EGNATlUS.
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EGNATIUS (JeanBaptiste) l’un des doctes personnages da XVI siecle, en-* ei gna les belles Lettres dans Venise sa patrie avec beaucoup de réputation. II se rendit si utilea la jeunesiè , que lors qu’au déclin de son âge il demanda qu’on le déclarât emeritus , il ne l’obtintP°mt (A) , parce qu’on crut que cela seroit préjudiciable aux Etudians. 11 obtint enfin dans sonextrême vieillesse la démission qu’il souhaitoit, Sc il reçut de la République de Venise un témoi-gnage glorieux & lucratif de la considération particulière qu’on avoir pour lui (B). Les Ouvra-is 8 qu’il publia (C) ne representérent son mérite qu’imparfaitement ; car il parloir beaucouproieux qu’il n’écrivoit, ôí il faisoit mieux paroitre fa belle mémoire , & l’étendue de fa Sciencean s ses Leçons 6c dans ses Conversations, que dans ses Livres ( D ). II n'étoit pas moins recom-^andable par fa vertu, que par son savoir ( E ) j Sc l’on prétend que sa bonne vie fit honneur à
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i (f) # se rendit fi utile à la jeuneffi, que lors quau décline Jonáge il demanda qu on le déclarât emeritus,»/ ne Vobtint/w»í. j c'est ce qu’un de ses Disciples a fait savoir au pu-• lc ' Tìos qui juvenes eramus, dit-il (i), illum cujus atasJ m senescebat, ut jam tum cejsaret, imprudenter fortajfe qui-ern t se d tamen amice monebamus, illud usurpantes:
Solve senescentem mature sanus equum, neeccet ad extremum ridendus, Lc ilia ducat.
in* T 1 " 0 ’ ^ Ul vir t ru dentijjìmus effet, zy optime, qui fit orbisrébus humants, nojfet, ut in otium solitudinemque se con-*‘ rre tupiebat, fie etiam sape tentavit , sed, quod cupiebat, àPenct0 , qui juventutem talis c r tanti viri consuetudineJruétuque privari nolebat , id nunquàm , ni fi senex admodum,***» impetrare. .
• 1 -®) ll reçut de la République de Venise un témoignage glo-rieux o- lucratif de la considération qu on avoit pour lui.] IIi e Çut cette grâce du Sénat, qu’encore qu’il n’enseignât plus,n lui donna tous les ans les mêmes apointemens qu’il avoitquand il enscignoit, Lc par un Décret du Conseil desp lx ses biens furent afranchis de toute forte d’impofitions.V es Paroles font la Traduction que Monsr. dip Ryer a faitetìe ^e Latin de Monsr. de Thou. Eas (bonas literas) nonrfediocri studio illustravit, zy scriptis zy publica xl annorum*s°fs!fione cum summa totius Italiz admirattone ; ob id ab il-U J rijstmo Senatu eam gratiam consecutus, ut quanquam publi-mttnere defunEhts, eodem stipendio, quod profitendo merue-rat i quotannis donaretur, zsr ejus bona ex xviralis Confilii de-c reto publico censu eximerentur (i). Le Gliilini ne confirmePas tout-à-fait cela : il dit que les gages d’Egnatius furentc 3?o écus par an pendant la Profession, Lc de deux censepuis la dispense de l’exercer ( 3 ). Le court Eloge, qu’onili^n â ^.Matins à 1 a tête de son Traité posthume de Exetn-fts tlluflrium Virorum , neutre point dans tout ce détail;
ais nous y lisons ceci : Vir zy scientia zy religione infìgnis .. .a eo unìversa Veneta civitati ob fingularem eruditionem ac mo-rum probitatem charus, ut ex Sénatus decreto ducentis aureisnummis quotannis jam publico munere defunclus ac plane eme-ritus quoad vixerit donaretur.
