DEJOTARUS.
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ç e ux qui affirment le contraire se trompent (E). Quelques mois après on l’aíTassina. De-jotarus n’en eut pas plutôt reçu la nouvelle, qu’il reprit tout ce que César lui avoir ôté (/). Songrand âge ne l’empêcha point de se joindre à Brutus dans l’Aíìe (m) , & il confirma par cette dé-marche les promesses de ses bons desseins que l'on avoir faites au Sénat (»). II n’étoit point auílìdébonnaire que son Oiateur le représente (F) : il fit mourir sa fille St son gendre , St démolit laforteresiè ou ils demeuroient. II y a beaucoup d’aparence que Castor lui échapa (G) , St que
c’est
(!) Ciceto,rhiiii'p. u.
(m) Dio,Lib. X L Vil ,pag. 3î8.
(n) Cicero ,Philipp. XI,Cap. XU.
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^ lui importoit de ne le plus craindre, il n’y avoir que cet-I e crainte qui l’empêchât de reprendre la posseffion, de cec l u il avoir perdu. César n’en doutoit point; & c’est pour-quoi il fut bien aise de ne point l'absoudre : il le tint enbride par ce moien, & il encouragea les espions & les dé-lateurs. U étoit de son intérêt que la punition de la ca-lomnie en cette rencontre ne tirât point ses ennemis delapréheniìon où ils pouvoient être qu’on ne les calomniât.Cette inquiétude est bonne à entretenir, quand on occupeues postes tels que celui de César. Ce que Cicéron repré-lenta est très-beau : si l’on permet de suborner des domesti-*l u es asin qu’ils déposent contre leurs maîtres, & si l’on nepunit pas ces faux délateurs, on déclare la guerre à tous leschefs de famille , personne ne sera en sûreté dans son logis,oc par une étrange métamorphose les maîtres feront les es-claves de leurs valets, & ceux-ci deviendront tyrans dee Uis maîtres. Servnm sollicitare verbis , spe , pr&musqite cor-rumpere , abducere domum, contra dominum armare, hoc estnon un i propinquo, fed omnibus samiliis hélium nesarium indi-c stre. Nain ista corruptela servi, fi non modo impunita fuerit ,Jed etiam à tanta authoritate approbata , nulli parietes nostramfalutem , nulla lettes, nulia jura cuflodient : tibi enim id quodtutus est atque nostrum ìmpune evolare potest,contraque nos pug-n are ,fit in dominata servitus, in servitute dominatus. O tem-pora, ô mores (n)/ Cicéron ne prenoit pas garde que le fu-neste désordre qu’il représentoit sera toujours ce que les ty-rans , ce que les usurpateurs chercheront. Ils voudroientstue l’on eût à craindre que les murailles & les planchersde nos chambres ne s’érigeassent en témoins. Remarquez9 Ue de tout tems les espions & les délateurs ont pris gardea la maniéré dont on raisonne sur les nouvelles. Ce fut undes crimes qu’ils objectèrent à Dejotarus.
(E) . Ceux qui affirment le contraire fe trompent . ]
vn Discours politique imprimé l’an 1660 , ou [ont montrées raisons d'une des Chambres de comptes de Trame à ratifieres lettres de naturalisé des eftrangers quoi que Reltgionaires ,contient ces paroles (1 1): Si vous aviez leu ces livrets peut-être1 avis que vous avez aparté de vos logis vous tomberoit auffifacilement que fit l'eftui de condamnation de César contre Dejo-tarus , âpres qu il eust entendu fi éloquemment es 1 fortement legrand Cicéron parler à fa descharge. On prend l’un pour fau-sse dans ce Passage; Dejotarus pour Ligarius. Voiez l’Ar-ticle Ligarius, Remarque (A)..
(-F) ll ri étoit point auffi débonnaire que Cicéron le reprê-On reprochoit à Dejotarus d’avoir apliqué unvers a deux nouvelles qu’il avoit reçues en même tems,am n i e n„^w ; lautre mauvaise ; l’une que Domitius sond^s t ìl nau % e > M- Celât étoit assiégé
rn n chateau. Cicéron, vouant montrer que c’é-
!ns est nn homme 'à autres choses queVjota-
; î, un nomme débonnaire, ík que le Vers dont il s’a-git est le plus barbare du monde. ' - dont
tien & de mort , là ou il salait pluflofl ne leur donner point decauses or de principes de naissance (15). Ces paroles de Plu-tarque contiennent une comparaison qui 111e fait souvenird’une sottise de Vanini, que j’ai lue dans la Doctrine Cu-rieuse du Pere Garasse à da page 815. ” Pour les hommes,
„ disoit-il , faudroit faire comme les buscherons font tous„ les ans dans les grandes forests: ils y entrent pour les vi-„ siter , pour recognoistre le mort bois ou le bois vert, &
„ eflémeiler la forest , retrenchant tout ce qui est inutile„ & superflu , ou dommageable , pour retenir feulement,, les bons arbres , ou les jeunes baliveaux d’esperance.
