Band 
Tome second. C - I.
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342
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EGIALE'E. EGINHART.

(o) Servius,ia /Eneid.Libr. VIII,Vers, 9.

(9) XkêiwJ'e YUtÇ* rSMxyv»J§'

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( 10 ) Stesïch.Schol,

Euripid. iaOreft,

(iì) Par-then.

XXVII .

(n) Ly-cophr, mCalìand.

K<rr/; 6ir.

(13) Inlliad. Libr.

V3 Vers. 412.

( 14 ) StaceSy!v. VLivr. Ill^metEgialée entretes Femmestrès-fìdeles àleurs Maris.

(ij) VolezMoxpr. deBoislleu sucl*ibis d’O-vìdc^ag. 72,cà il fupofeque cettefau-e est dansle Texte deDcaysimaiselle n*estqtfati Com-mentaire«í’Eustathius.

( 16) DansP ^ArticleDomitia ,

t %etnarq t {B).

(a) Vofíìus,de Histor.Eariu. pag*30 z.

(b) Le ComteKerman. deNuenar.

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se venger de Diomede (C), qui Pavoit blessée au bras devant Troie , inspira à son épouse uneardente lubricité (D) , qui la saisoit courir après tous les jeunes gens ; mais elle s’attacha princi-palement à un homme qu’elle trouva fous fa main , 6c qui étoit à toute heure à fa portée : il étoitfils de Sthenelus, 6c il s’appclloit Comètes. C’étoit à lui que Diomede avoit laissé l’intendance defa maison, 6c le foin de gouverner son Etat pendant son absence. On ne íàit pas s’il s’aqu tta biende cette charge : mais pour cette autre forte de vicariat qui ne lui avoit pas été commise, j’en-tens la lieutenance de mari, il s’en aquitta d’autant plus soigneusement qu’il la rempliíîoit par in-clination ; car Venus Pavoit rendu amoureux d’Egialée. Cette femme ne se contenta pas de dés-honorer son mari : elle attenta de plus fur fa vie dés qu’il fut de retour à Argos (£) , 6c il eutbien de la peine à éviter cet assassinat, en sc sauvant au Temple de Junon. II se retira peu aprèsen Italie. II y en a qui disent qu’il s’y retira tout droit (£), n’aiant point voulu retourner chezlui à cause qu’il avoit ouï parler de la mauvaise conduite de fa femme.

Ennodius fupose, I, qu’il se détermina à se rembarquer dès qu’il eut apris l’infidélité de senépouse, 6c à s’éloigner pour jamais d’un lieu où il ne pouvoit vivre fans déshonneur : II, qu’ensc plaignant de fa destinée il fit P éloge de la prémiere conduite de fa femme (F).

(C) Venus , four fe venger de Diomede. . . • ] Yoilà uneétrange forte de vengeance, & qui fait bien voir que lesPoëtes du Paganisme ont prostitué la gloire de Dieu a tou-tes sortes d’abominations ; car quoi dc plus injuste que depunir le péché d’un homme en pouffant íà femme à pécher ?Ils ont attribué cent tours de cette nature à Venus , com-me quand ils ont dit qu elle échauffa tellement le cœur deClio, que cette pauvre Muse fe laista faire un enfant. Voi-là ce que l’on gagnoit par ses sages remontrances ; car tou-te la faute de Clio avoit été de représenter à Venus le tortqu’elle fe saisoit en aimant Adonis (9). N’ont-ils pointdit (10) que Tyndare pere d’Helene eut le malheur d’a-voir des filles bigames, trigames , & defertrices de leursmaris, à cause qu’il avoit oublié Venus dans un sacrificequ’il offroit à tous les Dieux ? Si l’on s’étoit contenté defaire faire de tels tours par cette feule Déeste , la chose fe-roit moins étrange ; mais on les a aussi fiait pratiquer par laDéesse des Sciences Lc des beaux Arts , quelque chastequota la représentât. Voiez dans Parthenius commentMinerve châtia une faute d’Alcinoë (11). J’en fais un Ar-ticle à part.

