DEJOTARUS. 3 . 6 s
tus plaida fortement auprès de César la cause de Dejotarus (L). Si l'on pouvoit compa-rer les femmes du Vieux Testament avec celles du Paganisme, on mettroit en parallèleSara femme d’Abraham, avec Stratonice femme de Dejotarus (M). Ce dernier répondithabilement à la raillerie de Crassus touchant fa vieillesse (N). Monír. Morcri n’a donné1C1 qu’un petit Article : la matière ctoit pourtant bien fertile ; il n’y avoit qu’à prendre lapeine de la ressembler. Sa brièveté n’empêche pas qu’il n’ait fait de grosses fautes (O).
On
K-
» tii
ifl> *
iti 0 *
D‘f
10 '
■bi*
ítis 1
'.if*
irt
n f
ë
"1%
r, ir‘
f 1 ” 1!
a fl (tl
P'
%•
r l% ^
q,0
r>í
(
dir
f 1 *
■f
K-
cr
rc
f/
fl
f.
U»
ptr
t* e '
«tu*00. f.fl?.
lis
%
s S'
Sdf
f‘"
ï»:
0'
Ibf
ri**”
d«
’cf
i0’
H’.,
x yl.
10 '
b«) Cicero,Ernto,Cap. K
fc Ko '«.
( ab 'icms,
ÍT '* v «
^, Uc «o n ,
7 o 7 .
) De
:u. 0 )
(Bt,
fr.
D,ù ° P r °
e,ìi n «-
!*"' U’-
"‘ Hr Uiyn
ït'iìor,AÍr 10 Mïpist, i '
Ltí,i -Y/V.
îi ut
fa i- 5>î«.
l !o ) Ellesellait
ì.
bt)
V
r ’'é de
Vi,
V, ,y «h
i/^ibus
Sr ura >
^ *58,
de
í 1 . 1 )
adv
ïlut.
Col,
ç rsu s
“">n,
'HvS»L.
P&z:-
Ca l>. x.
bt) Ve/ .
ì\r » ’°*-U
. Lctttç< * B X>
Z Fami so-
piotsro.Ca f- Xnl
XV 117 r -, .
b?) ]
■ ) Plut
Ï.C* 0 «
#« c> ‘
que toutes ces belles promesses font suivies de la perte d’u-e bataille. Le Prédicateur n’en est pas déconcerté : ilrouve cent admirables ressources : si l’on avoit vaincu , one leiqit trop confié au bras de la chair, on auroit trop en-enle a ses rets : une défaite nous aprend que nous n’étionsf n a ^~ ez humbles ; le doigt de Dieu fera déformais plusentible : ainsi dans le fond les présages étoient heureux ,Puis qu e j a victojj-e deviendra funeste au vainqueur , & quee parti vaincu aprendra mieux à fe confier en celui qui estle rocher des siécles.
