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Tome second. C - I.
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que le Prince lui avoir fait n’étoit-il pas un engagement à1 accuse d’une extrême partialité (jÍ)- Je ne sai ce qu'il fautde Charlemagne (B),

la fkterie ? Un Auteur modernecroire de ses Avantures avec une

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j, (-^0 Un Auteur moderne V accuse d’une extrême partialité.]va bien plus loin,il lui attribue des impostures infâmes (1).dit que ce qu’on a débité touchant la fainéantise des Roisp la prévniere race font des fables impertinentes : Ces Roisayant manqué de se soutenir que par te défaut de l’âge, CTsUe montre ridicule de leur perjonne sur un char tiré par des

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fafs n étant qu un mensonge efironté de i imposteur EginardJans vérité ni fans fondement (z). II ajoûte qu'Eginard eítinventeur de la fable que tant d’Ecrivains débiteur commen fait c.nain, c’est que le Pape Zacharie a prouva la dépoii-i,°P Roi Childeric, & l’usurpation de Pépin. En réjutantpnard, dìt-il (3), on réfute tous ceux qui ont écrit fur Jâ°nne fit. Voions de quelle maniéré il le réfute.

» Eginard étoit Chapelain & Créature de Charlemagne,

» dont il a écrit la Vie. Toute son attache n’a été que de” * u PPoser faussement une infinité de fables pour déprimer” * es Hois de la Race Mérovingienne, qu’il a fait malicieu-» entent passer pour des lâches 8c des faineans, asin de co-" ^orer St d excuser autant qu’il feroit poíììble l’attentat cri-" m mel de l'usurpation de Pépin. C'eft dans cette vue que" P ar une ignorance ridicule il donne de la barbe à des en-” fans de huit ans, 8t des enfans à ceux qui n’étoient pas" n es, 8t qu’il noircit d’opprobres de jeunes Princes qui n ont" ^u pour tout défaut qu'une vie trop courte pour taire co-» noître leurs vertus: c’est par cette même malignité-d’esprit" qu'il a inventé cette ridicule promenade des Rois dans un” char tiré par des bœufs le premier jour de Mai, 8c leur re-" traite obscure dans le Château de Mamaca qui n’a jamais>> été, puisque dans le tems qu'il enferme ces Rois dans cet-« te solitude imaginaire, on fait voir par Auteurs contem-» porains qu’ils étoient à la tête de leurs armées, ou dans» d’autres opérations telles que leur âge le pouvoir permet-» tre. Cette malice d'Eginard régné visiblement dans tout 1 e» cours de son Ouvrage; mais quand il a voulu parler de» f abdication de Childeric, il a cru qu’il dìfcuìperoit entiere-»> Ment Pépin, s’il rendoit le Pape complice de son attentat,

» 8c il l’a f a it av ec si peu de circonspection, & avec un Ana-» chronisroe lì rempli d’ignorance, qu’il dit que Childeric fut" dégradé, par le commandement du Pape Etienne : Juffu” Síe P^ani Ponûficis exauéloratus ; & cependant Pépin étoit" Proclamé Roi avant qu Etienne fút Pape, puis qu’il n’a été ." ., a P e ’_ e lu dans Rome, qu’à la fin du mois de Mars de" n tlJé í j ' a proclamation de Pépin fut faite dès le” P • ° e Mars. R est même si mauvais Chronologille,

” „ : y e presque contemporain, qu’il dit que Pépin régna" ; ; e ans d e PUÌs que Childeric fut tondu f4). Or Pépin" . 'ut an mois de Septembre l’an 768, 8c fut proclamé” 311 de Mars de Van 752, qui font seize ans 8c demi:

„ ainh 1 on voit le peu de creance que mérité cet Auteur fa-” uuleux ; 8c comment diroit-il quelque chose de certain du» régné de Childeric & de Pépin, lui qui s’avoue si ignorant” Pf u versé dans la lecture, qu’ayant entrepris d’écrire» 1 Histoire de Charlemagne, il dit qu’il ne dira rien de son» enfance ni de sa jeunesse, parce qu’au moment qu’il écrit,

>, il n’y a plus de personne vivante qui pût lui en rien dire.

» Nec quisquam modo fupereffe invenitur, qui horum fe dicat-, habere notitiam. &ui que ce soit , dit-il, ne se trouve qui„ puise dire en avoir conoijsance. D’où l’on peut juger fur-> quels beaux Mémoires il avoit compilé son Histoire ( 5 ),

-- & parlé des choses précédentes ”.

Je n’ai pas le tems d’éxaminer si tous ces reproches fontvalables : je me contente de dire que l’Auteur me paroitbeaucoup mieux fondé, quand il réfute ce que l’on débitetouchant la demande faite au Pape par les François, 8c tou-chant la réponse de ce Pape. La demande n’a nulle ombreeiensrommnn, 8c la réponse est d’une injustice ridicule.

