Band 
Tome second. C - I.
Seite
332
JPEG-Download
 

DURER.

(/) GiorgioVafari, Vitede PittoríParte terz.a ,fag. m. 300,

& seq.

{e) Idem,ibid.pag.301,

(f) Idem ,ibidem.

(g) Melch.Adam. VàPhilosoph.Gerrnan.

]>*&- 67.

(b) Bullart,Acad. desSciences,Tom. II,pag. 385.

(i) Votez.

/* Epitaphed* ^AlbertDurer dans

MelchiorAdam, VitxPhilos Ger-ini.tt.pag. 70.

( kj Idem,ibid. pag. 66,

„ 8c d’y mettre la marque de l’Autheur, afin de les faire passer pour les originaux. I I . Comme„ il n’a pas tant travaillé du princeau que du burin, on trouve peu de ses Peintures que dans les,, Palais de l’Empeieur, 8c de quelques Princes Souverains: elles font faites d’une maniéré si éle-,, gante, qu’on ne peut rien voir de plus beau, ny de mieux exprimé (C) Le détail qu’ontrouve dans le Vafari (d), fur les productions de son burin, est fort curieux ; 8c ce n’est pas un pe-tit éloge que l’aveu de cet Auteur Italien, que les Estampes d’Albert Durer portées en Italie exci-tèrent ìes Peintres de ce pais-là à perfectionner cette partie de l’Art, 8c leur servirent d’un beaumodele. 11 donne une infinité de louanges à la délicatesse de cet excellent Graveur, 8c à la fé-condité de fa belle imagination. 11 est certain qu’Albert Durer avoir un fond inépuisable de des-seins: 8c comme il ne pouvoir pas fe promettre de les éxécuter tous pendant qu’il travailleroit furle cuivre, car chaque Ouvrage de cette nature lui coûtoit beaucoup de tems, il s’avifa de travail-ler lur du bois ( e). Les deux prémiers Ouvrages qu’il fit de cette derniere maniéré sont une décol-lation de St. Jean Baptiste, 8c la tête du même Saint présentée dans un plat à Herode. 11s paru-rent l’an iyio (/). Son Saint Eustache est une de fes meilleures Pieces (D). Je ne fai si l’onpourroit facilement accorder ensemble ceux qui disent qu’Albert Durer étoit très-mal marié, 8cceux qui disent que pour peindre la Sainte Vierge il prit pour modele 8c pour son original le visa-ge de son épouse ( E). L’Empereur Maximilien l’aima, 8c le considéra très-particulierement, 8clui donna de bonnes pensions (g), 8c des Lettres de Noblesse, 8c pour armes trois écussons d’ar-gent en champ d’azur (h). Chavles-Quint 8c Ferdinand Roi de Hongrie son frere imitèrent cet-te bienveuillance , 8c cette libéralité de l’Empereur Maximilien (i). Cela n’empêche pas que l’onn’aitdit que ce grand Peintre mourut fort pauvre (F), & qu’il salut l’enterrer aux frais du public.Ce fut un homme dont la conversation étoit charmante (£)} il aimoit la joie 8c les divertissemens,mais d’une maniéré qui n’étoit point opofée aux bonnes moeurs. II fut vertueux 8c sage, 8c il

n’em-

(7) Vafari,Vite de Pit-tOïî, ParteIllypag. 301 .

(8) Bullart,Académ.des Scierie.Tom. U , pag.384, s*estdonc trompe ;car il a ditque le Sénatde Veniseeust rigou-ieuíe:nentpuny cefourbe, siAlbertmes men’eult procure sa grâ-ce.

(9) Buífart,Académ.desSciences,Tom. //,

3 « 4 -

(10) Là*

(t t) Vafari,Vite de Pït-torì, ParteIII , pag.

-sr.

(rr) Voitz.le Livre inti-tulé Selenia-n-a Augusta-lia, imprimé à Vlme.Ce que yentire est àla page rsi ,àans une Let-tre dat e dude Novem-bre HS46.

y (13) IbidcìHypag. Z03.

berto m tant a collera , cbe partitofi di Fiandra , fe ne tienne aVenetia, e ricorfo alla Signoria , Ji querelo di Marc Antonio,ma pero non ottenne altro, sc non che Marc Antonio non fa-cejfe pitt il nome, e ne il segno sopradetto d’Alberto nelle sueopéré (7). Voiez la marge (8).

