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^ es Songes (//). Lactance n’a pas su lui donner le rang qui lui convenoit (/). Jamais je n’aìece plus surpris qu’en voiant la íbérilité du Jésuite Jeróme Ragusa (K) , sur un sujet auffi illustreque Dicearque, ôc qui fait autant d’honneur à la Sicile íà patrie (<?).
Une personne , qui n’a point voulu sc faire conoître , m’a fait tenir quelques Objectionsque je m’en vais examiner. Elles concernent l’Argument que j’ai proposé (/) contre Dicearqueau sojet de son opinion sur la nature de l’ame (L). Ce me sera une occasion de dire un mot
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I ® 1 Atticus. Cicéron s’exprime ainsi : Libros mihi dt qui-a d te antea scripst velim mittas, et/ maxime <I-'«íSy« srifir-<rm sj/ Voici h Note de Boflus. Videntur his
Vc >bis duo libri Dicœarchi signifieari, quorum primo auclor illee Ph&dro Platonis ut superfiua et/ redundantia resecandaije docuerat : altéra virorum tlltistrium quos Gracia tuiijset •vi-
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J.míti m j e ldda (40) croit que Cicéron demande le Livre de Phe-ure Philosophe Epicurien v-flt QtZt, & celui de Dicearquem f est donc contraire en partie & confor-
® e en partie à Boflus ; mais il ne savoir point que Boflusa .commis ici une faute: c’est de confondre l’Ouvrage dejjicearque intitulé Bio<, avec celui qui avoit pour titre B/» cL e premier contenoit la Vie des Hommes illus-ls es : le second décrivoit la Grece , & les coutumes desGrecs.
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Mr. Ménagé a remarqué cette faute (41).
^ (fs) Vojfius n a point dû lui attribuer un Traité des Songes. ]Raportons les ternies de Voftius : Nec magis ambigere licet“ e hbro quem Tullius eum de dìvinatione , ct/ somniis scripfijfeauêlor est (42,). Il ne cite rien pour ce fait. Aparemment« s’en raporta à quelque Auteur qui difoit la mcme chose,.flui ne citoit personne, & il ne voulut point prendre laPeine de chercher où Cicéron pouvoit avoir dit cela. Jene douté point que fl cette particularité se rencontre dansfluelqug Livre de Cicéron, ce ne soit dans celui de Divina-tione. L’aiant parcouru , j’y ai trouvé quatre endroits quiconcernent Dicearque. Dans le premier , on assure qu’il^jetta toutes sortes de divinations, hormis celle des songes5 e celle de la fureur (43)- D’où j’infere qu’au pis aller il.dra que l’on m’avoue que Voisins a dû. dire de divina-Done ex somniis , & non pas de dìvinatione, es/ somniis. Leecond endroit n’est qu’une confirmation du premier , & jepe le raporterois pas s’il ne me fournissoit une Réflexionnciciente. Nec vero unqitam anìmus homìnis naturaliser dirftnat nifi quum ita solutus est ct/ vacuus, ut ei plané nthil ftt-. r , Cilm cor P or e;quod aut vatibus contingit, aut dormìentibus. Ita-’sfin ea duo généra à Bìcaarcho probantur (44). II faut ou que
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Ciceron n’ait pas entendu la doctrine de Dicearque, ou quecelui-ci fe soit contredit, 8í ne se soit pas entendu lui-mê-m e. Un homme qui ne reconoit nulle distinction entre lesâmes humaines & le corps , peut-il croire que les fanati-ques , les enthousiastes , les songeurs , ont des pensées .quine font point matérielles ; c’est-à-dire , qu’en cet état leura >ne fe trouve dans un parfait dégagement du commercequ’elle avoit avec le corps ? II est sûr que fl un tel homme£ r oioit cela il ne sautoir ce qu’il diroit, & qu’il s’embarras-Rroit d ans une évidente contradiction. Or nous avons vu(45) que Dicearque n’admettoit nulle distinction entre les a-mes des corps vivans, & les corps vivans : s’il a donc cru,w, , Qceron le lui impute, qu a cause que dans les ex-
“ dans les songes lame de l’homme est dégagée devin?™ 1 ! 11 ? erce avec 1^ corps, il ne faut pas rejettes les di-
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ê ns ,'. ente ndre. Peut-être que les raisons fur lesquelles il sendoit pour retenir les divinations des extases, &c des son-§ e s , pendant qu’il rejettoit toutes les autres maniérés dePjedire 1 avenir , ne font pas bien raportées par Cicéron.
un mauvais pas pour Dicearque que cette excep-te® en faveur des songes, 8c des aliénations d’esprit: & je
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ée des songeurs , il s’est con-a ruiné lui-même ses Hypothèses par un gali-mcompréhenfible. Mais ne le condamnons point
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tra hanc fententiam dijserebant , Bicaarchus primo , deinde T>e-mocritus, postremo Epicttrus (48).