\^) On ne démêle pas bien en quel tems Brutus plaida for-
enien t . i a cause de Dejotarus .] Cicéron en parle de
^.mamere: Erat à me mentio faâta causam Dejotari fide-J m í at que optimi ornatiffime er copiofijfme à Bruto me auiis-J e . î defen/dm ( 46 ). On ne doute point que le Livre° u u parle ainsi n’ait été fait avant la mort de Caton d'U-ique ( 47 ) : il faut donc dire "que Brutus ne plaida pointPour Dejotarus dans l’Accufation de Castor ; car ce fut autetour d'Efpagne , & après la guerre d’Afrique , que Césarexamina cette Accusation. On peut même être assuré qué■bj'utus ne plaida point pour Dejotarus à Rome , mais à Ni-f ee (48): & ainsi il y a lieu de croire qu’il ne justifia De-jotarus , que d’avoir porté les armes contre César dans Far-mée de Pompée. Cette Harangue de Brutus est moinslouée par F Auteur du Dialogue de ccmjjìs corrupta Eloquen-tu > que par Cicéron. La mémoire de Plutarque s’eít ici“n Peu brouillée ; il nous parle d’un Roi de Libye dontmutus soutint vivement les intérêts. II ne put le justifier ;tes crimes étoient trop grans, & trop évidens ; mais àforce d’intercessions il lui conserva une partie du Roiau-i??. ( 49 )• Cela ne regarde pas un Roi de Libye , maisDejotarus. ^
{M) On mettroit en parellêle Sara femme d’Abraham avecStratonice femme de Dejotarus .] Stratonice femme de De-jotarus étoit stérile, & bien informée que son mari fouhai-toit avec passion d’avoir des enfans , qui pussent être lessentiers de son Roiaume. Elle lui conseilla de se servirune autre femme , & lui promit de reconoitre pour sienses enfans qu’il en auroit. 11 admira ce conseil, & lui dé-clara qu’il en passeroit par tout où elle voudroit. Là-des-lus elle choisit entre les captives une fille de grande beau-j e (50), F ajusta, l’orna, & la mit entre les mains de De-jotarus. Elle reconut pour siens tous les enfans qui naqui-rent de ce commerce, & les éleva tendrement & pompeu-sement (51). Plutarque en un autre endroit donne le nomde Berenice , ’Beppew,. , à la femme de Dejotarus. II endit une chose dont les Pynhoniens sc servent. II dit qu’u-ne femme de Lacedemone s’étant approchée de Berenice,
1 5. r 'l va 0 B ue C P ^ eux semmes détournèrent la tête toutauliitot <x en meme tems; Berenice, parce quelle ne pou-voit souffrir l’odeur du beurre ; & l’autre, parce quelle nepouvoit souffrir l’odeur des onguens. nsoç Sì BfUdr-m
Tsjv tSriaTÁçïS roi t Acc'^íèatpooviatv riva yvvatazv átpixltrBai >.í-yurtr àq bí ísybq Ùx?.r0av Trçotri?i$ov , eôâiiq âzrûççapr.veti , ri,vf <ív « fiúçov , me, eoike , rjv b'e r'ó fibrvçov Et
ferunt Spartanam quandam mulierem accejftjfe ad BerenicemDejotari ttxorem , cumque invicem appropinquaffent, averfasfmjj'e , quod unguentum altéra , altéra butyrum olfaciens aver-Jaretur (52). La terminaison Greque de Stratonice & deBerenice brouilla peut-être les idées de Plutarque , jusquesa faire qu’il donnât à la même Reine tantôt le premier deÇes deux noms, tantôt le dernier. . Peut-être auffi que De-jotarus eut deux femmes , l’une nommée Stratonice , l’au-tre nommée Berenice. ,
(A 7 ) ll répondit habilement à la raillerie de Crajfus tou-c ant fa vìeillejfe.~\ Ce Capitaine Romain passa par la Gala-° 1S ^ son expédition contre les Parthes, & y trouvaf, ^ 0> Dejotarus qui estait fort vieil, je me sers de la VersionAmiot, c? néanmoins batijfoit une nouvelle ville. Si lui dit ,^ J e moquant, il me semble Sire Roi, que tu commences bienE'rí ^ ntIr ’ t y eftre mis à la derniere heure du jour. Ce^ des Galates lui répondit fur le champ : Auffi n es-tu pas toiesme parti gueres matin a ce que je voi Seigneur Capitaine,\ >U £. ^ er faire la guerre aux Parthes. Car Grastus avoit jan ■ ans » Cf fi le montroit [on visage encore plus vieil qu'ileftoit (53). p seloit que Dejotarus fût alors bien vieux,Í 11 Cicéron, en parlant d’un tems fort voisin de celui-là,, lt Su’on s’étonnoit que ce Prince eût la force de lé tenir^cheval, après que plusieurs personnes Fy avoient mis.top tarum quum plures in equum sustuliffent, quod htirere inçJ enex pojset, aàmirarisolebamus (54)- C étoit au tems que-o* commandent dans la Cilicie Fan 702. Crassus a-amY^ te Refait deux années auparavant. Cicéron lia unedarssf fort àroile avec le Roi Dejotarus pendant qu’il futIl drT Cllìcie > & en reçut toutes sortes d’affistances (;;).emnT na /on à & son neveu à Dejotarus le fils qui lesvieillm a la 6àie (56). J’ai une autre preuve de laPée fi r Dejotarus. II étoit déjà fort âgé lors que Pom-fans / la guerre à Mithridate. II recommanda ses en-TO Ai EU 0X1 à Caton statique (57). Nous avons vu
ci-dessus (58) qu’il n’avoít qu’un fils au tems de la guerrede Pharnaces.
