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Tome second. C - I.
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D A U R A T.

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< 5 llc Daurat fat Précepteur des Pages du Roi pendant un an (/f). Je ne íai pas íî les chagrins,qui l’obligérent à quitter ce poste, vinrent, ou tous, ou en partie, de la pétulance de cette jeu-nesiè. Vu le siecle où il vivoit, nous lui devons pardonner le goût qu’il eut pour les Anagram-mes, dont il fut le premier restaurateur (ì) : on prétend qu’íl en trouva la tablature dans Lyco-phron. 11 les mit tellement en vogue, que chacun s’en vouloit mêler. 11 paslòit pour un granddevin en ce genre-là , & plusieurs personnes illustres lui donnèrent leur nom à anagrammatilér.11 se mêloit aussi d’expliquer les Centuries de Nostradamus, ët cela avec un tel luccès (/) , audite de quelques-uns , qu’il lémbloit être revêtu du caractère de son Trucheman, ou Sous-prophête.Ce ne sont point là les beaux endroits de fa vie. 11 vaut encore mieux le voir le remarier dans Ionextrême vieillesse avec une fille de dix-neuf ans ( K) , & l’entendre dire pour ses raisons que c’é-toit une licence poétique ( k ) -, & qu’aiant à mourir d’un coup d’épée , il avoit trouvé plus à-pro-P°s de fsire l’éxécution par une épée bien laitance , que par une épée rouillée (/). Ce nouveaumariage fructifia , & le rendit pere d’un fils auquel on le voioit frire mille carestès folâtres {m).Si Mr. de Thou & son Traducteur avoient considéré ceci, ils auroient lans doute mieux peséleurs expressions pour l’honneur de la jeune mariée ,{L). Daurat avoit eu de fa prémiere fem-me entre autres enfans un fils dont on a imprimé des Vers François (n) , Sc une fille qu’il maria àdn Savant nommé Nicolas Goulu (o) , en faveur duquel il lé défit de fa charge de Proses,seur Roial en Langue Greque (M). 11 a frit beaucoup.de Vers (N) , en Latin , en Grec , Sc

même

da Ftre , &fi son en croîtie Titre ils ontété fans pur .fauteur à.f âge de dixans. Ména-gé, Remarq,iur \a Vied’Ayrault,

paf. 187.

La Fille Aussifut savante ,comme nousle di r ons fotitle mot

G o v t u(Nicolas.)

(-) Sam-mauh. inejus Elogio*La Croixdu Maine,

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me semble que cet Ecrivaiu a grand tort de donner unevieillesse décrépite à notre Poète sous Charles IX : ce n’estP a s ainsi q U ’on parle d’un homme qui n’a que soixanteou soixante-cinq ans , qui en vit plus de quatre -vingtslans presque aucune maladie , & qui fait des enfans peuu années avant fa mort. Or c’est ce qui convient à Dau-lat, selon Papyre Maffon duquel voici les paroles (2.4): Pro-P e oflogenarìits aliquot jam pridem procreatis liberis, amistaqueftiori conjuge adolescent ulam dux.it , ex eaque Polycarpum , fe-ndes delicias , filiolum increâïbïli giiudïo suscepit , blandiusculecum eo colludens , e? instar sim'u manibus esterens . . . (2.5 )decejfìt prospéra fere femper ufus valetudine . . . anno Domtni1588. major otíuagenario. D autre coté il eít no-

toire que le Régné de Charles IX ne s’étend que depuist j6i jusqu’cn 1574. Au reste , Lorenzo Crasso , qui acri i que ce fut le Roi Henri III, qui conféra à Dau-tat le titre de Poéta Regius (2.6) , ne favoit pas que cethonneur est de plus ancienne date. Voilà Papyre Mas-jon qui dit que Charles IX traitoit Daurat comme sonPoète.

(*0 II fut Précepteur des Pages du Roi pendant un an. jMr. de Thou n exprimé point la durée de cet emploi ; ilne dit sinon que Daurat l’éxerça avant que d’être Profes-seur : Primum pueris regtts erudïendis admotus , dein .

tn re g>o gymnajìo diu Profejfor : Passage où le Traducteura commis une bévue; car il a traduit il fut premièrementemploie à instruire les fils du Roi (17): mais Mr. Ménagécite (2.8) des Vers de Daurat , qui prouvent que cettefonction ne dura qu’un an , & qu elle avoit été une rudecroix :

ylulica nam pajjlts staftidia mille per anmim ;

Hune tandem in portum njentïs jaclatus csr tendis,

Nauseam ut evomerem tanti maris, alter Vlyst'esEvaji.

