D E C I U S.
(f>) Votez,Forfterus,Híst JurisCivil iSyLibr.III , Ca$,XXXIX ysas, r». 534 .
(c) EnvironVan I 4 S 3 .
[d) ^4lii ejasnatales celan-tes rem aliternarrant,
Cum Trijla-nus pater , &Lancellotusfrater facíumnonprebarenty<ts ipfe in ca-nonicis horisquotidie reci-tandis tadioajficeretur ,rclicta Romayiterum adSenenfes re-pteavit. Ptfiî-zírolus > de• Claris Le-gum Inter-pretibu s t pa£.
305.
2.60
néanmoins il ne vivoit pas content, il se plaignoit de la petitesse de ses gages (D). François Ac-colti , qui avoit eu seul la Profession ordinaire du soir en aiant été dispensé à cause de sa vieillesse ,on mit a sa place Barthelemi Socin. Notre Decius mit tout en œuvre pour avoir part à cetteplace, & il avoit déjà obtenu ce qu’il souhaitoit (E) ; mais on l’en priva , dès qu’on eut su queSocin menaçoit de se retirer fi l’on faisoit ce partage. Pour dédommager Decius, on lui donna1 a profession en Droit Canonique. Ce fut parles intrigues de Socin (b) , qui espéra que Felinusremporteroit toute la gloire de cette fonction ; Felinus, dis-je, qui enseignoit depuis long-temsle Droit Canonique, 6c qui le savoit parfaitement. Socin se trompa dans ses conjectures : Deciusfut plus suivi que Felinus, & lui causa tant de chagrin par cette supériorité de gloire, qu’il lecontraignit à s’abse.nter. Felinus se retira brusquement (c). Les Curateurs de l’Académie aiantsu la cause de cette retraite , se fâchèrent fort contre Decius , ôc le privèrent de ses charges. Ilsen furent réprimandez par Laurent de Medicis ; 6c cela fut cause que quand il alla à Florence ,pour demander le paiement de ses gages, ils lui dirent d’im ton assez rude qu’il s’en retournâtà Pise. II répondit qu il n’en fcroic rien , puis qu’il avoit accepté la Profession que ceux de Siennelui avoient oferte ; mais 'il salut qu’il y renonçât, 6c qu’il reprît ses emplois à Pise , car on le me-naça de retenir les arréragés de fa pension , 6c l’on défendit le transport de ses effets. On lui fitquelques avantages ; 6c on lui promit de l’associer à Socin au bout de deux ans. Socin, qui étoità Sienne, aiant su cela , fit dire qu’il ne retournerait point à Pise, si cette promesse s’éxécutoit.Cette menace fit une telle impression qu’on déclara à notre Philippe qu’il pourrait se retirer siSocin venoit reprendre fa Profession. 11 se retira en effet à Sienne dès le retour de Socin, 6c y futProfesièur en Droit Canonique , 6c puis en Droit Civil, il fit un voiage à Rome environ l’an1490, 6c fut désigné Auditeur de Rote par Innocent ■ VIII. II íc consacra à l’état secclésiaíti-que , mais aiant reçu les prémiers Ordres , il ne put aller plus loin à cause de fa bâtardise. Quel-ques Auteurs ont suprimé cet obítacle , 6c ont mieux aimé débiter que par complaisance pour sonpere 6c pour son frere , 6c par l’ennui de réciter son Bréviaire chaque jour, il quitta Rome 6c s’enretourna à Sienne (d). II s’y vit expose à l’envie de quelques autres Professeurs, ce qui l’obligead’aller à Pise, où il enseigna tantôt le Droit Canonique , Ôc tantôt le Droit Civil; non fans beau-coup de querelles ( F ). II fut a pelle à Padoue pour la prémiere chaire du Droit Canonique l’aniyoz. Louïs XII le regardant comme son sujet, 6c le voulant faire Professeur à Pavie , le rede-manda aux Vénitiens, qui après une grande résistance aquiescérent enfin aux volontez de ce
Roi
(n) Tanzi-ïolus, deClaris Le-gum Inter-pietibus,^.3°i.
