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Tome second. C - I.
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D E C I U S.

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^•°>.( G ) : Decius arriva à Pavie vers la fin de l’an iyoy , & s’y montra digne de remprefiementfiue Louis XII avoit témoigné "pour lui. II obtint après sept années de Profession deux mille li-vres de gages , ce qu’aucun Professeur n’avoit jamais eu dans cette Université. Les démêlez dea F rance avec Rome le précipitèrent dans mille malheurs. Etant consulté par Louis XII fur lacélébration d’un Concile , il opina qu’un petit nombre de Cardinaux étoient en droit de le convo-fiuer } Lc fit un Livre là-dessus. Conformément à ce dogme , on tint un Concile'à Pise, 6c il yìuivit les Prélats du Parti François. Cela irrita de telle forte Jules II, qu’il le déclara excom-munie. Cette peine ne fut pas aparemment aussi dificile à soutenir, que le ravage q u'on fit faire,caus la maison de Decius lors que Pavie fut prise (H). Ne fe voiant pas.en furété dans l’Italie,

1 1 , e /Etira en France , où il obtint une charge de Conseiller au Parlement de Grénoble ( /). H^ a joindre à Lion , par ordre du Roi, les débris de l’Assemblée de Pise, 6 c puis il professa laJurisprudence dans l’Académie de Valence (e). Après la mort de Jules II, il fut absous par Léon X,S U1 lui ofrit une Profession en Droit Canonique à Rome. Comme il craignoit d’ofenfer leRoi par l’acceptation de ces ofres, il les refusa (/). Après la mort de Louis XII, il fut a peléa Pise j mais François I ne lui permit point d’y aller, 6c l’envoia professer le Droit Canoniquea Pavie. II en sortit n’étant point paié de ses gages, 6 c voiant Milan assiégé par les troupes del’Empereur Maximilien , il retourna à Pise, où fes gages de Professeur montèrent d’abord à 8ooécus d’or , 6 c enfin à tyoo. II mourut à Sienne le 13 d'Octobre if 3 f , à l’âge de quatre-vingt 6cUn an , 8 c fut enterré à Pile dans le tombeau de marbre qu’il s’étoit fait faire. II avoit une bâtar-de, qu’il aimoit beaucoup, 6c qui fut très-impudique (K). Sa mémoire fut fort courte les der-nieres années de fa vie (g) (L). On a plusieurs Livres de fa façon : on y remarque qu il donnoit lagêne aux Interprètes, 6c qu’il citoit quelquefois à faux (b). Ses Commentaires fur les Décréta-is sont fort eítiinez Nous marquerons quelques méprises de Mr.. Moreri (M).

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(í) Votez. U7{emarq. (/),

(f) Mons ^

Doujat,Frsu. Ca-non. pag.617, n*a pat

lf-'cn compritcvci 3 U veutque Ûecìusles Ait Acctp*

(1) Tiré drPanzirole,de claiisLegum In-terpiecibus,

Liír. n, Cas,CX XXV.

(h) idem ,ibidem,

(i) Doujar.'Ptxnot. Ca-non. p ag.6í8.

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* §07,

(G) Louis XII . . . le redemanda, aux Vénitiens, qui âpresune grande réjistance aquiejcérent aux volontez de ce Roi. ]L’Ambassadeur de France insista avec tant de force dans leSénat de Venise pour obtenir Decius, que l’Envoié des Flo-rentins ne put s’empêcher de dire qu’il en feroit raport à fesDartres. 11 trou volt là une singularité notable. LudovicusGallorum Rex Decium , velus Jubjeííum , Ticinum revocat,sedVenetis eum dimittere rccusant'tbus , Regius Orator tnaximam1n Senatu contentionem exercuit, quod admiratus Joannes Ber-Hardi Oricellarius, qui ibi pi» Florentinis Legatus aderat, fetngentem ob unum hominem inter Excelfos Principes ortatn al-

dsifss tfcationem vidijfe Florentinis relaturum dixit (22). Aprenonsf de là à réfuter une méprise de Paul Jove: il dit que le Gou-

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verneur François fi- venir de Pise à Pavie notre Decius (23 j.Air. Wharton est tombé dans la même faute (2.4).

