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Tome second. C - I.
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ELISABETH.

Z4S

la Hollande & la Zelande lui offrirent de la reconoitre pour leur Souveraine , elle dit à leursAmbassadeurs, qu’il ne íeroit ni beau ni honnête qu’elie s’emparât du bien d’auttui, & que les«ollandois avoient tort d’exciter tant de tumultes à cause de la Messe. Elle continua plailàm-jPÇnt cet entretien (C). Ce fut peut-être pendant cette audience qu’un jeune homme qui avoicuivì les Ambassadeurs exprima d’une façon très-groffiere les sentimens que la vue d’une si belle. ne lui inspiroit (D). 11 ne s’en trouva pas mal: au contraire, cela lui valut une distínc-

,Q n. Le ressentiment que cette Reine conserva contre Buzenval (E) , qui avoir trouvé à redire? 1* waniere dont elle parloir François, est très*remarquable , & doit íervir de leçon Ce queJ® w en vais dire est plus conu. A son avènement à la couronne , elle balança entre les deuxe ‘jgions , Lc choisit enfin la Réformée ( F ). C’étoit, même selon le monde, le parti de laPrudence. Elle n’auroít jamais régné, si le Roi d’Espagne n’avoit eu beaucoup plus de haine

contre la France, que de zèle pour la Religion Catholique (G). Ce fut ce qbi íàuva la vie à

Elifa-

Elle continua plaisamment cet entretien.'] Voilà bien Ce qui prouve qu il faut toujours parler des Grands avec res

vo-n^ Uft * se tant gendarmer, leur dit-elle, que la Messe: sis ne voulez pas y assister comme à un Mystère, assistezr e j° mrne à une Comédie. Hé quoi, si j’alloís tout à l’heu-enf U ^ r Cette Comédie, vous croiriez-vous obligez de vousu. ^ !r ’ H faut noter qu’elle étoìt vêtue de blanc. C’est dans‘« Annales de Reidanus .. ’

~~w jvuua.mo que j’ai lu cette particularité. Recentim emorìa obversari verba tjus ante annos Xll. adl rle i on dium Paulum Suyfium Araufìonenfis Patrumque3 atos prolata, immerito Hollandos unum ob Missae sacrum/■ nt P S motus ciere, nec decoram iis prœfractam adeo adver-s Regem contumaciam : quando fidem divinitati Missae ha-. cr c non adstringantur, aspectarent tanquam fabulam, QuidM u tt (cy erat candide amiâla vestimento) vobisne pro flagitio”1 *-rìda- oret, me hoc habitu, si histrìoniam ordirer, intueri (z )? IIJ avoir là dequoi décontenancer les Ambassadeurs.

. \E>) Un jeune homme . . . exprima d’une façon tres-grojfierelts sentimens que la vue d’une fi belle Reine lui inspiroit. ] Jehìn " !p e .servirai des termes de Du-Maurier. Le Prince Maurice,ijj' “Jlaii- ( 4 ), étant un tour en bonne humeur, dit à mon Pere

é ' V* e ^ Reine Elisabeth d’Angleterre, par une faiblesse ordinaire%v it e son sexe, defiroit fi sort d’être tenue pour belle íf)-,que Mes-

peurs les Etats ayant envoyé une célébré Ambassade des princi-paux du Pais,suivis de beaucoup de jeunesse des Provinccs-unìes,Hollandois de la fuite des Ambassadeurs a la prémiere Au-‘ance qu ils eurent,âpres avoir considéré attentivement la Rey-tl ,. un Gentil-homme Anglois qu il avoit connû en Hol-i,ï t :[sTtiy. ‘sude, qu U ne sçavoit pas pourquoy on parloit fi peu avantagtu-"»i f* 1 'h J etì j e fit de la beauté de la Reyne: qu on lui faisoit grand tort ;

f 1 . * a srouvoit fort à son gré : ey s’il en étoit le maître, il luyJtrott bien voir quelle étoit capable d’enflammer un honnète-omme-, ajoutant d autres discours de jeunesse qu on peut mieux

