DEJOTARUS. DELLIUS.
Z 66
9
(70) Euse-bius, inCJuoa.
( 71 ) nigì
&*K'JCVQ-
itgxlíVT&y,
(72) Plutar-que , inQun’stioni-bus Roma-nis , U cite,
(7j)
Castor cunclitde Typhusamb’i&is.Aufouius »
■ in PsofeíTòr.
Epigr.XXÙL f . 7.
On les trouvera ci-deíTcus dans la derniere Re ncrque.
Eusebe , St. Cyrille , Aúsone , Etienne de Byzance , ontcité Castor , 8c aucun d’eux ne s'est avisé de le nommergendre de Dejotarus. Si je ne me trompe , il n’y a queSuidas qui l’a fait. Mais où font les gens qui ignorent laconfusion prodigieuse de son Dictionaire ? Presque tout s’ytrouve à bâtons rompus : combien de fois y divise-t-on cequi devoir être réuni, 8c y joint-on ce qui devoir être sé-paré ? On a déjà vu que Suidas prend Dejotarus pour unSénateur Romain.
Ce que j’ai dit concernant l’áplication continuelle avecquoi Castor a dû étudier, paroitra très-vraisemblable à tousceux qui pèseront la nature de ses Ouvrages. II paroit qu iltravailla à réformer la Chronologie , 8c à marquer les er-reurs des anciens Historiens. On le cite (70) touchant lesRoiaumcs de Sicyon ■ , d'Argos , 8c d’Athènes , & tou-chant la Monarchie des Assyriens. 11 avoit fait un Ouvra-ge concernant la ville de Babylone : il avoit écrit touchantles peuples qui avoient été successivement maîtres de lamer (71). II avoit fait un Traité du Nil ; un autre où ilcomparoir les coutumes des Romains avec celles de la Sec-te de Pythagore ( 72.). Je ne parle point des Ouvrages deRhétorique que Suidas lui attribue ; car ils font peut-erred’un autre Castor. Les conoisseurs m’avoueront très- faci-lement, que de toutes les Productions de plume , il n y ena point qui demandent plus de tems , plus d aplication , &plus de patience, que celles où l'on fe propose de rectifierla Chronologie, 8c de critiquer les Historiens. C’est à quoiCastor s’occupa : témoin l'on Errata des Chronologues ,iyior.pz.™ > 8c le Livre dont Ausone a voulu par-ler ( 73 )*
Rien ne ma surpris davantage , que de voir qu’on aitconfondu l’Antonius Castor de Pline avec le gendre
de Dejotarus. C’est ce qu’a fait le Pere Hardouïn (74)n’aiant pas pris garde qu’Antonius Castor a vécu au íieclede Pline , 8c plus de cent ans. C’étoit un excellent Bota-niste , qui cultivoit dans son jardin un très-grand nombrede plantes, 8c qui en parloit savamment. II n’avoir jamaisété malade , 8c après avoir vécu plus d’un Iiecle il avoitencore la mémoire bonne, 8c le corps bien vigoureux. Pli-ne avoit vu ce jardin, 8 c tiré beaucoup de lumières de ceBotaniste. N obis certe, exceptis admodur» paucis, coniigit re-liquat contemplari Jcientia Antonii Castoris, cui Jtimma audio*ritas erat in ea arte nojìro dvo , vifendo hortulo e’.us, in quopiurimas alebat ; centefimum atatis annttm excedens , nullumcorporis malum expertus, ac ne State quidem memoria aut vi-gore concuffìs (75). Cela peut-il convenir au gendre dc De-jotarus ? Ne fut-il point tué avec l'a femme par son beau-pe-re avant l’an 714 de Rome , plus de cinquante ans avantla naiílance de Pline (76) ? Lors que le Pere Hardouïn >se fondant fur un Passage de Pline, conjecture qu'AntoineCastor composa quelques Volumes touchant l.s Plantes , ila beaucoup plus de raison : néanmoins , il fe pourroit faireque les paroles de Pline (77) signifiassent seulement queCastor avoit montré dans ion jardin la plante dont il s’agit,ou qu’il en avoit fait la description aux curieux qui l'al-loicnt voir. Ce qui me tient en suspens fur la conjecturede cet habile Commentateur, est qu’il me semble que stCastor avoit publié des Livres de Botanique , Pline en au-roit touché un mot lors qu’il parle du jardin , & de la•science de cet homme (78). Quoi qu’il en soit , le PereHardouïn a mieux rencontré que Voisins : il a pli que à An-toine Castor le Passage du XX livre de Pline ; mais Vos-fius l’a entendu de Castor le Chronograplie cité par Apol-lodore.