(X>) . . . inspira à son épouse une ardente lubricité .] Lestermes dont fe servent les Auteurs Grecs font beaucoupplus forts que ceux-là. Lycophron désigne Egialée de cettefaçon :

Ò'r»< ■'tp&.Tíia. Qyeàs oìi-gfip rcim^£K 7 Çoe,

Gstuando audax lasciva canìs stimulabitHt

Ad concubitum (12).

Son Scholiaste emprunte de Mimnerme l’explication decette Enigme , & il la paraphrase ainsi : oV«- âpurtìct

B-ieçàç y.xt 7 , Òçuy.tikv x,óart v, 4 oi 33 y/wy, ùioptrfisç AiytccXtia.eifooÍTti texi ptxur.Sf òçuízti vçgí tà Xir.iÇcr. xai r«ç ki*£(ç.

Le Scholiaste d’Homere (13) , fans avoir égard à l’élogeque son Texte donne à Egialée d’être femme à regretterextrêmement la perte de son mari (14) , dit qu’elle enra-geoit d amour t £ xfiîivcct vepi àc VIp) Tyii tar

vécov yXixixv G-vy^opíóeív «c-£ Xyeivazctv. VoÌC7. EustathiuS furle Vers 486 de Denys le Periegete , où il a pris un nompour un autre (15); dit-il, ’ZhnXcii tdí iS Koptím :

il faloit dire tu rë ’Zhúxn.

(£) Elle attenta . . . fur la vie de son mari, des qu il futde retour à Argos . ] Si l’on avoit le Catalogue de toutes lesfemmes qui Font imitée, je veux dire qui après avoir man-qué de fidélité à leurs maris, ont tâché encore de les fairemourir , on auroit un fort gros Recueil. Nous avons vuci-dessus (16) , que la femme de Domitien mériterait uneplace dans une pareille Liste. Mais , quelque grand quesoit le nombre de cette forte de femmes, il est pourtantbeaucoup plus petit que celui des femmes qui fe bornent àl’adultere , & qui à cela près font commodes & officieusesenvers leurs maris, moiennant qu’ils soient patiens : car fivous y prenez garde, vous trouverez que presque toutesles femmes galantes, qui fe défont, ou qui tâchent de fedéfaire de leurs maris, ne fe portent à cet attentat qu’àcause qu’ils font jaloux , & qu’ils mettent des obstacles à laliberté que leurs épouses veulent avoir de fe divertir. Ban-nissez du cœur des maris cette jalousie inquiété qui les por-te à traverser les galanteries de leurs femmes, vous mettrezleur vie à couvert de l’assaffinat, & du poison : & si les La-cedemoniens eussent fupofé que l’on auroit la patience dontquantité de maris fe pourvoient de bonne heure en plu-sieurs climats, & quelquefois même par un principe d’œ-cónomie , ils n’eussent pas eu une grande idée de l’impré-cation dont j’ai parlé ci-dessus ; mais fupofant fans douteque les galanteries dune femme inspireraient au mari unehumeur chagrine qui causerait une discorde fatigante, Lc

dont la partie génée tâcherait de se délivrer par toutes for-tes de moiens, ils crurent que cette imprécation étoit très-forte. Ne m’allez point dire que les Gazettes, & fur toutdans l’Article de France , nous parlent souvent de certainsProcès criminels intentez à des épouses dont les maris ontété tuez , ou Font pensé être; car qu’est-ce , je vous prie,en comparaison de tant d’autres qui vivent tranquillementjusques à ce qu’une mort naturelle les sépare de leurs fem-mes adultereíles ? Gardez vous bien aussi de me citer Mr.Tiquet si bon & si débonnaire, qu’il demanda grâce pour fafemme convaincue de lavoir fait assassiner, 8c tellementconvaincue qu’elle a perdu la vie fur un échafaut (17), aprèsavoir confessé son crime ; cela ne prouve point qu’il eútlaissé à fa femme toute la liberté qu’elle pouvoit souhaiter.En un mot, si la Maxime de Caton le Censeur (8) , queles mêmes femmes qui commettent adultéré font aussi desempoisonneuses , étoit véritable en ce tems-là que les Ro-mains ne faifoient que commencer à jouir des déréglemensdu luxe , elle ne le fut point dans les siécles de l’extrê-me corruption , & ne l’est point aujourd’hui ; car à médi-re que la corruption s’augmente , on s’aprivoife avec lecocuage , on le compte pour peu de chose, on le foutrepatiemment, ■ & par là on désarmé Fadulteressc , on ne l’o-blige point à recourir, ou au bras de ses galans, ou aupoison.

