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Tome second. C - I.
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E G N A T I A.

(4) Ces deuxVilles s'a-pellotent ,

C une Ba-rimn, &

C autre Brun*duílura.

(1) riinius,Libr. II 9c*?. C VU,

(2) Horat.Sat. V, Libr,1 , Vers. 5.7.

( 3) Dans sesRemarquesfur ces paroles

d’H orace.

(4) Solînus,Cap. V?pag.

(s) Vóiez,ci-dejsus laHtçmarq. ( H)de l y ^ArticleA B E L.

(6) Servius,in /Eneid.

L.ibr. XlíyVers zoo .

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Sponte sua èliqnìs nulloiine admotopurijfîmaemicat fiant*ma. Paufan.Libr . K, fubfinem pag,

VU 176.

auffi ce Conte en vers Latins hexamètres, en traduisant ceuxde Cats, fous ce Titre : Virgo A’vb'popígoí , five Emma Ca-roli Magrìt filia Eginardum feriptorem Amaflum fuum humerisportantis futa cr nuptia. On trouve ce joli Poème pag. 161.8c suiv. de ce Livre : Faces Augusta , five Poématia , quibusillustrions Nuptia d Nobili cr illuftri vira D. Jacobo Catsio,,Eg. z? Prapot. Holl. ac Frifia occidentalts Ord. Syndico , ante-hac Belgicis verstbus confcripta, jam à Cafpare Barlao ejr Cor-nelio Boyo Latino Carmine celebrantur. Ad SerenijfimamPrincipem Elisabetham Fred. Régis Bohemia er EleCloris Pala-tini stliam, Dordraci. 1643. m Dans ce Livre il n y a quedeux Tailles-douccs pag. 175. 8c 179. savoir, les deux der-nieres mentionnées ci-dessus. On trouve auffi ce Poème ,mais fans les Tailles-douces, pag. 642.. & suiv. de ce Livre:Cafparis Barlai Antverpiani Poémata , editio quarta , altéraplus parte auêlior , Pars prima Heròicorum, Amst. 1645. in 12.

Mr. Jean Hermann Schmincke, dans une Dissertation La-tine , qui est dans ce Livre , Eginhartus de Vit a e? GeftisCaroli Magni vrc. , qu’il a donné au Public en 1711. Traiec-ti ad Rhenum, ex OJstcina Guilielmi vande Water,in 4,prou-ve qu’Imma n’étoit pas fille de Charlemagne : Et les Journa-listes de Trévoux, parlant de ce Livre pag. 656. Decembrc171t. font connoitre qu’ils font du même sentiment. Ils yont persisté pag. 640. Avril 1715. lors qu’ils ont parlé d’unPoème 8c d’un autre Ouvrage du Pere Jean Weinckens, quafont dans ce Livre , Naurchia Seligenstadiana e?c. Franco],ad Mœnum, apud Joan. Philip. Andraam 1714. in fol. CePere dit dans son Poème, qu’Imma étoit fille de Charlema-gne; mais il dit le contraire au Chap. 2. de son autre Ouvra-ge , où il raconte 8c rejette la fable d’un mauvais commerce,qui fut suivi du mariage entre Eginhart 8c Imma fille deCharlemagne. Rem. Cri t.

EGNATIA, Ville d’Italie , au pais des Salentins, entre Bari 6t Blindés (a). Elle n’étoitconsidérable que par la pierre miraculeuse qu’elle se vantoit de posséder (A). Si tout le mondeavoit été de l’humeur d’Horace , cette pierre auroit plus contribué à la home qu’à la gloire des ha-bitans d’Egnatia. II se moque de leur prétendu miracle, 6c il le renvoie à croire aux Juifs (U)-11 y avoit d’autres lieux anciennement où l’on débitoit de pareils prodiges ( C ), 6c même de plusextraordinaires (D). La crédulité des peuples encourageoit les Directeurs de la Religion à ren-vier les uns fur les autres en matière de miracles.

EGNA-

(A) Elle n étoit considérable qtie par la pierre miraculeusequ'elle se vantoit de postéder .] Le bots, qu on mettoit furcette pierre, s’allumoit tout aussitôt. Reperitur apud aublo-res . . . in Salentino oppido Egnatia , impofito ligna in saxumquoddam ibi sacrum , protinus flammam existere ( 1 ). Nousallons voir que cette pierre étoit à I’entrée du Temple, 8cquelleallumoit l’encens.

