(4) Il avoiteu plus de 4cens millefrancs au par~t âge des bienspaternels érmaternels , A*outre celaejuelque suc -cession colla-térale ,
( 1 ) Me red u Maréchalde Luxem•
. bourg. Elleeft morte, nonpas au moisde Janvier1695, com-me les Ga-lettes le pu-blièrent, maisau moisd*Moût ì 6 çS,âgée de 92A'-ts , dans la69 année defa viduité .Votez, lesLettres His-toriques duMois de Sep-tembre 1696,t A b 3*7»
32 *.
(2) .AvocatGénéral , crpuis Présidentau Mortierau Parlementde Paris.
( 3 ) Lt Rt-cueil ^«Let-tres deThéophilepublié parMayrct encontient deuxde Franfoifes »& plusieursLatines deThéophile kD et - Bar-reaux , ér un tLatine decelui• ci kThéophile ,
(4) Galan-teries desRois deFiance,Tem. Ihfàg.I8> Edith -ide HtlUndeliPS-
z 7 8 . D E N Y S. D E S*B A R R E A U X.
DENYS d’Heraclée , Philosophe débauché. Cherchez Heracleotes.
DES-BARREAUX (Jaqjjes de Valle'e, Seigneur) né à Paris Tan 1601d’une Famille très-noble (A) , a été un des beaux Esprits du XVII siecle. 11 fit ses étudeschez les Jésuites avec beaucoup de progrès : kc parce qu’ils reconnurent que son esprit étoit capa-ble des plus grandes choses, ils tâchèrent de l’enrôler dans leur Compagnie ; mais ni lui ni fa Fa-mille ne voulurent prêter l’oreille à cette proposition. II ne les aimoit point, & il se déchaî-noit quelquefois contre eux agréablement. Les liaisons qu’il eut avec Théophile ( B ) contribuè-rent fans doute beaucoup à cela, comme auffi au libertinage qui l’a rendu si fameux. II étoitencore assez jeune, lors que son pere le fit pourvoir d’une charge de Conseiller au Parlement deParis. Son bel esprit y sut admiré, quoi qu’il n’ait jamais voulu y raporter aucun procès (C).On verra dans les Remarques cc qui l'obligea à se défaire de cette charge (D). Comme il ai-moit extrêmement ses plaisirs & la liberté, il ne s’estima pas fort malheureux de quitter la Robe.11 a fait quantité de Vers Latins 8c François , & de fort jolies Chansons ; mais il n’a jamais rienpublié : il ne songeoit qu’à la bonne chere , 8c aux divertiíîêmens. II étoit admirable dans lesentretiens de table, conu 8c aimé des plus grans Seigneurs & des plus honnêtes gens du Roiau-me. II n’y avoit point de Province où il n’eût des amis particuliers qu’il visitoit sort souvent,Sc il se plaisoit à changer de domicile selon les faisons de Tannée (.£). Quatre ou cinq ans avantfa mort il revint de tous ses égaremens : il paia ses dettes ; il abandonna à ses soeurs tout ce quiluirestoit de bien («), moiennant une pension viagère de quatre mille livres } Sc se retira à Châ-lon fur Saône, le meilleur air, difoit-il, Sc le plus pur qui fût en France. II y loua une petitemaison, où il étoit visité des honnêtes gens, Sc fur tout de Monsieur TEvêque, qui lui a renduun bon témoignage. II y mourut en bon Chrétien Tan 1674. II avoit fait un Sonnet dévotdeux ou trois ans avant íà mort qui est conu de tout le monde (F) , 8c qui est très-beau. Ni ses
paï ens,
(A) íl étoit d'me Famille tfes-noble. ] II étoit fils fie J a-q_u e s de Valle'e Seigneur Des-Barreaux , qui est mortMaître des Requêtes, 8 c Président au grand Conseil, & pe-tit-fils de J a q_u e s de V a i. l e' e , Chevalier , SeigneurDes-Barreaux, de Châtcauneuf, ôc de Chenailles, Control-Ieur Général des Finances, homme si considéré fous le Ré-gné de Henri trois, 8 c au commencement du Régné suivant,qu’il eut beaucoup de part dans les Conseils, 8 c que se Roitint souvent cirez lui le Conseil, 8c lui écrivit souvent de sapropre main pour des affaires importantes. Mr. Des-Barreauxqui fait la matière de cet Article avoit pour cousin issu degermain Mr. de Laubespine Châteauneuf Garde des Seaux,& du côté de fa mere il étoit cousin germain de la Comtes-se de Bouteville ( i ) , 8 c par conséquent oncle à la mode deBretagne du Maréchal de Luxembourg, & de la Duchesse deMeddembourg. Marie de Vallée sa Sœur aînée n’a pointlaissé d'en fans de son Mariage avec le Président Viole. Eli-zabeth de Vallée son autre Sœur fut mariée à Monsr. du Bou-lai-Favier Maître des Requêtes, qui a été Intendant en Nor-mandie. De ce Mariage sortirent deux filles, dont l’une futmariée à Mr. Talon (z), & l’autre au Comte de Tiliere 8 cde Carouge.
