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Tome second. C - I.
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fondée fur un pacte avec le Démon. Je ne pense pas qu’il ait été assez visionaire pour s’étrecreve les yeux (L), comme quelques-uns l’ont dit. La maniéré dont il consola Darius estassez ingénieuse (Ad). 11 eít excusable de s’être moqué de toute la vie humaine (N) : il valoitWieux faire cela que d’imiter Heraclite , qui pleuroit éternellement. 11 a é.é le précurseur d’E-picure (O) } car le Système de ce dernier ne différé de celui de Democrite qu’en vertu de quel-ques

ta § e a Pline (78), 8c à Diogene Laërce (79) pour rece-voir ces^ Ouvrages comme de vraies productions de Demo-c nte. Et ce qui fit qu’on fut aisément trompé au commen-cement, c’est que i’excesiìve curiosité de ce Philosophe, sonmnour pour la solitude, son aplication aux expériences, lemecès de quelques-unes de ses prédictions, perluadoient fanspeine qu’il avoit laissé par écrit tous les secrets, toutes les re-marques , que l’on voioit dans les Livres qui parurent fousson nom.

Pétrone témoigne que Democrite passa fa vie à faire desexpériences fur les végétaux , 8c les minéraux : Omniumer barum succos Democritus expreffìt : v ne lapidum virgulto-r umque vis lateret , atatem inter expérimenta consumpfit. Onmt qu aiant prévu que l’année seroit mauvaise pour les oli-tets, il acheta à vil prix une grande quantité d’huile, 8cï ht un gain immense , dont néanmoins il ne voulut pasprofiter ; q f e contenta de faire conoitre qu’il ne tenoitT la lui d’être riche. On s’étonnoit qu’un homme, quir> avoit jamais paru se soucier que de ses études, l’e mit°ut d un coup dans le trafic : qui doute que quand on encut apris la raison, pluíìeurs ne Talent regardé comme unMagicien? D’autres le crurent digne des honneurs divins.

s àe crpocivrá» Tivce t&v jwíAAovtíwv , àotûrov

raasá t«7 5 zrteíçùiç Urtáìti (80). XJbi vero sutura qua-af n pradixerat, fequensque rerum eventus fidem fecerat, di-Vinis jam honoribus dignus à plerisque judicatus est. VoiciE Passage qui témoigne ce trafic d’huile, 8c le reste : Fe-r unt Democritum , qui primas intellexit ,ostenditque cum terrisc °eli socìetatem , spernentibus hanc curam ejus opulenti/fimis ci-vium, pravisa olei cantate ex futuro Vergiliarum ortu, quatximus ratione, oflendemusque jam plenius , magna tum vili-la te propt er spem oliva , coémiffe in toto t radin omne oleumÇ 81),tstirantibtis qui paupertatem c t quietem doóírinarum ei feiebant>n prìmìs cordi este. Atque ut apparaît causa, ejr ingens dìvì-tl arum cursus , restituiste mercedem anxia e? avide, dominorumpKnitentu , contentum ita probafle , opes fibi in facili , cum vel-let > fi™ ( 8a ). Une autre fois il pria son frere d’emploierUniquement ses moissonneurs à transporter dans la grange leme qu’ils avoient coupé. II prévit un furieux orage qui arri-Va bientôt après. Tradant eamdem Democritum metente fra-tre e jus Damaso ardentijfimo esta orajfe ut relique segeti parce-r f‘ > raperetque desetta sub tedlum , paucis mox horis s&vo im~r ‘ vaticìnattone approbata (83). J’ai OUÏ dire qu’un Gentil-«omme de Normandie , aiant conu par le baromètre qu’ilPieuvrort bientôt, fit serrer son foin pendant qu’il faisoit unnes-beau tems. Cela fit dire aux villageois d’alentour qu’ilvoit commerce avec le Diable, puis qu’il devinoit si à pro-moinç 0 ^' 1 à intérêt le changement des faisons. Etoit-oncrite? i. me ; aire à juger mal du prochain au siécle de Demo-mains de S • ets âe la nature n’étoient-ils pas alors entre lesDemocrite 111 ' 011 - 3 Mns fans comparasson qu’aujourd’hui ?qu’il ne L c t01 - donc P lus exposé aux soupçons magiquesTe Hii*» „ ei0lt Présentement.

masse réfnm^m^^on qu’il me semble que Mr. de Sau-Socrite comr Solm, touchant les combats de Dé-

fi. se rv ; r “.q! 1 es Ma ges. Solin prétend que ce Philosopheà», n 1 ell j ent c °ntre eux de la pierre catochites. Acci-mente e n r Hrltu ™ uíbderiten ostentaiione scrupuli hujus fre-: r 7 Km a d probandam occultam nature potentiam in

maisf ”, o V ^ í ont J a ma £°s habuit ( 84). Monsr. de Sau-comme o v 0 P 0 ^ e z ^olin divers Passages de Pline , qui ,Democrite s’attachjf? cette Remarque , témoignent quea dit à Saumaise qu» ^ auc ° u P ««. Magiciens. Mais qui

gens-là ? N’est-il trètvra^M 1? P^/f

réputation? Cela n’est-fi ^as * 1 fi bbbIe qUlk ^monographes ? Ne nous ^ ^MagicL

qui peuvent defaire ce que font les P autms ^ Y I1 est aDarent oueJanes 8c jambres qui résistèrent à Mr>vn.^ j «x î apaient que

