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Tome second. C - I.
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274
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D E M O C R I T E.

(p) Laërt.Libr. ía ,nurn. 44.Scxt- Ettl-piriciis adv.Mathemat.

pag. i6z.Voiez. ci-det-sus la Cita-tion ( 6 z) del* ^ArticleARCESILAS.

(ioj) Nî*(âìv u-vai t cv Qiòvìryypí^íTxi

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( f.HjU íxpt T Oî )1 TKÌÌV ÍV Trvpì9-<pXtfOSlSÛ }yjtj uÙTÒftivat T«vKÓr,uv 4tf-X*'* Cyril-lus contraJulianum,Ltbr. I. Celaest tiré dePlutarcjue »de l’Iac.Thiioíoph.Libr . If Cap.Vil , pag.

881 , D , oùìl dit y A«-

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vu p tÒ y ôícVifit 7 rvpo(iJ'íj,tììv rS tor/u*^C-

mocritusmentcmDeum migné globo-lo, mundianimam,

(104) Cice*10,de Na-tura Dco-rum y Ltbr. /,Cap. XII j drXXXVIII.

(105) Voiez,le Plutarque«f’Amiot,4MTraité de

1 * Amour,Chap . XIL

(10S) Démo-critus . . .tum cenfetimagina di-vin i t ate pra-ditas truffeuniverjìtatirentra : tumprincipiumentescjuequ& f mit ineodem uni-vers) Dtosejfe dicit : tumanimantesimagine s t quxvel prodejfenabis soientvel nocere :Utm intentesejtutsdamimagines ,fantasque utuniverfummundumeomplelîanturextrinseitts.Qua quidtmomnìa funtpatria Démo-critî quamDemocritoAigniorá. Ci-ceio de N at.Deoium ,Libr. I, cap.XXXVIII.

(107) Au-gustinusEpist. LVI,pflj.rn.273.

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ques réparations, C’est encore Democrite qui a fourni aux Pyrrhoniens tout ce qu’ils ont ditcontre le témoignage des sens ; car outre qu'il avoit accoutumé de dire que la vérité étoit cachéeau fond d’un puits, il loutenoit qu’il n’y avoit rien de réel que les atomes ôí le vuide, ôí quetout le reste ne coníìstoit qu’en opinion (<?). C’est ce que les Cartésiens disent aujourd’hui tou-chant les qualitez corporelles , la couleur , l’odeur, le Ion , la saveur, le chaud , le froid -, ce nesont, diíent-íls, que des modifications de l’ame. Democrite n’étoit rien moins qu’Onhodoxetouchant la nature divine (P) , Sc il croioit que notre derniere fin est la tranquillité de l’es-prit. Platon le haïstòit, Sc peu s’en salut qu’il ne brûlât tous les Livres de Democrite (j^).Cela, ce me semble , faifoit moins de tort que d’honneur à ce dernier. Le Système des atomesn’est pas à beaucoup près aussi absurde que le Spinozisme (R) : mais c’est une chose assez plai-sante

( p ) il n étoit rien moins qu Orthodoxe touchant la naturedivine. ] S’il avoit seulement dogmatisé que Dieu étoit unEsprit placé dans une sphere de feu , & l’ame du mon-de ( 103 ) , il seroit cent fois moins intolérable qu’il neTest ; mais je trouve d’autres dogmes bien plus dangereuxqui lui sont attribuez dans les Livres de Cicéron. Quid?Democritus qui tum imagines , earumque circuitus in Deorumnuméro resert,cum illam naturam qui imagines fundat ac mìt-tat , tum fcientiam intelligentiamque nojìram, nonne in maxi-me errore versatur ? cumque idem omnino quia nihil femper suostatu maneat , neget ejfe quicquam sempiternum , nonne Deumìta tollit omnino ut nullam opinionem ejus reliquam fa-dat (104). Voilà les dogmes que Vellérás l’un des interlo-cuteurs de Cicéron attribue à Democrite : ils sont tels qu'onpeut affûrer que quiconque les embrasse est véritablementdans le cas de celui qui dit,

O Jupiter , car de toi rien fìnon

Je ne conois seulement qtte le nom ( ioy ).