(B) J L eut des liaisons avec Théophile.'] II étoit fort beaugarçon dans fa Jeunesse, & l’on prétend que Théophile enfut amoureux , & quelquefois même jaloux. Ce Poètedit quelque part en parlant de lui , Valleus nofier qui fuitolim meus. II y a eu des gens qui ont voulu dire qu’il enavoit abusé; mais des personnes qui ont conu intimementMonsr. Des-Barreaux aíïïirent qu’il a eu toujours en hor-reur le péché contre nature , & que nec agens nec pa-tiens voluit unquam inservire prapostera libidini. Volez lamarge ( 3 ).
(C) Son Pere le fit pourvoir d'une charge de Conseiller auParlement : ... il ria jamais voulu y raporter aucun procès. J11 disoit que c’étoit une occupation sordide, 8c indigne d’unhomme d’esprit, de s’attacher à des papiers de chicane, 8cde les déchiffrer. II se chargea une fois d etre Raporteur : leprocès n’étoit pas de conséquence, 8c se volant pressé par lesparties il les fit venir, & brûla le procès en leur présence, 8cpaia de son argent ce qui étoit demandé.
(D) . . . On verra dans les Remarques ce qui l’obligea à sedéfaire de cette charge.] Ce fut, dit-on, une amourette duCardinal de Richelieu pour la fameuse Manon de Dorme,coiffée de notre Mr. Des-Barreaux. Je m’en vais vous al-léguer mon Auteur. „ Le Cardinal vit Manon de Lor-„ me fans en être vu , 8c la trouva mille fois plus belle„ qu’il ne se sétoit imaginé. II voulut savoir si S. Mars„ en étoit aimé, & il donna la commission à Bois-robert„ de le découvrir. Cet Abbé ne tarda gueres de donner à„ son Eminence l’éclaircissenient qu’elle souhaitoit, 8c st„ lui aprit que dans les complaisances que Marion de Lor-,, me avoit pour le Favori du Roi, la vanité y avoit plus„ de part que l’amour, 8c que toute la tendresse de cette,, fille étoit pour Dcsbarreaux , Conseiller au Parlement ,,, jeune homme, bien fait de sa personne, d’un esprit vif„ 8c d’une conversation enjouée , mais débauché 8c impie„ au dernier point. Le Cardinal fit proposer à Desbarreaux„ par Bois-robert que s’il vouloir lui céder fa Maîtresse, Sc„ í’engager à répondre à fa bonne volonté, on auroit tant,, de reconnoissance pour ce sacrifice , qu’on feroit pour„ sa fortune tout ce qu’il pourroit desirer. Bois-robert s’a-» quitta de fa commission avec beaucoup d’adresse , mais„ Desbarreaux ne répondit à cette ouverture qu en plai-„ santant, & feignant toujours de croire le Cardinal inca-„ pable dune telle foiblesse. Ce Ministre en fut si irrité„ c[U il persécuta Desbarreaux tant qu’il vécut, & l’obligea„ à se défaite de sa charge 8c à sortir du Royaume ( 4 J ”.
Celui qui nous a fourni des Mémoires touchant Monsr.Des-Barreaux, nous avoit promis la réfutation de ce Passagedes Galanteries des Rois de France ; mais une longue mala-die l’a empêché de nous envoler cela.