(C) Ses Peintures font faites d'une maniéré ft élégante , . . .qu on ne peut rien voir de mieux exprimé. } Son Tableau d’A-dam & d’Eve est une de fes plus considérables Peintures : ilest au palais de Prague. Gaspar Velius le loua très-finement;car il fit deux Vers où il suposa qu'un Ange admirant cettereprésentation d’Adam & d’Eve s’écria, vous êtes plus beauxque lors que je vous chassai du jardin d’Eden.

Angélus hos cernens , mìratus dixit : ab hortoNon ita formofos vos ego depuleram.

Mr. Bullart» de qui j’emprunte ces choses (y), ajoûte (10).I. Qu’»» voit encore en ce mesme Palais du pinceau d’A l-b e r t un Christ portant fa Croix , dont la Ville de Nurem-berg fit présent à l’Empereur-, une adoration des Mages; zr deuxpieces de la Passion. II.Qu’/V fit peur un Monastère à Francfortune Assomption , dont la beauté valoit un bon revenu aux Re-ligieux par les libéralisez, qu on leur faifoit pour jouir d'une strare veue. III. Que ceux de Nuremberg conservent avec soindans la Sale des Sénateurs fes portraits dt Charlemagne , zr dequelques Empereurs de la Maison d'Auflriche ; avec les douzeApoftres, dont les Drapperies font fort agréables. IV. Qu’ilenvoia à Raphaël son portrait fait par foy-mesme fur toile,fans aucun coloris, ny trait de pinceau ; rehaujfé feulement d’om-bre zr de blanc; mais avec tant de force, zr de netteté, queRaphaël vid avec admiration ce rare ouvrage , qui estant pafiédepuis en la pojfejfion de fuie Romain, a esté placé parmy lesraretez du Palais de Mantoue.

( D ) Son Saint Eustache est une de fes meilleures Pieces. ]Volons ce que le Vafari en a dir. Et apprejfo un S. Eustachioinginocchiato dtnanzi al Cervo, che hà il Crecifijfo frà le corna,la quai caria e mirabile, e mastìmamente per la bellezza d’alcu-ni cani in varie attitudini; che nonpojfono ejferc pitt belli (n).Jean Valentin André Docteur en Théologie au Duché deWirtemberg envoia un Exemplaire de cet Ouvrage à unPrince de la Maison de Brunswic, avec lequel il eut l’hon-neur d’entretenir un long commerce de Lettres. Voici leRemercîment qu’on lui fit de ce présent. Beasii meiterumnovo munere, sculptura magis quàm aneá, infignis illìus pic-toris Norici,■ quod litera A. D. ad Bafin initiait incarceratâinnuit, cui facile nihil deefi’e crederetn , nifì ut Zeuxis aut Par-rhafius , aut alius aliquis, cui tquì prona favet Minerva, co-lores adderet , C? nativam formam (11). Raportons aussiles louanges que le même Docteur en Théologie donna àDurer en répondant à la Lettre de ce Prince. E.ustachmmDureri ,fi non à meâ, certe fummi artificis manu non ingratumTibi fore, facile divinare potui. in quo Viro illud mirandum est,quod ex rudi es 1 barbaro seculo primus Germanorum , non tan-tum artis fus. pers eâlione ,ad naturel imitationem emerfertt ,fednec fecundum poft fe reliquerit , omnibus ejus partibus , fcalptu-ra , sculptura, statuaria, architecîonica, opticà, fymmetriâ ,ey ftmilibus ita abfolutis, ut nifì Midi. Angelum Bonarotum,Italum , coavum ey átmulum fuum , parem, non habuerit, iisoperibus , (quorum maximum partem olim pojfedï) poft fe relic-tis , qua unìus hominis Atatem facile supèrent , er paupertate infrugali etiam vitâ, perpétua comité. Hune Itali hodie plurtmisaciunt , nobìsque fuccenfent, qui domestica nostra bona zv orna-menta non agnofeamus Í13). N’oublions pas le foin queprit TEmpereur Rodolphe II de faire dorer la planche dece Saint Eustache, & nous verrons en même tems que Du-rer y corrigea une faute dont Pirkheimer l’avoit averti ; c’estque les etriers du cheval étoient trop courts. Hurerianamanu Je apprime deleâíari crediderim, ce font les paroles de

Jean Valentin André ( 14), cttm pro accurato judìcio discernas,quantum hic unus omnibus aliis artificio, diligent ià, z? natu-rA Amulatione antecellat. Ex omnibus vero ejus fpeciminibusEustachium in CAlaturá primas tentre, à peritis rerum accepi,cujus cupream laminam cum Imperator Rudolphus II sel.mem. magno redemiffet , inaurari voluit, ne amplius atterert-tur. Memini tamen legijfe, à Bilibaldo Pirkheimero, Viro no-bili, zr in Repub. Nortbergenfi Triumviro clariffimo Dureri Me-cenate > ZV Nutricio prope unico, cum nihil haberet, quod inEuftachiana tabula improbaret, tamen notafi'e, Stapeaes bre-viores este, quàm ut Eustachius h ut c equo infidere commodepojfit, pœnamque artifici indixifie, ut equum instruÉlum depin-geret ,ad equìfonum institutum ,quod ille egregie prdstìtit ,qutn>fepé cum voluptate vidi.

