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Tome second. C - I.
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D R U S I U S.

(z$y cu-riandex, inVita Dmûi,

(26) Pa%. 25 ,L 7 .

(27) Drusius,í'f» Libro deHasidxis,p&g. 11 1 ApuiCuriandr.pag. 21 .

<2î) In Te-tragramma-

tO , pafr 8 1 »

Cu-

xiandr. ibìd»

(29) Hac &éXÌA qua boclibro conti-nents ut&in aIììs omni-bus k me un -«juarn editistut edendisJubjieio libensEcclefít Ca-tholicA judi-tio , k cujusr 0 o fenfu fidijfienti* nontro pertinax ,C’est ainíìqu’ii parledans la Pré-face de fouEnoch , apudCnria.nd.rum ,pag. 22 .

(30) In Li-bro Prxteri-torum, pag.454 , tp 11 *iumd . pag 922 .

(31) Scalï-ger fie trom-pe: Drusiusquitta, Lou -vain en 7567,k Page de 17«err§; dr

ce tems-Ik il n'y re-vint que pourquelques moisan commence-ment de 15767«eía efi clairpar fia Vie.

(32) Ce n*eûtpas été unafìdelía duosparictesdealbace,

mais detur-P»re 8c con-

fpurcaic.

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puration. Soit par modestie, soit par exemption de préjugez , il étoit plus rélervé que biend’autres à condamner £c à louer : cela fit qu’on le décria comme un mauvais Protestant ( ^ )•Ce qu’il répondoit mérite qu’on y faste réfléxion (L) , Sc n’empêchoit pas qu’il ne gémîtfous le poids de fa destinée (M). Son fils feroit devenu un proaige d’érudition , s’il avoitvécu long-tems (N). Scaliger en a dit du bien j Scaliger, dis-je, qui bailleurs a été fort

médi-

qttam amo ac veneror, ut contra, od't Ecclefiam errantium &imperitorum , quorum Mi familiam ducunt qui me in hoc opérénon femel turbarunt. Deus Mis condonet, cui laus C? gloria inavum (25). La patience lui échapa enfin: il écrivit quel-que chose contre ses persécuteurs; (car je ne doute pas qu ilne les apellât ainsi : ) je n’ai point vu ce que c’est;, je concisseulement cela pour avoir lu dans fa Vie (26) une Citationque l’on va voir. J. Drujii ad Abelum Curiandrum generumfuum Epistola , in qua agitur de vehementia qua usus fuit inEpistola sua ad Fratres Belgas. Item Spéculum Theologorummisologorum ex Erasmo.

(K) ll étoit réservé à condamner & a louer: cela fit qu onle décria comme un mauvais Protestant, j Ce n’étoit pas unhomme qui dans les matières de Théologie prononçât ma-gistralement , cela est hérétique : ceci est orthodoxe. Il ne semêloit que de Grammaire, 8c il déclaroit souvent, qu encas qu’il fût dans Terreur, il étoit du moins éxemt d Here-ste , vu qu’il n’étoit pas opiniâtre , mais prêt à se rendreà un bon avis, 8c qu’il soumettoit tous ses Ouvrages 8c fapersonne an jugement de l’Eglise Catholique. Ternis meascientia versatur tota circa Grammaticam o 4 Hiftoriam ( v. sa-crum.) Dogmata fidei aliis me doùlìoribus trattanda relinquo ...Pertinacia facit hareticum, non jìmplex error, nam humanumtst errare, humant autem à me nihil alienum scio. Monitusnon ero pertinax, nec unquam fui. Olim profejfus sum quodnunc iterum repeto,me mea omniasubjieere judicioEcclefia[i~]).En un autre endroit ( 28 ) voici comme il parle : Non sumTheologus : an Grammatici nomen, quod alìquando mihi pro-brose objeâlum, tueri po(stm nesc'w. Arnici quos nosti negant ,ego non contradico. Quid igitur es, inquies; Chnstianus sumçu/íctÁyHìs sum, qui scribendo proficio, & proficiendo scribo.Je n’ajoûte plus que ces paroles: Quod superest, scripfi hacanima juvandi, non ledendt. Si lafi quempiam jam nunc poe-nitet. Si ostendi pias aures, monitus libenter mutabo. Si erra-vì uspiam , monstretur mihi error : Non ero pertinax. Deniqueprovoco ad judìcium Ecclej-.a Catholica, cui me meaque omniasubjicio (29), cujus reElo fenfu dijfentire neque volo neque de-beo. Sic mihi Deus faciat, fie addat ( zo). Ce langage neplaît point aux Zélateurs ; ils y trouvent le caractère duPyrrhonisme; ils veulent qu’on soit plus décisif & plus ré-solu que Bartole ; ils veulent qu’on fasse comme eux, c’est-à-dire , qu’on embrasse fermement une opinion , & queTon anathématise Tautre. Ils ne fauroient comprendre qu’onpuisse être dune Religion , lors qu’on garde tout son sensfroid en la comparant avec d’autres, & un grand fond d’é-quité pour les Sectateurs de T Hérésie. Drusius n’étoit doncpas propre à manquer de dangereux ennemis. Et cettePhrase quoi : Je soumets au jugement de ïEglise Catholiquee?" ma personne e/ tous mes Ecrits, n’est-elle pas du style dela Cour de Rome ? Si cela donnoit prise sur lui aux Zéla-teurs , à quoi ne s’exposoit-il point par le refus de signer leFormulaire ? J’ai lu dans le Scaligerana qu’il ne souscrivit ja-mais à la Confession Belgique. Drufìus noluit unquam sub-scribere Consejfîon't nostra , CSX propterea illi mâle volunt fuiCollega. Drusius ne fait ce que c est de Religion : il n est pasde nostre Confejfionil a tousjours esté nourri à Louvain en-tre les Papistes (31). Serarìus avoit oui dire quelque chose dece qtìil navoit pas voulu figner nostre Confejfion. Ce refusétoit une marque qu’il n’aprouvoit pas tous les Articles dela Confession Belgique ; mais on n’en pouvoit point con-clure légitimement qu’il fût Papiste , ou qu’il ne crût TE-glile Belgique meilleure que les autres Communions. L’Au-teur de TEsprit de Mr. Arnauld ne savoir pas bien son Sca-ligerana ; car que n’eût-il point déclamé contre le pauvreMr. Colomiés, s’il avoit pu lui reprocher d’avoir alléguédans Ylcon Presbyterianorum le témoignage d’un hommequi refusa toujours de signer le Formulaire Belgique? Celalui eût donné lieu de satiriser en même tems & Drusius &Colomiés (32).

