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Tome second. C - I.
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351
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ELISABETH.

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*? Cnt qui composèrent plusieurs Libelles diffamatoires contre la réputation d’Elisabeth. Us esttirent un monstre de barbarie , d’avarice , & d’impudicité. II n’y a guere d’Auteurs Proteslans ,( l Ul n’élevent jusques aux nues la chasteté de cette Princesse ; & xl y a des Mémoires qui asiû-rent qu’else n’auroit pu, fans risquer sa vie, s’exposer à devenir groise d’enfant (M). On faitUn problème de íîi chasteté dans les Ecrits d’un Moderne qui est de la Religion (N), II est bienplus facile de sauver sa gloire à cet égard , Lc quant aux Edits contre les Papistes , qu 'à l’égarduc l’infortunée Reine d’Ecoíse (O); Sc néanmoins on ne sauroit justement lui attribuer laouange qu’un Historien Romain a donnée à Agrippine, de s’être défaite des foibleíses de sonexe c u s’attachant à des occupations d’homme (P). Le Pape Sixte eut une estime paiticulie-

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e Wicux les amplifier, mais on n’avoue point les entrepri-es Lditieuíes qui les précédérent, & qui les causèrent. IIJ a Peu de Relations où Tordre des événemens ne se con-°nde. Ce n’est pas toujours la mauvaise foi qui produitEue confusion : un rôle trop turbulent en est cause quel-MUefois ; i a nature fait le reste fans une malice affectée. La° n stitution de l’homme est telle qu’il s’imagine que lesa ux qu’ii souffre sont grans , & que ceux qu’il fait fontpe ? ts - II ne sent point ceux-ci, il sent ceux-là : ainsi, lors^ me qu’il s e souvient d’avoir été l’Aggrelseur, il prétendV01r sujet de se plaindre ; il ne met point en ligne deo®pte ce qu’il a fait , il ne parle que de ce qu’il a endu-E- Le zèle, quand il n’est pas bien conduit, n’applique no-E. mémoire qu’aux maux de la Vérité persécutée, & faitstu-on oublie qu’on ait provoqué les persécuteurs. Si ces? eux causes ne suffisent pas, la mauvaise foi, qui toute seu-e dérangerait les événemens , achevé la confusion. Quoistu st en soit, j’ai observé que la principale différence quire gne entre les Relations des Catholiques. Lc celles des Pro-féstans, consiste dans Tordre des faits : chaque Parti tâche deuonner la prémiere place aux maux qu’il a endurez, il en faitgrand détail > Lc passe légèrement fur ceux qu’il a fait souf-frir en représailles, ou comme une juste punition. C’est cestU’il prétend. 11 n’y a rien qui embrouille davantage la têteaux Lecteurs non préoccupez ; car, pour savoir très-éxacte-^ent tout ce que Ton peut blâmer, ou que Ton peut excuserstans chaque Parti, il est absolument nécessaire de considérer* es . faits dans leur véritable situation. Si les Catholiques n’a-y oient feit main basse fur les Protestans qu’après avoir vuceux-ci renverser temples & autels, images & croix, &c,leurs violences ne seroient pas si criminelles. Voilà pourquoist importe de céder à son Adversaire le prémier rang. UnAuteur moderne a déclaré qu’il ne vouloit point examiner? Ul !??.*■ í,? ux d ® nt Ls Récits transposent les événemens (z6).a discussion n est pas toutefois si pénible en certains cas;wis quelquefois on s y trouveroit st embarrassé, qu’à moins,,, e secouru par quelque Révélation qui fit le contraire detitiide^ 27 ’ 0ri n arrivero i t pas légitimement à la cer-

(Ai) Des Mémoires assurent quelle riauroit pu, sans risquerJa vie , s exposer à devenir greffe d'enfant. ] Les Historiens,qui raportent les rasions pourquoi elle ne se maria point ,n oublient pas celle-ci, c est que le mariage lui eût été pé-rilleux. Ecoutons Mezerai à Toccafion du Duc d’Alen-Çon ; „ La chose passa si ayant que la Reine lui donna un» aneau pour gage de sa foi : mais les brigues contraires à» cette alliance, Lc ses femmes qui savoient le danger où» elle seroit st elle avoir des enfans en firent tant de bruit,» Lc rompirent la tête de leur maîtresse par tant de da-» meurs, quelle le lui redemanda (z8) ”. L’Abbé Sirireporte qu’e//e commanda à ses Officiers d'empêcher qu on tou-c ”qt à s on cor p S , ^ qu on le vit nud âpres fa mort , par desr s‘soKs qu il n est pas difficile de comprendre à ceux qui saventHistoire de cette Princesse (2,9). Voiez ci-dessous la Remar-

f Vers îa

(H) o n fait un problème de la chasteté d’Elisabeth dans lesd * n Moderne ... de la Religion .] Ce Moderne est• Leti dont voici les paroles ( 30) : „ Je ne sai iì elle’’ a V® chaste qu’on le dit; car enfin elle étoit Reine,» e étoit belle , jeune , pleine d’esprit, elle aimoit la’’ stÇs habits, les divertissemens, les bals, les plai-