Car la nature que Democrite apelloit Dieu n avoir ni l’u-nité , ni l’étemité , ni l’immutabilité , ni les autres attri-buts qui sont essentiels à la nature divine. 11 prodiguoit lenom de Dieu aux images & aux idées des objets, & à sac-re de notre entendement par lequel nous conoissons lesobjets, j’ose bien dire que cette erreur, quelque grossièrequ’elle soit, ne fera jamais celle d’un petit esprit, & qu’iln’y a que de grans génies qui soient capables de la produi-re. Je ne sai si jamais personne a pris garde que le senti-ment de l’un des plus sublimes esprits de ce liecle, Que nousvotons toutes choses dans l’Etre infini, dans Dieu, n’est qu’undévelopement & qu’une réparation du dogme de Demo-crite. Prenez bien garde que Democrite enseignoit que lesimages des objets, ces images, dis-je, qui se répandent àla ronde, ou qui se tournent de tous cotez pour se présen-ter à nos sens, font des émanations de Dieu, &sontelles-mêmes un Dieu; & que l’idée actuelle de notre ame, estun Dieu. Y a-t-il bien loin de cette pensée à dire que nosidées sont en Dieu, comme le P. Mallebranche le dit, &quelles ne peuvent être une modification d’un esprit créé ?Ne s’ensuit-il pas de là que nos idées sont Dieu lui-même ?Or nos idées . & notre science peuvent passer facilementpour 1 a même chose. Cicéron fera dire tant qu’il lui plai-ra par l’un de ses personnages, que ces pensées de Demo-crite sont dignes d’un Abdéritain (106); c’est-à-dire, d’unsot & d’un fou: je fuis sûr qu’un petit esprit ne les forme-ra jamais. Pour les former, st faut comprendre toute l’é-tendue de pouvoir, qui convient à une nature capable depeindre dans notre esprit les images des objets. Les espe-ces intention elles des Scholastiques sont la honte des Péri-patéticiens: il faut être je ne sai quoi pour se pouvoir per-suader qu’un arbre produit son image dans toutes Jes par-ties de l’air à la ronde, jusques au cerveau d’une infinitéde spectateurs. La cause qui produit toutes ces images estbien autre chose qu’un arbre. Cherchez la tant qu’il vousplaira , si vous la trouvez au deçà de l'être infini, c’estsigne que vous n’entendez pas bien cette matière. Je nedisconviens pas qu’au fond ces dogmes de Democrite nesoient très-absurdes. St. Augustin les a réfutez solidement,& nous a montré une différence entre Democrite & Epi-cure, de laquelle peu d’Auteurs parlent. II observe que se-lon Democrite il y avoit dans les atomes , ou une vertuanimée & spirituelle, qui faifoit que les images des objetspartictpoient à la nature divine, ou du moins une ame ca-pable de nous faire du bien & du mal; mais Epicure nereconoissoit que la nature d’atôme ou de corpuscule dansses principes. Democritus hoc distare in naturalihus quistioni-bus ab Epicuro dicitur, quod ifte sentit, inejse concurstoni ato-morum vim quandam animalem íx spiritalem : quâ vi eum,credo , o 1 imagines ipsas divinìtate praditas dicere , non omnesomnium rerum, fed deorum, ex principia mentis ejfe in univer-sts, quibus divinisaient tribuit ; zx animantes imagines, quavel prodejfe nobis soleant, vel nocere : Epicurus verò neque ali-quid in principiis rerum ponit, pr&ter atomos (107 ). Je nefai lì St. Augustin a bien entendu le Texte de Cicéronqu’il paraphrase. II seroit excusable de ne lavoir pas en-tendu ; car Cicéron ne s’est pas trop clairement expliqué.Quoi qu’il en soit, voici un morceau de la Paraphrase"deSt. Augustin : Quanto meliks ne audijfem quidem nomen De-mocrìti, quàm cum dolore cogitarem, nefeio quem , fuis tempo-ribus magnum putatum, qui deos effe arbitraretur imagines, qu&de solidis corporibus fluerent, solldique ipsa non estent, casquehac atque hac motu proprio circumeundo atque illabendo inanimas hominum facere , ut vis divina cogitetur ; cum profeíloillud' corpus, unde imago flueret, quanta folidius est, tanto pras-tantius quoque este judicetur ? ídeoque fluCluavit, stcut isti dì-

cunt, nutavitque sententia, ut aliquando naturam quandam ,de qua fluerent imagines, Deum este diceret ; qui t amen cogi-tari non postes, nist per eas imagines, quas.fundit ac emitttt,id est, qua de illa natura , quam, nefeio quam, corpoream exsempiternam, ac etiam per hoc dtvinam, putaf, quafi vaporisfimilitudine continua vtlut emanatione ferrentur, ZX venirentatque intrarent in animas nostras, ut Deum vel Deos cogitarepoffemus (108). Voiez la marge (109).