(ir) ctnfi-rez ~ ce tjuì efldit d un s Ld
Remarque
{^A) deV.ArticleAccarisi(François)èr dans la Re-marque Ci } 5de l’ArticleA L C î A T(André;.
(,3) Fanzi-rolus, deClaris Ce-gujn inter-pretibus,f»i 30».
(D) II se plaignait de la, petitesse de ses gages.'] Voici unendroit désavantageux à fa mémoire : sa voue que la flé-trissure seroit plus grande, fl le défaut dont il est ici ques-tion ne paroillbit pas souvent ; mais enfin la multitude desProfesseurs mercenaires, trop intéressez, & follicitans avectrop d’instances une augmentation de gages, n’efface pasle défaut de cette conduite. Quoi qu’il en soit, notre Phi-lippe couvert de gloire , & honore de l’aprobatìon publi-que, ne laiflòit pas de se chagriner en conlidérant sa pen-sion : il la trouvoit trop petite, & il s’en plaignoit aux Cu-rateurs de F Académie. L’un deux lui donna de fort bellesespérances; car, ajouta-t-il , je fuis très-persuadé de votremérite. J’aimerois mieux, répondit le Professeur, être maldans votre esprit. On voulut savoir la raison d’une répon-se aussi extraordinaire que celle-là. Lest, reprit-il, quesi vous aviez de moi une mauvaise opinion, j’espérerois demeilleurs gages en vous désabusant ; mais puisque ma pen-sion est très-petite pendant que vous m'estimez, il ne mereste aucune espérance. Le Latin de Panzirole exprimemieux tout cela ; je le raporterai donc : ,, Cum tenui ftipen-,, dia se ali apud Gymna/ii Pnsetios quereretur , Alomanus-„ que Renutius inter ìUos senior eum bono anima esse jufsiffet ,,, quod berìe apud se audiret , Philippus , Mallem, tnquit , ut„ linistram de me opinionem haberetis. 1 Illis responfi novita-„ tetn mirantibus , (P rationem perqutrentibus, Si de me,„ respondit , prava concepta effet opinio , detecto errore,„ ampli us stipendium sperare possem, sed cum benè audiens„ parvo adhuc digner honorario, nihil mihi spei reliquum„ effe potest (n) ”. J’ai remarqué mille & mille fois dansles Vies des Jurisconsultes composées par Panzirole , quepour relever la gloire des Professeurs, il observe très-éxac-tement les augmentations de leurs gages. II est certainquelles témoignent qu’on étoit persuadé qu’fls étoìent pro-pres à faire fleurir une Académie : elles font donc une mar-que de leur esprit, & de leur capacité. L’amour propretoujours attentif à fa justification , ingénieux fur cela plusqu’on ne le pourroit dire, ne manque point de se servir dece beau tour , &: d’éluder par ce moien les reproches devénalité , & d’avarice ; mais il ne peut guere fermer laporte à ces -deux difficultez. Lune est que ces amplifica-tions de gages font presque toujours l’effet des plaintes 8cdes sollicitations importunes de ceux qu’on en gratifie, oudes m naces qu’jls font de se retirer pour suivre une voca-tion plus lucrative (n). L’autre est que ces vocations pluslucratives ne seroient pas adressées à des gens que l’on croi-roit desintérefiez , & uniquement sensibles à la belle gloi-re. Notre Decius n’avoit point cette sensibilité , & ne pas-soit point pour lavoir. II sautoir comme un chevreuil delieu en lieu, d’Académie en Académie, il sortit, & il re-vint , selon la mesure des pensions qu’on lui promettoit,& il voulut bien marquer lui-même dans son Epitaphequ’er.fin ses gages montèrent à 1500 écus d’or. U craignitque le terme d ’aurcus ne fit pas assez conoitre la grandeurdu prix que ses Leçons avoient coûté, il y joignit donc lesmots barbares in aura. Philippus Decius, revocatus in lta-liam ab excelfa Plorentinorum Rep. postcaquam Jiipendium M.D. aureorum in aura pro leiìlura consecutus suijset , de mortecogitans, hoc fepulchrum fibi fabricarì curavit (13). II in-sinue qu’il ne songea à la mort qu’après qu’il fut parvenu à
cette grande pension. Titulo rcs digna fipulchri. CetteEpitaphe méritoit plus la censure par cet endroit-là, quepar la grossièreté du style (14). Qu’on ne dise pointqu’il réfusa les mille écus d’or, que le Sénat de Milan, laVille de Boulogne, fk la République de Venise, lui offri-rent, pendant qu’il n’en touchoit que huit cens à Pise (15);car sans doute il les refusa par l’espérance d’être paié avecusure de ce refus: & nous voions en effet que l’Académiede Pise lui augmenta sa pension, & la fit beaucoup plus tor-te que celle qu’il eût pu toucher dans d’autres Académies.Notez en panant que Mr. Wharton a un peu péché con-tre les Loix de l’éxaéìitude, lors qu’il a dit que les Floren-tins le rapellérent en Italie par une pension de 1500 écusd’or ( 16 ).