{E) f e ne fai fi l’on pourroit accorder ceux qui disentqu Albert Durer étoit tres-mal marié, zr ceux qui disent quepour peindre la Ste. Vierge il prit pour son modele ... le visagede sa femme.} Je trouve le premier de ces deux faits dansune Lettre du Prince Antoine Ulric de Brunswic (15):Ffiuod addis, non folttm memorabile, fed zr admirabile fuijfe,infignem illum Pìctorem Noricum, (quem merit'o majuscule li-ter â hic veneror) desperato etiam illo, abortivoque tempore, adtantam perfeEîionem, zr artis sua excellentiam pervenire potuis-fe, id non minus zr me afficit, dum infuper illud memoriâ re-ptto, quod à Studiorum noflrorum Duâlore charisme, non itapridem mihi dittum, ipsum domi Xantippen habuisse peíîi-mam, ac divinae suae mentis flagellatricem acerrimam. Seduti Multos magnos Viros calamitas facit, ita non obflantehoc, fama de Durero nostro apud exteros nìhilominus adeo per-crebuit, ut plurtmi, Italorum cumprimis, duílum ipfius artifi-ciofiffimum fequi, impart tamen conatu zr fucceffu ,aufi fuerint,neque adhuedum erubefeant, aliorum piíluras camino propiusadmovere, fumofa quadam caligine, ut vetuftatem e'o meliusmentiantur, obducere, atque addito Dureri confueto figno nonrar'o fimplicioribus pro genuino ipfius artificio maie vendere.Vous voiez là notre Durer exposé à la même destinée queSocrate , à la persécution continuelle de son épouse, ce quine l’empécha point de produire des Ouvrages qui font encoreaujourd’hui l'admiration des Italiens. L’autre fait fe trou-ve dans une Lettre que le Docteur Jean Valentin Andréécrivit à ce meme Prince. De morofiore ejus Conjuge, nihilmihi prius auditum, hoc verb accepi ab artificibus defiderari »quod in effingenda Virgine Matre, cum puerulo Jefu, unafflluam uxorem , quA tamen minus elegantis zr forma zr vultttsfuerit ,subinie exprejferit, cum caterà Symmetrise humant cor-sons obfervantìfftmus fuerit. Ego tamen contrari-.im ipfe poste-di 1 CV maxima dolore meo in Calvenfi bufio perdidi, faciem fi-Deiparae, vivis coloribus, juftâ humani vultus magnitudinfdepicíam, quâ elegantius ,concinnius zr formofius excogitari ni-hil potuit, zr quam magno Are meo redemptam velim (16). LeDocteur ne réfute pas ce qu’il avoir entrepris de réfuter; carencore qu’il ait eu une très-belle Ste. Vierge faite par Durer,il ne s’enfuit pas que quelques autres portraits de la mêmeSainte n’aient eu les défauts dont on fe plaignoit, & dont ondonnoit pour cause la fantaisie qu’Albert Durer avoir eue àcreprésenter fa femme qui n’étoit rien moins que jolie.

(£j On ... a ... dit que ce grand Peintre mourut fort pau-vre. } Le Fioravanti a mis cela dans l’un de fes Livres, & »prétendu que la prodigalité fit tomber ce Peintre dans cetteinfortune. Notre Docteur l’a réfuté & voici comment (i 7 ) :Sed zr alia Viro egregìo exprobrantur, qua Noriberga constantespernegat, ex quibus est, quod Fioravanti in memorabilibus ce-sert, tam mate frugis Oeconomum fuisteut tot operum eon-fetlor, defunHus ex publico efferendus fuerit ,cùm mihi proba-tis documentis fit oftenfum,non contemnendam aris zr fuppeltef-tilis fiortem poft fe reliquijfe. Quod st ex pub'lico ipfi funus de-cretum, id virtutis potius precium, quàm infamias notam Se».populusque Noribergensts prudtntijf. haud dubio voluit.

(■'i- 1

<!■>,■£

(, 6V

,tt‘

iìh*'

•“ft,