(L) ... Ce yuil répondoit mérite qu on y fajfe réfléxion. ]II représenta premièrement que son pere avoit perdu pres-que tout son bien pour la Religion Protestante. II dit en-suite , que quant à lui, jamais les avantages mondains n’a-voient pu lui être un motif de professer contre fa conscien-ce le Protestantisme ; il avoit fait ses études toujours auxdépens de son pere ; les gages qu’il avoit à Leide ne suffi-soient pas pour l’entretenir ; il n’auroit qu a se retirer enFlandre pour y jouir d’un bon revenu. Enfin, il remarqueque ceux qui crioient tant contre lui étoient des gens quis’enrichissoient à la Profession du Protestantisme , pendantqu’il s’y apauvrissoit. On peut voir encore aujourd’hui desesprits de cette trempe: la profession de TEglise Réforméeleur aporte un gros revenu franc & quitte de tout impôt ;une espece de Papauté , louanges, honneurs, flateries,soumissions basses du Peuple: ils perdroient tous ces avan-tages s’ils abandonnoient cette profession ; & ils ne cessentd accuser d’indifférence, & de persécuter furieusement sousce prétexte, plusieurs personnes à qui cette même professionest ruineuse selon le monde. Elle ne leur donne rien, &les prive de cent avantages qu’ils se procureroient en laquittant. Je remarque cela, asin qu’on voie combien les

siécles 8 c les Nations s’entre- ressemblent. On va voir sij’ai mal traduit le Latin de Drusius quant aux morceauxque j’en ai pris. Sparserunt de me rumorem vanistìmum , sum-nra est me alienum esse ab hac Religione. Quid dicam ! Pcflnatam calumniam non fuit unquam major calumnia. Egonealienus à religione , cujus causa pater meus p. m. amifit anno67. oílodecim milita florenorum ? Quum autem exularet Londi-ni una mecum, habebat penes se lìbras Flandricas , qua s majo-res votant, mille quingentas. Ex illis mille quadringentas im-pendit in causam publicam. Princeps Auriacus partem accepit,aliam Ordines Hollandu cr Zelandu, tertiam pauperes,qui re-ligionis ergo in Angliam confugerant. Centum qua rejlabantpofilïminio reversus retuli domum. Quod dico vero vérins est.Idem propriis sumptibus me aluit in studiis. A publico nihilunquam accepi. Quum Profestorem agerem Leida , fiipendiumerat tam parvum, ut coaâlus fuerim ex meo impendere quotan-nis trecentos , alìquando quadringentas. Habeo in Flandria re-dit us non pxnitendos quibus frui pojfem fi estem in patriâ.Qtuorstum ijta inquies ? Nempe ut scias vanum este quod amulimet sparserunt , qui omnes stmul tantam jaíluram non fecerunt,quantum ego solus stecï , quos hac religio divises , ut me paupe *>rem fecit , quem nunc contemnunt propterea , optinìi de tpfìsmeritum (33).

