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ELISABETH.
(c) Vaìez. sonHistoire parJíonsr.Leti,Tom % I , pag,AZl & Jitiv.
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(i z)VeieZ. eì-dejsus , Cita-tun ( 9 ), cequi a été citede Mezerai.
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Robert Per-íons. Veiez.Alegambe,415 .
Í 14 ) An-dréas rhi-lopatrus,Responí. adEdictumReginat An-glia: > pag.m. 88 j 89 »
(iî) Idem tibidem , pag,91 .
Oí) Idem,ibidem*
( 17 ) faccresfi causa rneaGratum es-sot . . .Nunc quia la-boras ut/ma-ris relicjuiisQuasíunt ro -suri , (ìviul &ip/es deveresNoli imputarevatium benefi-cium mihi.Thsdti Fa-bul. XXUlÀbrì /.
Elisabeth : cette circonstance peut lustre à énerver l’accusation d’ingratitude qui lui a étéintentée (H). C’cst une chose un peu fâcheuse qu’on puisse lui reprocher d’avoir violé les pro-mefícs qu’elîe fit en succédant à sa sœur (e). Elle s’engagea à conserver le Papisme, qui étoitalors la Religion dominante, ôc cependant elle l’abolít peu après. Cette conduite a rendu peut-ctre un très-grand service à la Religion Protestante dans la fameuse Révolution de 1688 (/). Onne íàuroit dire jusques à quel point la médisance a répandu son plus noir venin fur cette Rei-ne (K). Cela étoit inévitable vu les Edits sévéres qu'elle fut contrainte d’exécuter par raisond’Etat contre les Papistes. Quelques-uns perdirent la vie , un grand nombre d’autres ioufrirentou les rigueurs de la prison , ou les incommodité? de i’exil (L) -, Lc ce furent ceux-ci principale-ment
V, plus-part des Souverains n’obscrvent les régies de la Jus-,, tice & de la Religion, qu’entant quelles se trouvent con--, formes à ce mal-hûreux intérêt ". Ceci confirme admi-rablement ce que j’ai dit ci-deffus (n) de la Religiondu Souverain. Au reste l’Angleterre n avoir gardede demeurer Catholique , puis que d’un côté le Roi d’Es-pagne empêcha qu’Elisabeth ne pérît , & que de l'autre leRoi de France ne permit pas que cette Princesse trouvât àla Cour de Rome l’accueil fans lequel son Catholicisme nepouvoit vivre (12.).
(H) . . . Cette circonstance f eut fufire á énerver l accusationd’ìngrafttude qui lui a été intentées Le Jésuite qui se dé-guisa sous le nom d’ Andréas Philopatrus ( 13 ), pour réfuterl’Edit que cette Princesse publia contre les Papistes l’an 1591,fit quelques Remarques fur ce quelle se plaignoit de la con-duite du Roi d'Espagne. C’étoit fort mal reconoître , di-soit-il, les obligations qu’elle avoir à ce Monarque , quiavoir empêché trois fois que l’on ne la fît mourir. Etantpassé en Angleterre au mois de Juillet 1554 , il épousa laReine Marie , & la trouva disposée à faire mourir Eli-sabeth comme complice de la conspiration de ThomasViat (14); mais il l’en détourna , & la porta même à fou-írir qu'Èlísabeth revînt à la Cour. On découvrit un nou-veau complot au mois de Mars 1555. Elisabeth fut soup-çonnée de complicité, & l’on délibérait fort sérieusementd’exercer contre elle la rigueur des Loix. C'étoit lavis desConseillers de la Reine; mais le Roi Philippe & les Espa-gnols qui lui servoient de conseil firent prendre le parti dela clémence, & l’on se contenta de résoudre que deuxGentilshommes Catholiques seroient mis auprès d’Elisabethpour veiller sur ses actions (15). Elle fut si bien les trom-per que fans qu’ils y prissent garde elle noua une intrigue,pour faire que Thomas Stassord réfugié en France repassâten Angleterre , & prît le titre de Roi , ík se mariât avecelle. II repassa en effet au mois d'Avril 1557, & s’empa-ra dune place maritime, mais il fut pris bientôt