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Tome second. C - I.
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tion de Gand (c) fit revenir dans leur patrie le pere & le fils. Ce dernier tenta la fortune du côtéde la Hollande, & y trouva bientôt une Proteiîion aux Langues Orientales y/). I endant qu ìen faifoit les fonctions à Leide, il longea à fe marier: il epouia en i f 8o une Demoifede de Gand,qui étoit plus qu’., demi convertie (C), & qui acheva de s instruire dans la Religion R Gormeedepuis son mariage. Les gages qu’on donnoit à Druíius cn Hollande n etant point pronomonnez aux besoins de fa famille, il fit entendre que si on lui ossoir ailleurs une meilleure conditioiill’accepteroit (e) Le Prince d’Orange, aiant su qu’il s’etoic en quelque soçon nus en vente auplus offrant Sc dernier enchériílcur, ta% J» Magilhats de

homme ne leur échapât point. 11 leur echapa pourtant s ils ie Lissèrent al ei cn ’ d ° ^

vocation lui avoir été adressée. C’étoic pour la charge de Proíesieur en Heta “

de Franeker. 11 y fut installé au mois de Jmn i T 8 s , & st cn remplit gloucutemcn^ utóiojusques à si mort qui arriva le iz de Février (/) 1616 (g). 11 est <*nai» Tsuï

d’Hébreu (D), Sc qu’il avoir aquis beaucoup de lumières fur les àqu.tez judaïques, o mìc Texte du Vieux Testament. ^Cela paroit par plusieurs Livres qu’.l a donnez au ^

Sa capacité à cet égard étoit si conue, qu’st eut ordre de tiavastlei lui cts matin , ^

pour cela par les Ltats Généraux (T). On avoit jette les yeux lur u p ' s

ion dc la B,blc cn Langue Flamande (S) mais il y tut des gens qu. “ fjst

lui faire donner talusion. II entretenoir un grand commerce dt

à il aprenoic par là que ses Ouvrages étoienc eltimez, qu on X i j . . p c ^ [cz

pour Put,lité publique. 11 avoit besoin de cette consolation (b) > “V

plusieurs ennemis qui lui fufcitoient mille traverses (i) , & qui dcçhuoient ^ uu _

(C) lì épousa . . . sâ Utmùiselle dt Gand, qut étoit («)í l »t qu'à demi convertie. ] Elle s’apelloit Marie vander Va-r ent: elle aima mieux renoncer à son patrimoine & a la pa-trie qu’à fa Religion, & fut extrêmement clrarrtable aux pau-vres. T e pense^qu’elle mourut lan 1599 ( O-, Uac cum mi'iandriâ virgo ,gustnm melioris pitriorisquc doitnna perceptjjet,conjux in Hollanditi ita in illa confirmata est , ut citius bonisluculentijstmis prïvari, deque civitate Z? patrid, quam de Jen-tentia sua dimovtri potuerit. Prater alia , hoc de fila referunt ,quod inexhaufta in Pauperes fuerit benignïtatïs , qui unammt

consona voce Franekerœ cìamitant , cum e]us mentio imiáit :

Etat illa parens Sc mater unica egestatìs, omnìsque adverirta-tis solamerr (6). II vint trois enfans de ce Mariage - , une fil-le , qui naquit à Leide le zz de Mars iç8z, <k fut mariéel’an 1604 avec Abeì Curiander, qui a publié la Vie de sonbeau-pere (7): une autre fille, qui naquit à Franeker le 1d Avril 1587 , & fut mariée le 19 dc Mai 1608 à AbrahamValkìus; ôt un fils, qui naquit le z 6 de Juin 1588. J’en par-lerai ci-deffous. La seconde fille mourut à Gand le 1 z deNovembre 1611 -. elle y étoit allée pour quelques affaires.

Un Prêtre la sachant malade à l’extrémité fut la trouver pour1 ouïr en Confession, & pour lui administrer les saintes hui-les, elle le renvoia, & son mati le pensa battre. Ce ne futqu’avec mille dépenses & mille périls que l’on transporta en■Zelande le cadavre de la défunte ; car on ne parloir à Gandque de le jetter dans la voirie (8).

