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Tome second. C - I.
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DEMOCRITE.

27 L

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Libr.XXlX,Cap. IV.

il faudroit croire qu’il avoir une recepte qui pouvoir procurer l’intelligence du chant des oiseaux,il faudroit auffi croire qu’il étoit fort adonné à la Magie (K) -, je veux dire à la Magie qui elt

fondée

plum magies, vanitatis: quippe prster reliqua porteníofa men- bus Dardant in fepulcrum ejus petitis: fuis (67) verb ex difei-dacia, cor ejus impojitum mamms maliens dormientis finiftrs plina eorum editis : qus recepta ab aliis hominum, atqtte tran-tradunt ejficere, Ut omnia sécréta promtneiet ( 59). Pline apel- fiist'e per memoriam , squê ac nihil in vita, mirandum ejì. In

(6z) Ibidem.

(64) AulusCìcliius, Li-ts. X, Cap.XII.

le cela une hâblerie de Magicien: il faisoit fans doute le mê-me jugement du Conte de Democrite ; il le mettoit aunombre de ces hâbleries ; car immédiatement après il re-marque que les Magiciens ajoutent quelques autres choses,qui feroient, si elles étoient véritables, que les grenouillesferaient plus utiles.au genre humain que les Loix. Les gre-nouilles fourniraient un expédient immanquable pour fairecefler la galanterie parmi los femmes. Les paroles de Pli-ne n’ont pas assez de clarté , ni à l’égard de l’aplicationdu remede, ni à l’égard dune circonstance notable. II ne ditpas si l’cxpédient prévenois le cocuage, ou 11 seulement ilempêchoit la persévérance de la femme dans I’adultere. Cen est point là 'une distinction de Logique ; la choie est deconséquence : il y faloit peler tous les termes > 6c fuir jus-qu’aux moindres ambiguitez. II les faloit fuir auffi quantà la maniéré d’apliquer l’expédient: on verra dans le 1 ada-ge de Pline qu elles n’ont pas été évitées. Addunt etiam-

tantum fides ifits fasque omne deefi ,adeo ut ii qui cetera m vi-ro illo probant, bac ejus este opéra inficientur. $ed frujìra. Huneenim maxime affixiffe animis eam dulcedinem conjïat. Plemtm-que mtraculi c X hoc, pariter utrasque artes ejjstoruijfe : Medici-nam d'tco, Magicenque, eadem State illatn Htppocrate, hancDemocrito illujíranttbus. J’ai raporté le Passage un peu aulong, asin d’aprendre à mon Lecteur, 1, que les partisansde Democrite ont toujours nié qu’il eût fait les Livres ma-giques qu’on lui imputpit; z , que Pline leur a soutenu quecette attribution étoit bien fondée. Passons à un autre en-droit de Pline (68) : In promijso herbarum mirabìlium occur- m t>-rit aliqua dicere ex de magicis : qus enim mirabiliores funt ?

Prtmi eas in nojlro orbe celebravere Pyihagoras atque Dcmocrt-tns confettati magos. Pei\ après il observe qu’on ne vouloirpas convenir que certains Livres attribuez a ces deux granshommes fussent sortis de leur plume; & voici ce qu’il ré-pond. ìsìec me fallit hoc volumen ejus à quibusdam Cleem-

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(60) Idem yLibr»XXXII ,Cap. V .

num al'ni Magi , qu& fi vera fiant, multò uûlïores vit a exifti- poro Medico adficribi : Pythagors, pertìnax fiama antiquitas~mentur r ans, quàm leges. Namque arundine transfixa natu- que vinàicavit. Et td tpfum auUoritatem voluminibus af-ra per os, fi'furculus in menstruis dejigatur à marito, adulte- sert (69) , fi quis alites curs fus opus illo -vìro dignum judica- v, ‘‘

■ . . 9 A r.-l 1 C r-, tì 11 Pi n r r traduit aintì • C; nn S,»- vit : auod fpriíìr C.leemtnrum rum nìwi sua r.r .t..., £<ííí s./r

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riorum tsdium fieri (60). Du Pinet traduit ainsi : Si on em- vit: quod fecijfe Cleemporum cum alia fio ex n-'mine ederet,pâlie à un roseau une grenouille, ïembrochant droit par la tête quis credat ? Democriti certe chirocmeta esté constat. At in hiser par fa nature. Le P. Hardouïn supofe qu’il faloit com- Hiepoft Pythagoram magorum studios Jjìtnus quantoportentofio-mencer par la nature, arundine transfixa per r ans pudenda ta tradit?

