2.83 DICEARQ^UE.
sur uns Dispute qui a fait beaucoup de bruit en Angleterre ( M).
(51) Notez,que les Pérì-fi.xt 'ticiens , cnattribuant la
S pensif nlfXJSetes , nedonnent pointà la ma ierecette vertu ,pi ai s k uneforme fitbs-tan 1 , telle qni
tsefi ni ma-tière n- .orps,fr qui efiproduite denouveau dansla matière
co/n p osée dematière.
^Atnft tls con-viennmt quela matièretfaquiert M-ptais le fen-tiwt-nt , ni laconfissj.nce.
(s 2) n-des-fus , Citatron(8 de f Ar-ticle Aruîa-ga.
(s 3 ) 11
croio r quePâme etoitVharmoniedts 4 «hmtns.3 ? Jur. dePlac. Pbil.Livr L T,Chap, II ; ildevoit donccroire quetous les mix-tes ont uneame , car les4 cl'tnens s'ydoivent ré-duire k shar-mortie. MaisTitjl- il pasditjji absurdede juroferque l'harrao-nie des 4 ■/ •-mens produ tla pensée , quede su 0 erqtt* un certainconc rt deMu/iyue se-roir un sonqui se conoì-troit loi-mè-ne , fr qui
conoîtrot Us•!>jets voisins?
8c fa justesse , quoi que ce Philosophe n’ait point admis unsentiment, 8c une vie impérissable dans les corps qui ont étéune fois vit ans.
Vous voler là clairement tout l’état de la question : il nes’agit que de savoir fi un Philosophe qui etoit qu'il y a descorps qui pensent, & des corps qui ne pensent pas , raisonneconséquemment. Je soutiens que non, 8e que quiconque ad-met une fois que par exemple un assemblage d’os, 8e de nerfs,sent 8e raisonne, doit soutenir,à peine d’êcre déclaré coupablede ne savoir ce qu’il dit, que tout autre assemblage de matiè-re pense ,8e que la pensee qui a subsisté dans Fassemblage, sub-siste sous d'autres modifications dans les parties désunies, a-près la dissipation de l’assembláge. Je ne répete point les preu-ves que j’ai données fur ce sujet, 8e il n’ell pas nécessaire queje les fortifie de nouveau : car l’Auteur des Objections ne lesa point attaquées. 11 a feulement observé que Dicearque nes’en doit pas mettre en peine, attendu fa déclaration, que lamatière ne commence à vivre qu’après un certain arrange-
( M ) Ce me fera une occasion de dire un mot fur une Dis-pute qui a fait beaucoup de Iritit en Angleterre, j 11 m_ leble que fi j'avois assuré simplement 8c absolument que per-sonne ne s’est vanté jusqu ici d avoir une iaec claire dunemodification de la matière qui soit un acte de sentiment, jen’aurois pas agi avec trop cte témérité; car je viens de liredans les Nouvelles de la République des Lettres, que mon-sieur Locke, Fun des plus profonds Métaphysiciens du mon-de , reconoit ingénument qu’un corps doué de penlée est unechoie incompréhensible. Et noter qu’il tait cet aveu en ré-pondant à une Objection qui etoit fondée fur cette incom-préhcnilbilité. 11 avilit donc un grand intérêt a nier le fonde-ment de cette Objection, il tàut donc conclure que son aveuest très-íìncere, 8c un effet de la force de la vérité, 8c unepreuve que tous les plus grans efforts qu’il eut faits pourcomprendre l’union de la matérialité d'une substance avec lapeniée avoient été inutiles. Or qu’un si grand esprit avoue ladette , n’est-il pas probable que jamais personne n’a oié lé
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ment de les parties. Mais c’est là-dessus principalement que je glorifier’d’avoir compris une telle union ? Ceci scroit trop va-voudrois l’accutér de n’avoir iu ce qu’il disoit. II n’entendoit gué, si je n’y ajoûtois rien. Disons donc que la question, si
lame de l’homine est distincte de la matière, est entree dansla fameuse Dispute du Docteur Stillingfleet (54;, 8c.de Mon-sieur Locke. Le premier a soutenu que la matière est inca-pable de penser, 8c s’est rendu par là le défenseur d’un articlefondamental de l’Orthodoxie Philosophique. II s’est lérvi en-tre autres raisons de celle-ci, qu on ne saurait concevoir com-ment la matière peut penser (55}. Monsieur Locke lui avouela vérité de ce principe, 8c se contente d’én nier la consé-
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pas simplement par vie,respirer,manger, marcher: il enten-doit toutes les opérations de l’homme, 1 action des cinq sensexternes, l’imagination , 1 a réflexion , 1 e raisonnement, & c. Jesoutiens que l’on supose ce qui a été jusques ici inconcevableà tous les hommes,si l’on supose que le seul arrangement desorganes du corps humain fait qu’une substance qui n’a voit ja-mais pensé devient pensante. Tout ce que peut faire l’arran-gement de ces organes se réduit comme dans l’horloge à un