( E ) ll se plaisoit à changer de domicile selon les saisons deVannée. ] II alloit chercher les bons fruits 8c les bons vinsdans les climats où ils excelloient. Mais principalement ilalloit chercher le soleil sur les côtes de Provence pendantl’hiver. II passoit à Marseille les trois mois de la vilainesaison. La maison qu’il apelloit sa favorite étoit dans leLanguedoc : c’étoit celle du Comte de Clermont de Lode-ve , où il disoit que la bonne chere 8c la liberté étoientdans leur trône. II avoit en Anjou la Maison du L.ude,où étoit autrefois sabord des plus beaux esprits 8c des plushonnêtes gens. II alla voir quelquefois Mr. de Balzac ( 5 )fur les bords de la Charante; mais où il a le plus régenté,c’est à Chenailles fur la Loire, maison agréable, 8c autre-fois de plaisir 8c de bonne chere. Elle apartenoit à l’un deses oncles, 8c puis à Mr. de Chenailles son cousin germain,Conseiller au Parlement de Paris ( 6 ). II faut que j’ajoute queles plaisirs de l’esprit étoient quelquefois le sujet de lès vola-ges , comme quand il vint exprès en Hollande pour y voirMr. Des Cartes son ami, 8 c pour profiter des instructions dece grand génie ( 7 ).
(F) il avoit fait un Sonnet dévot ... qui est conu de toutle monde. ] Je ne laisserai pas de le mettre ici tout du long.
Grand Dieu, tes jugemens font remplis d’équité-,
Toujours tu prens plaisir à nous être propice :
Mais f ai tant fait de mal, que jamais ta bonté
Fie me pardonnera fans choquer ta justice.
Oùy, Mon Dieu, la grandeur de mon impiété
Ne laijfe à ton pouvoir que le choix du suplice :
Ton interest s’oppose à ma félicité;
Et ta clémence même attend que je périsse.
Contente ton désir puis qu il t'est glorieux;
Offense toy des pleurs qui coulent de mes yeux;
Tonne, frappe, il est temps, rens moi guerre pour guerre:
J'adore en périssant la raison qui t’aigrit :
Mais dessus quel endroit tombera ton tonnerre,
Qui ne soit tout couvert du sang de Jesus-Christ.
L’Auteur de l’Art de parler trouve ce Sonnet admirable. IIl’a inséré dans son Livre comme un éxemple de la figureque les Rhéteurs nomment epiftrophe ou consentement ( 8 ).P 11 trouve ce Sonnet dans une Lettre de Mr. Bourfault.Le Titre de cette Lettre marque qu’elle fut écrite à Mon-sieur Des-Barreaux qui ne croyait en Dieu que lors qu il étoitmalade ( 9 ). L’Auteur lui parle de la mort d'une malheu-reuse femme qui étoit l'opprobre de son sexe, cr qui laissa desenfans qui étoient les héritiers de son infamie. II prétend quepar cette mort Dieu avoit brisé les obstacles qui empêchaientDes-Barreaux de s’aprocher de lui. Concluons de là quecette femme avoit été la maîtresse de ce Libertin. Onajoute qu’on ne doute point que des mauvais éxemples qu'ilss’ét oient mutuellement prêtez, elle ri eut retenu de lui celui decroire en Dieu dans la maladie. On lui représente ce que lamiséricorde de Dieu avoit fait souvent pour lui. Ne fut-ce pas cette Miséricorde, lui dit-on ( 10 ), qui pour vous reti~rer des égaremens ou vous étiez, vous envoya la derniere Ma-ladie que vous eûtes : ott touché de la grandeur de vos péchez,vous fistes ce Sonnet, qui vous a acquis autant de gloire qn’Hvous causera un jour de confusion, d'avoir été affez habile poufsi bien penser, c 7 assez malheureux pour si mal vivre? . . ■ ■Laissons pour un moment le Chrétien, CV ne parlons que de.
Vhonnête homme. Dites moy , je vous prie, fi un homme q : “auroit dit à un autre ce que vous dites à Dieu, cr qui lui tna»-
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