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Tome second. C - I.
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DIOSCORIDE. DIOSCURIAS. DOLABELLA.

-99

tr «lH, ma J Jcfttoient ( 17 ). Les Païens ne pourroient pas rétorquer cet-£'"*» ^í r - e Kemar que fur le Christianisme, fous prétexte qu’on y re-' fonrmande de captiver son entendement sous l’obéïflance de

«íoi, & qu’on y dit que la foi se définit mieux par l’igno-tance que par la conoislance ; 8c qu’il faut se conduire nonpar la voie de 1 examen, mais par la voie de l’autorité, Scadorer les mystères, fans les comprendre: cette rétorsion,® S ‘J e , seroit injuste. si on la faisoit sur le Christianisme en

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général, puis que les Communions Protestantes ne rejettentPoint la voie de l’éxamen, 8c ne craignent pas comme leaietre de Marseille, que les objets de leur foi se manifestent.On a vu dans la Remarque précédente les Maximes desHiit nouveaux Mystiques; mais il faut observer ici qu’ils preten-

^ c 'i*rcD t ; s non n °Ss‘ Deos - Non iilum mita popttli propiore fréquentant

, dtmìnuyn * <H,n Phesbusin exe ejf , -XM axtu-m nox Air o. unit, pavet ipfe facerdos

m 1 *oUmct deprtndtre luci. Lucanus, Pharfal. Libr. III, Vers. 411,

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dent quelles font aussi anciennes que la Théologie Mystique ;car ils citent ces paroles de Saint Denys, „ (18) Pour vous„ mon cher Timothée appliquer vous sérieusement aux con-,, templations mystiques, abandonnez vos sens,les opérations„ de votre esprit, tous les objets sensibles 8c intelligibles, 8t,, généralement toutes choses qui font, 8c qui ne font pas,„ a fin que vous votis éleviez, autant que l’homme le peut,,, 8c que vous vous unissiez d’une maniéré inconnue 8c inex-„ primable, à celui qui est au dessus de tout être 8c de toute„ connoissance ”, Notez qu’il y a des Philosophes qui trou-vent que ce que les Quìetistes disent de la fausseté des No-tions fous lesquelles on se représente ordinairement la Divi-nité, est fort raisonnable, 8c que les images, dont les-Ecri-vains Sacrez se font servis pour nous la faire connoitre, ontbesoin d être rectifiées. Voiez ce que je citerai de Charrondans l’une des Remarques de l'Article Simonide (19).

frí) Mol?-nos, lntrod»à la Guidaspirít. tmn 7.14. cité parLa Bruyère»DialogueVUI,p 4 £.

Z! 6.

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(O).

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IX.

1^:

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, DIOSCURIAS, ville de la Colchide. Elle çtoit íî marchande, que trois cens nations ,Q°nt les unes n’entendoient point la Langue des autres, y trafiquoient (A) ; & que les négociansde Rome y entretenoient 130 Interprètes. Pline, qui allure cela fur la foi de Timosthenes,remarque que de son tems cette ville étoit déserté (a). Mais Ammien Marcel lin témoigne quej tems ellé faisoit encore figure (b). Les uns en attribuoient la fondation à Castor Sc à Poî-r Ux , les autres aux deux cochers de ces deux Héros (B). Arrien témoin oculaire assure qu’el-9 , s ’ a pelloit alors Sebastopolis, & qu’elle étoit une colonie des Mile tiens à 2,160 stades deLrapezunte (c ).

(-Í) Trois cens Nattons .... y trafiquoient. ] Strabon ra-P 0J te la même chose ( 1 ). II est vrai qu’il dit que quelquesauteurs au lieu de 300 Nations n’en mettoient que 70. IIattribue la multitude de tant de Langues à la maniéré fau-sse dont les peuples de ce païs-là vivoient; car n’aiantentre eux aucune société, chacun conservoit sa Langue ,tons aprendre celle du peuple voisin.

. ( B ) Les uns en attribuoient la fondation k Castor & k Pol-les autres aux deux cochers de ces deux Héros.'] La pré-

(0 In Tin-

plo PontiEuxiui.

miere opinion, qui est celle de Pompónius Mêla (1), estconfirmée par le nom que cette ville portoit. CependantPline (3) , Solin (4) , Ammien Marcellin (5) , 8cc. neparlent que des deux cochers. Pline les nomme Amphi-tus 8c Telchius : selon Strabon (6) ils s’apelloient Rheca 8tAmphistratus: mais Ammien Marcellin les nomme Amphi-tus 8c Cercius. Dans quelques Editions de Juslin (7) ilsfont nommez Frudius, & Amplststratus.