Penserjue reprefenter : ce qu il difiitre: ’ ' ’ ~

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(F) Elle balança entre les deux Religions , & choisit enfin laRéformée, j Indubitablement fi toutes choses euíiênt été éga-ies de part 8c d’autre elle eût préféré la Religion Réformée àla Religion Romaine; car on savoir élevée dans celle-là.Mais je croí aussi que, pour éviter les risques qu’un renver-sement de la Religion quelle trouvoit établie lui faisoit envi-sager, elle auroit suivi le Catholicisme, iì elle y avoit trouvéson avantage. La maniéré dure dont le Pape la traita (8),la contraignit à jetter les yeux fur le Parti Protestant. Ellecomprit clairement qu’en demeurant Catholique elle nepourroit disconvenir quelle ne dût la couronne à une vraieusurpation, ou à une condescendance de la Cour de Rome,qui exposerait tous les jours son thrône à mille disputes.Etant Catholique elle devois confesser que le divorce de sonpere avec Catherine d'Aragon étoit nul, 8c qu’ainsi AnneBoleyn n'avoit pu être que la concubine de Henri VIII. Ordans les Monarchies héréditaires un bâtard ne peut exclurela parenté légitime fans renverser une Loi fondamentale, ôcpar conséquent sans devenir un usurpateur. II salut doncqu’Elisabeth abandonnât l’Eglise Romaine, afin de pouvoirsoutenir que la Cour de Rome avoit tort de condamner leMariage d’Anne Boleyn. Mais outre cela son esprit si péné-trant lui faisoit trop bien conoître la situation des affaires gé-nérales , pour la laisser un moment en doute qu’en se décla-rant contre le Pape, elle mettrait dans ses intérêts tous lesProtestans de l’Europe, & que par ce moien elle nourriraitla Guerre civile tant qu’elle voudrait chez ses voisins. Meze-rai remarque que la Cour de France mit le Pape en mauvaisehumeur contre Elisabeth (9), parce que l’exclufion de cettePrincesse pouvoir assurer le Roiaume d'Angleterre à Marie

ours de jeunesse qu on peut mieux rrincene puuvuu mmiu j-. ___ 0 - -

disoit regardant souvent la Rey- Stuart Reine d’Ecosse femme du Dauphin. Cette vue étoit

là vèíte ‘attachièsur “"“t [Anglois. La Rey ne qui avoit bonne, mais la Fiance joiioit alors de malheur.deurs íi a es ,.P art,c flHers, plus que fur les Ambajfa- (C) Elit n auroit jamais régné, fi le Roi d’Espagne n’avoit

ms, J,-f or que l AÎUdiancefut Unie .envola a u,rir V Arnloís. ’ ’ ' ' ' - -

(8) U lai si*dire qtdellettQÌêb(it(trde %i? qu*il nerévoqueraitpoint les Bal-les de f fPr : décejfeurstqidelle avoitété bien har-die d’ojermonter fur UThrone , fr

•vo.t a esïerefApitoie grâce(i tlU re-

nonçai', èi setprétentions ,fr m ft r c•mftìott entié*re ,:eïii k ladéc’jion dt*

St. SìeZe.'LC»ri, rìift' à'L-

lizstbeth,Tom. /, pag*

31$ , 4 Cann*155 ?

: attachée fur ces particuliers f plus que fur'le s Ambajfa- (C) Elit n auroit jamais régné, Ji lé Rot d. ^P a S ne ” * *

- í l - tot 1 Âudtancefut finie,envoya quérir VAnglois, eu plus de hame contre la France , que démêlé pour la Reliai

<sr luy ordonna, fur peine de son indignation, de luy dire de- Catholique.] L’un des principaux moiens dont Dieu_ s ^

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luy or donna, sur seine de son indignation, de luy dire de ■quoy ïavoit entretenu ïHollandaisétant assurée qu’ils avoienttarit a'elle ce quelle avoit reconnu à leur mine & à leursû-j-w. IdAngltis s'étant fort long-tems txcufè, fur ce que cené t oient que des bagatelles indignes dé être dites à Sa Majesté;Enfin la Rey ne l’ayant pressé extraordìnaìrement, il sut con-traint de luy dire naïvement la chose, er de luy avouer la pas-sion extrême que cet Hollandois témoignait d’avoir pour fa per-

