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Tome second. C - I.
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jerott honnête homme ?. Qu,’allez-vous faire , 4x»ec /-r

■Witfí marche à deux pas de vous , aujourd’ huy aux Capu-cins , demain aux Minimes , ^«’y chercher ce que vous de-vriez, fuir, z?, fi j e l'ofie dire , insulter Dieu ou les autres levont adorer (11) ? On lui envoie la Fable du Faucon ma-lade : on lui soutient que s il y a quelque chose au Monde deplus extravagant que de ne pas croire en Dieu , c est d’avoir lajotblefse de l’invoquer fans y croire : Et comme il n est pas plusE>ieu quand nous nous portons mal que quand nous nous por-tons bien , il n y a ni plus ni moins de raison d le croire dansun tcms que dans un autre (12.). On supose que ce fut lareponse de la mere du Faucon , 8c l’on déclare qu’ow ne fis aitQu Esope capable d’inspirer une réponse aujst judicieuse que cel-le-lì : enfin, on exhorte très-vivement Mr. Des-Barreaux àj\ e P°int lasser la miséricorde de Dieu. Notez que la Fa-ble du Faucon, ou pour mieux dire celle du Milan , paroitEb ces termes dans la nouvelle Edition de Phedre :

Multos cum menses agrotajfet milvius,

Ncc jam vider et este vit a spem sua,

Matrem rogabat , saníla circumiret loca ,

Et pro salute vota saceret maxima.

Eaciam, inquit , fili ; sed opem ne non impetremVehementcr vereor; sed qui delubra omniaVaftando , cuníta polluisti altariaSacrifient nullis parcens, nunc quid vis rogem (1Z ) ?

J e n’ai point trouvé cette Fable parmi celles qui font attri-buées immédiatement à Esope dans 1 Edition de Nevelet,mais je l’ai trouvée parmi celles qu’un Anonyme a misesen Vers Latins (14) , & qu’il a données comme originai-res d’Esope. Je n’y ai vu aucune trace de la pensée queMr. Boursault débite, & qu’il croit que le seul Esope estcapable d’inspirer. Cela soit dit en paflant.

II a raison de dire que ce seroit la derniere extravagan-ce d’adresser des prières à une Divinité qu’on ne croiroitpoint; mais je ne sai st Des-Barreaux a jamais fait cette fo-lie. St. Paul semble suposer qu’une telle extravagance nese trouve point parmi les hommes ; Comment invoqueront-ils, dit-il (ij), celui auquel ils n ont point cru ? II me paroitassez possible que ceux qui n’ont rien déterminé positive-ment, ni fur l’éxistence, ni fur la non-éxistence de Dieu ,lui fassent des vœux 8c des prières à la veue d’un grand pé-ril. Or c’est l’état de presque tous les incrédules. Ils dou-tent s’il y a un Dieu , ils ne conoissent pas clairement sonexistence , mais aussi ils ne conoissent pas clairement qu’ilnéxiste point. Mr. l’Evêque de Tournai commence parcette pensée ses Réfléxions fur la Religion. II est naturelque de telles gens aux aproches de la mort prenent le partile plus sûr, 8c que ad majorem cautelam , ils se recomman-dent à la grâce 8c à la miséricorde divine (16). Ils espè-rent quelque chose de leurs prières en cas qu’il y ait unEtre qui les entende, 8c qui les puisse exaucer 8c ils n’ontrien a craindre en cas qu il n’y ait point un tel Etre. Maisfi quelqu un étoit parvenu à un tel dégré de mécréanccqu’il se fût fermement persuadé le pur Athéisme , 8c qu’iîdemeurât dans cette persuasion pendant qu’il seroit maladedangereusement, je ne conçois pas qu’il soit possible qu’ilinvoquât Dieu au fond de son cœur. N’allons donc pasnous imaginer que Des-Barreaux tombât dans l’extrava-gance qu’on lui impute , d’invoquer Dieu fans croire qu’ily eût un Dieu. Disons plutôt que fa coutume de l’invo-quer dans ses maladies est une marque ou qu’au teins de fasanté il ne doutoit point de l’éxistence de Dieu ; c’est cequ’on assure dans le Mémoire qui m’a été communiqué,ou que tout au plus il mettoit cela en problème, mais enproblème dont il embrassoit l’affirmative quand il craignoitde mourir. L’inclination à la volupté lui faifoit reprendreson prémier train, son premier langage , lors que fa santéétoit revenue. Cela ne prouve point qu’en effet il fûtAthée. Cela prouve seulement , ou qu’il rejettoit presquetous les dogmes particuliers des Religions positives , ou quePar un principe d orgueil il craignoit qu’on ne le raillât d’ê-tre déchu de la qualité d’Esprit fort, s’il ne continuoit pas àParler en Libertin. II est assez aparent que ceux qui afec-tent dans les compagnies de combatte les véritez les plusc °rnmunes de la Religion , en disent plus qu’íls n’en pen-sât. La vanité a plus de part à leurs disputes que la con-science. Ils s’imaginent que la singularité 8c la hardiessedes sentimens qu’ils soutiendront leur procurera la réputa-tion de grans esprits. Les voilà tentez d’étaler contre leurPropre persuasion les dificultez à quoi sont sujettes les doc-trines de la Providence » 8c celles de l’Evangile. Ils sefont donc peu à peu une habitude de tenir des discours im-Pjes, 8cq j a yj e voluptueuse se joint a leur vanité, ils mar-ient encore plus vite dans ce chemin. Cette mauvaisehabitude contraéiée d’un côté sous les auspices de l’orgueil ,& de l’autre sous les auspices de la sensualité , émousse la