( H) On ravagea la maison de Decius lors que Pavie futfrise.} Pavie aymt été prise, le Cardinal de Sion fit met-tre au pillage le logis de Decius ; on y dissipa la Biblio-thèque. On voulut même tirer du cloître de Saint An-dré la fille de ce Professeur, laquelle n’avoit que dixans; mais à la priere des Religieuses on l’y laissa après sa-voir dépouillée dé tous fes biens. Pour faire que rien n’é-fuapât à la vengeance, l’on ordonna que tous les effets dedecius fussent livrez au public (25). Paul Jove raconteCardinal de Sion ne fit piller dans Pavie que le logisMf bstippe Decius (zó). Ceci arriva l’an 1512. Forsterust aono abusé lourdement ; car après avoir raporté quee grand Jurisconsulte se plaint, se egenum , inopem, à pa-rt* ejeclum, sortunh omnibus absque sua culpa spoliatum ,pra-ter spem {unicum miserorum solanum} nihilhabere, il ajou-te > hic autem perpejjus efl anno 1498 (27). Monsr. Yarillaseut dû parler de cette infortune, puis qu’il n’a point cru de-v- Jé taire fur un malheur plus petit. Philippe Decius , dit-

2/ , ne fut pas êxemt du rejsentiment de fuies .

avoit irrité au dernier point la Cour de Rome , en offrant au° n s e de Pise de disposer ht matières dont il auroit a traiter,de fournir les Autorisez, qui ferviroient à les appuyer. Ontraignoit encore de luy qu il n écrivist en faveur des résolutionsqui y [croient prises , ey que son autorité ne les fist agréer parout ou elle estoit respeHée. On lança contre luy pour l'en etn-p c er toutes, les foudres de l’Eglise ; CV on le mit en tel estât,qu encore quil fitt universellement aimé cy efiimé dans Milanou 1 remp tjjoit fi dignement la. prémiere Chaire de furispru-ence, 2 , n °fitf sortir de sa maison que rarement cy sort ac-ompagne. 11 le trompe quand ií dit que .Decius étoit Profes-seur en Jurisprudence dans Milan.

11 ° 4 tmî Trii cha , r £ e de Conseiller au Parlement de Gré-er, flctte Ville n apartient pas à la Gaule Narbonoise,Çomme Panzirole le prétend, m Narbonenfi Provincia, dit-9) ’ Gra ;! dn °P olt cum CCL aureorum honorai,0 Sénat or esth t rantS ■ 11 ne , marq M F* 1 année : Je ne sai fi Mr. Allardcwf q ^ e bien ’ l 01 ' 3 f í dlt q a Ue DecìuS à honoré de cetteque n lan I5 - 14 (30); I e âoute de ce que dit Panzirole,s e l ? Dec '® régenta le Droit a Valence après avoir été Con-Cr!^e í, u Parlemenr de Grenoble. Je croirois plutôt qu’il fut'v-oníeiller en ce Parlement, âpres avoir professé 3e Droit dans1 Académie de Valence.

q J l avoit une bâtarde . qui fut tres-impudìque J

"Prétend que fes désordres étoient accompagnez ' d’im-ttia' a Ce: - fe" 3 ?ere avoit la douleur d’en être instruit;

1S ^isoit semblant âe les ignorer. Cette fille n’avoitbád' meme ' a Porce de sauver les aparences : on la voioitCe Ir / r ^ folâtrer dans les rues avec de jeunes garçons ;Un s U ' n e ^ pas en Italie, comme en quelques autres lieux,vain ^ équivoque d’impudicité , mais une preuve con-j' a ca " te ‘ V oici un autre désordre : au lieu de gagner decoud M Par ^ mauvaise conduite , elle y dénensoit beau-Ijg.Jf’ ca r edc achetoit fort cher les caresses des jeunesGîtons Panzirole. Filiam naturalem in dtliúh

habuit, qua citharam edoHa, dijstmulante pâtre, minus hones -tam cum adolescentibus, quos magna etiam pecunia conducebat,vitam egijje dicitur, ey cum illis in publico jocari non erubesce-bat (21 ). Mettons Decius au Catalogue dont j’ai parlé enun autre lieu (32). Au reste, fa fille unique, st nous encroions Paul Jove (33 ), fut mariée avec un noble Siennois.

(L) Sa mémoire fut sort courte les dernieres années de favie. ] Elle lui manqua lors qu’il fut question de conférer àCorras la qualité de Docteur (34). D’autres disent qu'ilne se souvenoit d’aucun Paragraphe ni d’aucune Loi , &qu’à peine pouvoit-il dire un mot en Latin. Sub finem vit&adeo fatlus est obliviosus ,ut nullius Legis vel Paragraphi remi-nifci, v vix Latine quidproloqui petuerit (35). Je n’ai pointtrouvé ces paroles dans l’Auteur que Frehercite; mais j’aitrouvé tout ce fait un peu amplement dans un Ouvrage deCorras même. Voici comme il parle ( 36) : gai» cy nos-tra hac d t a te Philippus Decius, egregius jurisconjultus, anno1 53*5 (37) (quo tempore me in Senenst Academia Doéloratus tì-tulo donayit ) adeo seneiiute emarcuerat, ut nullius legis autparagraphi ex jure nostro recordaretur : imo agre quicquam La-tine proloqui postet. Çfitare quum mihi ipsa gradus instgnia con-serre conaretur, alium quendam c collegts oportuerit prodire, quiverba solita nuncuparet.