(O) Monsr. Moreri a fait de grojfes fautes.'] , 11 n’est pasvrai, comme il assure , I ,que Dejotarus fut accusé d.'avoir faitmourir sa fille cr son gendre Castor : II, Et que cela donnasu:et à Cicéron de prononcer pour sa desense cette admirable O-raison que nous avons encore. On a pu voir dans le Texte decet Article le véritable sujet de FAccusation, & du Plaidoíé.III. II y a très-peu d’aparence que Castor l'Hiftorien soit filsdu gendre de Dejotarus. Pourquoi donc Mr. Moreri don-ne-t-il cela pour un fait certain ?
Scaliger (59) , Voisins (60) , le Pere Hardouïn (6í) , &plusieurs autres grans hommes , estiment que Castor sur-nommé le Chronographe par Josephe (62.) est le gendre deDejotarus. Trois raisons m’empêchent d’adopter ce sen-timent. La I est que cc Castor , comme ils î’avouent, afait un Livre qui a pour Titre xçmKÙ , les igno-
rances chronologiques. Or cet Ouvrage a ete cite par Apol-lodore (63) qui florissoit sous Ptolomée Evergete II du -nom (64) : il faut donc que Castor ait fleuri pour le plustard sous le même Régné. Comment donc pourroit-ilêtre le gendre de Dejotarus ? car ce gendre vivoit encoresors que Cicéron plaida pour Dejotarus (65) , c’est-à-direFan de Rome 709 ou environ. Un homme qui auroitfleuri fous le Régné d’Evergete , lequel s’étend depuis Fande Rome 608 jusques à l’annéé 636 , pourroit-il être en-core en vie Fan 709 ? Je tire ma II raison de ce que Castorle Chronographe avoit composé beaucoup de Livres , furdes matières qui demandoient tout un homme. II fautqu’un Auteur comme lui ait extrêmement étudié , & n’aitfait presque autre chose. Cela ne convient point au beau-fils de Dejotarus. On en parle comme d’un homme quis’intrigua avec chaleur dans le parti de Pompée , deforteque son fils par complaisance pour lui ne vouloir point dés-armer après la déroute de Pharsale , quelque peine que Ci-céron se donnât pour le lui persuader. Hic veto adolcs-cens . . . cum in illo nostro exertitu equitaret cum fuis deleElisequitibus, quos un a cum eo ad Pompeium pater misera t, quoscbncursus facere solebat ? quam se jafíare ? quarn se oftentare ?quam nemìni in ìlla caussa studio c/ cupiditate concéder et Cumvero , exercitu amisso, ego, qui pacis aufíor semper, post Phar-salicum pr&lium, suasor suijsem armorum non deponendorum,sed abjieiendorum, hune ad tneam audloritatem non potuì ad-ducere, quod or ipse ardébat studio ipstus belli, e? patri satis-faciendum este arbitrabatur (66). Ajoutez à cela que Cicé-ron , dans son Plaidoié pour Dejotarus , ne dit pas un motqui insinue que le beau-fils de ce Prince tût homme deLettres. II n'auroit pu honnêtement garder ce silence , 'sice beau-fi!s eût été auffi illustre par ses Livres que Fa été leChronographe Castor. On me dira que pe silence a étéune des adresses de la Rhétorique de Cicéron : il a craintque la doctrine du pere ne frit une présomption favorablepour le fils qui étoit F Accusateur de Dejotarus ; mais cetteobjection est fans force. Cicéron auroit pu