„ Tout de mesme , difoit ce meschant Athéïste , st fâu-„ droit tous les ans faire une rigoureuse visite de tous les„ habitans des grandes & populeuses villes , & mettre à,, mort tout ce qui est inutile , & qui empesche de vivre„ le reste ; comme sont les personnes qui n’ont aucun mes-„ tier profitable au public, les vieillards caduques, les va-„ gabonds & feneans : 11 faudroit effemefler la nature , es-„ claircir les villes, mettre à mort tous les ans un million„ de personnes, qui font comme les ronses ou les hoiries„ des autres , pour les empescher de croiftre ". L’actìonque Plutarque impute à Dejotarus ne parois pas trop cer-taine , quand on la compare avec les louanges que Ci-céron a données à ce Roi de Salarie, & avec le silencedes Accusateurs par raport à une telle inhumanité. Auroit-on osé apeller Dejotarus un très-bon pere de famille , ot>-timus pater familias (16), si Castor son petit-fils avoit pu fuireprocher le meurtre de ses enfans ? Auroit-on osé direque sa probité reconue de tout le monde réfutoit assezpleinement la calomnie ì Hoc loco Vejotarum non tam ingé-nia v prudentia , quam fide ex religione vit t defendendum pu-to. Nota tibi est , C. Cafar , hominis probitas , noti mores ,nota conftantia : cui porro , qui modo populi Romani nomen au-divit , Deiotari probitas , integritas , gravitas > virtus , fidesnon fit audit a (17)? Remarquez bien qu’au tems de l’Ac-cusation , Dejotarus n’avoit qu’un fils. II est même vraiqu’il n’en avoit qu’un quand César logea chez lui (18). Onme dira que Strabon (19) raporte une chose qui favorisePlutarque : c’est que Dejotarus s’étant emparé de la villecapitale de Saocondarius son gendre , l’y fit massacrer,traita de même fa fille , femme de Saocondarius, démolitla forteresse, & saccagea presque toutes les maisons. Je ré-pondrai que cela diffère beaucoup de la narration de Plu-tarque. On fit cela fans doute pour fe venger de 1 a noiretrahison de ce gendre, qui apparemment avoit été le prin-cipal directeur de l’Accusation de Dejotarus.
Disons en passant que la ville capitale de Saocondariuss’apelloit Gorbeiits .- mais comme Strabon peu de pages au-paravant (2.0) nomme Morzeus k capitale du petit-fils deSaocondarius, il y a.quelque aparence que ces noms-là nefont point dans leur état naturel. Casaubon le conjecture.On peut conjecturer la même chose touchant k ville capi-tale de Dejotarus; elle s’apelloit Blucium (21), suivant
(ul Plut.de Stoic.Repugn,çag 1049, r,Version d y A.-myot.
f:6) Cïce-ro-n
ainsi , proDejotAïo,Cap. IX.
( 1 7 ) IbidemCap. VI.
Périssent nos amis , poftr-
veu que nos ennemis periffent auffi. C’est le sens .de ce Vers- M , nuscril s , & BÍubìum , suivant quelques autres,
la. Sfuam ejjet et nunctatum Domttmm naufragio persiste , te queiqucs ^raauusu^ _ r f _ . _ ■* A? - -
in caftello circumfiderì,de Domitio dìxït verp.im Gracum eadetn
sententïa ana etiam nos habemus Latinum , Perçant amici■ -• • • • ’ - - - -
dum una inimici inteçcidant. §ttod iIle fi effiet tibi iriimicis-fimus nunquam tamen dixistet : ipfe enim mansuetus , versusimmanis (13 j. Plutarque a'représenté Dejotarus sons unetoute, autre idée. Selon Chryfippe , dit-il, Dieu ressembleà Dejotarus Roi des Gâtes, qui aiant plusieurs enfans lestua tous, excepté celui auquel il vouloit laisser son Roiau-ihe. Pour bien entendre ceci, il faut voir un peu au long& ce qui précédé & ce qui fuit. Comme les villes ex citez ,quand elles font trop pleines de peuple , en oftent ou envolentdes colonies au loin , & commencent des guerres contre quelques -nn s: auffi Dieu, selon Chryfippe, envoyé les commencemensde quelque mortalité , ex cite pour tesmdm Euripides, ex lesa utres qui disent que la guerre de Troye fut envoyée par les
*>&•*,„ Gít _ -^ieux pour espuifer la trop grande multitude du peuple .
