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Tome second. C - I.
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(á) Votez* leCaractèrede la ReineElizabeth,par le SieurBohuii, im-primé à U

08 ) At A-

grippînajjcrvicaxirx, & mor-bocorporisîmplicata,cùm vifeietcam Cxfar,pxofusis diusc per silen-tium lacry-mis, moxînvidíam &preces ordi-tur: fubve-niret solitudi-ni, daret ma .-ritum , habï-lem adhttc ju-ventam fibì,necjue aliudprebis , cfuàmex matrimo -nìo folaîìum .Tacit. An-nal. Libr. IV,Cap . LUI.

Os) Melvil,Mémoires »Tom. I, pag.I48.

(40) La-ml-

152.

(41) Leti,Hist. d’Eli-íabeth,

Tom. II,

131 .

{42) Apolo-gie pour laReformât.Tom.I, pag.m. 153,134.

(43) Dans UX Lettre daVI Livre,pag.205 de l*Ed.in folie •

( 44 )

Comte d y Ex-citer. La Let-tre qtfil luiécrivit efi da-tée duz$ Juin1634.

(45) S’il feveut justifier,comme il y ade l'aparence,du Passageque j*ai citévers la fin du7 ex te de cet%Artide,il n*yprocede pastrop ronde -zaent ,

(46) Le Com-te à qui Bal-zac écrivaitavoit pourHom de Fa-

mille Cécile.

3 s*

ELISABETH.

P.M, j(,4>S*

rc pour Elisabeth (JgJ , Sc l’on dit même qu’il entretenoit des intelligences avec elle au préjudice du Roi d’Espagne. Ce que Monsr. Leti conte là-desius ne manque point de vraisemblan-ce (R). Je n’ai lien dit de l’Erudition de cette Reine. C’eít pourtant un endroit qui méri- ffjjïwc,

(R). Je n'ai nen slit de l’krudiuon de cette Keine. LTeit pourtant un endroit qui meri-te de l’admiration (d). Son Régné, comblé si long-tems des bienfaits de la Providence , finitpar la plus noire mélancolie dont on ait jamais parlé («S’). Quelques-uns veulent que la mort

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elle engageoit les gens à lui donner la préférence fur cetterivale. Cela tient beaucoup du cœur 8e de l’esprit fémi-nin. Chacun lait avec quelle adresse les femmes vont àla quête de l'éloge, tantôt en se méprisant afin d’être con-tredites , tantôt en s'informant s’il est vrai que telles & tel-les aient un éclat, une blancheur, une taille incompara-bles, Lee.

Remarquez une diférence notable entre Agrippine & laReine Elizabeth. Celle-ci ne pouvoir point íe résoudre àse marier, quoi qu’elle trouvât des gens assez à son gré pourles croire dignes de son choix : l’autre se voiant veuve , 8cencore jeune , demanda un mari à Tibère , 8e lui repré-senta qu’une honnête femme ne trouvoit sa consolation quedans un époux (38). C’étoit parler rondement; car onfait bien que quand une femme n’est pas honnête > elletrouve sufilàmment hors du mariage de quoi contenter lanature. L’Envoié d’Ecosse déclara fort librement à laReine d’Angleterre la raison pourquoi il s’imaginoit quel-le ne vouloir pas fe marier. Je l’estime comme un frere , di-foit-elle parlant de Mylord Robert qu’elle fit Comte de Lei-cester, cy c est le meilleur ami que f aye. Aussi fi savais pûme résoudre à me marier, c auroit été avec lui; mais n y pou-vant pas contraindre mon humeur, ce me fierait un grand con-tentement de voir que la Keine mtt Soeur voulût le choìfir pourson Epoux, n y ayant personne à qui je puisse souhaiter de fi boncœur qu il ait part à la succession avec elle (39). Votre Ma-jesté est assurée de n'avoir jamais d’enfans, lui dit l’Envoiéd’Ecosse, étant résolue, comme elle dit, de ne se pas ma-rier. ” II est vrai, dit-elle, j’y fuis résolue, & je ne me„ marierai jamais , si la Reine ma sœur ne m’y force par„ sa conduite. Je sai, Madame, répondis-Je, que vous„ parlez sincèrement, 8c il n’est pas nécessaire de m’en„ donner des assurances. Car vous savez quêtant mariée,,, vous ne seriez que Reine, au lieu qu’à présent vous êtes„ Roi 8c Reine tout ensemble. Je sai que votre grand,, cœur ne sauroit souffrir un maître (40) ”.