(M) ... c? n empêchait pas qu il ne gémit fous le poidsde fa destinée.'] Voici cc qu’il écrivoit dans la Lettre qu’onvient de citer : Jam nunc experior verum ejse illud : homo ho-mini Deus : se d e y alìi me docuerunt verum este, homo homintlupus. Per eos injeéîa rémora de qua scribis. . . . Tantamexperior hom 'mum ìngratitudìnem , ut propemodum in animafit édita proie Machabaorum pofihac quiescere. Ne faloit-il pasqu’un Auteur aussi fécond que celui-ci fût bien sensible auxpersécutions ausquelles il se voioit exposé , puis que sonchagrin lui faisoit naître T envie de condamner sa plume àune stérilité éternelle ? Encore un Passage qui nous apren-dra plusieurs belles Réflexions de Drusius (34). Turbonesnostri mine quiescunt , aut pudet eos prateritorum , aut expec-tant occajionem novam. Mihi quidem multìs de caufis quiesnon folum optatiffima efi , sted etiam necejfarìa. Sed fi hancperstonam Deus humana fabula choragus mihi imposuit, partesdelegatas oportet agam. In hac harena mihi video mortendumejse, nam ut viri ìfti quiescant nihil estspei. In eo totisunt u*me aut latronibus objieiant, aut mœrore confectum occi-dant. Sed hactenus gratià Dei, nec animum à suo propo-lito labefactare potuerunt, nec studiis meis ita multum de-trimenti attulere. Consolatur me prìmum conscientia reâle fac-totum , deindesavor dolïiorum bonorum virorum , quos hac-tenus aquìjfimos habui erga labores meos. Quod/par tim Literis ,partim donìs ac muneribus declararunt. . . . Quis unquam infole ambulavit absque umbra , quis infignem virtutem exerçaitfine invidiû ? quis bonas literas profejfus est cum aliquâ famâ,absque odìo Theologorum ? Capnio , Erasmus, Arias, Hierony-mus experti sunt. Hune poftremum Româ expulsum , cumBethlehemi in tuguriolo degeret, ne fie quidem latentem ejsu-git ìnvidia. Ex prìscis Sapientibus quidam interrogatus quidageret ? Nihil , inquit, nondum enim mihi ìnvidetur. Regttimest, cum benefeceris audire mâle, inquit ille. Et profeclo itaest, Induftriaparit virtutem, vìrtus gloriam,gloria invidiam,qui morbus foré peculiaris est us, qui alioqui pietatem proji-tentur , cum nihil fit alienius À vera pietate. Obrepit enim hacpestis pietatis imagine, dum videri vult vitiorum odium, acvirtutis zelus.

(N) Son fils feroit devenu un prodige, s’il avoit vécu long-tems.] J’ai déjà dit qu’il étoit né Tan 1588. II s’apelloitJean Drusius, comme son pere. II commença à cinqans d’aprendre la Langue Latine & THébreu : à sept ans ilexpliquoit le Psautier Hébreu si exactement, qu’un Juifqui enseignoit TArabe dans Leide ne put voir cela lansbeaucoup d’admiration. A neuf ans il savoir lire THébreufans pomts, & ajouter les points où il faloit selon les Réglésde la Grammaire, ce que les Rabins ne savent plus aujour-d’hui. II parloir aussi aisément en Latin qu’en sa Languematernelle : il se faisoit entendre en Anglois. A douze ansil écrivoit fur le champ en prose 8 c en vers à la maniérédes Hébreux. A dix-sept ans st harangua en Latin le Roide la Grand’ Bretagne au milieu de toute fa Cour, 8c futadmiré de la compagnie, II avoit Tesprit vif, 8 c le juge-ment solide, une grande mémoire, 8c une ardeur infatiga-ble pour Tétude: il étoit d’ailleurs de belle humeur, 8c lefaisoit fort aimer ; st avoit les inclinations nobles , 6c unepiété singulière. II mourut de la pierre à l’âge de vingt 8 cun ans en Angleterre, chez Guillaume Thomas Doien deCicester qui lui donnoit une fort bonne pension. II laisiadivers Ouvrages, plusieurs Lettres en Hébreu, des Versen la même Langue, 8c des Notes fur les Proverbes de Sa-lomon. 11 avoit commencé de mettre en Latin Tltinérai-re de Benjamin de Tudele, 8c la Chronique du secondTemple; 8c il avoit rangé selon l’Ordre Alphabétique &Nomenclator d’Elie Lévite, à quoi il ajouta les mots Grecsqui n’étoient pas dans la prémiere Edition (35). JosephScaliger a dit ( 36) que le fils de Drusius savoir plus d’Hébreuque son pere.

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