jd * d^ìítm t j on fiderez comment Chryfippe donne à Dieu tous]ours les pluseaux noms, CX les plus humaines appellations du monde , CX auc °ntraire les efetssauvages ,. cruels, barbares, ex Galatiques ;far a ces colonies que les citez envoyent dehors ne ressemblentpoint proprement ces grandes mortalitez ex pertes d’hommes,tomme celle qùamena la guerre de Troye ou celle des Medes, ouu Peloponnefìaque, fi ce .n est que ces gens ci sachent quil y aqtielque ville qui se sonde iX se Peuple dessous la terre aux en-fers. Mats Chrysippusfait Dieu semblable à Dejotarus, l e Roye Galatie,lequel ayant plusieurs enfans, ZX voulant laiffier sonestât ex Royaume alun d'iceux seul, il tua lui mesme tous lesOutres, comme s’il eust coupé CX taille les branches d un cep deAfinque celle mi demeure en devienne plus grande exB us fxte ( t 41, combien que le vigneron le face lors que lesranches font encore Petites ex foibles. Et nous quand les pe-tits chiens font encore [i ’eunes qu'tls ne voyent goûte, pour es-parorter la chiene , nous lui en osons plufiettrs : la ou Jupiter fieatste pas tellement c r vílre ex venir en aage parfait les hommes,Ains lui mesme les faisant naistre , ZX leur donnant croistànce,es tourmente puis après en leur préparant occasions de corrup-
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49 , c.
(18:Cap .
ibidem §
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Qui doute qu’il n’y ait là une faute, puis que Cicéron (22)nomme Caftellum Luccemm (23) le château où Dejotarusdevoir recevoir César ?
(G) ll y a beaucoup d’aparence que Castor lui échapa .] Cas-tor fut à Rome le promoteur de l’Accusation , & y subor-na le Médecin de Dejotarus, pour le faire déposer contreson maître (24), Jugez si Dejotarus, qui n’épargna pointfa fille, auroit épargné un tel petit-fils ? II faut donc croi-re que Castor ne lui tomba pas entre les mains. Je ne saïce que devint le fils de Dejotarus ; il ne succéda point àson pere: il avoit obtenu du Sénat (2;) , & puis de Cé-sar (26) , le titre de Roi, & il devoir épouser une filled’Artavasde Roi d’Arménie (27 J. Cic ron le loue beau-coup (28). Le successeur de Dejotarus s’apelloit Amyn-tas, si l’on en croit Strabon (29). Or cet Amyntas avoitété Secrétaire de Dejotarus (30) , & puis Général de sestroupes dans l’armée de Brutus (31!: il abandonna le par-ti de Brutus , & passa au camp d’Antoine. Ce fut fansdoute ce qui obligea Antoine à lui donner la Pisicïie en714 (32J, & la Galatie , la Lycaonie , & k Pamphylie en718 (33). Or parc: que Dion assure qu’en 714 les,Trium-virs donnèrent à Castor les Etats de Dejotarus décédé dansk Galatie , U ceux d’Attalus décédé au même païs (343,je croirois facilement que Strabon se trompe , lors au’ildonne Amvnfas pour successeur immédiat à Dejotarus/ IIme semble "qu’i! vaut mieux dire avec Dion, que Castorsuccéda à Dejotarus, & nous donnerons ensuite Amyntaspour le successeur de Castor. Le Pere Noris a beau prou-ver par quelques exemples que Dion est accoutumé dedonner au fils le nom du pere , il ne me persuadera pointque cela soit arrivé par raport à Castor : & quand mêmecela seroit arrivé , le Pere Noris ne laisserait pas d’aveircommis une faute (3 ; 1 ; car en ce cas-là Dion n’auroit paspu prendre Castor pour Dejotarus , puis que Castor n’étoitpas le fils de Dejotarus > mais feulement le fils dé ft fille.Castor, qui accusa son aieul à Rome d’avoir attenté à k
vie
( 19 ì Srrabo,l.ibr. XII,
pag. 39t.
f20) ibidem,
fV- 3 g 7-
(2 r) Ibidem,pag. 390.
(22) ProDejotaro,
Cap. ru.
(23) D\ni-tres litnp
Luceìum.
(24) Cicero,pio Dejota-10, Cap. VI.
f 23) idem,ad Attic.toist. XVIILÍbri V.
( 2 f>) Idem ,pro Dejota-ro , Cap. m .
( 27) Idem »lipist. XXIí.d Attic.
L ib r. V.
( 2S 1 ) Idem ,Philipp. XI,Cap. VIII br.XXXVI.
(29) Strabo,'L,ír. XII,pag Z92.
( 3°) Dio,libr XLlX,pag. 469.
(ìt) Philip-;pica XI,itbt sap.
(32) Ap-pian. deScll. Civil.Libr. V , pag,7*5-
Á3) Dio,Libr. XLlX,pag. 469.
(34) idem,Ltb.y.Lvm;
P a g- 43 2.
D s) p ost
puinam Phi»lìpbsnfemfenbit Oitphb. 48.CaHotietiam cuí-dam AttaliSc Dejotariin Galío-grxcia de-f.ìnctorumditio tradi-ta est i^i. Vm714. díbuitdteert Dejo-taro, nanCastori. Dionon !l 7 >ì (1Jîiìos alienonom hie vide»U cet pht ru/ft
corunâfm ai>*
pcllar: Koïîs,Cenotaph.Vif. pag 20 s>.