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D I
C E A R U E.
(rt) Votez.Strabon,Livr, II 9f*g- 71 , <j*iremorque quePolybe ccn-sítroit souventDicearque.(b) Il futimprime k*Augs\>ourg »par les foinsd’Hoefche-lius, l y an1600,
(l 5 ) 0 n n'en-tend parlerici que desCorps visiblesk l'kommt»
mone (D), Sc disciple cPAristarque ; mais àlì à tore qj'il le faic Auteur de pluficurs Livres 1puis que Suidas , qui est peut-être le seul qui ait parlé de ce Dicearque, ne lui donne aucune sor-te de Livres. Cela me fournit une Remarque contre Meursius ( E ). 11 y a dans Pline un Passa-
ge, qui témoigne que Dicearque avoit reçu commislìon de quelques Princes, pour prendre la hau-teur des montagnes (F). La Géographie étoit l’une de ses principales études (a), 6c nous avonsencore un Traité qu’il fit-là-desius (b). L’Ouvrage qu’il fit de la République de Lacedemone futextrêmement honoré (c). 11 tenoit pour maxime qu’on doit faire eníòrte d’être ajmé de tout le
monde, mais qu’il ne faut lier une amitié très-étroite qu’avec les honnêtes gens (d). Ce qu’ilcensure dans Platon mérite d’être censuré (G). Voffius n’a point dû lui attribuer un Traité
jection. On me dira que le sentiment pourroit être unemodification du corps : d’où il s’ensuivroit que la matière >fans rien perdre de ce qui lui est essentiel , pourroit ceílérde sentir dès qu’elle ne seroit plus enfermée dans les orga-nes dune machine vivante. Je répons que cette doctrineest absurde ; car toutes les modalité! dont on a quelqueconnoissance font dune telle nature, qu’elles ne cessent quepour faire place à une autre modalité de même genre. IIn’y a point de figure qui soit détruite que par une autre fi-gure , ni point de couleur qui soit chassée que par une au-tre couleur (25). J’avoueque, selon la vieille Philosophie,le froid 8c le chaud qui se chassent d’un sujet ne sont pasdes accidens de la même espèce ; mais pour le moins m a-vouera-t-on qu’ils apartiennent au même genre des qualitczqu’on nomme tafliles. Ainíi , pour bien raisonner , Iondoit dire qu’il n’y a point de sentiment qui soit chassé de íàsubstance , que par l’introduction de quelque autre senti-ment. Rien n’empêche que le sentiment ne soit un gen-re , qui ait au dessous de soi d’autres genres, avant qu’onarrive à ce qu’on apelle fpecies inftma. Selon cela mon ob-jection ne perd rien par la réponse que je réfute ; 8c j’aitoujours lieu de dire-, que si les esprits animaux n’ont pashors des nerfs le sentiment qu’ils y avoient, ils ne sont per-du qu’en aquérant une autre sorte de sentiment. L’on medira lans doute qu’il y a des modalité! qui cessent, fans.qu’une autre modalité positive leur succédé : .on m allégue-ra l’éxemple du mouvement ; car pour celui des figures onn’oseroit en parler : il est trop visiblement contraire aux dé-fenseurs de Dicearque. Mais je répliqué que le mouve-mefit 8c le repos ne diffèrent pas , comme on le fupose,à la maniéré des modalité! positives 8c des privations. Lerepos 8c le mouvement font l’un 8c l’autre une présencelocale très-réelle 8c très-poíltive : leur diférence ne consisteque dans des raports externes , 8c tout-à-fait accidentels.Le repos est la durée de la même présence locale ; le mou-vement est l’aquisitìon d’une nouvelle présence locale : 8Cpar conséquent ce qui cesse de se mouvoir ne perd point samodalité, sans en aquérir une autre de même nature : il atoujours une position égale à son étendue entre les autresparties de l’Univers. Quand on nous aura donné l’éxemplede quelque corps, qui perd un lieu fans en aquérir un autre,nous accorderons que certains corps pourroient perdre unsentiment, sans en aquérir un autre : mais comme il estimpossible qu’on fournisse cet exemple, nous sommes endroit de soutenir que tout corps qui íéntiroit une fois, sen-tirait toujours. La conversion de