( c ) Les Ouvrages qu il publia. ] Gesner en a donné cetteListe, De Romanis Principìbus vel Casaribus libri tres (4).C est un Ouvrage qui comprend un Abrégé de la Vie desEmpereurs depuis César jusqu’à Constantin Paleologue, Lcdepuis Charlemagne_ jusqu’à Maximilien I. II fut traduiten François par Maître Geofroy Tcry de Bourges , Lc cetteVersion fut imprimée à Paris l’an 1519 (5). L’Abbé deMarolles en donna une autre Version Françoise l’an 1664.Le Gliilini a coupé en deux ce Livre (6); car il nous don-ne le de Cafaribus libri tres , comme un Ouvrage distinct dude Romanis Principibus. C est ainsi que les Faiseurs de Cata-logues ont multiplie mal à propos en mille rencontres lesOuvrages des Auteurs. Mais continuons de copier Gesner.Ltem Annotationes in Vitas Casarum apud Suetonium , nempe■fàliani, Spartiani., fuïtì Capìtolint, Lampridii, Flaviì Vopis-firí J re ‘ /e ^i l Pollionis , Vulcatii Gallicani. Ces paroles ont étéellement copiées par les Abréviateurs de Gesner: cepen-II nt ’ i' étoit àHc de sentir quelles sont pleines de fautes.lia» ^ n”f 0 ,' 1 - P°í nt: âe virgule après JElìani, Lc au lieu d’^E-sonr 1 àlà dire JElìi. Le pis est qu’en suposant qu’ellesSnart'’ 0rre ” eS ’ I on fupofe de toute nécessité qu’EIien, queY nt ,-c en ’ sine Jules Capitolin, que Lampridius, que Flaviusfont H US V, c l ue Trebellius Pollion, que Vulcatius Gallicanus,Or r t? Empereurs Romains dont Suetone a écrit la Vie.n - v ette fuposition est fi absurde, & si monstrueuse, qu’ils’en T ? reSc lJ Ie Point d’Ecolier dans une seconde classe qui nedans r ° C ' Uat j Oomment donc a-t-elle passé pour véritablePrilb, es P rit . d e Josias Simler, Lc dans l’esprit de Jean Jaques■Us < i U1 àst un Abrégé Lc un Suplément de Gesner ?ves q ^ US ^Excusables que Gesner, car s’il a vu les épreu-uieùrv a ti U ne P°^ nt P r endre garde aux omissions des Impri-dpreu ' 1 nc V nous an 'ive que trop souvent de corriger les
copie ^ a t ^ te H pleine de ce que nous avons mis dans lafie ' siìte nous le lisons par cœur, Lc fans nous apercevoirfiatiiK ' C CS ^Primeurs ont fauté. Les autres Livres d’Eg-fione ' ^^ 7 -. par Gesner font de Origine Turcarum : Ohferva-ceroni * 1 0%!tdnlm : ^terpretamenta in familiares Epistolas Ci-q Hx Ji P f ne gyricus in Prancorum Regem (7) : Racemationesxet»J C!m ° r “ aliquot Authorum locos interpretantur (8) F-cet pt° rilnt [dri novem. Le Ghilini assure que les Notes dela tj eUr m PLtoscoridem ab Hermolao Rarbaro tranflatum ,le i0 « a » ad meretrices, & 70 autres Harangues ont vude l’Or'sf /i de Mar °Hes (ol observe que le petit Traité■t/f implfm^d T urcS ’ composé par notre Egnace, se trou-du Gouve 1 ans le Recuc il des Ouvrages concernant ïHistoire3 ea n de la Turquie,z? de VEmpire Othoman chez
Tome Notez que les IX livres d’Exemples
furent imprimez après fa mort. C’étoit un Ouvrage qu’ilcomposa dans fa vieillesse: il le fit fur le modele de VaîerOMaxime > mais il ne vécut pas assez pour y mettre la dernieremain. 11 le recommanda par son Testament au Noble Mar-co Molino Procurateur de St. Marc, qui ordonna à son filsde le publier. Ce fils s’aquita de la commission assez promte-ment. L’Epitre Dédicatoire qu’il mit au devant du Livre estdatée du 30 d’Avril 1554: elle contient en peu de mots unfort bon Eloge d’Egnatius, dont on met la mort en cet en-droit-là au z de Juillet 1553 (io). L’Edition dont je mefers est de Paris, apud Eernardunt Turisanum via Jacobaa subAldina Sibliotheca , 1554, in 16. Voici le Titre du Livre :j loannis Baptifta Egnatii viri doílijfimi , de Exemplis illustriumvirorum Veneta civitatis atque aliarum Gentium.