§ («) II saloir dire, plus d'à demi convertie. Mr. De laMonnoye parle de la forte, & de même le Père Dorléans,dans ses Révolutions d - Angleterre. Rem. Cri tici,

(U) Il est certain qu d savott beaucoup d’Hébreu .1 Pourfaire voir que je parle fans hyperbole , j e citerai un Auteurqui ne peut pas être suspect. „ Druíius qssi tient le septième„ rang parmi ces Critiques (9), doit être préféré à tous les„ antres, selon mon avis; car outre qu’il étoit savant dans la„ Langue Hébraïque, & qu’il pouvoir consulter lui-même„ les Livres des Juifs,il avoit lu exactement les anciens Tra-„ ducteurs Grecs ; dc forte qu’il s’étoit formé une meilleure„ idée de la Langue sainte, que les autres Critiques, qm ne„ fe sont appliquez qu’à la lecture des Rabbins. A quoi 1 on,, peut ajoûter, qu’il avoit aussi lu les Ouvrages de Saint Je-„ rôme, 8 c de quelques autres Peres. En un mot, Drufius„ est le plus savant ík le plus judicieux fie tous les Critiques,

» qui sont dans ce Recueil ( 10)

(S) il a donné plusteurs Livres au public. J Ceux qui au-ront fa Vie y trouveront une Liste exacte de tout ce qu’ilpublia, & de tout ce qu’il destina au public: ceux qui nel’auront pas feront bien de consulter Meursius (11). Onfe peut considérer sans étonnement le travail de ce savantPersonnage : il avoit revu, corrigé, fk augmenté avant fapiort tous les Livres qu’il avoit donnez au public (rz), &il avoit composé plusieurs autres nouveaux Traitez, & pré-paré plusieurs Additions pour des Ouvrages qui venoientd’une autre main , lesquelles eussent été plus considérables

(f) C’estfialan le vuhx

si} U.

(?) Tiré défa Vie , c»m*pofee parAbel Cu-riimocr sonOindre*

(h) Votez. íà\cmnrqtte(AI J.

j 1 estent

cum additamentis istis , à Drusto potius quam ab Authorlbmnomen traíluri esfent ( IZ)-

(.F) il eut ordre de travailler^. . ... qr il f ut p a ié

V.f) jf. A - - — .v. j-JiUX V.V’... 1. 1 ^.

»»"/- ^ Uc . Ces Ouvrages meures. Sequuntur libri à D. Drupo quam-

W L- plurimis additamentis autìi, adeo quoque ut fi recudendi effent: :a: - - T '-- c - ■

>i, a, *ibo-

Jh f*%* ** } i

l J * ctti s nte'- * / — -. , st-' ** paie . . *

t** at *t &uc- es Etats Généraux.^ Les Ltats Généraux le chargèrent, 'and Cl1 ' 1 an 1600 de faire des Notes fur les endroits les plus difficiles

rî ! if ? U Vieux Testament, & lui promirent une pension de qua-

io lu * " -

S > »7.

. , -qua-

annees. Ils écrivirent une

ÍÏVí».

• -vua i drainent, tx mi

tr c~cens frans par an pour quelques -

Lettre aux Etats de la Province de Frise le 18 de Mai 1601,Pour E S prier de dispenser Drufìus de tous les travaux qui fe-r pient capables de retarder celui-là: In quìbus (Literìs) huma-■ n >JÌ>me petunt Drufius ut omnibus istis onenbus V mcommodiseximatur, qu& otus illud Reipub. Christian* maxime profutu-' â moào impedire postent ( l 4 )- Cette Lettre aiant«e lue, ses Députez des Etats de Frise déchargèrent Drufius«e toutes fonctions Académiques, lui permirent de mettre

un autre à fa place pour les Leçons ordinaires, & lui parè-rent un Copiste. II demanda son congé lan .1603 ; mais onle lui refuse entre autres raisons, parce que se renommée atti-roit beaucoup d’etrangers à l’Académie de Franeker (r;). 11travailla lur la Genese, sur l’Exode, sur le Lévitique, fur lesXVIII premiers chapitres des Nombres , ôt en particulier furles endroits les plus difficiles du Pentateuque, du Livre deJofué, du Livre des Juges, & des Livres de Samuel: ri ytravailla, dis-je, pour éxécuter les ordres des Etats Géné-raux ; mais il ne put faire rien imprimer de tout cela, ík stfut souvent troublé dans 1 exécution de ces ordres (16).