XXII, Cap. VIII, p. m. 3IJ. (s) Libr. XI, pag. 342. (7) Libr. XLII, Ct p. llt %

(2) Libr. t,Cap . j\IX.

(3) Libr. VI,Cap. V.

(4) Cap.

XV.

(s) Libr.

DOLABELLA (Publius Cornélius) gendre de Cicéron , s’attachá entièrementParti de Jules César. II se trouva à la bataille de Pharsele , à celle d’Afrique , & à celle de■Munda (A): il fut même blessé dans la derniere de ces trois batailles. Pendant son Tribunat duPeuple il causa mille désordres , ce qui afligeoit mortellement Cicéron (a). II vouloit établir des01X pour l’abolition des dettes ( B ) , afin de s’attirer l’affectìon de 1 a populace, £c de fe déli-Vrer lui-même de l’obligation de (atisfaire fes créanciers (b )mais il trouva de fortes opposi-ons. Mate Antoine, dont il avoit débauché la femme, fut le principal obstacle qu’il rencon-tra : desorte qu’on pourroit dire, que si cette femme avoit été vertueuse , la ville de Rome seroittombee dans une affreuse confusion , par la bonne intelligence qui auroit régné entre les deux pluspans perturbateurs du repos public qui fuílent alors en Italie. Tout a ses usages dans ce monde:Jcs galanteries de la femme de Marc Antoine rendirent un grand service à la patrie , elles furentcause ( c ) q U ’ii ren verfa tous les desseins d’un Tribun factieux (d). César étoit en Egypte pen-dant ces contestations. Son retour à Rome y remit le calme : il pardonna à Doîabella , & con-O es formes il l’éleva au Consulat quelques annees après ; car Doîabella n’avoit point encore l’â-pHse°d lpete n- t ’ ^ to'avoit point été Préteur (e). Marc Antoine s’opofa le plus qu’il put à laF ae poíleffion de ce Consulat ( C ) ; mais comme César fut tué peu de mois âpres cette nou-velle

{A) 11 Je trouva k la bataille de Pharfale, k celle d'Afri-que, w » celle de Manda.] Le Passage de Cicéron que j’a-porre en preuve servira à quelque autre chose. Quonammoilo tgitur Doîabella fervenit (in Hispaniam?) autnonfts-ciptenda fait ifla causa, Antoni, aut , cum fiujcepijses, àtfien-atnaa us que ad extremum. Ter depugnavit Ct far cum ctvtbus,

Ubll^-r A f nca ’ Hifpania, omnibus affuit his pugnis Do-beUa ; Htfipanienfi etiam vulnus accepit : fi de meo judicioquarts ,nollem : fied tamen confilium k primo reprehendendum ,au anda conftantia ( 1 ). Remarquez là deux choses, dont. ane E un tour de paffe-paffe de Rhétoricien , & l’autrene allez bonne Maxime. Cicéron ne pouvoit pas igno-er que Marc Antoine demeurant en Italie par les ordrese César avoit rendu autant de services au parti, que s’ilut accompagné César en Egypte, 8r au Roiaume du Pont.n ne pouvoit pas ignorer que la crainte du péril n’étoitpoint I un des detauts de Marc Antoine , 8c que d’autresDuons l’avoient empeche de suivre César en Afrique & enEspagne. Cependant, comme le séjour de Rome considè-re en gros dans de telles circonstances pouvoit recevoir unpéchant tour, la Rhétorique ne manqua pas d’en faire du"wit comme d’un acte de poltronnerie. On savoir que«en ne pouvoit choquer davantage un homme de guerreSue des insultes de cette nature , & on ne manqua pasU cinpaumer la chose de ce côté-la. Cui belle cum propteru miditatcm tuam tum propter libidines defiuistì. . . . Tarn bo-ìl us gladiator ruâem tatn cita acccptsti ? Hune igitur quisquam?«2 in fuis partibus, id est in fiuisfortunis tam tïmidus fuerit ,ÍJttmefcat (z) ? On n’oublia pas pour faire plus de dépitles éloges de Doîabella. Je voudrois que les Commentai-es . Estent sentir ces tours de Rhétoricien.s A B ) Il vouloit établir des Loix pour ïabolition des dettes.]don * Pclloit cela novas tab:das. Voici l’explication qu’enlex r j n savant Critique : Sunt tabula nova nthil ahud quamte ■ ' 1,1 decretum cotnmuni confenfiu faSlum ,quo civitate per al-tns ^. art,s altimam pauperiem, z? ex ea feditionem , in extre-citnT nU ^°o 0r !^ ltata ’ nex,s a t que obaratìs , ad concoràiam fia-nce TA “ e ^’ ta tn univerfum remittuntur, ita ut hoc nemine(r\'\c’ ri r eorum j neque bona vinâla teneri queant (fi).