(D) ll parloit mieux qu il n écrivoit , zy il faisoit mieux pa-raître ... sa Science dans ses Leçons . . . que dans ses Livres .]Corradus observe que ceux qui áccusoient d’ignorance Egna-tius pouvoient être plus facilement réfutez par le témoignagedes personnes qui avoient ouï ce Professeur, que par les Li-vres de l’accusé. Sjuamvis ipfius scriptis, qua jam multa le-guntur, facile refutare pojsemus : quia tamen ’tlle multo mtlìus,ut Ser. Galba, ut gh Hortensias , ut alii, dixit, quàm scrip-fit, facilius eos teftibus, qui sunt adhuc innumerabiles, confu-tari pojfe, fi res poscat, arbitramur ( 11 ). II ra porte un faitcurieux. Egnace, prononçant une Harangue qu’il avoit apri-se par cœur, étoit sur le point de finir lors qu’il vit entrer leNonce du Pape. II reprit son Discours depuis le commen-cement , Lc répéta en d’autres termes ce qu’il avoit dit, maisavec plus d’éloquence que la prémiere fois ; desorte que sesamis lui conseillèrent de n’écrire plus. Nos certe, quod om-nes, qui tune Venetiis erant , audire potuerunt , affirmantnon dubitamus : illum, quum Pontifias olim legatus Orationi,quam memoriter jam perte totam dixerat , interveniffiet, illudidem , quod pronunciarat, diverfis verbis à principio repeti-tum multo melius elegantiusque dtxiffie. %uare, quum descen-difiet , fie nos illi diximus : Tu vero poflhac nihil unquàmfiribito (n). Pour conoitre l’étendue de fa Science, Lc laforce de fa mémoire, il faut lire ce qui fuit : on y verra queles Sénateurs de Venise l’alloient souvent consulter. Ha-buit vir ille, quod de L. Lucullo dicitur , divinam quandammemoriam rerum : quas quidem res perte omnes ut legerat , velaudiverat , fie iis, qui feire volebant , memoriter , jucundequtnarrabat. Res vero tam multas ille legerat , vel audiverat ,ut omnium maxime ftudiosus, atque etiam plane curiosus fuit,ut de omnì re, qu&cumque in disceptationem, quefiionemquevocaretur , copiofiffime, tanquam Gorgias, poffiet, zy soleretetiam supe disputare. Nam de jure civili caute , de totius orbis ,zy cœli regionibus , ac gentium moribus perite , de poctica diví-mtus, de philosophia sapienter, atque de religione pie responde-bat. §uod si quis eum , ut de rébus ad Hifioriam, vel ad Rhe-toricam pertinentibus loqueretur, rogaffiet, id ille fie l’tbenter,fie humaniser, fie ornate, fie copiose faciebat, ut vere Lydus,quod ajunt, in campum videretur effie provocatus. %uare,prater studiosos adolescentes, quorum maxima frequentia sem-per Egnatïl janua, zy vestibulum srequentari solebant, multinobtlîffimi zy optimi senatores,ut magnis de rébus deliberarent,ad eum pen'e quotidie veniebant ita , ut ejus domus oraculumtotius civitatis vere pofiet appellari (13).
{E) ll n'étoit pas moins rocommandable par fa vertu, quepar son savoir.] C’est l’éloge qu’Erasme lui donne en mêmeteins qu’il lui ôte la qualité de Cicéronien. Voiez la mar-ge ( 14). Le Ghilini dit aussi qu’Egnace se fit aimer par sadoctrine Lc par ses mœurs : Ptr la fingulare sua dottrina e tn-tegrità di costumi ( 15 \ L’Auteur de l’Epitre Dédicatoiredont j’ai déjà fait mention s’'étend beaucoup là-deslus , Lcdune maniéré bien affirmative ; car après avoir étalé les donsde l’esprit, je veux dire la mémoire, l’imagmation , la scien-ce , l’éloquence d’Egnatius, son adresse à mêler comme il fa-loit la douceur Lc la gravité dans les censures, Lc à instruirela jeunesse, il conclut par ces paroles : Postremo vero , fi om-nes ejus mores dtligenter inspicias, perfeffium fane atque absolu-tum innocentilfima vit a exemplar sese offiert. Universa enimejus vita , nihil aliud quam ardenttffimam religionem, Christia-namque pietatem spirat. Poterat omnis Veneta civitâs in hocuno perinde atque in puriffimo spécula sese ad omnem pietatem,eruditionemque componere (16). II paroit si assuré dp son fait,qu’il ne prend point la peine de réfuter ceux qui avoient pu-blié dans une Lettre satirique qu’Egnatius avoit vécu, Lc étoitmort fans Religion ; il se contente de crier contre leur auda-ce , Lc de sc moquer de leur folie. Illud unum pr&tertre ne-queo, homunciones quosdam nesario scelcre audaces, in tam fin-gularis, tamque omntum judtcto probati vtri memoriam invec-tos : atque maie consarcinata episiola,ac vix coharenti tam pla-cides manès violare fuiffie ausqs. Ut jam exclamare libeat ,0 mores, 0 tempera. Unde repente tam inopinata atque imma-nia monstra ? Unde isti tam infestì Calydonii apri spumoso ore in
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(to) fe crisCjiïil su Utpréférés cett «Date au IVNon, Quin-til. de Mr .dc Thou.
(ri) Coria-ídus , inQuastura,
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(ii) Idem }ibidem*
(ij) licm ,ibid.pag. 3 .
(14) Vir uninon minusprobum &inttiritmejuam trudi-tum & elo-ejuentem no -r/iindjïi , sedeni Tullianicognominishonorem ne-gont dottorumfiffrtgia.DoSle locfuimulnit cjuankCicerontcme ,<6* qmd 110-
iuit affeqiwtus est.ELásmus> itiCiceronia-no, pag. nu7 r.
(15) Ghili-ni, Teatro »Tom, /, pag,97 .
(16) MarcusMolinus,Epistol 4Dedicat.Exemplo-rum Egna-tii. Voìez,
Atíjfi U %e-marfjue (À)j
À là J?*.