(6JJ Le Pape Sixte eut une estime particulière pour Elisa-beth . ] II 1 a mettoit au nombre des trois personnes qui àson dire méritoient seules de régner : les deux autres étoientlui-même, 8e Henri IV. Votre Reine, dit-il un jour à unAnglois , est née heureuse , elle gouverne son Royaume avecbeaucoup de bonheur, cy il ne lut manque autre chose que de semarier avec moi pour donner au monde un autre Alexandre(41). Monsr. Jurieu a exprimé cela un peu plus cavalière-ment. ” Ce bon Pape disoit qu’il eût bien voulu coucher„ seulement une nuit avec Elisabeth Reine d’Angleterre, as-,, suré qu’ils feroient ensemble un nouvel Alexandre le„ Grand. Cela est digne de la gravité 8c de la chasteté d’un„ Pape. . . . C’étoit ce même bon Pape qui disoit que cet-„ te Elisabeth étoit bien heureuse d’avoir pu faire sauter„ une tête couronnée , 8c qu’il portoit envie à sa félici-,, te (42) ”. Balzac , par je ne sai quelle pruderie, a subs-titué aux expressions de ce Pape un autre langage qui leurôte l’air naturel. Je reprendrai la choie d’un peu plus haut,afin qu’on voie toutes les louanges que cet Ecrivain Fran-çois a données (43) à cette Reine dans une Lettre qu’ilécrivit à un Mylord (44). Mon intention , lui dit-il, ne sutjamais de toucher à la véritable gloire de voire Heroïne. Bienai-je cru qu il lafaloit plutôt considérer par la 'magnanimité deson ame dont toute votre postérité goûtera les fruits , que parune legere fleur du corps que non seulement la mort fait tomber,mais qui s’enfuit aux prémieres aproches de la vieillesse (45).Je viendrois d'un autre monde, fi j’ignorois les éloges quelle areçus en celui-ci de la voix de tous les peuples. Je fiai qu on l'anommée l'étoile du Nort, la Déesse de la mer, la véritableThetis. J’ai lu ces mots dans une Lettre que Henri le Grandlui écrivoit au plus fort de ses travaux , cy dans-la violence dela Ligue; Je ferai, Madame, votre Capitaine Général. Le-lui même qui t excommunia en parloit avec estime, cy c étoitcomme vous savez, un Prince de très-haute intelligence , cytrés-savant en l'art de regner. ll prenoit plaisir de s en faireentretenir par les Ambassadeurs refidens auprès de lui, cy disoitquelquefois en se jouant que s’il eût été marié avec elle , laGrandeur cy V Autorité fussent sorties d’un fi redoutable maria-ge. Mais quand elle ne firoit pas arrivée à ce haut dégré deréputation , cy qu on la dépouillerait de toutes ces glorieusesmarques d'estime , deux considérations, À la vérité moins spé-cieuses aux yeux du monde , mais plus sensibles à mon esprit,m obliger oient de reverer fa mémoire. C’est, Monseigneur,quelle n a pas méprisé nos Muses, cy qu’elle a aimé votre Mai-son Í46I. j f ai apris de Camdenus la connaissance qu elle avoitdes bonnes lettres, jusques à, avoir traduit avec succès en Lan-gue Latine des Tragédies de Sophocle, cy des Harangues d'/s>-crate. J’ai apris du même Auteur la part que les vôtres ont euen fa confidence, cyc.

Notez que Monsr. Jurieu devoir citer d’Aubigné à l’é-gaM du second fait; car il ne l’avoit lu que dans k Con-fession Catholique de Sanci, 8c dans l’Histoire Universel-le de cet Auteur. Le Pape ayant fait trencher la teste auComte de Pepoli . .... . (ce sont leS paroles du

Sieur d Aublgne) ft resjouistiit Aune teste de Comte entreses plus privez; mais ayant sceu ce qui s'estait passé en An-

gleterre, il se mit U n estimer rien au monde , ni en féliciteni en grandeur > au pris de la Roine Elizabet , cy ( commepleurant les conqueftes d'Alexandre) disoit d’elle O beatafœmina , che ai gustato d piacer di far íaltare una testacoronata (47).