* XojÌî J ' ' ^ ^ eva m Consulat. . . . Marc Antoine

(a ) Voitt,t*Jlrtidc

Tum.

(b) Dio,Libr. XLII,pag. 22,.

(c) Flutarch.in Antonio,pag. SN 9 .

(d) Dio,Libr. XLII tpaji zi^isrsequent.

(<) Idem,pag, 22J.

s’opofia le plus qu il put k la prise de pojfejfion de ce Consulat.]Cicéron s’est étendu fur ce démêlé dans fa II Philippique ,8c a prétendu que l’on joua Doîabella. On le pouiîà à bri-guer le Consulat, on le lui fit espérer, 8c puis on le laissasuccomber aux opositions. César fut sauteur de cette su-percherie. Nihil queror de Doîabella qui tum est impulsas,induítus , elufus : qua in re qua fuerit uterque vestrum perfidiain Dolabellam quis ignorât ì llle (Caesar) induxit ut peteret :promisum zsr receptum intervertit ad seque transtulit ; tu eittsperfidia voluntatem tuam adjcripfiisti (4). Cicéron ajouteque le Sénat aiant été convoqué le prémier jour de Jan-vier ( 5 ) , Doîabella fit un Discours sanglant contre MarcAntoine (6), 8c que celui-ci s’emporta furieusement con-tre Doîabella. César avoit déclaré , qu’en partant pour sagrande expédition contre les Parthes, il mettroit à fa placeDoîabella dans le Consulat. Marc Antoine étoit alors leCollègue de César dans cette charge ; 8c comme il ne vou-loit point avoir Doîabella pour Collègue , st déclara qu’ilétoit Augure, 8c qu’il fauroit faire valoir cette dignité pourempêcher que sélection de Doîabella ne se fît, ou ne fûtvalable. Cum Cafiar osttndififiet fie priusquam proficificeretur Do-labellam Confiulem effe jufiurum .... tum hic bonus augur eofie fiacerdotio praditum ese dixit, ut comitia aufipiciis vel impe-dire vel vitiare poses : idque fie faSlurum effe affeverayit ( 7 ).Le jour de sélection étant venu, les suffrages tombèrent furDoîabella. Là-dessus Marc Antoine,qui n avoit dit mot pen-dant que sélection s’étoit faite , dit tout haut qu il faloit re-mettre l’Assemblée à un autre jour. II dit cela comme Augu-re, 8c ne désista point de cette dénonciation jusques après lamort de César. Alors il fut de fou intérêt de reconoitre quesélection de Doîabella étoit légitime, 8c il se réconcilia aveclui (8). Plutarque (9) raconte en moins de paroles que Cicé-ron , comment César aiant déclaré au Sénat qu’il vouloir cé-der fa charge de Consul à Doîabella, fut contraint de ren-voier cette affaire à une autre fois, à cause des opositionsviolentes de Marc Antoine,qui dit mille injures à Doîabella,8c n en reçut pas moins de lui. César quelque tems après vou-lut procéder à fa démission en faveur de Doîabella, 8c futcontraint de désister, a cause que Marc Antoine lui alléguaque les auspices étoient contraires. Doîabella sc volant aban-P p a donné

(4) Cicero,Philjpp. 11,Cap.XXXlU

(s) -E» 710

de T\«me,

(6) ZfiveSíttSejî coptofìíisTM1d.lt 0 in is~tum para*ttus DoUbelUcjuAin nuncc'io. Idem»d. C.

(7) Ciccrd,Philipp. II,d. Cap.XXXII.

(5) Collegâmtuttm depçfiiisinimicitiìs ,

obliluj attsphciorum à teipso populo%§mano nun -ci itorum , il!9

die , (c’est-à-dire ? jouisaprès Jamort deCésar, ro/-lezam tibì ejstvoluifli. Ci-cer*o, Phi-l-'pp.l, Cap ,XIII.

Í 9 ) Plut. iuAntonio,