aggraver encent maniérés la faute du fils, & même celle du pere , parla considération de la Science de ce dernier. C’est peut-être, me dira-t-on, que le gendre de Dejotarus n’avoit pasencore publié ses Livres. Mais d’où vient donc qu’il estcité par Apollodore-f & quand est-ce donc qu’il les auroitmis au jour ? Dejotarus, qui ne survécut que de trois ouquatre années tout au plus au procès qu’il eut à Rome, nele fit-il pas tuer ? Outre cela , je remarque que Cicéronpose en fait que le gendre de Dejotarus ne fut conu dansle monde, que par l’honneur que lui fit Dejotarus de luiaccorder fa fille. Avant cela , il rampoit dans les ténèbres.On ne parle point ainsi d’un grand Auteur. L’énorme, laprodigieuse distance qui se trouve entre lui & les Souve-rains , ne fait pas qu’on puisse dire qu’il est inconu , qu’ilvit dans F obscurité ; & rien ne me persuaderait davanta-ge qu’il avoit aquis une extrême réputation > que de voirqu’un Prince le choisirait pour son gendre. Je croi doncque si le lavant Castor avoit épousé la fille de Dejotarus, ilseroit parvenu à cet honneur par l'éclat de son Savo:r ; 8cpar conséquent , que ssiceron n’auroit osé dire de lui cequ’il en a dit: Rex Deìotarus vesiram familiam abjeiïam c?obfcuram de tenebris tn lucem vocavit : quis tuutn patrem antetiqui effet, quam cujus gener effet , audivit (68) ? Ma III rai-son est qu’y aiant plusieurs anciens Ecrivains qui ont citéCastor , aucun ne le qualifie de gendre de Dejotarus. Ce-pendant, on n’oublie guere ces sortes de qualitez; car com-me elles sont fort rares parmi les Auteurs , Lc que le lustrequ’elles communiquent à celui qui les postede , se répanden quelque façon fur toute la République des Lettres, onse plaît à dire quand on le peut que F Auteur qu’on cite estfils ou beau-fils de Roi. Si jamais on a dû se souvenir decette rare circonstance , c’est lors que le Roi beau-pere aété auffi conu des gens doctes , que Fa été Dejotarus de-puis la Harangue de Cicéron. D’où viendrait donc que legendre de Dejotarus ne seroit jamais cité sous ce titre ?Varron (69), Josephe, Plutarque , Justin Martyr, Tatien,
L1 Eu-
(58) Dans U%emarq,(F) %Citation
Si Castor.
Auteur dcpluíìeursLivres est IciGendre deDejotarus.
(59) A ni- -madvers.
in Euseb.psl?. 16 & 5<Ç,
(60) Vos-íìus, de
Hist. Gra:c. o
IZ9.
(61) In In-dice Auto-rum PJinii.
( 6 z) InApìon.
Liùr . 11 .
(6?) Eiblioí.
Ubr. //,
MÇ. m. 75.
{ 64) Vos-13us, deHist. Grsc.
132.
(6ç) Cicero,pro Dejota-
10 » Cap. X.où s’adres-fant à Cajîor
11 inJìnHeclairement cjtteson Pere étoitcomplice deP^íccusation.
Peu aupara-vant il avoitdit cpite CaJìor 9après la Ba-taille de Phar -sale ) continuadâns le partide Pompée ,pour faireplaisir a son
Vous verrez,cela dans laCitation sui-vante.
(66) Cicero,pro Dejota-ro, ibtd.
(67) Strabo,
Libr. XU 9
pckL. Z§I.
(6î) Cicero,pro Dejota-10, Cap. XI.
(69) In Li-bris de vi-sa PopuliRomani.
On trouveradans Voíîìusde Histor.Graicis,pag 158,
159, en rjttehlieux Us au-tres ^AWiUrsque je non mecitent Castor.