P°ur un Magicien. Ainíì D C moJ? t °* r ( I 6) *, le pr , en °r lentlong-tems être Thumble Sectateur des Maesesons &Puis lois qu’il crut en savoir autant ou plus on? &contrequarrer ceux qu’il rencontrait, afir?delever fa rénura’

tlo u -m dessus d’eux. .. ia re P uta '

(D jje ne pense pas qu il ait été ajfez. visionnaire pour s’êtreeeevé l es yelix . ] Plusieurs Auteurs raportent cette sotise Lamuon la p i US ordinaire que Ton donne pourquoi il en usaue la sorte, est qu’il espéra de méditer plus profondément‘ors qu e l es objets de la vue ne feraient point diversionforces intellectuelles de son aine ( 87 ). Democritumt o/op hum in monumentis historie Grece scriptum est ....'"nimbus oculorum sua sponte se privajse , quia existimaret co-l raT° n u comm entationesque animì fui in contemplandis naturelom us vegetìores c? 1 exafâiores fore , fi c as vìâtndi iílecebrìs ,oculorum impedimentis libérasses (88). N'e lui suffisoit-illes yen S Enfermer dans un lieu obscur, ou de n ouvrir pasune P; X Pendant les heures de méditation ? Labenus, dansgla afí? Ce ^ Théâtre , feignit oue ce Philosophe s aveu-vue ■ 1 l P’. e i® prospérité des médians ne lui frapat plus lan’est n np erius> ctis-je, feignit cela fans autre raison , si cenir se ^ P .(>. ette hypothèse lui étoit commode pour soute-To me j f Se M'st avoit en main. II expliqua merne

comment Democrite s’étoit aveuglé ; ce fut, disoit-il, ens’exposant à la lumière qu’un bouclier lui réfléchissoit ( 89 ) :Causam volantarie cecitatis finxit aliàm (.Laberius) (90) vertit-que in eam rem quam tum agebat , non inconcinniter. Est enimper/ona, que hec apud Laberìum dicit, divìtis avari esx parcifumtum plurimum asotìamque adolescentis viri deplorantis.

Democritus Abderites physicus philosophusClypeum constituit contra exortum Hy perionis,

Oculos effodere ut posset splendore œreo.

Ita radiis solis aciem effodit luminis,

Mails bene esse ne videret civibus.

Sic ego fulgentis splendorem pecunioeVoîo elucificare exitum œtati mes;

Ne in re bona esse videam nequam filium.

Plutarque avoit ouï dire que Democrite s’étoit servi de mi-roirs brûlans, fur lesquels il attacha fixement la vue, 8c ce-la afin de s’ôter un obstacle de méditation, o h» ir.ùio fi»

Içt to ùoy.óy. 3 t 76 V e-inríu^ o-fierut tùç o\ l 11 ; àtoipu-G-ctftevM etç erozTTfsc TrvpíàêëVToc xcu t>ji> à^r’ uv iu* avait

Equidem falfum est quod dicitur Democritum spontesua oculos extinxi/fe tn ignitum spéculum eos defigentem lumi-nisque reflexionem accipientem (91). 11 rejette ce Conte commeune Fable. L’Auteur des Nouvelles de la République desLettres,, aiant raporté la cause qui, selon Laberius , obli-gea ce Philosophe à s’aveugler, ajoûte: „ D’autres disent„ qu’il s’aveugla pour méditer avec moins de distraction.„ Cela est plus vraisemblable , quoi que peut-être aussi„ faux; car quelle apparence que Democrite qui rioit de„ toutes choses, se fit une cause de chagrin,de la prospé-„ rité d’un mal-honnête homme? Ce devoir être une fête„ 8c un régale pour un Philosophe comme lui , qui ne,, cherchoit qu’à tourner le monde en ridicule (91) ”. IIse pouvoir repaître par là d’un triomphe imaginaire sur TaReligion (93). Tertullien allègue une autre raison de 1aconduite de ce Philosophe. II prétend que Democrite nepouvoir ni regarder une femme sans en souhaiter la jouis-sance, ni manquer d’en jouir, sans se chagriner 8c se dé-piter. II n’y eut donc point de meilleur remede contre cet-te persécution, que de se priver de la vue. Tertullien ti-re de là pour les vrais fidèles un grand sujet de triomphesur les Sages du Paganisme. Democritus excecando semet-tpsum , quod mulieres fine concupiscentia aspicere non pojjet , o 1doleret fi non effet potitus , incontinentiam emendatione profite-tur (94). C est un triomphe bien imaginaire; car ce que1 on fait de plus certain touchant Democrite renverse defond en comble la supofitìon de Tertullien. G étoit unhomme détaché des sens, un méditatif, qui méprisent leshonneurs 8c les richesses > 8c qui voiagea júsqu’à l’áge dequatre-vingts ans (95). On ne s’avise guere d’entreprendrede grans volages quand on est aveugle; 8c si ceux qui ontpassé l’àge de quatre-vingts ans avoient besoin de s’aveugler,ce ne seroit pas à cause que la vue des femmes allume eneux le feu de l’amour. Un désir suivi du regret de ne jouirpas, ne se guérit point par la privation de la vue : Timpudi-cité du cœur a besoin d’un autre remede. Clement d’Alexan-drie dit une chose qui à la bien prendre réfute invinciblementTertullien; je l’ai raportée dans le corps de cet Article à lafin. Mais voici les propres paroles de ce Pere ; Azfiíxgno; bì