Mr. Ménagé ajoûte que Papyre Masson parle de ce Précep-torat : c’est ce que je n’ai point troiivé dans les Eloges dePapyre Masson.

(/) ll se mêloit d'expliquer les Centuries de Nostradamus,

•. avec succès. ] Mr. Teiffier (29) cite pour cela

Papyre Maffon & Sainte Marthe, qui n’en disent rien ; ilndoit citer La Croix du Maine (30) & Du-Verdier Vau-Pnvas. Les paroles de ce dernier font remarquables ; Dorât,dit-il (31), se méfiait d'interpréter les songes: il faisott cas desCenturies de Hoftradamus contenant certaines prophéties aus-tquelles il a donné des interprétations confirmées par plusieursevenemens, <&• disoit que Michel Noftre Dame (32) les avoite Jcrit un Ange les luy dictant.

fil fi remaria .... avec une fille de dix-neuf ansfi^ «t ainsi qu’il faut traduire ces paroles de Sainte Marthe,u stdevigi nt i annorum puella. Mrs. Moreri, Teiffier (33) ,stullart ( 34), qui donnent vingt-deux ans à cette fille,tutuent fans doute bien de la peine à en donner pourgavant un Auteur contemporain , qui valût celui que jeìf Ur oposc. Mr. Ménagé nc lui en a donné que dix-

(Z 5 ).

p our l’honneur de la jeune mariée fi En effet, Mr. de1 ÙOU a dit que ce qui diminua le regret de la mort de Dau-r fi t ' est que la vieillejfe ïavoit rendu incapable de toutes lesi°fififons de fa charge (36). Qui ne le croiroit fur cela hors'rat dc faire un enfant ? Qui croiroit qu’un bon vieillard ,-fé 1 ■p 11 * 0 . 1 ' P erc sa la force d’expliquer un Vers d’Homere à® Ecoliers , auroit conservé la force de consommer unter r ?í? e - avec une jeune fille? Ainsi l’on ne pourroit ajoû-d Í0 1 latéralement au narré de Mr. de Thou, sans entierp i? à violons soupçons contre la jeune épouse de noireh f f con ame si elle avoit pratiqué la Maxime qu une ha-TXíf{f' ne ne m atique jamais d'héritiers , ou comme li sonSentence-^ U S a P^q uer avec beaucoup de raison sancienne

S* autant vieillard à la barbe fleurie ,

IO MR^ij^ vo *s ms °L ue í our h** fi marie.

C’est ainsi qu’Amiot traduit ces paroles Greques proféréespar un homme âgé: ra.u.3 yéfm, o’d* , y.ri tûÌ? ychoe-t.Duco uxorem , probe scio , vicinis quoque ( 37 )- Au fond,rien ne paroìtroit plus contradictoire à ceux qui paient lesPensions des Professeurs & des Ministres, que de voir quepour faire déclarer Emeritus un homme dont la femme seroitgrosse , oh alléguerait que l'àge saurait rendu entièrementincapable de monter en chaire.

Notez qu’il y a des gens (z8) qui disent qu un peu de-vant que de mourir il avoit épousé une jeune J'ervante , bienqu âgé de 80 ans ...., C? qu on ne dit point qu il eût d’en-fans de cette servante (39) , comme il en avoit eu d’une forthonnête Damé qu il avoit épousée en prémieres nopees. Voicidonc un homme à mettrç dans le Catalogue dont Mr. Mé-nagé a fait mention (40).