(K) je n ai . . été . . surpris ... la stérilité du JésuiteJeròme Ragusa.'] Ses Elogia Sicidormn qui veteri memorìa flo-ruerttnt , imprimez à Avignon lan 1690, ne contiennentque les Titres d’une petite partie des Livres de Dicearque,
8c un Extrait de Charles Etienne. Cet Extrait porte queselon ce Philosophe , le genre humain n’avoit jamais com-mencé , & que l’ame périssoit avec le corps. Ce dernierdogme lui convient, 8e Cicéron cité par Charles Etiennel’attribue à Dicearque, comme on Fa vu ci-dessus (49):mais je ne lai point d’où Charles Etienne a pris l’imputa-tion de l’autre dogme. Si le Jésuite s’étoit contenté de co-pier Charles Etienne , il n’eút point commis une lourdefaute, il ne lui auroit pas imputé de croire que le Dicear-que qui avoit ces mauvaises opinions n’étoit pas le Mes-lìnois (50); car c’est à ce Dicearque que Charles Etienneles impute visiblement. II est vrai qu’il s’imagine > par uneerreur très - grossière , que Dicearque natif de Messana, 8cDisciple d’Aristote, n’est point Dicearque le Meffinoìs. C’estde quoi le Jésuite le devoir reprendre.
{L) Je m’en vais examiner quelques Objefiions . . . au su-jet de son opinion sur la nature de l’ame. ']. L’Auteur de ceSobjections commence par déveloper le Système de notrePhilosophe. II prétend que Dicearque a voulu dire que les ^corps vivans ne diferent d’un corps non vivant, qu’en ceque leurs parties font figurées 8c arrangées d’une certainemaniéré. II compare cette opinion avec celle de Des Car-tes , & voici comment. Si un chien dif'ere d’une pierre,ce n’est pas qu’il soit composé d’un corps 8c d’une ame , 8cque la pierre ne soit que corps : c’est uniquement en cequ’il est composé de parties tellement rangées qu’elles fontune machine , ce que l’arrangement des corpuscules d’unepierre ne fait pas. Voilà le sentiment de Mr. Des Cartes.Cette idée est fort propre à nous faire entendre Fopinionde Dicearque : nous n’avons qu’à suposer qu’il étendoit surtoutes fortes de corps vivans ce que les Cartésiens ne disentqu’à F égard des bêtes : nous n’avons qu’à suposer qu’il ré-duisent Fhomme à la condition d’une machine ; d’où il ré-sultera que Famé humaine n’est point distincte du corps jmais qu'elle est seulement tine construction -, une dispositionmachinale de plusieurs parties de matière. Cela étant su-posé , F Auteur des objections prétend que je ne donnenulle atteinte au Système de Dicearque , tant s’en faut quej’aie pu considérer comme invincible la dificulté que j’aiproposée. J’ai prétendu que Dicearque, ou ne savoir plus cequ’il difoit , ou qu’il étoit obligé de soutenir que la vertuen quoi il faisoit consister l’amc , accompagnoit toujours lecorps. On répond qu’il n’a été obligé qu’à soutenir quelleaccompagnoit toûjours le corps vivant : on ajoute que ilj’avois toûjours joint ensemble ces deux termes corps 8c vi-vant , ma conséquence eût pu être admise toute entiere parDicearque, 8c qu’ainsi elle n’eût porté aucun coup à sonSystème. On prétend donc qu’il peut nier que de ce quëlame est une vertu des corps vivans, il s’ensuive quelle setrouve dans les cadavres ; car ii elle ne consiste que dansl’arrangement machinal de certains corps, comme il le su-pose , il s’ensuit manifestement quelle doit cesser dès quecet arrangement cesse, dès que la machine ne subsiste plus.C’est ainsi , continue-t-on , qu’un Cartésien répondrait àceux qui lui voudraient soutenir, que, selon son Hypothè-se, Famé des bêtes subsiste après même qu’on les a tuées.Vous vous trompez, répondroit-il; car puis que je suposequ’elle ne consiste que dans une certaine disposition des or-ganes , je dois suposer nécessairement quelle périt dès quecette disposition est détruite. L’Auteur des objections su-pose , que l’on ria jamais conclu contre les Cartésiens que Ict