c c'n’eft couchant la divinité, le paraois , oc icnrer; males ce d 3S Une foi éteinte, ce n’est qu’un feu caché foihtltent en ressentent l’activité dès qu’ils se coi

les volt ì kàcipalement à la vue de quelque péril. Ca.ors plus tremblans que les autres hommes (17

Ils passent jusqu’à la superstition : le souvenir d’avoir té-moigné plus de mépris qu’ils n’en scntoient pour les chosessaintes, 8c d’avoir tâché de se soustraire intérieurement aussià ce joug , redouble leur inquiétude. On n’a presque ja-mais vu qu’un homme grave, éloigné des voluptez, 8c desvanitez de la terre, se soit amusé à dogmatiser pour l’im-piété dans les compagnies , encore qu’une longue fuite deméditations profondes, mais mal conduites, l ait précipitédans la rejection intérieure de toute la Religion. Bienloin qu’un tel homme voulût ôter de l’esprit des jeunesgens les doctrines qui les peuvent préserver de la débauché,bien loin qu’il voulût inspirer ses opinions à ceux qui enpourroient abuser, ou à qui elles pourroient faire perdreles consolations que l’espérance dune éternité heureuse leurfait sentir dans leurs miseres, il les fortifieroit là-dessus parun principe de charité 8c de générosité. II garde ses senti-mens, ou pour lui seul > ou pour des personnes qu’il supo-se trcs-capables de n’en faire pas un mauvais usage. Voilàce que font les Athées de Système, ceux que la débauche nil’esprit hâbleur n’ont point gâtez ( 18 ). Le malheur d’avoirété trop frapez d’un certain principe , 8c de lavoir suiviavec trop de gradations de conséquences les a menez à unecertaine persuasion. La grâce de Dieu les en peut tirer àla vue de la mort, mais fans cela ils persistent dans leur in-dolence au milieu des maladies, 8c des tempêtes , 8c s’ilsse conforment aux cérémonies mortuaires de l’Eglise, c’estpour épargner à leurs parens les suites fâcheuses de la re-jection du Rituel. Cela porte à croire que les Libertinssemblables à Des-Barreaux ne sont guere persuadez de cequ’ils disent. Ils n’ont gueres éxaminé, ils ont apris quel-ques objections, ils en étourdissent le monde , ils parlentpar un principe de fanfaronnerie , 8c ils se démentent dansle péril (19). Mr. de Balzac les a bien caractérisez , lorsqu’il s’est moqué d’un Grammairien de Gascogne , qui faí-soit le Rodomont contre la Divinité , 8c qui tomboit pourla moindre chose dans la superstition la plus timide. Lestermes dont il s’est servi tant en vers qu’en prose sont sibeaux , que je me sens obligé de les raporter. Audisti inquotidianis Comoediis Pyrgopolinicis partes belle agere. Audistiusurpantem crebre, fibique asstngentem Virgilianum tllud