après, &puni de mort avec quelques-uns de fa faction. Elisabeth sevit alors dans un grand péril, & n’auroit pas évité le der-nier fuplice, si la protection du Roi d’Espagne ne l’avoittirée d'affaire (16). Je réexamine point la vérité ou la faus-seté de ces trois complots ; la discussion s’en peut voir dansles Histoires Britanniques ; je dis seulement que le repro-che d’ingratitude fondé sur ces trois bienfaits du Roi Phi-lippe II n’est point légitime ; car outre que depuis qu’E-lisabeth monta sur le thrône jusques au tems de l’Edit del’an 1591, il tint envers elle une conduite qui rendoit jus-tes les plaintes que le prétendu Philopatre a condamnées,il ne méritoit point de reconnoissance pour avoir sauvé lavie à cette Princesse : il ne l’avoit point fait pour l’amourd’elle , il n’avoit eu en vue que sa propre utilité ; il a volttrouvé sa récompense amplement & suffisamment dans laconservation de la vie d’Elisabeth. Ce n’étoit point parun principe de clémence qu’il en avoit usé de la sorte, maispar un principe de malignité contre la France, ou pour lemoins par une prudence politique nécessaire à son ambi-tion. Quand un bienfait procede d’une telle source, il fautrenvoier à l’une des Fables de Phedre (17) ceux qui se plai-gnent de ce que l’on n’en est pas reconnoisiant. Voici une
plus fermes apuis de leur liberté naissante. Néanmoins, 6l’intérêt de l’Etat eût demandé que l’on assoiblìt ou le pou-voir des Anglois , ou le pouvoir des François , elles au-roient dû y concourir avec les ennemis de ces deux Na-tions , & il y a bien de l’aparence qu’clles l’eussent fait. D esavoir comment cette Politique s’accorde avec les Loixétemelles de la Morale, & comment une telle opositionentre les devoirs des particuliers & les devoirs des Souve-rains ne fait point bruche à la certitude immuable des idéesde l’honnête, & de la vertu, c’est une autre question. Hsufit de dire que, dans Pétât où se trouvent les fociétez, l’in-térêt public est un soleil à legard d’une partie considérabledes vertus. Ces vertus font des étoiles qui disparaissent,qui s'évanouissent à la présence de cet intérêt. Salus populisuprema lex este. Naudé touche quelque chose de cela dansses Coups d’Etat.
(/) Cette conduite a rendu peut-être un tr'et-grand service *la Religion Protestante dans la Révolution de 1688.] Une pro-messe solennelle faite à tout un peuple , & confirmée parserment, est une barrière qu’on ne peut guere violer sanscommettre fa réputation. On a donc lieu de croire qu’unPrince lié par une telle promesse la gardera , quand ce neferait que pour éviter la flétrissure de la renommée; maisfi l’on voit qu’en certains cas, par un privilège spécial desmatières de Religion, une grande Reine ait manqué à unepromestè de cette nature , fans qu’elle ait cessé de passerpour une Héroïne, & pour la merveille de fonfiecle, onn’ofe plus s’assûrer fur les bons effets que la crainte d’encou-rir le blâme d’avoir faussé son serment est capable de pro-duire. Ainlì les Anglois ont pu se persuader que Jaques IIne craindrait point les mauvaises suites d’un manquementde parole en matière de Religion, & qu’il espérerait quefa mémoire n’en souffrirait pas plus de préjudice que celled’Elisabeth, dont il ne serait que suivre les traces. N’aiantdonc point lieu de s’assûrer fur son serment, ils ont travail-lé de- bonne heure à l’empêcher d’imiter leur Heroïne.Voilà comment il y a des choses qui servent en plusieursmaniérés, & pour le présent & pour l’avenir. En général,on peut assurer qu’il n’y a rien qui n’ait ses usages dans unEtat ( 18).