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(a) Plut.in Marc.Antonio,fag. pzS.
( b ) Ibidem ,
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(-) Dio,Lib. L , pag.w. 4 SÍ*
DELLIUS (Quintus) Historien Grec. Plutarque en parle deux fois: I, lors qu’il ra-conte que Marc Antoine envoia signifier à Cìeopatre qu’elle eût à fe transporter en Cilicie pourjustifier fa conduite {a) -, car on l’accufoit d’avoir fourni des secours à Brutus & à Cailîus:11, lors qu’il fait mention de la disgrâce de quelques bons serviteurs de Mate Antoine ( b ). Lepremier Passage nous aprend que Dellius fut envoie à Clcopatre pour lui signifier l’ordre de veniren Ci'icie : le second nous fait savoir que Dellius fe retira de la Cour de Marc Antoine , fur l’avisqu’on lui donna que Clcopatre le vouloir faire tuer. Dans la p: émiere* rencontre , Plutarque luifait tenir la conduite d’un fin matois ( sí) ; & dans la seconde, celle d’un homme qui té rendcoupable d’une grande indiscrétion (B) , par raport à ce qu’on apelle bonnes fortunes en ma-tière de galanterie. C’est-dans ce dernier Pafiage que l’on aprend que Dellius étoit un Histo-rien (C) , & qu’il fit savoir au public la raison pourquoi il se retira de la Cour de Marc Antoine.II le fit dans une circonstance de tems très - favorable à Auguste. Ce fut peu avant la batailled’Actium , & bien informé des desseins de Marc Antoine, & très-capable d’aprendre à Augustel’état où fc trouvoit l’ennemi (zj. Seneque le pere rapoixc diverses choses qui ne font aucun hon-neur
( T ) Cecifa: t de la pei-ne aux Critiejaes ; car onne voit pas enejttrl tems lefils de Pom-fée a pu aimerCleopatreavant la d -faite de Bru-tus & àe Cas -fins. Voiez.les Lettresde MarcVclscrus.
(2) Plut. inM. Anto-nio.
§26 , 927 .
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n-èe Uávme.Ncqtte enimerat ( ut per-bibent ) figuraejus per fe ni-que adro •'.-tttmparabi is,neque ut eb-fiupefactrttfpeftatores.
Ibidem,t*i- Si7, D,
‘ (A) Plutarque . . . luisait tenir la conduite d'un fin ma-tois.'] Dès qu’il eut vu & ouï cette belle Reine, il jugeaqu’on auroit bientôt besoin d’elle , 8c que íâ beauté secon-dée de la langue bien pendue lui donneroit toute forte des-cendant fur Marc Antoine. C’est pourquoi il fe mit à fai-re la cour à Cleopatre, & à l’exhorter à sc produire en Ci-licie avec tous ses ornemens. II l’assàra qu’elle n’avoit rienà craindre d’un Général d’armée aussi honnête , 8c aúfficourtois , que celui qui la mandait. Elle fe trouva mer-veilleusement confirmée par ce discours dans l’espérancequ’elle avoit conçue de fe faire aimer de Marc Antoine.Elle avoit raisonné de la sorte: puis que César, & le fils dugrand Pompée ( 1 ), qui ne mont vue que lors que jetoisune jeune fille fans expérience, 8c qui ne lavoir pas encoreson monde, n’ont pas laissé de devenir ma conquête , quene dois-je pas attendre à présent que ma beauté Sc monesprit font dans leur plus grande force? h' è'ì *«, a tÀ?.it»
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TC'fiTctTrf) ì%»í7t Kitt T(tì 0pove7v àtc.uciÇxrt lllo. hìnc ab DelUoinduíîa , hinc conieSluram àucens ex prioribus fuis forma cumCastre C? Cneo Pompeii filio commerces , facile Antonium fipe-ravìt Je fiubadluram .- qstando puellam adhuc ìlli cy rerumrudem cognoverant , ad hune vero Ventura erat quo maximetempore fpeciem habent fxmina florentijjìmam cy ingenio vi-gent (z). Ce raisonnement est beaucoup meilleur que nes’imaginent ceux qui ne parlent que de filles de quinze ans,que de roses à demi écloses, 8c pour qui l’àge de vingt ansest une entrée dans la vieillesse. Gens impertinens, quipeuvent aisément conoitre . 8c par les choses qui se passentde leur tems , 8c par l’Histoire des siécles passez , que lesDames qui ont le plus charmé les grans Princes, 8c qui ontfait le plus de fracas dans une Cour, étoient d’un âge quileur avoit permis d’aquérir l’expérience des affaires , 8c defe perfectionner l’esprit, 8c qu’il y en a peu dont l’empi-rC ]/°^j^ e àà, fi ses grâces de l’esprit ne secondentcelles du corps. Plutarque observe que Cleopatre char-ment plus par les agrémens de ses paroles 8c de fa conver-sation , que par sa beauté qui n’a.voit rien de fort extraor-dinaire (j).