Félix qui potuit rerum cognoscere causas,

Arque metus omnes 8c inexorabile fatumSubjecit pedibus, strepitumque Acherontis avarì.

Ne vobis imponat verborum illa magnificentia ; Histrìo & Reci-tator Virgilianus est, non Philosophas Virgilianus. Meticulops-fimum omnium animal timet etiam non timenda. Neque ignemmod'o , sed suspìcionem quoque ignis , cv fumum é longinqmvolantem, c? sublufiriorem umbram timet. ...

Vilis Grammaticus, gentis pars fœda togatae,

Impure tantùm oreferox, ne crédité verbis,

Corde paver gelido, quamvis verba ardua jactetSsepius, 8c tragicas effimdat in aéra voces.

Non furor huic constans, non Numina fortiter o dit,Intrepidusque Polos audet ridere tonalités,

Ut quondam Capaneus Thebana ad mœnia pugnans, >Cùm non arma Jovis flammasque timeret Olympi.

Hic dubii imbellis Ventura pericula casus,

Et ; simulachra malorum, 8c larvas horret inanes,Conteniptor placidique Jovis Cœlique sereni.

Quas non ille aras, humili formidine tactâMente petet, quos non Superas in vota vocabit,

Si videat maris iratos insurgera fluctus,

Sentiat aut propriis ardere incendia venis TInsolito-ve urgeri oppressuin pondéré pectus,aïger, inops animi, atque instantis vidtima Fati (10)?

Observons par occasion que plusieurs personnes très-persua-dées des véritez du Christianisme oublient après le péril lesvœux qu’elles avoient faits. De là est venu le Proverbe,Pajsato il pericolo gabbato il Santo. Combien y a-t-il de dé-bauchez très-orthodoxes d’ailleurs, qui dans la peur de fairenaufrage, ou de mourir dune maladie, promettent à Dieuque s’ils en échapent, ils vivront très-sagement ? Ils en écha-pent, 8c vivent aussi mal qu’ils avoient fait. Ne diroit-onpas qu’ils font allusion à ces Loix humaines qui dispensent detenir leur parole ceux qui l’ont donnée prestez par une forcemajeure, en prison, à un ennemi qui leur tenoit le pistoletsur la gorge, saisis en un mot d’une crainte légitime, met»cadente in constantem virum ?

(G) Ses Amis ne sauroient disconvenir de son grand Liberti-nage. ] Ils disent qu’il goûtoit assez les véritez du Christia-nisme, 8c qu’il eût bien voulu en être très-persuadé ; maisil prétendent qu’il n’y a rien de si difficile à un homme d’es-prit que de croire. II étoit né Catholique, mais il n’avoitaucune créance ni au culte ni aux dogmes de la ReligionRomaine ; 8c il disoit que si l’Evangile 8c l’Ecriture sont laréglé de ce que nous devons faire, 8c de ce que nous de-vons croire, il n’y avoit point de meilleure Religion que laRéformée.

(H) . . . mai s il s prétendent que la renommée a outré leschoses.'] Plusieurs fans le conoître ont parlé de lui commed un Impie 8c d’un Athée; mais la vérité est qu’hormisquelques faillies dans la chaleur de li dispute , où il pous-soir

(18) Votez. IaT{ emarq. (r)de ?uAnìcltV AYER,ít la fin %

(19) Votex.l > ^Article deB 1 o n Bo-rysthenite,Remarque

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