(Li) Ain.Libr. X,Cap. XLIX.Volez, aujjiLibr.XXlX,Cap. IV.

((<2) Idem,Libr oXXVIII ,Cap. VIII.

ad os usque. ’ Pline'est donc obscur quant au cérémonies Jelaisse les autres obscuritez.

Voici d’autres rêveries de Democrite. II difoit qu’en.mêlant ensemble le sang de quelques oiseaux dont il mar-quoit le nom , on faisoit naître un serpent qui avoir unepropriété si admirable , que quiconque le mangeoit pou-voir entendre ce que les oiseaux s’entrc-disent. Pline a rai-son de se moquer de cette chintere. Qui crédit ifla, ex Me-lampodi profeêîe aures lambendo dedifse intelleiïum avium ser-monis dracones non abnuet : uel qus Democritus tradit nomi-nando aves, quarum confufi sanguine ferpens gignatur > quemquisquis ederit, intellebiurus fit avium colloquia (61 ). Puisqu’il le trouve si crédule, qu’il se croît en droit de l’insulter, c era ex mìlio qus effet expertus. Mr. de Saumaise corrige parôz de s’aplaudir de ce qu’il n’adopte pas de telles fadaises , même moien Pendrait de Diogene Laërce, où il est dit queil faut fans doute que les Contes de Democrite fussent bien Democrite a composé í pv-rexa rrfúÔÀÍu.no’.. II fuit

étranges. Le Livre que ce Philosophe avoir composé tou- dire A eputrixà (71). Toute la Ca-

chant le Chameleon, étoit, je pense, I’un des meilleurs ma- tique de Cafaubon n’étoit allée qu’à conjecturer qu’on pouv-galins de son extrême crédulité. Jungemus illis , dit Pli- roit peut-être guérir le mal de Diogene Laërce par L- Chi-ne (64), fimillitna ex peregrina sque animalia: priusque cha- rocineta de Pline (71). Mais c’etìt été chasser un mal parmsleonem, pecttliari volumine dignum existimatum Democrito , Un autre mal. Ceux qui ont cru qu’il faloit laisser dans Pli-

Avant que de passer outre, je m'arrêterai un peu fur leTitre de l’Ouvrage dont Pline vient de parler. Moniï. deSaumaise a trouvé heureusement que ce Livre ne devoirpas être intitulé, Chirocineta .- il a donc corrigé ce mot quiétoit dans les Editions de Pline, & montré qu’il faloit met-tre à la place Chirocmeta. II a corrigé en même tems unPassage de Vitruve, où il est parlé du même Ouvrage deDemocrite: Multas res attendens, dit Vitruve (70), admi-rer etiam Democriti de rertim natura volumina, ex eius com-mentarium quod inferibitur %ítpcx.,u.>;Ta» ,in quo utebatur annu-lo signant cera molli qus ejjet expertus. On lisoit auparavantdans Vitruve xt‘p s7 ’ y mt'os i» quo etiam utebatur annulo signant

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& puis il finit ainsi : Vtinam eo ramo contadlus effet Democri-tus , quoniam ìta loquacitates immodicas promifit inhiberì : pa-lamaue est virum alias fagacem ex vit s utiliffimum nimio ju-•vandi mortales studio prolapfum (63). Nous verrons d’autresPassages dans la Remarque qui fuit.

Pline est louable de n’avoir raporté les prétendues vertusoccultes du Chameleon , qu’afin de les décrier & de s’enmoquer: mais il scroit encore plus digne de louange , s’ilavoir gardé pour Democrite une partie de son incrédulité;je veux dire s’il n’eût pas cru trop légèrement que ce Phi-losophe fût P Auteur de cet Ouvrage , & de plusieurs au-tres qui couraient injustement fous son nom. La penséed’Aulugelle me parait fort raisonnable , que ce n’eíl pointDemocrite qui est l’Auteur de ces Contes touchant le Cha-meleon , & touchant l’intelligence du chant des oiseaux;mais que certains charlatans s’étoient couverts de l’autori-té de ce fameux Philosophe. Librum este Democriti nobilistst-mi Philofophorum de vi ex natura chamsleontis ; eumque se le-gijfe Plinius Secundus in naturalis historia yicesimo ocìavo ré-férs, multaque vana atque intoleranda aunbus deinde quasi a