( §L) feu s'en salut que Platon ne brûlât tous les Livres deDemocrite .] II les ramassa diligemment, & il les alloit jet-tes au feu , lors que deux Philosophes Pythagoriciens luireprésentèrent que cela ne serviroit de rien à cause que plu-sieurs personnes s’en étoient déjà pourvues. La haine dePlaton envers Democrite a paru en ce qu’aiant fait men-tion de presque tous les anciens Philosophes, il ne l’a ja-mais cité, non pas même dans les endroits où st s’agiíloitde le contredire. Diogene Laërce qui dit cela ajoute quece fut une politique bien entendue , puis que c’étoit em-pêcher qu’on ne s’aperçût que Platon contredisoit le plusexcellent des Philosophes. L’Hiítorien eût aparemmentmieux frapé au but, s’il se fùt servi de la pensée que Mr.Salo emploia en faisant l’Extrait d’un Livre (110). Ontrouve à redire, dit-il (111), que ce Cardinal témoigne queson principal destein est de faire voir toutes les fautes qui setrouvent dans Fra Paolo,fX de ce qu il nomme cet Auteur pres-'que dans tous les chapitres de son Livre. On dit que Baroniusen a usé avec beaucoup plus d'adresse. Parce que bien qu il eûtentrepris ses Annales pour combattre les Hérefies ex les fausté-tez. des Centuriatcurs de Magdebourg : néanmoins , il s’est biendonné de garde de les contredire vifiblement dans son Livre,mais il a fait son Histoire purement ex fimplement, sans lesnommer que fous le nom général d'Hérétiques ex de Novateurs.Et la raison qui Va obligé d'en user de la sorte, est qu il a jugéque le moins qu’on tn pourroit parler,seroit le mieux ; de crain-te d’exciter la curiosité du monde, (X de faire venir l’envie devoir un Livre , dont la leflure efl toujours dangereuse : au lieuque de la maniéré qu en a usé le Cardinal Palavicini, on nepeut lire son Livre ni le comprendre, qu’on ne lise celui de FraPaolo. Et alors il y a danger, comme cette Histoire est tres-bien faite, qu'on ne la préféré à celle de ce Cardinal, qui peutêtre plus véritable , mais qui riest pas plus vraisemblable.L’inconvénient que Baronius voulut éviter est, ce me sem-ble, le même que celui dont Platon se voulut donner degarde. Voilà toute la finesse. Diogene Laërce ne conoìs-ibit guere les ruses de la Guerre des Auteurs, puis qu’il n’apoint mis la main fur celle-ci en parlant de la conduite dePlaton. On a voulu dire qu’Aristote fit réellement ce quePlaton avoit eu dessein de faire, & qu’afin d’être le seul Phi-losophe dont la postérité eût connoissance, & pour se pou-voir emparer impunément des thrésors de ceux qui avoientphilosophé avant lui , il brûla tous leurs Ecrits. Un Pro-fesseur de Pavie débite cela comme un fait certain, ík pré-tend que Pline en parle d’une maniéré intelligible. QuodPlato depgnaverat, exequutus est Alexandrie ope Aristoteles,quasi parum effet Alexandre, st se monarcham redderet Afis.,nisi Aristoteli jus in philosophos daret, qui quod sua tantumde tot antiquis monumtnta supereste voluit, tyranritdem in in-génia videtur affectasse . Dum itaque Regum sortunas

unica vincendi libidine duéîus everteret Alexander, ftperbifsi-mosurore ambitiosus nominis Ariftoteles in philofophorum Prin-cipes est debacchatus, tmoque incendia congeftas triginta sex se-culis tot sapientia divitias absumpsit, ex fi qua voluit superestefuneri, ea omnium ludibrio diâìeriisque laceffenda tradidit pos-tent , dum in optimorum bona inveâtus, abfcifps perditisque fa-pientia statuarum capitibus, stuum imposuit fonguîis : neque obs-cure literarii peculatus reum facit Aristotelem curiofifpmus Pli-nius > in prisât, ad D. Vespafianum Imp. (nz). Í 1 se trom-pe à l’égard du second chef. Pline ne dit rien où l’on puissereconnoitre Aristote plutôt qu’un autre Plagiaire, & je nedoute pas qu’il ne se trompe à l’égard de l’incendie des Li-vres. Voiez ce qu’a remarqué là-dessus Charles Emanuël Viz-zani dans son Commentaire fur Ocellus Lucanus (113L LesJuifs content sottement qu’Aristote aiant apris toute fa Philo-sophie dans les Livres de Salomon, trouvez à Jérusalem lorsqu’Alexandre se rendit maître de cette Ville, les brûla pourse faire honneur de la sagesse qu’ils contenaient ( 114').

(.R) Le Système des atomes ri est pas .... aussi absurde quele Spinozisme.] Car au moins les Atomistes reconnoissentune distinction réelle entre les choses qui composent l’Uni-vers, après quoi il n’est pas incompréhensible que, pendantqu’il fait froid en un pais, il fasse chaud en un autre, &que, pendant qu’un homme jouît d’une parfaite santé , unautre soit bien malade. Dans le Spinozisme, où tout l'U-nivers n’est qu’une seule & unique substance, c’est une con-tradiction à quoi il ne manque rien; c’est, dis-je,une con-tradiction de cette nature, que de soutenir que Pierre est

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