mouvement local diversement modifié. La ditérence ne peut quence; car il prétend que Dieu peut faire des choses qui font /,
être que du plus au moins. Mais comme l’arrangement des -’—1 1-<• ’-o. j --
diverses roues qui composent une horloge ne serviroit de rienpour produire les effets de cette machine, ii chaque roue, a-vant que d’être placée d’une certaine façon, n’avoit actuelle-ment une étendue impénétrable, cause nécessaire de mouve-ment dès qu’on est poussé avec un certain dégré de force ; jedis auffi que l’arrangement des organes du corps de l’hommene serviroit de rien pour produire la pensée, fi chaque organeavant que d’être mis à fa place n’avoit actuellement le don depenser. Or ce don est autre chose que Fctendue impénétra-ble , car tout ce que vous pouvez faire dans cette étendue enla tiraillant, en la frapant, en la poussant de tous les sens ima-ginables, est un changement de situation, dont vous conce-vez pleinement toute la -nature & toute Fessence , fans a-voir besoin d’y su poser aucun sentiment, 8c lors mêmeque vous niez qu’il y ait là aucun sentiment. II y a eu degrans génies , qui se font montrez un peu trop tardifs deexur à croire sur la distinction de Famé de l’homme d’avec1e corps; mais personne que je sache n’a osé dire jusqu’ici,qu'il concevoir clairement, qu’afín de faire passer une subs-tance dc la privation de toute pensée à la pensée actuelle ,il sufisoit d - h mouvoir (5 i’t , ensorte que ce changementde situation étoit par exemple un sentiment de joie , uneaffiliation, une idée de vertu morale, &c, 8c quand mê-me quelques - pns se vanteroient de concevoir cela claire-ment , ils ne mériteroient point d’être crus , il faudroit leuralléguer un Passage d’Aristote que je cite en un autre en-droit f çi\ Quelle absurdité ne seroit-ce pas que de sou-tenir qu’il y a deux especes de couleur , lune qui est Fob-jet de la vue, 8c rien plus; l’autre qui est l’objet de la vue,
8c de l’odorat aussi ? II est encore plus absurde de soutenir"qu’il y a deux especes de rondeur , Fune qui consiste sim-plement en ce que les parties de la circonférence d’un corpsfont également éloignées du centre , l’autre qui avec celaest un acte par lequel le corps rond sent qu’il existe, 8c qu’il
voit autour de lui plu' : curs autres corps. La même nbfur- _ ,_ _ _ ...
dite‘se rencontre à soutenir qu’il y a deux sortes de mou- tendre que puis que lame de l’homme pense, elle est imma- (f,
vement circulaire, Fune qui n'est autre chose que le clvan- térielle, c’est à mon avis bien raisonner, 8c c’est d’aiileurs ‘ffsl*
gement de situation fur une ligne dont les parties font éga- établir un fondement très-solide de Fimmortalité de notre
lement éloignées du centre, l’autre qui avec cela est un ame, dogme qui doit être considéré comme l’un des plus
importans articles de bonne Philosophie; mais cette vérité,entant quelle est apuiée fur un tel princ pe, n’apartient pointaux fideles, ni à la Théologie du Chrétien. Un ThéologienChrétien , tout Chrétien en général entant que Chrétien »croit Fimmortalité de Famé, le Paradis, 8cFEnfer, 8cc,par-ce que ce font des véritez que Dieu nous a révélées. C’est àcet égard feulement que fa foi est un bon acte de Religion,un acte méritoire (61), agréable à Dieu, un état d’enfantde Dieu , & de Disciple de Jefus-Christ; 8c ceux qui croi-raient Fimmortalité de lame à cause seulement des idées phi-losophiques que la raison leur fournirait, ne seraient pas plusavancez dans le Roiaume de Dieu, que ceux qui croient que
incompréhensibles à l’entenJement humain, 8c qu’ainli de ceque Fhomme ne sautoir comprendre qu’une portion de ma-tière devienne perdante, il ne s’ensuit pas que Dieu, qui esttout-puissant > ne puijfe donner, s’il veut , quelques degrez desentiment, de perception , or de pensée, à certains amas de ma-tière créée , jointe ensemble , comme il le trouve à propos ... (56).