(£) ll voulut avoir part à la place de F. Accolti, ey ilavoit déjà, obtenu ce qu il souhaitoit .] Quelques-uns assùrentqu’il exerça^actuellement la charge, & quelle ne lui futôtée qu’après que Socin, outré de douleur de voir son éco-le vuide, eut demandé ou sa démission, ou celle de Decius.Bartholomdus Socinus Juris Cisarei in eodem Gymnafio Profes-sor cum se discipulis v'tduatum dolerst , aut semetipsum autPhilippum munere suo dimitti petiìt (17). Je trouve plusvraisemblable le narré de Panzirole , c’est que Socin de-manda cela dès qu’il eut su la .promesse qu’on avoit faiteà notre Philippe, & avant que d’avoir pu observer qu’untel concurrent lui étoit préjudiciable.
• (F) Il enseigna à Pise, . non sans beaucoup de querel-
les . ] Socin ne fut pas le seul qui ne voulut point savoirpour Antagoniste , cest-à-dire qui ne voulut pas faire sesLeçons à la même heure que lui, & fur les mêmes matiè-res. II parait par 1 Ouvrage de Panzirole , que dans lesUniversitez d’Italie on apparioit ainsi les ProfesseursLeque ceux qui étoìent ainsi appariez paffoient pour l’Emu-le, pour 1 Antagoniste , pour le Concurrent, l’un de l’au-tte- Us étoìent presque toujours en guerre ouverte, & ilsséchaufoient quelquefois si furieusement dans les Disputespubliques, qu’on y alloit assister comme à un combat deGladiateurs. Notre Decius s’étoit rendu si redoutable qu’ily avoit peu de Professeurs qui voulussent être appariezavec lui. On se plaignoit de ses médisances, & des artifi-ces dont il se servoit pour attirer les Auditeurs. Ibi (Pilis)eum omnes concurrentem recusare , hominem ut maledicum ,malisque artibus auditores captantem criminari (18). Antoi-ne Cocctts eut le courage d’entrer en lice avec lui : ils sefirent une rude Guerre, & lancèrent l’un sur l’autre les rail-leries les plus basses, & les plus indignes de la gravité deleur caractère : Mox ad matutinam ejusdem Juris (Pontifiai)sedem translatas Antonium Coccum Plorentinum ob vetercmdmulationem durum adversarium concurrentem invenit. In eacontentions ita se exagitarunt , ut nec fœdis scommatibuspnter omnem gravitatem abjlìnuerint (19)- Jason Mainus,apellé à la Profession du Droit Civil, ne voulut pointavoir Decius pour Antagoniste : il représenta que la bien-séance 11e permettoit pas que deux Professeurs natifs dela même Ville se fissent la guerre. Là-dessus, il fut or-donné que notre Philippe retournerait à’ la Professiondu Droit Canonique ( 10). Mainus n’eut pas toujourscette retenue ; il fut brouillé jusques à l’excès avec De-cius ( 11 ).
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