(B) Horace se moque de leur prétendu miracle, v le ren-voie à croire aux Juifs .] Voici comme il parle:

-- Dehinc Gnatia lymphis

Iratis exfiruíla dédit rifusque jocosque,

Dum flamma fine , thura liquescere limine sacréPersuadere cupit. Credat Judaus ApellaNon ego (2).

Monsr. Dacier (3) se déclare pour ceux qui croient qu’Ho-race n’insulte ici la nation Juive, que parce qu’il n’ignoroitpas ce que l’on disoit du sacrifice d’Elie, c’est qu’un feu cé-leste avoit consumé l’oblation. Je ne trouve aucun inconvé-nient dans cette pensée de Monsr. Dacier : je dirai seulementqu’Horace pouvoit auffitôt donner à croire ces choses auxPerses qu’aux Juifs : Ferunt fi justum est credi etiam ignem cce-litus lapfum apud se sempiternis foculis cuftodìre, cujus portìo-nem exiguam ut faustam preijfe quondam Afiaticis regibus di-cunt. C’est ainsi qu’Ammien Marcellin s’eít exprimé en par-lant des Mages de Perse dans le chapitre VI du livre XXIII.

(C) Il y avoit d’autres lieux . ou l’on débitoit de pa-

reils prodiges.] Solin fait mention d’une colline qui étoit en-core plus miraculeuse que le Temple d’Egnatia. Elle étoitdans la Sicile proche d’Agrigente. On n avoit que faire d’a-porter du feu fur l’Autel : il suffifoit d’y arranger des sarmens;ils s’allumoient d’eux-mêmes, quelque verds qu’ils fussent,

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sent rien faire devant le peuple. C’est une cérémonie qui sepasse sous la custode. Comme les Prêtres Latins n’ont pasadopté cette tromperie, ils font les premiers à s’en moquer J8c l’on dit assez hardiment aux Grecs, quand ils se vont en-fermer dans la chapelle destinée à ce prétendu miracle, Vousferiez, bien attrapez, st vous n aviez pas choisi un bon fuz.il.

Je laisse les rencontres particulières où le feu s’est alluméde lui-même fur les Autels, pour être un heureux présageà quelques personnes. Ce fut un des présages de la gran-deur de Tibère. Ingrefio primam expeditionem ac per Alace-doniam ducente exercitum in Syriam accidit, ut apud Philippossacrait! olìm viâlricium legionum ara sponte fubitis collucerentignibus (8). Seleucus conut à un pareil signe fa future éié- ( s \vation (9). Le Consulat de Cicéron fut précédé d’un pa-reil prestige : Cicéron aprit cela de sa femme , 8c l’inséradans un Poème. II auroit pu aisément conoître qu’il n’yavoit rien là de surnaturel : il n’est point rare que si l’onjette du vin sur des cendres chaudes, parmi lesquelles il y apresque toujours un peu de braise, les esprits du vin pre-neur feu; voilà tout Je prodige que la femme de Cicéronraporta à son mari. Hoc uxori Ciceronis dicitur contigijfe ,cum peraïïo saçrificio libare vellet in cinerem ; ex ipso cinereflamma eodem anno Consulem suturum ostendit ejus maritum ,ficut Cicero in fuo testatur poémate (10). D’autres disent quece prodige se fit voir aux Dames qui célébroient la fête dela bonne Déesse. Le feu qui étoit allumé fur l’Autel pa-roisse! t éteint, 8c cependant il s’éleva tout d’un coup dumilieu des cendres 8c des tisons une grande flamme ( 11 )•

Cela pouvoit être fort naturel : nous voions tous les joursque des restes d’un fagot qui ne rendoient plus de flamme c ; £1se rallument d’eux-mêmes. Les Dames s’allarmérent ; mais pag.les Vestales dirent à la femme de Cicéron, qu’elle lui allât

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pourvu que le sacrifice fût agréable au Dieu à qui on lof- promtement signifier qu’il eût à éxécuter ses desseins pour leíroit. Non seulement la flamme naissait d’elle-même en ce salut de la patrie, 8c que la Déesse lui promettoit un bon suc-