( 4 ») Lac-tant* Divin*Instit. Liùr*VU, Cap.Vllí. VoitZ/aujfi Us CbafìVU & XUU
(49) 1limât-1 UC (C-
(so) Spi k4->men Dicaar*cbttm taliaopinantemalmm fuisseà DicdAYchenostre opina -
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fi udrc ìj S panière dont il s’en tiroir. Le troí- vertu ie sentir ne ceste point dans les cadavres , es/ que les par-
eme 1 atlage ne mr pas pins qne le second : c’est pourquoi ties des corps vivans emportent chacune avec foi fa vie es/ sonJ me conten e e le métra» en marge ( 46 ). Le quatrie- ame lors qu ils se corrompent. 11 est certain qu’on n’objecte
pas aux Cartésiens cette conséquence ; mais c’est à causequ’ils n’attribuent aucun sentiment à l’ame des bêtes: cars’ils la faisoient sensitive, les mêmes dificultez que j’ai ob-jectées à Dicearque tomberaient fur eux, & ils feraient auslxobligez que lui d’en donner la solution. On m’objecte en-fin que les Remarques que j’ai faites fur ce que toutes lesmodalitez que nous conoissons ne cessent d en etre qu en fai-sant place à d’autres modalitez de même genre ; d’où ils’ensuit qu’un corps qui auroit eu du sentiment csi quelquesrencontres, ne cesserait jamais d en avoir : on m’objectedìs-jc , que cela importe peu a Dicearque ; car il n ’ amais attribué de vie à la matière qu âpres la modification re-quise pour en faire un corps vivant,savoir par l e divers arran-gement de ses parties. Je nàt donc pas eu droia de lui fairedonner la vie à aucune partie de la matière âpres son dérange-ment, quoi que devant es/ âpres elle soit bien corps, mais non pascorps vivant. C est la conclusioh de F Auteur des ObjectionsNotez qu’il n est pas entré en lice pour le dogme même dè
Je me contente de le mettre
est plus favorable à Voisins que tous les autres. Atnostra interest scire ea qua eventurasint. Magnus Biuarchi li-
V? f ^ c,re M .à eJse - scire (47 )• Mais ce Livre-
la de Dicearque n est point celui dont Voisins a parlé il,P°int pour Titre , m de divinatïone , es/ somniis, ni’ dea ‘ymatìone ex somniis, & il n est point différent peut-être deCell si de la descente dans la caverne de Tropsionius En un®ot. ce Philosophe a pu expliquer son sentiment sur la raa-llere des divinations dans quelcun des Livres dont Voisinsav oit déjà raporté le Titre : il n’étoit donc pas nécessaire dec °tter à part celui de dìvinatione es/ somniis.
>■*) EaStance n a point su lui donner le rang qui lui conve-t H condamne très-justement Dicearque fur la mor-été i n' ame > mais il fe trompe quand il l’accuse d’avoirc ie Précurseur de Democrite à l’égard de ce faux dog-n - ’ fl Car picearque , aiant été Fun des Disciples d’Aristote,sent E®i qu’assez long-tems après Democrite. In eademcydes^'^ * etlam v ythagoras antea, ejusqut praceptsr Phere-
1 Ghero tradit primum de &ternitate . Â "
duntaxat om nes licet eloquentia excellèrent ; tamen
c °ntentìone non minus auéîoritatis habxerunt,qui con-
P«tavìtr‘ m n C - cero traà,t prirmim de «ternitate ammarim dis- Dicearque; il en a reconu la fausseté & Fimpiété: il a feush" omnes licet eloauentia excellèrent ; tamen in bac lement voulu montrer que j’ai eu tort de l’accuser d’incon-
sequence , S< que ce Syíiême-ià ne perd point ses liaisons
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