(M) Nous marquerons quelques méprises de Mr. Moreri.}

I. L’éxactìtude ne soufre point que l’on dise que Deciusa vécu au commencement du XVI stecle ; car il étoit né l'an1434, & il avoit aquis une grande réputation avant l’âgede trente ans. II. II étudia fous son frere > prémiérementà Pavie, & puis à Pise. 11 ne faloit donc pas se contenterde faire mention de Pise. III. Jason , Barthelemi Socini ,c? Jerome Zanetini , ne furent point ses Précepteurs ; il ouïtleurs Leçons publiques ; mais ce n’est pas ce qu’on nom-me en notre Langue , avoir tels & tels pour Précepteurs.

IV. Je doute qu’il ait été marié : Panzirole n’en dit rien,quoi qu’il le suive pas-à-pas dans les plus petites démarchesde fa vie, & qu’il lui donne expressément une bâtarde. CetArgument négatif me paroit ici préférable à l’affirmationde Paul Jove (38). V. Decius ne se retira point à Pavie,il y fut apellé par Louis douze. VI. II n’alla point à Pa-vie en sortant de Pise, car il étoit Professeur à Padoue lorsque Louis douze le "fit venir à Pavie. Paul Jove a trompéici beaucoup de gens: ab ipfis Pif,s dit-il (39), ubi uxoremduxerat, Ticinum à Gallo prafìde, opimis stipendtis evocatus.

VII. S’étant retiré en France , après le pillage de fa mai-son , il ne i arrêta point deux ans à Bourges , comme 1 assureMr. Moreri après Paul Jove (40). Le silence de Panziroleme paroit démonstratif contre cela, & d'ailleurs la Chro-nologie n’est point favorable à Mr. Moreri. 11 veut queDecius s’étant arrêté à Bourges deux ans, ait été appelléà Valence par Louis douze , & honoré d’une charge deConseiller au Parlemenr. La maison de cet habile hommefut pillée l’an 1512 , & il y a beaucoup d’aparence qu’iln’arriva en France que vers la fin de la même année. OrLouis douze mourut le x jour de Janvier xçiç. II vautmieux croire ceux qui disent que Decius à son arrivée dansle Roiaume fut pourveu de la charge de Conseiller. Mr.

Doujat fe trompe de placer cela fous 1 année r;ro (41).

VIII. Decius ne fut point enterre à Pavie , mais à Pise.

IX. Àu lieu de nimh venufi'e dans les Vers de Latomus, ilfaut lire minus venufti.

Notez encore une faute de Paul Jove. U dit que Deciusétant retourné en Italie s’engagea au service de l’Académie deSienne. Ce fut au service de celle de Pise. Notez aussi unefaute de Mr. le Laboureur: il veut que Jean Jaques de Mê-mes Professeur en Droit à Toulouse ait eu pour CollèguePhilippe Decius (42). Celui-ci n’a jamais enseigné là.

(40) In cirirett Bhurltum lus divinum edocuir per dun ferme aimas. Jovius, Elog paglzcj. Wharton.Freher &c, B~ent le mtme. (41) Doujat. Prsnotion. Canonic», pag,617. («D Le Labour, Aédit, aux Mémoir. Caíleln. Tom. U, pog. r;;.

1 K k 3

f 31) PanzI-rol de clar,Legum In-terpretibu»,pag. 308.

fil) Dans la.

Remarq. (G)de r^Irticle

St uto».

Dî)lovius,Elogiorum .

pag. 207.

(34) SeniocanfeSus me—morU adeoinfirme fuit,ut JoanniCoriafio in -fignia. Do[fo-rum traditu-rus defecerifiPanzirolus,de ClarisLegum In-terpretibus,

pag. 309.

(3 í) Fiehe-rus, in Thea-tro ,pag. 814.ll cite Fors-terus,i« Hist.Juris Civili*Rom. Libr.Il , CapiteXXXIX.

(3«) Joh.Corraíius,Notis iaArrestumfarlamenciTholoíani,pag. m. 7 r.fe ri*ai pointl* EditionFranfoi'eìainsi, je cite IaV crfim lati-ne faite parHugues Su-reau.

Í3 7) Panzï-Tole,& toustes autres Bio-graphes , met-tent ia Mortde Decius iPan IJ 3 í.

(38) Pisis

ubi uxoremduxerat. Jo»vius, Elo-giorum pAg.207.

(rî>) Jovius,ib'd. Whur-ron. Frehc-rus, Theatr,Vir.ill pag m8T4, disent(a même chí m

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