à son éloge, avouent que c étoit s homme du monde leplus mal fait , CT qu il avoit íextérieur d'un faisan. Voilàune insigne falsification au préjudice de ce fameux Poète duRoi. Le Latin qu’on vient de Ure ne différé de ce qui a étédit de Voiture, que de la moitié. On a dit de celui-ci qu ilavoit le visage un peu niais, mais agréable pourtant ( 15 ). Jeveux bien croire que Daurat étoit infiniment éloigné de lapolitèsse qui a brillé dans Voiture: mais je ne làurois m’i-maginer qu’il fût dépourvu de cette science du monde, 8cde ces agrémens de conversation , que les Savans doiventavoir pour être estimez dans une Cour ; car nous verronsci-deffous que Charles IX prenoit un plaisir extrême à l’en-tendre, 8c qu’il admiroit ses bons contes, 8c ses bons mots,8c nous aprenons de Brantôme que Daurat voioit le grandmonde. La premicre fois, dit-il (16), que fouis l'Histoirede la Matrone d’Ephese, ce fut de Monsieur d'Aurat qui laconta au brave Monsieur du Gua, cr a quelques-uns qui di-noient avec lui. II ajoûte que Mr. d'Aurat difoit la tenir deLampridius-, mais c est de Pétrone qu’il la tenoit , & j’ai-merois mieux imputer ce petit défaut de mémoire à Bran-tôme qu a notre Poète. Du-Verdier observe que Dau-rat estait petit homme de stature cr de mine , mais grand d'es-prit {il).
{E) Il étoit fort éloigné de Pavarice. ] Cet éloge 8c ceuxqui le précédent sont tout-à-fait oposez aux médisancesde Scaliger; car voici ce qu’il dit (18) fous le mot Aura-tus : ll estait fort fantasque CT fordidus comme Moncaud , sednon tam. ll coupoit toutes les marges de son Barthole CT escri-voit là. Il a peu de Uvres. Le moien d’accorder ceci avecPapyre Masson , qui soutient que ce Poète ne faisoit pasplus de cas de l’argent que de la boue, & qu’il jugeoit in-dignes du nom de Poète ceux qui étoient trop bons ména-gers? Joignez à ceci le témoignage de Mr. de Thou, queje raporte dans la Remarque suivante. Quand on considé-ré, que du côté de la Poésie, 6c de la Critique, Scaligera donné beaucoup d’encens à Daurat, on ne sauroit jugerqu’il ait été préoccupé contre lui ; mais d’ailleurs quel fondy a-t-il à faire fur ses paroles ? N’affûre-t-il pas que Dauratavoit à Padoue ou à Pise izoo écus de gages? ôc cepen-dant qui oseroit croire que jamais Daurat ait eu la chargede Professeur dans l’une ou l’autre de ces deux Villes? Sca-liger ne parle-t-il pas comme si Daurat vivoit encore ?mais cela peut-il subsister avec mille autres choses qui fontdans le Scaligerana , 8c qui ne peuvent avoir été dites quedix ou douze ans après que Scaliger sc fut établi à Leide,où il arriva en 1593, cinq ans après la mort de Daurat ?Pour ôter ces diffìcultez, ne faudroit-il pas suposer une- cho-se fausse, savoir que les deux neveux de Pierre Pithou, quiont recueilli le Scaligerana , ont demeuré quinze ou vingtans chez Scaliger ? II faut de deux choses l’une, ou que lamémoire de Scaliger ait souvent bronché dans les conver-sations qu’il avoit avec ces jeunes gens, ou que ceux-ciaient confondu ce qu’ils lui entendoient dire. Du reste ,on ne périt nier qu’il n’eût vu Daurat: il nous aprend (19)qu’ils furent ensemble rendre visite au Sieur de la Croixdu Maine, & que Daurat, qui ne prononçoit point le B,lui dit en sortant, ofeura diligentia. C’est le jugementqu’il porta des travaux de celui qu’ils venoient de voir.J’ai oublié une très-forte Objection , & capable toutefeule de nous convaincre qu’on a pris ici l’un pour l’au-tre. Peut-on dire de Daurat , homme qui ne s’occupoitque de Langue Greque, 8c de Poésie , que Bartholeétoit son Livre ? C’esi à un Professeur en Droit à signa-ler son avarice sordide en écrivant sur les rognures de sonBarthole.
(F) ... ce qui .. . pourroit être cause de la pauvreté oùil se trouva réduit .] Mr. de Thou, en avouant d’un côtéque Daurat toucha jusques à fa mort la pension qui luiavoit été conservée quand il se défit de fa charge , avouede I autre qu il avoit toûjours négligé ses intérêts, & qu’il setrouvait réduit depuis long-tems à une déplorable nécessi-te. Vir ad alïorum ftudia ac commoda promovenda natus, quirem familiarem tota vita neglexerat , deploranda jarn pridemegestate premeretur (10). Papyre Masson reconoît qu’il nelaissa point de richesses , quoi que dans ses vieux jours ileût senti les bienfaits du Roi Charles IX. Excejst c vita di-ves opibus, iis pr&sertim quas virtus parti , non quibus morta-lium genus avidum expleri nequit (zi). Cela réfute invinci-blement la prétendue mesquinerie dont le Scaligerana l’ac-cuse , sans qu’on puisse nous objecter la politique dontCharles IX se servoit à l’cgard des Poètes. Brantôme ( zz )nous aprend que ce Prince aimoit fort les vers, ct récom-pensait ceux qui lui en presentoient, non pas tout à coup , maispeu à peu, afin qu ils fussent toûjours contrains de bien faire ,disant que les Poètes ressemblaient les chevaux , qiìil salaitnourrir, ct non pas trop saouler ct engraisser ; car âpres ils nevalent rien plus. Cette Objection seroit nulle, puis qu’avecquelque réservé que ce Monarque eût gratifié son Poète , ileût pour le moins mis en état de 11’être pas pauvre un hom-me dont l’avarice eût été sordide.
(G) Charles IX .. . s’étoit fort plu à s'entretenir avec lui.)Je rn'en vais raporter tout le Passage de Papyre Masson : ilfournit matière de critiquer. Carolo npno, dit-il (7.3 ),Chriftìanijstmo charijstmus atque accepïijstmus fuit (Auratus)*Is enim in decrepita xtate facettas hominis C.y argutias miraba-tur , honestabatque prumìis po'éta fui venerabilem feneflam- H
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