letre au néant n’est-ellepas impossible dans l’ordre de la nature ? La conversion dela figure en privation de toute figure , ou la conversion dela présence locale en privation de toute présence locale, neseroient-elles pas une conversion de quelque chose de réel,8c de positif, au néant ? Elles font donc impossibles dansl’ordre de la nature : donc la conversion du sentiment enprivation de tout sentiment , est impossible ; car elle seroitune conversion de quelque chose de réel 8c de positif, aunéant. Enfin > je dis que tous les modes du corps fontfondez fur les attributs essentiels du corps, qui font les troisdimensions. C’est ce qui fait que la perte d’une figure, oud’une présence locale , est toujours accompagnée de Faqui-iîtion d’une autre figure , ou d’une autre présence locale.L'étendue ne cesse jamais, il ne s’en perd jamais rien : c’estpourquoi la corruption d’un de ses modes est nécessaire-ment la génération d’un autre. Par la même raison , au-cun sentiment ne pourroit cesser que par lexistence d’unautre; car dans le Système que je réfute le sentiment se-roit un mode du corps, aussi bien que la figure , 8c le lieu.Que si vous vouliez sonder le sentiment sur quelque attri-but de la matière diférent des trois dimensions , 8c inconuà notre esprit, je vous répondrais que les changemens decet attribut devraient ressembler aux changemens de l’éten-due. Ceux-ci ne peuvent frire cesser ni toute figure , nitoute présence locale; 8c ainsi les changemens de cet attri-but incenu ne feraient jamais cesser tout sentiment; ils neseraient que le passage d’un sentiment à un autre, commele mouvement de l’étendue n’est que le passage d’un lieu àun autre.
(D) . . . Mr. Moreri ïattribue à un autre Dicearque . . .de Lacedemone .] On ne comprend point comment il a faitcette faute ; car après avoir raporté le Passage de Cicérontouchant l’impiété de Dicearque à l’égard de la~ nature delame,il ajoute que Tertullien marque aujp l'erreur de ce Phi-losophe. Or voici les paroles de Tertullien- raportées parMoreri. Denique qui negant principale , ipsam pritts animamnl fil cenfurunt , Meffenius aliquis Dic&archus. Le Philoso-phe dont Tertullien marque Terreur est Dicearque de Mes-fine ; pourquoi donc est-ce que Moreri attribue cette erreura Dicearque de Lacedemone ? II accumule faute fur fauteen nous ren votant a un très-grand nombre d’Auteurs quiont parle de Dicearque , puis qu’il aproprie tous leurs té-
des
moignnges à un Dicearque de Lacedemone , à qui Suidasn’attribue aucun Ouvrage ni petit ni grand ; 8c puis que l’onne saurait nier qu’une partie de ces témoignages ne concer-nent Dicearque de Messine. Un lavant Critique (26) a cruque les Sommaires des Tragédies de Sophocle 8c d’Euripi-de citez par Sextus Empiricus (17) , lbnt la production duGrammairien Dicearque , duquel Athenée fait mention auI livre (28). J’avoue qu’un tel Ouvrage conviendrait mieuxa Dicearque le Grammairien de Lacedemone, 8c Discipled Aristarque , qu’à Dicearque le Messinois , 8c Discipled Aristote ; mais néanmoins, quand je considéré que Sui-das n’attribue aucun Ouvrage à celui - là , 8c qu’il assureque celui-ci étoit Philosophe , Rhétoricien , 8c Géomètre ,j’airne mieux donner au Disciple d’Aristote tous les Ouvra-ges qui font citez fous le nom de Dicearque. Si celui dontparle Athenée dans la 14 page de son premier livre , sansl’appester Grammairien, quoi qu’en dise Reinesius, étoit leDicearque de Lacedemone , il auroit plutôt attribué à fapatrie qu’à la- ville de Sicyone l’invention de quoi il s’agit encet endroit, puis qu’il y a des Auteurs qui l’attribuent à la vil-le de Lacedemone. Cette invention regarde la danse , 8caparemment c’est dans le Livre crépi ftv<rix.£, íymm , deCertaminibus Mujicis , que Dicearque parloit de cela , com-me aussi de la danse nommée la Grue (29).