Democrito feripta tradit . His portentis atque prssiigiis

à Plinio Secundo feriptis non dignum este cognomen Democriti

puto . Âlulta autem videntur ab hominibus istis mal'e

follertibus hujuscemodi commenta in Democriti nomen data, no-bilitatis aufíoritatisque ejus perfugio utentibus ( 64). On nepeut que taire ce jugement, quand on se souvient du ca-ractère que Lucien lui a donné. II met Democrite, Epi-cure, Metrodore , dans la classe de ces esprits forts, quiont une aine de diamant contre ceux qui leur veulent per-suader les prodiges. A l'on compte , Democrite demeure

ainsi intitulé, Pource qu il le faloit manier avec la main engrandes cérémonies (74). Hesychius confirme merveilleuse-ment les Corrections de Saumaise ; car il nous aprend queles Critiques mettoient un morceau de cire fur les endroitsd’un Ouvrage qui leur paroissoient obscurs, & dignes de-tre plus amplement éxaminez. II reste une puissante Ob-jection. Si le Chirocmeta de Democrite étoit un Ouvrage,où il avoir mis son cachet fur toutes les choses dont il par-loir par expérience , d’où vient qu’il étoit rempli de tantde fables, 6c de contes ridicules 8c superstitieux? Pline nese contente pas de le caractériser en général par ces paro-les : In his Democritus post Pythagoram magorum ftudiofijfi-mus quanto portentofiora tradit 1 II en cite plusieurs choses quisentent la Magic noire.

Je trouve de rembarras dans tout ceci, & je ne voi pointde meilleur expédient que le n o n l i q_u e t , ou Xiníx * 1des Sceptiques. II se pourroit faire que Democrite , sanstrop examiner les conséquences de son Système, eût espé-ré de découvrir plusieurs qualitez occultes, & l’art de fairemille choses extraordinaires par le moien de 1 a Magie. Ce-la étant une fois posé, nous pouvons nous figurer qu’il alu avidement tous les Livres de Magie, 8c qu’il a compiléles prétendues merveilles qu’il y a vues, 8c celles qu’il pou-voit aprendre de vive voix. II a pu faire des expériencessurprenantes de la vertu de certaines herbes, 8c marquerde son cachet la page de son Chirocmeta dans laquelle il ex-posoit ses expériences. Ce Livre a pu être intitulé de lasorte, quoi que la plupart des choses qu’il contenois ne fus-sent pas aprouvées du sceau de l’Auteur ; & ainsi rien n’em-pêche que Pline n’y ait trouvé bien des fables. Voilà un

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toujours persuadé que les faiseurs de miracles ne font rien parti à prendre. Ce n’est pas celui qui me parait le meil-que par artifice : il cherche la maniéré dont ils trompent, leur. J’aimerois mieux dire que Democrite n’a point coni-

que par- .

8c s’il ne peut la trouver, il ne laisse pas de croire qu’il n’y posé les Ecrits superstitieux, fabuleux, magiques, qui onta là que de j’imposture. LVs rraiv ri> fmxávsfía êhho couru sous son nom. Diogene Laërce aiant donné une

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(65) Lucia-iuts , in Heu-dom. p*g.

Í73 , T&r/f. I.

( 66 ) Piin.Libr. XXX,Cap. I.

n\o( .... srftt, v.a, 7 maurct longue Liste des Ouvrages de ce Philosophe, ajoute qu’on

,v‘ e%o»T«ç àc àtrixo-cíi. Ut res plane Democritum lui en attribuoit faussement d’autres (75). Columella (76)-j — r... j e recouoit nommément à l'égard d’un certain Livre dont

le véritable Auteur s’apelloit Dolus (77) Mendefius. 11 sem-ble que Suidas ne donne qu’un petit nombre de Livres pourde véritables Ouvrages de Democrite. Nous avons vu ci-dessus k plainte que fait Aulugelle. Enfin , on peut direque si Diogene Laërce n’en a pas rejette davantage, cela

aliquem requireret .... qui adverfus hsc ex fimilia mentemhaberet adamantinam ut non crederet , exc (65 ).

(K) ll faudroit croire qu il étoit fort adonné à la Magie, jCela ne s’accorde nullement avec L s idées de Lucien quiviennent d’être alléguées. Quoi qu’il en soit , il est justed entendre Pline (66): Certe Pythagoras, Empedocles, De-

mocritus , Plato ad hanc (Magicen'l difeendam navtgavere , prouve feulement qu’il y avoir eu des Faussaires, qui peuexfiliis verius, quarn peregrinationibus, fusceptis. Hanc reverst après que Democrite fut mort publièrent divers Ecrits fousprsdicavere , hanc in arcanis habuere. Democritus Apollobe- son nom: on les prit pour des enfans légitimes, les siécleschem Coptiten, ex Dardanum ì Phœnice illufiravit:volummi- suivans se conformèrent à cet avis: il n’cn salut pas davan-tage

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