(R) Ce que Mr. Leti conte, touchant les intelligences deSixte V avec Elisabeth, ne manque point de vraisemblance. ]Le Pape Sixte V haïisoit 8c redoutoit le Roi d’Espagne :il devoit donc naturellement lui souhaiter de mauvais suc-cès , 8c aimer mieux que l’Heréiie fe maintint en Angle-terre , que de voir Philippe II devenir le maître d’un 6bon païs. Les Papes entant que Souverains suivent les prin-cipes de 1 a Religion du Souverain , Sc par conséquent ilssacrifient les intérêts du Catholicisme à l’intéiét de leurpuissance particulière. De quoi leur serviroit, par éxem-pie , qu’un Roi d’Espagne subjuguât les Protestans , si parce moien il fe rendoit si formidable i k Cour de Rome ,que l’on n’osát plus y refuser quelque chose aux Espagnols,de crainte de voir revenir Tannée 1527 , 8c Tempruonne-ment de Clément septième ? C’ess un moindre mal au Pa-pe de n’être point reconu ni en Hollande ni en Angleter-re, que s’il y étoit reconu, 8c que cela mît en état quel-que Prince Catholique d’obtenir à Rome de gré ou de for-ce toutes ses demandes. Si ce principe de ipéculation nesuffit pas à convaincre que Sixte V a fait échouer autantqu’il a pu les entreprises du Roi d’Espagne contre Elisa-beth , nous trouverons bientôt une raison de pratique quiachevera k conviction. Lors que Louis XIV faísoit desprogrès si considérables 8c si rapides contre les Provinces-Unies Tan 1672 , le Cardinal Altieri, qui étoit Pape d’ef-fet, quoi qu’un autre s’appellât le Pape Clément X , âpre-noit ces nouvelles avec un mortel chagrin , parce qu’il n’ai-moit point k France, 8c que Mr. le Duc d’Etrée Ambassa-deur de cette Couronne le mortifioit autant qu’il pou-voit (48). De plus fraîche date , on. a vu Innocent XIsourd à tout ce qui auroit pu favoriser les affaires du RoiJaques, 8c ardent promoteur de tout ce qui étoit contrai-re à la France (49). C’est qu’il craignoit plus l’agrandisse-ment de Louis XIV, qu’il ne souhaitoit Tagrandissementdu Catholicisme. II craignoit d’'être écrasé sous la trop gran-de puissance de ce Prince , & ainsi il étoit bien aise queles Protestans fussent en état de la refréner, 8c de la dimi-nuer. D’où nous pouvons mieux conoître la situation heu-reuse des affaires des Protestans , puis que non feulementk jalousie éternelle de 1 a France Le de k Maison d’Autri-che leur fera toujours trouver des Alliez 8c des protecteursdans les Etats de contraire Religion , mais que k Cour deRome même fera selon l’éxigence des occasions ce que Six-te fit au préjudúv du Roi d’Espagne, 8c ce qu’a fait'Inno-cent XI au préjudice de Louis XIV. Cette Cour n’est pasmoins intéressée que les autres à maintenir T équilibre.

Mais à quoi bon chercher des exemples ? il ne faut queconsidérer Sixte lui-même par raport à Henri le Grand. IIest fur qu’aiant pris garde combien la Ligue augmentoit laforce des Espagnols, il changea de bnterie, 8c qu’il favo-risa en France le Parti des Protestans, 8c s’il ne fût pas mort,st eût donné tous ses foins à ôter au Roi d’Espagne 1a cou-ronne de Naples (50). II traversoit si visiblement la Li-gue, que les Espagnols le menacèrent de protester contrelui, cy de pourvoir par d’autres voyes à la conservation de l’E-glìse qu il abandonnait ( 51 >. Sa mort combla de joie les Li-gneux : un de leurs Prédicateurs (52) l’annonçant aux Pa-risiens fe servit de ces paroles : Dieu nous a délivrez d'un mé-chants Pape cy politique : s il eut vécu plus long-tems on eût etebien étonné d otur prêcher dans Paris contre le Pape, cy il l’eutfalu faire (;3 ). Ce ne fut point pour avoir conu le grand

mérite de Henri IV, 8 c les fourberies de k Ligue ( 54) -que ce Pape prit des mesures contraires aux intérêts de laCatholicité: ce fut à cause que les bons succès des Héréti-ques étoient autant de pris fur le Roi d’Espagne qu’il haïs-soit.

( 5 ) Son Régné .... finit par la plus noire mélancolie donton ait jamais parlé. ] Le Commentaire de ces paroles m estfourni par Mr. Silhon. Ari auroit cru, dit-il (çç), q iiS 1cours d’un tel régné cy d'une telle vie (56) eut abouti à unesacieté de regner cy de vivre ..., cy qu il se fut rencontre unprécipice creusé au bout d'une fi belle carrière ? Après quoi uraporte le précis d’une Relation qui a échappé à l’Histoire, uit-il, 8c qui est dans une Lettre qu un Gentilhomme de l’Ambusfadeur de France refident auprès de cette Princesse en écrivit, uun de ses amis à Paris. Comme cette Lettre est imprimée,j’aimé mieux en prendre ce qui sert à mon sujet, que d’eM-ploier les paroles de Mr. Silhon. „ Je vous dirai, M°n*,, sieur, que Topinion commune , 8c de ses Médecins N„ de ceux qui k scrvoient privément à fa chambre ct„ que fa maladie ne procede que d’une tristesse queH„ avoit fort secrettement quelques jours devant que se,, plaindre, 8c fe fondent en ce jugement fur ce qu il ne,, apparu aucun signe de mal qui fût mortel en elle , 0„ tre celuy de l’âge, ayant eu toujours l’urine , le poux»„ 8c les yeux bons jusqu'à la fin. Et aussi qu’en tout I e„ cours de fa maladie, principalement elle n’a jamais vou-

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