(£)...» qui Suidas ... ne donne aucune forte de Li-vres. Cela me fournit une Remarque contre Meurfiusf IIprétend (30) que Dicearque de Lacedemone fit sur le Gou-vernement de Sparte un Livre si excellent, qu’on le lisoittous les ans en présence de la jeunesse dans l’assemblée desEphores, 8c que l’Edit con’cernant cela fut éxécuté pendantfort long-tems. Ce qu’il cite de Suidas est fort juste , sil’on en excepte une clause ; c’est que Suidas ne parle làque de Dicearque le Messinois. E'^yafe rlv rroytreiav
^jTrcepTictTúJV. x-ccí ,optes e-zeêhi ev Aítxeê'atíptoyt , xcéS-’ txwrov éroçùvxyivúo'xer&xt 70V Âcyc. 5 i; 2-0 tsjï *E tpópeev xtyyioi. GC 7-,-yrftr.nxw Éy.ïTSç yXtrJav úxooZeSai. xai tSto ixpirr.Tt MxP 1oroA>,£. Scripfit Rempublicam Spartanorum. Et Lacedemone lexeft lata , ut quotannis liber ifte in pr&torio Ephororum legere-tur, c? juventus aufcultaret. ldque dtu obtinuìt (31).
(F) Pline témoigne qu il avoit reçu commission de quelquesPrinces pour prendre la hauteur des montagnes . ] Voici les pa-roles de Pline : Globum tamen effici mirum eft in tanta plani-fie maris camporumque. Cut fententï* adest Dicearchus vir inprimis eruditus, regum cura permenfits montes, ex quibus altis-simum prodidit Pelion 1250 pajfuum ratione perpendiculi , nul-lam ejfe eam portionem univers* rotunditatis colligens ( 32 ). Jem’étonne que le Pere Hardouïn n’ait point observé que cePassage n’est pas compatible avec ce qu’il cite de Geminus;car Geminus assure (33) que, selon le calcul de Dicearque,le mont Cyllene dans l’Arcadie a 15 stades ou environ dehauteur, c'est-à-dire près de 1900 pas. II n’est donc pas vraique le Pelion qui n’a que 10 stades, soit la plus haute mon-tagne que Dicearque ait mesurée. Quoi qu’il en soit, nousavons ici la confirmation de ce que l’on trouve dans Suidas,que Dicearque avoit fait un Livre fur la mesure des monta-gnes du Peloponnese. Le Passage de Pline avoit échapé à ladiligence de Vossius.
(G) Ce qu il censure dans Platon mérité d'être censuré .J IIblâmoit Platon de donner trop de pouvoir à l’amour : c’estCicéron qui nous laprend (34), & je pense que ses paro-les nous aideront à entendre celles de Diogene Laërce, quisemblent avoir été mal traduites. Voici Ls paroles de Laër-
^0 (35)* Aoy«v oe ttçoitov yçwj/at ctòro, tav <X>c&fJy0v xoti yùp
1 pmpxx.iaoíç 21 70 ccpÀì'ocx. Aiy.otíapxH 05 y.<ti 2-0»
2 -poTSToii Tj;0 yoaOr.ç cXov 1'■snfe.éuperai &-ç tpspnxáv ( 36 ). Onles a ainsi traduites: Phadrum primo illum sertpfijfesama eft,habet enim qpustio illa nonnihil juvénile. Porro Dtc&archus to-tum id feribendì genus ut grave ac moleftum carpit. CetteTraduction ne fait point d’honneur à l’Original: elle fuposeque Laërce , après avoir dit qu’il y a quelque chose quisent le jeune 'homme dans le Phedre du Philosophe Platon,a cru bien fortifier son dire en citant un homme qui trou-voit dure 8c pesante la maniéré dont ce Philosophe avoitécrit ce Traité. II me semble qu’il vaudrait mieux suposerque le sens de Diogene Laërce est celui-ci. On prétendque le prémier Ouvrage de Platon est celui qui s’apelle Phè-dre : 8c en effet la question qu’il y éxamine sent fort le jeu-ne homme ; aussi Dicearque condamna tout le caractèrede cette Piece, à cause des saillies outrées, 8c du déborde-ment impétueux d’imagination qu’il y remarquoit. Cicé-ron, comme je l’ai déjà dit, nous insinue cette Paraphra-se ; car l’excès dont il dit que Dicearque accusoit Platon,par raport à l’autorité de l’amour , regurdoit sans doute lePhedre. Un des Commentateurs des Lettres de Cicéron (37)s’est servi de ce Passag • de Laërce, pour confirmer une con-jecture tout-à-fait ingénieuse. II prétend que Dicearque fifun Livre qui avoit pour Titre, <l>xiécu mpio-rú, les fuper-fluitex. du phedre , 8c que Cicéron demande ce Livre à son
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