(£) ll fe rendit coupable d’une grande indiscrétion.] II s’é-toit plaint à table qu’on leur falloir boire du vinaigre , pen-dant que Sarmentus buvoit à Rome 1 e vin le plus délicieux.
Ce Sarmentus étoit un jeune garçon qu’Auguste aimoit ar-demment. Cette comparaison alloit loin ; 8c puis qu’elleoffensa Cleopatre , c’est un signe que Dellius s’étoit plaintque cette Reine nourrissoit mal ceux qui lui faisoient goû-ter le plaisir d’amour. Cela est assez extraordinaire ; carquand on a le moien d’acheter pour de telles gens les vian-des les plus succulentes 8c les meilleures liqueurs, on lesleur fournit très-volontiers , a fin d’augmenter ou de réveil-ler leur vigueur. Plutarque ne marque point d’où il a tirécette cause de l’irritation de Cleopatre contre Dellius : iln’y a point d’apparence qu’elle se trouvât dans l’Histoirede ce dernier, comme on y trouvoit qu’un Médecin nom-mé Glaucus avertit Dellius que Cleopatre le vouloir faire >mourir. Quoi qu’il en soit, Plutarque (4) observe queDellius fut un de ceux qui abandonnèrent Marc Antoine,poussez à cela par les injures & par les boufonneries des fia- a t*teurs de Cleopatre. Nous verrons bientôt un Passage de on" 1 *Seneque , qui est une preuve du mauvais commerce de , 5 )Dellius 8c de cette Reine. Dion ( 5 ) parle d’un autre jci* 'commerce bien plus criminel, k binon A ■xxsòi à 4 7 * t - t .eroTí íaotH yuaiitw , ertfopxí. Miffo ad eum 6se quodam Del- 1 z )lio exoletofiuo (6). ' iitt^.f
(C) Plutarque . . . dit que Dellius étoit un Historiens Vos- A’"’ 1 ^fius (7) aprouve la conjecture de Casaubon sur un Pafiage de ^ 7 )Strabon (8), où Adelphius est cité comme l’Auteur de ì’His- fit H 1 .® 0taire de l’expédition de Marc Antoine contre les Parthes. Gt xCÍ 'Strabon ajoute que l’Auteur de cette Histoire avoit com- T?' ^
mandé une partie des troupes dans cette expédition , 8c qu’il (Sétoit bon ami de M. Antoine. Tout cela convient à Dellius : p& 5desorte que n’y.aiant point d’Ecrivain qui fasse mention del’Historien Adelphius, il est apurent, comme Casaubon leconjecture, qu’il faut lire Dellius 8c non pas Adelphius dansce Passage de Strabon. Quand j’ai dit tout cela convient *
Dellius, je n'ai pas voulu dire que l’on a des autorisez quiprouvent qu’il eût du commandement dans la guerre queMarc Antoine fit aux Parthes : j’ai seulement voulu direque cela est fort apparent. En effet, nous savons que Mare ^. giAntoine le prit avec lui dans l’expédition d’Armenie l’« n \íJ^’720 de Rome (9), 8c qu’il l’envoia deux fois à Artavasde 1*
pour des Négotiations.
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