yútxo» y.y.i oroctbooroiia» zraoatcitcct , blet tàç — r,A7:i■ ly c'.ùjryj

àtjbiuç Te xxi apoï.xàç àiro ta>» à»xyx.aioiíçm. Democritus au~tem répudiât matrimonium CT" procreationem liberorum proptermultas, que ex ipfis oriuntur, moleftias, v quod abflrahantab Us que funt magis neceffaria ( 96 ).

(M) La maniéré dont il consola Darius est afiez ingénieuse. ]Je ne la raporte point ; on la peut lire dans Monsr. Mo-reri , 8c dans un Auteur dont les Livres se trouvent partout (97). Ce dernier Ta un peu brodée. Comme,il necite pertzmne je supléerai ce défaut. Je dis donc qu’on netrouve cette Historiete que dans une Lettre de l’EmpereurJulien.

(N) ll est excusable de s’être moqué de toute la vie hu-

maine.'] Volez là-dessus Montagne (98), cité par T Au-teur des Nouvelles Lettres contre TEx - Jésuite Maim-bourg (99) .

(O) ll a ete le précurseur àEpicureJ\ Je lie saurois aprou-ver ceux qui disent que !e peu d’innovations que 1 on vitdans le Système de Democrite, après qu’il eut été adoptépar Epicure, sont autant de dépravations (100). Mais j’-a-voue qu’Epicure n’y ajoúta pas beaucoup de clios s , 8cqu’il en gâta quelques-unes. 6 luid est in Phyficìs Epicari nona Democrito ? Nam etfi quedam. commutavit , ut quod pauloante de inclinatione atomorum dixi , tamen pleraque dicit ea-dem , atomos , inane , imagines, ìnfinitatem locoram , innume-rabilitatemque mundorum, eorum ortus er interitus, omniaferse quibus nature ratio continetur. . . . (toij. Democritusvir magnas in primis casas fontibus F.picarus hortuhs sios ir-rigavit ( roz). II fe fit tort en n’avouant pas les obligationsquil avoit a Democrite, 8c en le traitant de rêveur, ou dedonneur de bulevesees, Z)jpox,íT<iç, nugarum cenfior. Ce futun de ses jeux de mots.

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(89) AulusGellius,L,tbro X ,Cap. XVII.

(po) ln mtm0cjucm (cripfitThpîioncm.Idem, ibid.

f pi) ?îut.de Cuiioû-tate ; pag.

S 2ï , C.

(pr) Nouv.de ia B ep.des Le!tics»

M »Ìo (U Fé-

vriir 1686 »

1 55-

(5>î) Satirereíipo ptdi—Lys ChIiUcíavìcrjfim Ob-Ter:iar t nosexxquat vic-toria tcelo ,

Lucret. Libr.1 > Vers. 79 .

I94) Tcrtul.m Apol -g.Cap.XLVL

( 95 ) '/ U ditlui m'meapud CJem.«lexandri-nuin, Stro-mat. Libr. s,pag. 3 04 , irapud Ellse-bium, Pra:-par. Libr. X,Cap. IV,pag.m . 472.

iî>6 Clem.Alexandr. .Stromat.

Libr. llfpag.421.

I97) LaMotbe leVayer, TomeVils , f>nç.340 Votezaussi le Ver»Garasse,DoctrineCurieuse,

P**?- 297.

(98) Essais,Livr. lyÇhap*L.

(pp) LettreX XI f pa£,

7 i 5*

( r 00 î Volez,Cicéron,iJbr. 1 deFinibus, Cap.v>& VU

(ioí) Cice-10 , de Nat.Deorum »Libi, I, Cap.XII, XX VI.X LUI .

( t oz)IùíJenf,CapiteXXXIII.Votez, aujjiF!ut§r<pre,adveriusCoíotcin »pag. 11 Qt.