£11 , ne í a> ce qu H faut croire de ses Avantures avec uneni e charlemagne.] Marquard Freher a publié une Chro-fcT } ° ) > où on lit que notre Eginhart s’inlinua de tellee dans les bonnes grâces d’Imma fille de Charlemagne,cniì Cn °°^ nt fout ce qu’il voulut. Charlemagne aiant dé-gust Ve ? oc petit nìystere ne fit pas comme V Empereur Au-^ y); car il maria ces deux amans, 8c leur donna deVr,; Estes terres. Freher n’ajoute aucune foi à ce Conte.daí> e x 1 Cr 1 - 1 "?. â'un Recueil de Lettres écrites à Gol-il v r ^ P u °' le 1688. II est l’Auteur de cette Lettre, 8c

bip u-ft a - r< ^ uc Vincent de Beauvais raporte une fembla-Part j lltoue âe 1 Empereur Henri III. Je fuis sûr que la plû-fois ry C nieS ^oâeurs se plaindroient de moi, si je ne racon-,jig t a . S c °mrnent Charlemagne s’aperçut des bonnes fortunesVostli ^ rt ’■ & st u ’st s me sauront gré d’avoir vu ici ce Récit.dvpHo j S raisons qui m’obligent à insérer dans cet Article leFcYiri 6 CWe P etite Histoire.

toit site’ Otapelain 8c Sécrétaire de Charlemagne, s’aqui-II 1» r blen cle scs emplois, qu’il étoit aimé de tout le monde.

A1 1C frit T*n 1 r A.» c, 1 . T-« P*

EGNA-

plus agréablement du monde, henique tutn idem vir egregìusinremedìabìhter amando astuaret , auresque vìrgims per inter-nuncium appellare nec prasumeret , novijjìme sumpta de jemetipso fiducia neâíurno tempore Intenter ad {iielía tendtbat baíi-taculum. lbìdemque puisant clanculum za intrare permijsitstanquam allocuturus juvenculam de regali mandate , fiaiimverjà vice solus eum fila jecretis usus alloquiis ca datis ample-xibtis cupito satisfecit amori (8). il íe vouloit retirer avant lapointe du jour; mais il s’aperçut que, pendant qu’il s’étòitbien diverti avec lmma, il etoit tombé beaucoup de neige.

II craignit donc que la trace de ses pieds ne le découvrît, 8cil s’entretint de l'on inquiétude avec la Princesse. Ce fut àdélibérer iûr les moiens de sortir de ce mauvais pas : enfin laPrincesse trouva la clef, elle s’oftrit de charger fur ses épau-les son amant, 8c de íe porter jusques au delà de la neige.Cumque nimia sollicitudìne fiufíuantes quid faHo opus effet de-liberarent , tandem elegantijjima juvencula, quam audacem ja-ciebat amor, conjdiitm dédit ut tpfa quidem super se injidentemìnclinata excìperet , eumque usque ad locum illius hoipitio con-tiguum ante lucanum deportaret , ibique eo depofìto rurjum pereadem vefligia cautius obfervata redïret (9). L’Einpereuravoit pallé cette nuit-la fans dormir, 8c l’on croit que cetteinsomnie fut un effet tout particulier de la Providence (10).

11 se leva de grand matin , 8c regardant par la fenêtre il vit lafille qui avoit de la peine à marcher sous le fardeau quelleportoic, 8c qui après s’en être défaite i'e retiroit au plus‘vite.Intuitifs est pliam fuam Jub prafato onere nutanti greffu vixinctdere , ìa ad condiítum locum depofita quam gestabat Jarci-na celeri repedare curftt ( n ). II fut ému 8c d’admiration Scde douleur; mais croiant qu’il y avoit quelque chose de divinà tout cela, il prit le parti de dissimuler.' fhiibus multo intui-tu perspefïts , Imp. partim admiratìone partim dolore permotus ,non tamtn absque divina dispofetione id fieri reputans, sese con-tmuit , za visa intérim jilentio juppre/Jh. Eginhart bien assuréque son action ne demeurerait pas long-tems inconue rélblutde fe retirer, 8c fe jetta aux pieds de son maître pour lui endemander la permilïìon : il allégua que ses longs services n’a-voient pas été récompensez. L’Eaipereur lui répondit qu’ily penserait, 8c lui marqua un certain jour où il lui feroit sa-voir lés intentions. Le jour venu il assembla Ion Conseil, 8cy déclara le crime de son Sécrétasse : il raconta de point enpoint ce qu’il avoit vu, 8c demanda les avis de la Compagniefur une assisse qui déshonorait fa maison. Imperatoriam in-quiens majestatem nimis injuriatam este za despeciatam in in-digna filia sua notariique sut copulatione , ZA exinde non medìo-cri Jeje agitari perturbatìone. Quibus ’nimio jìupore perculfis , ZAde rei novitate ZA magnïtudine qtûbusdam adhuc ambigentibusKex ïnnotuit eìs evidentius , referens eis à primordio quid persemetípsum oculata fide cognoverit , consiliumque eortim atquesententiam expoftulans super hoc ( iz ). Les avis furent parta-gez : plusieurs Conseillers opinèrent à une rude punition, lesautres aiant bien pesé la chose conseillèrent à TEmpereur dela décider lui-même, selon sa divine prudence. Voici quellefut là décision. 11 déclara qu’en châtiant Eginhart il augmen-terait plutôt la honte de là famille qu’il ne la diminuerait, 8cqiiainsi.il aimoit mieux couvrir cette ignominie sous le voiledu mariage (13). On fit entrer le galant, 8c il lui fut ditque,pour satisfaire aux plaintes qu’il avoit faites de nette paspaié de ses longs services, on lui donnoit en mariage la fille del’Empereur: Je vous donnerai ma fille , lui dit Charlemagne,cette porteuse qui vous chargea fi benïgnement fur son dos (44).1 0ut à 1 heure on fit venir la Princesse, 8c on la mit entre lesmains. d'Eginhart, aussi bien dotée que le pouvoit être la filled un fi grand Prince. Prottnus ad Régis editlum cum multo co-mitatu aàdutda cfi ejus fiha, qua roseo vultum persusa ruboretradita est per manus patris in manus pradibii Einhardì, cumdote plurima pradtorum quoque nonnullorum,cum innumerisau-reis ,argenteìsque donariis ,aliisque pretìofis suppellefíilibus (iy).