cas-là -, mais aussi elle s’écartoit de part 8c d’autre, commepour se jettes sijr ceux qui faisoient les repas du sacrifice, 8cn’incommodoit nullement ceux qu’elle touchoit. On conois-soit seulement à cette marque qu’il ne manquoit rien aux cé-rémonies du jour. Nec longe inde collis Vulcanius, in quo quidivina r ci operantur , ligna v’ttea super aras struunt , nec ignisadponitur in hanc congeritm : cum proficias intulerunt , fi adestDeusfl sacrum probaturfarmentalicet viridia sponte cencipiunt,CT nullo inflagrante halitu , ab ipfo numine fit accendium. Ibiepulantes adludit flamma, quaflexuofis excejstbus vagabunda ,quem contigent non adunt : nec aliud est quam imago nunciaperfeâii rite voti (4). Ceci est plus conforme aux événemensde l’Ecriture, 8c beaucoup plus singulier que le miracle d Eg-natia. Un feu céleste envoie fur les viéfimes a quelquefoistémoigné parmi les Juifs que Dieu agréoit leur culte ( 5 ) ; 8cc’est un signe plus exprès d’une Providence particulière devoir que le feu ne s’allume de lui-même, que lors que lescœurs font bien disposez, que de voir qu’il s’allume de lui-même en tout tems. Ce dernier cas souffre les soupçonsd’une cause naturelle > ou d’une supercherie : l’autre ne lessouffre pas, ou les souffre moins. Servius assure qu’ancien-nement on n’allumoit point le feu fur l’Autel, mais qu’on at-tiroit par des prières un feu divin. Apud majores ara non in-cendebantur , fed ignem divinum precibus eliciebant qui incen-debat altaria (6). Pausanias raconte comme témoin oculai-re une chose assez surprenante. II y avoit deux villes dans laLydie, où l’on pratiquoit ce que je vais raporter. Chacunede ces deux villes avoit un Temple, dans lequel il y avoit unechapelle destinée à la cérémonie en question. On voioit descendres d’une couleur fort particulière fur l’Autel de cettechapelle. Un Magicien entroit là, 8c aiant mis du bois secsur le foier, 8c la tiare autour de sa tête, il récitoit certainesprières contenues dans un Livre ; 8c cela fait, on voioit sor-tir du foier une flamme très-brillante, fans qu’on eût mis lefeu au bois (7 ). Cet homme étoit plus hardi que les Prê-tres Grecs, qui font acroire que tous les ans aux fêtes de Pâ-que, ils recueillent dans une chapelle du Saint Sépulcre unfeu céleste que Dieu leur accorde miraculeusement. Ils n’o-

cès. II s’agissoit alors de ce qu’on feroit aux complices deCatilina détenus dans les prisons. La femme de Cicéron éxé-cuta promptement l’ordre des Vestales, 8c anima son ma-ri (12). Ceci a bien l’air d’un Conte brodé sur un autre. Onaura changé les circonstances du fait dont Cicéron décora sonPoème, 8c ainsi pour un prodige on en aura donné deux.Quoi qu’il en soit, il ne passa pas en dogme, qu’un feu quis’allumoit de lui-même fût toûjours un bon présage; car nousvoions dans Virgile que fur un pareil accident, on souhaiteque I’augure soit bon :

Aspice : corripuit tremulis altaria flammis

Sponte sua , dum jerre moror , cinis tpfe. Bonum fit (13).

La Remarque de Servius, qu’on peut voir en marge, étoit

la preuve dont Mr. Salden eût dû fe servir; car celle qu’ildonne ne vaut rien. Licet cr faílum nonnunquàm fit , dit-11 ( 4 ) , ut ignés illi non tantum boni fed c/ infaufti quicquatn jtdprafignificarint. Sur quoi il cite l’Aventure de Lavinie dontVirgile a fait mention au VII de l’Enéïde. Mais le pro-dige qu’on voit là ne consiste point en ce que le feu prit delui-même fur l’Autel, il consiste en ce que le feu fauta futles longs cheveux de Lavinie, 8c lui brûla toute fa coiffure*

Elle étoit auprès de son pere à l’Autel.

- Castis ad o t E T dum altaria ta dis

Et juxta genitorem adstat Lavinia virgoVisa ( nef as j longìs comprendere crinibus ignem ,

Atque omnem ornatum flamma crépitante cremari ( 15 )•

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Lisez ce que Tite Live raconte de la flamme que l’onautour de la tête de Servius Tullius (16). .

(D) . . . zsr même de plus extraordinaires.] Le Temp* e

Sicile. &-nir l’U-

Mille

de Venus, fur la montagne d’Eryce en Sicile, étoit l’un des

plus célébrés qui fussent parmi’ les anciens Paiens. — ,choses le distinguoient : je ne parlerai que d’une. Le gran^Autel étoit tout à découvert, fub dio .- la flamme s’y C01 Jfervoit nuit 8c jour fans braise , sans cendres , fans tison »au milieu de la rosée 8c des herbes qui renaissoient toutesles nuits (17).

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