(F) Ennodius fupose . que Diomede fit Véloge de la

prémiere conduite de sa femme. ] On trouve parmi les Oeu-vres d'Ennodius un petit Discours qui a pour Titre, VerbaDiomedis cum uxoris adulteria cognovijfet ( 19 ). Diomede re-conoit là que fa femme avoit été un miroir de pudicité.La nature Lc l’éducation avoient concouru à la rendre chas-te , deforte que fous la protection de ces deux remparts onne la croioit point capable dune action impure. Utgeminodefenfa propugnaculo nullatenus facinorum crederetur itìibusfubjacere, nec dura cafiimonU obfcœnitatis evifeeratione molli-re (20). Elle n’avoit point aimé à fe parer d’or Lc de per-les , Lc s’étoit toujours comportée en femme d’honneur.In fimma , conclut-on, talis periit , quales filent à marins la-crymas impetrare. Circ&o , ut ajunt, poculo à fi translata est,C 7 in votum migravit adulterì (21). Ces paroles font hon-neur à Diomede : elles font sages, 8e ne tiennent rien del’emportement injuste que l’on trouverait dans les discoursdune infinité de maris en pareil cas. Ils oublieraient alorstoutes les bonnes qualitez de leurs femmes , ils appelle-raient pruderie, hypocrisie, trahison, toute la sagesse quel-les auraient fait paraître. Disons aussi que cet Opusculed’Ennodius est dune Morale dangereuse. II peut inspirerde la défiance aux maris les plus contens ; car si une fem-me d’une vertu aussi exquise que celle de Diomede n’estpas à F épreuve de l’abfence de son époux , comment s’as-fûrera-t-on de la continence de celles qui aiment à fe parer,Lc qui n’ont reçu ni de la nature, ni de l’éducation , les res-sources nécessaires ? Mais il est vrai qu’il y a peu de marisqui soient absens de leur maison aussi long-tems que Dio-mede; Lc si les Généraux Grecs, qui furent dix ans au siégéde Troie , trouvèrent à leur retour que leurs épouses n’a-voient pu vivre fans des galans, ils dévoient s’attribuer unepartie de la faute. Pourquoi les laissoient-ils seules pendanttant d’années ? On auroit dû quand ils partirent leur don-ner le même avis, qu’une maîtresse de Prélat donna unjour à son galant. ” M. FE.... de ... , allant un jour di-„ re adieu à Ma d. la Comtesse de V. . . . qu’il aimoit »„ luy témoigna le chagrin qu’il avoit de seloigner d'elle,„ quoique ce ne fût que pour peu de temps. Après un„ grand nombre d’honnêtetez réciproques, M. L... de • • •„ fe leva pour s’en aller, & la Comtesse en le reconduisant„ luy dit ; Au reste, Monsieur, faites votre voyage le p' l ! s„ court que vous pourrez , & fouvenez-vous qu’une M* 1 '„ tresse est un bénéfice qui oblige à résidence (22) ”.

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EGINHART, Secrétaire de l’Empereur Charlemagne , étoit Allemand : c’est le p^ sancien Historien qui soit sorti de cette Nation (a). Pour un homme du IX siécle il écri-voit fort éloquemment j & c’est ce qui a fait croire à quelques Critiques que celui qui le pu'blia (b) lui polit un peu le style: mais cette Conjecture est démentie par les anciens Manui'crits (c). Quelques-uns (d) disent que l’Histoire qu’il a composée de Charlemagne est d au-tant plus sincere , qu'il avoit vécu familièrement avec ce Prince. C’est une mauvaise raison •

cela peut seulement prouver qu’il conoissoit mieux les choses ; mais le souvenir de l’honneur

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