(K) La médisance a répandu son plus noir venin fur cetteReines Le Sieur Bohun sc plaint nommément de quatreAuteurs, qui font Sanderus, Florimond de Raimond,George Cône, & l’Anonyme qui publia le Bidymus Veridi-cus. II dit (19) que Sanderus, non content de diffamer Annede Boulen . . ., voulut aujst calomnier zy déshonorer Elisabeth.Il inventa pour cet effet pìusteurs contes dissolus , ct* les plus in-fâmes satires contre elle zy ses Ministres, tâchant de faire croireau monde quelle étoit coupable de rapine, d'incontinence, de
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vilaine débauche zy de fraudes , zy de fauffetez horribles pour '!!„ jgitf 0
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renverser la Nation Anglaise. L’Auteur du Didymus Vertdi'cus (zo) entreprit de souiller les oreilles par des discours les platdissolus, zy de ruiner de réputation la plus célébré Princesse de laterre ... il inventa quantité de faustetez. zy des choses absur-des zy incroyables, qui reffembloient aux représentations zy attXfantaisies des Poètes zy des Peintres. II ne faut pas oublier ceque remarque le Sieur Bohun touchant les peines que l’ onétablit contre les Libelles. La fureur, dit-il (21), zyïW'
autre Considération : la gratitude entre les Souverains n’est pudence de ces faiíinr, j:/;-
pas soumise aux mêmes réglés que la gratitude des particu- Reine à traiter son íevêr f * ^ matoires porterent
fiers envers les particuliers On a fort loué Louft XII, ^ ” fort severement tous ceux qu, compostent des *
d’avoir dit que le Roi de France ne devoir point vengerles injures du Duc d’Orleans. II ne s’en faut guere qu’avecautant de raison, il n’eût pu dire que le Roi de France n’estpas obligé à reconoître les services rendus au Duc d’Or-leans. Croiez-vous qu’un Duc d’Orleans qui monteraitfur le thrône par une Guerre civile, où il ferait redevablede la victoire aux puissans secours qu’un Prince voisin lui
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aurait fournis, scroit obligé de se liguer avec ce Prince .ou de ne se pas liguer avec les ennemis de ce Prince ?, S’iin’épousc pas les intérêts de ce bienfaiteur ne sera-t-il pas in-grat ? Ne le sera-t-il pas encore bien plus, s’il épouse les in-térêts des Princes qui attaqueront son bienfaiteur? II n’y aqu’un point à savoir pour résoudre ces questions. Est-il del’intérêt de l’Etat dont notre Duc d’Orleans est devenu maî-tre , que ce Prince voisin qui l’a tant aidé n’augmente pointfa puissance, & perde même une partie des conquêtes quile rendent formidable à ses voisins? En ce cas-là , il doitoublier les bienfaits reçus , & dire ce n’est pas au Roi deFrance à s’aquiter des obligations du Duc d’Orleans: il nedoit point se joindre par reconnoissance avec ce Prince at-taquant ou attaqué; & il doit même quelquefois se joindreceux qui lui déclarent la Guerre. Telle est la Loi dela 1 oblique, telle la Jurisprudence d’Etat ; & c’est en vertude cette Jurisprudence, qu’Elizabeth étoit bien fondée à tra-verser Philippe II Les Provinces Unies avoient les der-Xiieies obligations à cette Reine ôc à Henri IV , les deux
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Libelles ou des Vers pour noircir la réputation des autres', elledéfendit de les distribuer zy mêmes de les lire, zy les fit briderpar la main du Boureau. Sa rigueur pajja jusques contre ceuxqui faisoient courir sous main de faux bruits au désavantagé ouau déshonneur d u Gouvernement, crainte que ses peuples ne fu-sent par ces moyens-lâ excitez à des rebellions zy à des foide-vemens. Je n’ai point pris garde qu’il ait parlé d’un reprochequ’on a fait à cette Reine de n’avoit été Protestante que dansl'extérieur. Non feulement on a soutenu qu’elle avoua au _ ^
Sieur de Lansac qu’elle étoit persuadée de la Primauté duPape (22), & à l’Ambaflàdeur d’Espagne qu’elle croioit JaRéalité (23); maison a dit aussi qu’elle chassa les Evêqu eSqui se préíèntoient pour la voir dans fa derniere malacn^.benique averfionem ejus à tota reformatione zy grege Mintst rt ~, ibi“'rum, horror quem erga Pfeudo-Episcopos in supremo morbosse accedentes prêt se tulit , adeo ut eos Presbytères de sepi® 5>w""pj!'{phrafis ea est Anglorum erga mendicos zy meretrices,viSlu j eC ~ n at‘ j„-toque car entes) vocatos ab aspeâlu suo faceffere jnfferit , luculeter demonftrat ( 24). _ ,
(L) Un grand nombre d'autres fous rirent ou les rigueursla prison, ou les incommoditez de l’exils Les Protestad’Angleterre avouent la dette, ils ne nient point le fait U?j'mais ils soutiennent que les attentats des Papistes contreGouvernement & contre la Reine méritèrent ce châtirnN’aiez pas peur de trouver cette Remarque dans les L>VCles des Catholiques _d’Angleterre. Vous y trouverez bie
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