Toutes les discutiez qu on forme, dit-il (57), contre la pojsibi-lité qu’il y a que la Matière pense, tirées de notre ignorance oudes bornes étroites de notre conception, ne touchent en aucunemaniéré la puissance de Dieu, s’il veut communiquer à la Ma-tière la faculté de penser, or elles ne prouvent pas qu'il ne l’aìtpoint aélucllement communiquée à certaines parties de matièredisposées comme il le trouve à propos , iusqu'à ce qu on puijfemontrer qu’il y a de la contradiílion à supposer une telle chose.
Voilà un aveu formel de l’incompréhensibiiité de la chose,
8c un recours à retendue de la puissance de Dieu fur deseffets qui font au delà des bornes de notre esprit. C’est ainsià-peu près que les Scholastiques suposent dans les créaturesune puissance obédientielle ,qui fait que Dieu les élèverait, s’ilvouloir, à toutes fortes d’états : une pierre deviendrait capa- /sble de la vision béatifique, une goûte d’eau deviendrait capa- i‘ S f, °--ble d’éfacer toute la souillure du péché originel. Notez quepour réfuter cette puissance obédientielle de la matière > parraport à la connoislànce, on se peut servir d’une preuve qu’ilne paraît point (58) que le Docteur Stillingfleet ait emploiée.
Elle m’a toujours semblé très-propre à montrer Fimpossibilitéde joindre ensemble dans un même sujet les trois dimen-sions, 8c la pensée. Vous trouverez le précis de cette preu-ve dans le Livre que je cite ( 59) : un Théologien fort pas-sionné contre Mr. FAbbé de Dangeau, qui s’étoit servi decet Argument, le critiqua le mieux qu’il lui fut possible, 8cne débita que des pauvretez (60).
Prenez bien garde à l’expression d 'Orthodoxie Philosophi-que , dont je me fuis servi ; car je ne prétens pas qu’à i égardde l’Orthodoxie Théologiqu?, Evangélique, Chrétienne, leDocteur Stillingfleet soit supérieur à Monsieur Locke. Pré-
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acte d’amour de Dieu, une crainte, une espérance 8cc. Ceque j’ai dit de la rondeur par raport à la vision , se peutapiiquer à toutes sortes de figure par raport à toutes sortesde pensées; 8c ce que j’ai dit du mouvement circulaire n’a pasmoins de force à Fégard de toutes les autres lignes fur les-quelles un corps se peut mouvoir ou lentement ou vilement.Et ainsi l’on doit conclure que la pensée est distincte de tou-tes les modifications du corps qui soient venues à notre conois-lànce, puis qu’elle est distincte de toute figure, 8c de toutchangement de situation: mais netant point question de celaici, contentons nous de conclure que Dicearque pour raison-ner conséquemment devoit admettre la pensée, dans toutessortes de matière ; car fans cela il étoit absurde de prétendreque pourvu qu’on mît quelques veines, quelques artères,8cc, les unes auprès des autres comme les diférentes piecesd’une machine, on produirait le sentiment de couleur, desaveur, de son, d’odeur, de froid, de chaud, Famour, lahaine, l’aíurmation, la négation, 8cc. Volez la marge (53).
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8c Théologique qu’on en peut avoir. Ce qu’il a dit !à-des-sus est admirable (6z). Je le citerái aparemment en quelqueautre endroit (63).
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DICEARQ^UE, Chef de la flote que Philippe penultieme Roi de Macedoine équipapour faire la guerre contre rout droit & raison aux Iles Cyclades, commença cette mauvaise en-treprise par une action rour-à-fait abominable ; car , comme s’il eût voulu faire peur en rnêm etems aux Dieux êc aux hommes, il ne se vit pas plutôt en état de faire voile, qu’il fit slreffefdeux autels , l’un à lTmpiété , l’autre à l’fnjufHce , lur lesquels il célébra tout le Service Di ' 1(1ni plus ni moins que s’il eût voulu rendre ícs hommages à ces deux crimes tout de même qu’à des