(M) Il maria une fille . . . à ... N. Goulu, en faveurduquel il fie défit de fa charge de Profejjeur Roial en LangueGreque fi Sainte Marthe., fans marquer le tems, dit queDaurat aiant été fait Poéta Regius , résigna fa charge de Pro-fesseur à Goulu son gendre. Mr. de Thou parle de la chosed’une façon encore plus vague: il se contente de dire (41 )qu’après que Daurat eut exercé long-tems la charge de Pro-fesseur au College Roial, il devint Emeritus, il renonça auxfonctions de cet emploi, & jouit dune pension qui lui futpalée jusques à fa mort. Mais du Breul nous marque letems ; car il dit que Nicolas Goulu fut pourvu à la placed’Aurat par brevet du Roi du 8 jour de Novemb. 1567 (^42).Sur tout cela j’ai deux Remarques à faire: l’une, que Mr.de Thou ne devait pas dire qu’à cause que la vieillesse, &la Guerre civile qui avoit chassé de Paris toute la jeunesse,avoient commencé de rendre inutile le travail de Daurat,on eut moins de regret à fa mort. Cela signifie qu’il au-roit pu encore rendre quelque service s’il y avoit eu desEcoliers à Paris, & qu’il en avoit rendu effectivement jus-ques à ce que les insirmitez de la vieillesse l’euffent accablé.II n’avoit donc pas renoncé aux fonctions du Professoratdès Tannée 1567, qui fut celle de la translation de la chargedu beau-pere au beau-fils; car s’il y eût renoncé dès lors, lesdeux raisons alléguées par Mr. de Thou pourquoi la perte dece Professeur fut moins regretée , feroient très-fausses: stsemble donc que ce grand Historien se soit contredit sur lechapitre de Daurat. II a dit en quelque endroit que ce Pro-fesseur avoit renoncé à sa charge dès avant la mort.de Tur-nebe (43), & s’étoit retiré dans le fauxbourg de Saint Vic-tor , où lui Mr. de Thou l’alloit voir souvent, fiam JoannesAuratus prosefstoni renumiaverat, z? in SanviSiorianum sub-urbium contesterai ; quo frequens itabat Thuanus ex ejusquecolloquiis femper inftruSlior redibat , de Budao quem ille puerviderai, Germano Brixio, fiacobo Tusano sedulo eum percon-tatus (44). Ma seconde Remarque est que La Croix duMaine déclare en 1584, qu Aurat fait encores tous les joursLeçons ordinaires de fa profession à Paris-, tant il aime a pro-fiter au public, zjr faire des disciples. Voilà de part ou d’au-tre des gens qui se font trompez. Ce qui me paroit de plusprobable est que notre homme aiant obtenu que fa professionfût conférée à son beau-fils, ne laiííà pas d'enfeígner commeauparavant, du moins en particulier.

(N) ll a fait beaucoup de Vers fi Du Verdier Vau-Privasnous en conte aparemment, lors qu il dit ( 4; ) que les Odes,Epigrammes, Hymnes, C? autres genres de Poésies^ en Grec & enLatin composées par Dorât pastent plus de cinquante - millevers : mais quoi que l’on en rabais tout ce qu on jugeraà propos > il demeurera pour constant qu st a composé ungrand nombre de Poésies en ces deux Langues, à quoi ilfaudra joindre celles qu il a composées en François; car lemême Du Verdier remarque, qu encore qu’il lé soit en-tièrement adonné aux Poésies Greques & Latines , il n’apas laifié de poétiser en noftre Langue Rrançoise, dont n a estéimprimé que bien peu. II donne le Titre de deux PoèmesFrançois : Monsieur Teiffier donne le Titre des Latins.Consultez la marge ( 46 ). Au reste , Mr. Ménagé n’apas eu raison de dire que Daurat ne faisoit point de VersFrançois, & de soutenir par là que Monsr. Baillet avoit eutort d’assùrer que la Pléiade imaginée par Ronsard n’étoitque de Poètes François (47 V Si la prétention de Monsr.

K k Me-

Plut.an seni sirgerendaKelpub.pag,7 '«S.

(3*) Pierrede Sr R.o-rnuald Jour-nal Csiro-nol. & His-tor au 6lí’Octobre ,fag. tn. 3S 6 .

Il met la,

Mort LeRonsard àce jour-lÀIS* 9 .

(39) Cela estfaux. Voie z.la Remarque(G) , Cita-tion (24).

(40) Volet,l’ .ylrticlc

B r 1 s * ï s.Citation (1 s.)

f aï) Libr.

L XXXIXfuit fin.

f 4 a) BuBrenl , An-*tiquitez deParis, çag.S«S.

(43 )C'est-Zidire avant1S72*

(44) Ttiuan.’de Vit a lua,Libr. I.

(45) Biblio-thèque , pag,68 s.

(46) Voietle fugementque Mr. dcThou a faitdu 'Recueil desFocmes Bâ-ti* t , ir Mr.Baillet Ju-gem. lut JesJ-oët. nnm.1337. Mr. 'de Thou

dit que UsLibraires ym ; rcnt UsV.rs qui n Y~toient point deDaurat ; sonTraducteur Aomis cela ,apud Teis-sier.

(47) Anti-Baillet, Tom,U,pag. 28.

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