” - rs > oc d’avoir pour Favoris les gens les mieux faits de" 11 Roiaúme : c’est tout ce que j’en puis dire au Lec-

| 1 ’ < ~ ur - L est ceitain qu’il faut avoir de la charité oudj ^ÙP de retenue , pour ne soupçonner rien d’impurFavor’ c „ 0nduite â'une jeune Reine, qui a toujours quelquehr ori, Lc qui le choisit toujours parmi les Seigneurs les plusSi Flir’k Us í eunes > Lc les mieux faits de son Roiaume.tinenrp Ctal 4 conservé dans cette conduite une parfaite con-conti,;.’ Eomme je le veux bien croire, elle a fait tout len e h s.. e de ^Erie Maxime, fi non caste, faltem caut'e. OnPoint l« Ur01t Orier fur ses précautions; car elle ne sauvoitconservr.v 7 i arcn ' Ces ’ tout: ce qci lui reste c’est qu’au fond ellesoupçons 1 xV re ^ de ' a chasteté ; elle livroit les dehors auxder le I^Zemens du public, 8c se contentoit de gar-

(Of / PS de a place -

qu'à ï íojflj f ac, l e de sauver fa gloire à cet égard ....

oeaucon/a- dC . m f ortun óe Reine d’Ecoíle. 1 II y a fans douteSes, & La exces & beaucoup de mauvaise foi dans les Elo-qu’elle DW1 , les . Apologies de cette Reine; mais les fautesla fi t mouHr aV< ^‘ commises n’excusent point Elisabeth quide cette nflso ° n n a P as Lissé de publier cent ApologiesPuisse donner • C n r ^ u 'y a 'î'>I de si éxécrable que Ton nesortir de leur 0 ] uftlfi , er a certaines plumes vénales, qui fansquestion ? Le b ^ a>1 îf ea Vouvent des éxemples du fait enquelque o,,.» j° n Eu qu’après avoir lu ces Apologies avecH l0rte de teutation de lesaprouver, on sent renaî-

tre Tempire de la droite Rasson qui dissipe tous les charmes duRhétoricien Apologiste. Le Proverbe de TEcriture , LeMore changera-t-il fa peau or U léopard fes taches (31)/ con-vient admirablement à ceux qui ont entrepris de justifier Eli-sabeth sur le suplice de la Reine réfugiée. JEthiopem lavas ,peut-on dire à chacun deux. II faut bien que cela soit, puisque le Sieur Bohun grand Panégyriste de cette Reine la con-damne fur cet article fans rémission, & très-fortement. Laplus méchante atlion de tout son régné, dit-il (32), fat letraitement quelle fit à Marie d'Ecosse. Cette Reine ayant étéchassée par ses Sujets , or privée non feulement de son AutoritéRoyale, mais ausfi de sa liberté, de fes biens, or de fa Cou-ronne, vint pauvre or defolée en Angleterre, fur la promessed’Elisabeth. Elle la reput d"abord sort bien , or ordonna qu onla traitât en Reine ; mais ensuite elle la fit retenir prisonnière,or fous prétexte que Marte formoit des desseins contre fa vie,elle lui fit faire fin procès , la fit condamner , or enfin èxècu-ter, or en fit un triste or inouï exemple de fa cruelle or injus-te sévérité. Elle pollua , pour ainsi dire , fin règne , par cetteatlion du sang innocent non d'un ennemi, mais d'une Princeffeà qui elle avoit donné az.ile, or quelle avoit reçue chez. elle.