.. -f r’hf.,* ri/t V/efF/ii-st st/+ nota ìoe /f l\A CT/t /f/Hir t fit—

Catholique.] L’un des principaux moiens dont Dieu s’estservi pour 1 établissement du Protestantisme > 8e dont il sc sertencore pour le faire prospérer, est la jalousie naturelle de laFrance 8c de la Maison d’Autriche. Tour à tour chacune dedeux Puissances a mieux aimé travailler à savantage des

ces

Protestans, afin de nuire à fa rivale, que de souffrir sagran-dissement de sa rivale fur les ruines des Protestans. Philippe IIJ lo n extrême que cet Hollandois témoignait ci avoir pour ja per- donna un éxemple insigne de cette étrange jalousie. La Rei-finne Royalle. L’issue de l'affaire fut, que les Ambassadeurs fu- ne d'Angleterre son épouse prévoiant que la Catholicité nerent régalez, chacun d'une chaîne Sor de huit-cens écus,o 1 ceux dureroit pas dans son Roiaume, si sa soi u r lui succédois, la

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>. “* l*ur fuite d'une de cent chacun : mats l'Hollandois, qui avoit

«- trol fvé la Rey ne fi belle, tut une chaîne de seize cens écus, c’efi-Du cpdire l e double des Ambassadeurs, V il l’a portée à son colV!e - Monsr. de Fontenelle a trouvé moien d’en-des M cec ’ adroitement selon sa coutume dans ses Dialogues

—. morts ( 61 . ^ ^

iE) Le ressentiment que cette Reine conserva ctMre B»**»Du-Maurier avoit ouï dire à son nere. Qu tUt état

. . — ™uuu vivun uui dire à son pere, Sjuelle étoit

implacable contre ceux qui témoignaient le moindre tnefns de,fi personne. Sur quoi il contait qu un certain François nommees Combes , ayant rapporté à cette Rey ne quêtant à la tablede Mr. dte pl-m- *' ' ^

Z&ìi'Valtrt

Vu.

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/«.v* 56 ó-

- uyam rapporte a tette Rty> , â. de i‘«-

Mr. du Plejps-Mornay pendant le fìege » ^ ^ co»-

nval qui avoit résidé à Londres de la t ar a e s a oréablemcnt-faisant, avoit dit que la Rey ne P arÍ6t *f° lm „ ^ ridicule,François,disant souvent,mais avec un a ^ ir p 0U r se

Paar Dieu, paar maa foi. Elle en garda U’ * {w (âtvanger c? du railleur, L? de celui qut “f 01 J J *• a „ ant étéraillé publiquement d’elle-,car peu âpres Mr. f deman-

envoyé Ambassadeur Extraordinaire en Angiei r , r j<»der secours contre la Ligue, il fut très-mal steeu, ^ comteobtenir-, fur quoi mon Pere ayant été depeen j] luy

d Effex à Douvre ,pour voir s’il n y avoit rien a esp „ ^

répondit qu’il y avoit un malheur inconnu en ce> st^

qu’il n avoit jamais veu ï esprit de la R cyne fi a t ^ Htn-res de France. Ainsi,pour appaifer cette Prmce l> e s, ^ vicomteri IV envoya txtraordinaïrement en Angleterre A - anva l,de Turenne depuis Vue de Rouillon,suivi de Mr. * Reyne.qu il devoit laisser Ambassadeur ordinaire prêt u i Ht pas

Pour le Vicomte, il fut tr'es-bicn receu : mats elle « e ç ít dit•voir Mr. de Buzanval ; cr comme Mr. de rurin f e A tr écife-qu il avoit ordre du Roy de le laifiep la , Elf .J & le Vi-ment esr absolument qu Elle ne vouloìt point de >1- verJO j t descomte sceut de quelques Anglois, que cette ■ ç e Mr.decontes qu il avoit faits de la Reyne au siégé de Fa - , r 3