Voila le précis de l’Aventure: il n’y a guere de Contesdans le Decaméron de Bocace , ni dans l’Heptaméron dela Reine de Navarre , qui valussent celui-là ii on le bra-dent: 8c je fuis sûr qu’en tre les mains de Monsr. de la Fon-taine , il feroit devenu lune des plus plaisantes Narrationsquí se puissent lire. La Taiile-douce fournirait un parallèlede nouvelle invention entre les effets de l’amour, 8c les effetsde l’amitié, entre Enée chargé de son pere Anchise, 8c Iur-ina chargée de son galant. Charlemagne (16) volant de loincette porteuse ne feroit pas un des moindres ornemens duTableau, fi le Peintre représentoit heureusement les réflexionsde ce bon pere. Imma est ici, comme la Matrone d’Ephesedans Pétrone, celle qui invente les expédiens; mais elle em-ploie son propre corps au remede nécessaire

§ («) Mr. Bayle n’a pas su, ou ne s'est pas souvenu en cetendroit, que Jacob Cats, Grand Peníkmaire de Hollande,a mis cette Historiette, ou ce Conte , en vers .Flamands!

(8) Chro-nicon Lai:*risharnenle ,pag. 6 a.

(9) Ibidemi

(ïo) EamnoEìem ïm-ptrator divin»(ut créditur)nitiu àilortt-nevt duxit.Ibidem.

( 11 ) Ibidem*

1C rut même ardemment d’Imma fille de cet Empereur, 8c On les trouve dans ses Oeuvres, imprimées à Amst- 1658.J^hÇut aussi pour elle beaucoup de passion. La crainte des m folio. 11 àt .qu^.en ait une édition precedente_, com-

(ji) ibidem 9paç. 6Z.

( 13 ) 7Vm»trijfis fa£fi ÀnotAriv meonon exigampœnss per(jutts inftxmìápliai me .t ma-gis videbituraitqfri quammtnm. Vndtdifnius &laudahiliusimperiì nos-tri gloriet ar»

’ biiramur con •gruere , utdata adoles-cent i a venialeytimo eosmatrimonioconjungam ,

& re prebro -/* honeftatiseolorem ftt-perducam •Ibidem.

(14) Jurevejlro nup-tum tradamm eam filiam ,vtjlr.im [cil.portatricem ,qua quando -que alte fuc-emefa verratfuhveclionisatis fe mo-rigeram exhi -huit. lbid.

(ij) ibidem m

(16) 11 y en

u qui disentqu'il s'étoitlevé asm decontemplerles AJìres.Vo:ez. Co-rniers , dantfm Traitédes Come-tes,f<g. rzî.’

fuites w auul „P°ur elle beaucoupqÙeâe'-^àitde

passion

se ioindre ; mais elle n’empêchoit pasPart 8c d’autve le feu de Vautour n’allàt tous lesj joursen augmentant. II se résolut enfin à faire un coup de har-

Il Ê sk vif Pavant plus refréner í ardeur qm le mnsportra.don 8 lsla de . nuit a Lapartement de la Princesse,il f ”P a t0 ^doucement à la porte, il fut admis dans la chambre fur leP'ed d un homme qui avoit à parler de la part de VEmperevn,d parla tout aussitôt d'autre chose, 8c il apaisa fa flamme le

me tannée de Vimpreslion du Livre suivant le fait assez con-noitre. II y a dans celle-ci tïois Tailles-douces; l’une repré-senté par des Livres Eginhart enseignant Imma, 8c ensuite sebaisant debout tous deux ; 1 autre reprelente Imma portantEginhart fur ses épaules. Charlemagne les regarde par unefenêtre de son Palais, 8c deux de ses Gardes les arrêter,t parson ordre; la troisième representeEginhart 8c Imma devantCharlemagne, qui décidé de leur sort. Gaspar Barlée a mis

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