(P) On ne sauroit justement lui attribuer ... de s'être dé-faite des foibleffes de fin fixe en s'attachant à des occupationsd'homme .] La passion quelle avoit de passer pour belle, lesfoins qu’elle prenoit de faire voir fa beauté, la complaiíàncequelle témoignoit à ceux qui étoient vivement touchez defes charmes (33) , font incontestablement une foiblesse defemme qu’Agrippine n’avoit point; car st cette Dame Ro-maine avoit eu ces infirmitez, on n’eût pas pu dire véritable-ment , fed Agrippina &qui impatiens , dominandi avida , viri-libus curis feminarum vitia exuerat ( 34). Elle eût méritéencore moins ce grand éloge, st elle eût fàit à de jeunes gensles mêmes caresses qu’Eliíàbeth leur a prodiguées. Citonsun Auteur qui reporte ce qu’il a vu, ce qu’il a ouï. II ditque la cérémonie de créer Comte de Leicester & Baron deDenbigh Mylord Robert, se fit à Weftmunjler avec beaucoupde solennité, la Reine aidant elle-même à lui mettre les orne-ment de cérémonie, ll étoit à genoux devant elle dans un grandsérieux, pendant que la Reine ne. fi pouvoit pas empêcher de luifaire cent caresses , tantôt en le pinçant doucement , tantôt enlui passant la main sur la tête ou sur ïépaule , quoi que l'Am-bassadeur de France or moi y fuffions présent (35). Celui quiparle de la sorte avoit été envoie à la Cour d’Elifabeth parMarie Stuart Reine d’Ecosse. La Reine ma Souveraine , dit-il ( 36 ), connaissant V humeur de la Reine Elisabeth, m avoitordonné de ne me pas trop tenir fur le grand sérieux avec elle,or que pour éviter que ma conversation ne lui devint ennuyeu-se , il falloit quelquefois dire le mot pour rire : c’est pourquoi luifaisant une fois rapport des différentes modes or coutumes desPays étrangers , je fis entrer dans la conversation jusques auxbusqués des femmes. Elle me dit fur cela,qu elle avoit des habitsde chaque Pays, or de toutes les façons, or en effet elle en prittous les jours un différent du depuis, s’habillant tantôt à l’An-gloife, tantôt à la Françoise, tantôt à l’Italienne, or continua cechangement durant tout le tems de mon séjour à Londres. A lafin, elle voulut savoir de moi quelle forte d'ajustement lui alloitle mieux, à quoi je répondis, qu à mon avis c'étoit la mode Ita-lienne, or il sembloit que cette réponse ne lui déplaifoit pas; carelle aimoit fort â faire parade de fes cheveux blonds, en fortequ un petit bonnet à l'Italienne étoit ce qui lui plaifoit le plus.Ses cheveux étoient plutôt dorez que blonds ; mais d’une frisurebelle, or naturelle en apparence. Elle me demanda là-deffusquelle couleur de cheveux étoit réputée la plus belle, celle de maReine ou la sienne ? F. t voyant que f hézitois d’y répondre firieto-fement,elle me preffa de me déclarer fur ce point. Je dis quelleétoit la plus belle Reine en Angleterre, or que la mienne V. étoiten Ecoffe (37). Mais cela ne la satisfaisant pas encore, je dis,qu elles étoient toutes deux les plus belles de leur Pays : que SaMajesté étoit effeâlivement plus blanche que la Reine d'Ecoffe,mais que celle-ci étoit aussi fort belle. Elle voulut savoir encorequelle des deux étoit la plus grande, à quoi je répliquai que c ê-toit ma Reine. II faut donc , répondit-elle , quelle soit tropgrande; car je ne fuis ni trop grande, ni trop petite. Vousvoiez là une Reine d’Angleterre qui s’occupe de modes, &de coiffures ; il ne pareil pas que ce fussent de simples amu-femens; on diroit quelle en faisoit son affaire capitale, fiTon ne fa volt «Tailleurs son attachement aux fonctions dela Roiauté. Mais il faut dire qu’elle trouvoit du tems pourtout : elle s’apliquoit aux foins de régner comme si ellen’eût songé à nulle autre chose, 8c elle étoit attentive à s’a-juller, & à se parer avec avantage, comme si elle eût bor-né à cela tous fes travaux., Considérez d’autre côté fes con-versations avec TEnvoié d’Ecoffe , c’étoit moins Tinterro-ge-r que le mettre à la question pour lui faire dire qu’elleétoit plus belle que Marie Stuart. On découvre par làqu’elle la considérait comme une rivale fur le chapitre dela beauté, & que par le tour qu’elle donnoit à ses discours

este

( 51 ) Jcre-

mie, Chap*XIII, Vers*rz.

BoIhïÛjCaract-crede Iì. ReineElizabeth,

404.

(lî) VoieteU'jtyn, (O)l

( 34 ) Tâcit.Annal. Libr •VI, Cap*XXV *

(í.O JaquesÀíelvil,Mémoires,Tom. i, pag»148.

(36) Lk-mi-mctpaz* 154& faiv*

( 37 ) CettëRéponse ne jt-gnifioit rien zcar lors (f h* iln'y a, qu'uneThéine dans un.Païs , elle y estla plus belleTtcìnetfuelqutlaide quellepu ffe être mIl y a unePlaisanteriebourgeoife^ouiest de dire , jefuis ia plusbelle de latable, quandquelque filleou femme estla derniere

qui y reste*,