Rtizanval . . . tout habille qu'il étoit fit une gr a j lí iArs t (lcince democquer en public d'une fi puissante Princesse, de IU , ^

laquelle le Roy avoit tant de besoin à son *™ ne r i Litre;Couronne : aussi ìl se fit un grand préjudice, & a son

UltlUDU Vitliao iwiMuun, } 1VI<

vouloir faire mourir : mais Philippe prévoiant un autre mal-heur, beaucoup plus considérable pour lui que la ruine duCatholicisme d’Angleterre, si Elisabeth n’y régnoit pas, lapréserva de tout mal. Voici ce qu’en dit Monsr. du Mari-ner (io). „ On immole souvent la Religion par intérêt 8c„ par raison d’Etat : témoin ce que la même Reyne Elisabeth„ a dit autres-fois à mon Pere, qu’Elle tenoit la vie du Roy„ Philippes II son Beau-frere, quoy que le plus grand de ses„ Ennemis ; Aussi Elle savoir peint dans !a ruelle de son lit,

„ 8c le faisoit considérer à tout le monde comme son Sau-„ veur. Effectivement il empêcha fa Sœur Marie de la taire„ mourir: car cette Reyne Marie, seconde femme du Roy„ Philippes, étant grande Catholique, & fort infirme, crai-„ gnoit avec raison que sa Sœur Elisabeth qui étoit Hugue-„ notte, venant à luy succéder, ne bannit un jour d’Angle-„ terre la Religion Catholique, comme il arriva depuis: 8c„ pressoir fort le Roy son mari de luy faire trancher la tête,

„ la tenant prisonnière dans la Tour de Londres. Mais le„ Roy Philippes s’y opposa fortement, de peur que l’Héré-„ tiere d’Elisabeth, Marie Stuart > qui lors avoit épousé le„ Roy François II, ne devint Reyne de toute la Grand’ Bre-„ tagne par succession : 8c que la joignant à la France, com-„ me il étoit indubitable si elle avoit des Enfans.il ne se for- . .

„ mât, par l’union de tant de Royaumes, une puissance for- l s„ midable qui réduisit en fumée son vaste dessein de Monar- •„ cliie universelle Comme l’Auteur écrivoit cela pendantla guerre qui fut terminée à^Nimegue fan 1678, si n e man-qua pas de reprocher aux Espagnols qu’ils faisoient ce qu’ilsavoient tant blâmé : ils étoìent liguez avec la Hollande, 8c ilsavoient publié une infinité de Livres contre les alliances de laFrance avec cette même République & avec les Suédois; en-suite de quoi il ajouta ces mémorables paroles : ” Ainsi il„ n’y a personne qui ne voye que ] e seul intérêt gouver-„ ne le Monde : & qui ne dise qu’un grand Capitaine a„ eu raison d ecrire que les Princes commandent aux Peu-„ pies, mais que 1 interest commande aux Princes; Ce qui,, est si véritable, que souvent pour cet intérêt on dévoue„ ce qu il y a de plus sacré entre les hommes : Lc que laXX z ,, plus-

AVhit ìnitrejb• . dp nepas. laijjerpftìufrc à, Eli *■zjibfth unecouronne iju’iLcroioit aparté*mr a ia fem-me de sonfils le Dan-fin » fit cnforte qtie UPape récenttnal PEnvoyéde cette Prin-cejfe, fr latraita drille-gitìme. Mcze-iai, AbrégéChronoi.

Tom, IV,

Mg. m.yii,}

Cann. 155s.

(10) Mé-moires . . »âe Holland.dans la Pré-face. Le SiensBohan,de laSociété Plia-it , derts fortTraité du

CaractèredeJa ReineHlizabéth,

traduit enFrançois, frimprimé à laHaie Pan1694, avouePfig. 21 , que

empêcha Phi-lippe de con-sentir à iamort d?Eli''.Jabeth.