( G ) On avoit jette les yeux fur lui pour une nouvelle Ver-fion de la Bible en Langue Flamande. ] Les Députez desEtats de Frise (17) lui expédièrent en 1596 la commissionde travailler à cela, avec le Sieur de Sainte Aldegonde, 8 cavec quelques autres. Plusieurs favans hommes le jugeanttrès-propre à ce travail, 1c recommandèrent fortement auxPuissances ( r 8). II est bon de voir ce que le Sieur de Ste.Aldegonde lui en écrivit lan 1594 (19) : De Bibliorum ver-. stone , qu* est , quam ad Ordines Belgii commémoras sententia,etfi video te gravibus commotum rationibus , non postum tamenajfentiri. Ego enim nostram hanc , qu* vulgo manibus teriturverfionem eiusmodt este exïfiimo, qu* plane novas lucubrationes,novumque penitus opus requirat. Inter omnes autem omniumverstones ego ingenub fatebor, mihi visam este nullarn tanto ab-effe ab Ebraica veritate intervalle , atque fit Lutheri verjio equa manavit nostra .- ex vìtìosa Germanica fatïa vitiostor Bel-gico-Teutonica. De quo fi nobis liceat tstiquando famïliariterconferre, pro herm*o duxerím. Id vero vehementer doleo , ple-rosque nostros hommes in me videri oculos defixiste, qui satis in^telligam quanta mihi. Itaque velim Ecclefias noftras, quod egomultis etiam fùast , in te respicere , tibique hanc demandare pro-vinciam. Idque st id tibi non ingratum fore intclligam , ero il -lisauthor quantum pot ero, etfi video nihil ium eos certi fta-’titiste. De quo fi tuum mihi anïmum aperueris, fades gratum.Ce Passage est désobligeant pour la Version de Luther, ôtencore plus pour celle dont les Eglises du Païs-Bas fe lei-voient en ce tems-là. Mr. Simon n’auroit su en dire plusà mal (20 h Je vois dans les Lettres des Arminiens (zi ),qu Arminius & Uytenbogard reeommandoient Druíius tantpour 1a commission qui lui fut expédiée par les Etats Géné-raux l’an 1600 , que pour celle de la nouvelle Version ;mais leurs offices lui furent sens doute préjudiciables euégard à cette derniere affaire. On crut apparemment quepuis qu’ìls l’y jugeoient propre, il n’y étoit pas propre. Quoiqu’il en soit, j’ai lu dans ces Lettres (zz), que l’un des Sy-nodes de Hollande fit un Acte par lequel il fut exclus, nonfeulement de la Traduction, mais aussi de la Revision de cequi feroit traduit.

(H) Il entretenait un grand commerce de Lettres avec les Sd-vans.] Outre les Lettres qu’il avoit reçues en Hébreu ,en Grec, en François, en Anglois, & en Flaman, il enavoit reçu 2300 de Latines, qui furent trouvées parmi sespapiers (23).

(I) Plusieurs ennemis . . - lui fufeitoient mille traverses.]L’Acte Synodal, dont j’ai parlé concernant la Traductionde la Bible, n& fut fiait qu’afin de donner l’exdulìon à Dru-fius (24). II marqua de fa propre'main à la fin de sonCommentaire sur la Genese , qu on le traversoit furieuse-ment dans l’éxécution des ordres que les Etats Générauxlui avoient donnez: voici ses paroles. Abfoluta fuit h*c inGenefin cotnmentatio undecimo Aprilis stilo veteri anno Chrifiiï 6 oz,quam aggrestus eram biennio ante auspiciis illuftrinm Or-dìnum Generalìum Provindarum Fcederatarum , procurandbushoc negotium Johanne Wtenbogardo, Jacobo Arminio, JacoboEafelio, aliisque verbi divïni Praconibus , non tam facundisquam dottis ac piis,veritatisque ac folid* doôlrin* ftudìofiíftmis .Deits illis c r mihi largiatur', Mis pr&mium quale merentur,mihi otium zjy bonam valetudìnem, ut pofstm in c&teros librosJimilia prastare.Quod futurum puto ex us * Ecclefi* Orthodoxe,

Rr 3 quam

fis) Cu-

ríandei:, inViìa Diuíii,-png. 14.

( i6 ) idem ,t a 2 - -1> -4»

f r 7 ) C’est unCorps <]v.i rt-pré{vnti lesEbats de laProvince ,penditnt cjtfiline font pasassemblez**

(18) Cu-rhuder, inVita DeuIìì*

pag. 12.

(19) Ibidem j

-Z.

(20) Votez,ci-dessus lac B^marcj. (A)de Partiel»A M A M A*

(21) Voiez*les LettresXLVIs,XLVilï tXElX »

/./, Edit*in folio,

(zz) Dansla LíLl*

(zì) Cu-riander, inVita DrufiÊP a £* II.

(24) Tu qui-dem illias so-liists excluden-di causa de-creium fac-tura ejfe pru- tdenter anim-advertebas yfed juvemsvigintt anno- lrum hoc ex.ore Rogg’iaperu ejiproltfus, ig-nantis pro -■ uldtihio qti9loco Drufiusapudrne effet4Arminiusad Uyceii-hogarduinEpiíh LUÎpr.ríh acerudiror.Viiorum /