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Tome second. C - I.
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du Décaméron de Boccace.

FERRE T. FERRI.

empêché notre Ferretti d’espérer de lui une bonne Traduc-tion. On fera bien aise, je m’assùre, de voir ici ses pro-pres paroles. Per la moltitudine cy varietà de le cure, ne le-quali egli ha reso fingular conte di se, o fer ejser deditijsimo àla agricoltura, cy à l’edificare, seconda che dimostrano le villecy le case sue, o fer haver moglie cy buon numéro di figluoli cymaschi cy femme, à quali e fiat o meflierì di altro aiuto che di

tisser favole, à egnì ultra cosa aspettavo che rai rìuscijst che atradur novelle, almeno in Ji gran numéro cy di fi gran vartt-ta : ma la bellezza de l'ingegno fuo, cy il compartimente, f ctil quale egli ha safuto cofi ben dispensar il tempo , ha vinte cytante sue díjscultà, cy l’imagination mia. Voilà en passantune petite notice de la personne du vieux Traducteur duDécaméron.

FERRI (Paul) en Latin Ferrius , a été un sort savant Théologien au XVII íiecle. Fnaquit le 14 de Février , à Mets, ou là famille faisoit figure {A). II fit de fi grans pro-grès à Montauban , où on l’avoit envolé pour étudier en Théologie, qu’il fut reçu Mimlìreà Mets l’an 1610, à l’âge de dix-neuf ans. II avoit déjà publié un Livre (B), La qualité àeProposant se trouva unie en lui avec le titre d’Auteur. Ceux qu’il publia depuis en divers tems lutaquirent beaucoup de réputation (C). II avoit de grans talens pour la Chaire. C’ctoitl’homtnede fa Province le plus éloquent, & dont les discours touchoient le plus. Sa belle taille, son vife'ge vénérable, 6c ses beaux gestes relevoient beaucoup son Eloquence. Ses ennemis firent courirun faux bruit, qu’il étoit l’un des Ministres que le Cardinal de Richelieu avoit gagnez pour rac-cord des deux Religions. On volt cette fauflèté dans les Lettres de Guy Patin (D). Ce qu’il ya de certain c’est qu’il gemiífoit de la division des Protestans, & qu’il ne descfpéroit pas de pouvoircontribuer quelque choie à l’éteindre. C’est fans doute dans cette vue qu’il entretint un grand ^ i'>^commerce de Lettres avec Duraus {a) (A), qui négocioit en Allemagne la concorde des Protes- f‘* Jr! ‘

(1) Le ca-talonned’Oxforddet>oit lequalifier Mc-tensis, <ùrnon pas Me»treuils.

(r) C?est un

Oclavo deSi S pages: leTitre psrtequ' il efl im-primé k Cot-

, Gotsta-dii. Cejì a-parerrmentun Nom forgeà phifir, quisignifie enAllemand,Ville deDieu, parlequel on défi-gne Geneve .

(3) Datéedut 9 de Juin1617 : elle fietrouve an IIITome desMémoiresde Du Ples-fis ,pag. IIJ8.

(4) Alegam-be, Biblioth.Societat.Jesu, pag.zs;. SonContinuateur« dit Verriiou lieu deFenii.

(s) Ancil-lon, Mé-lange Criti-que, Tom.11 , pag. r«s.

( 6 )On venoitde parler duScholasticusorthodoxus.

(A) Il naquit à Mets (x) , oh fa famille faisoit figure .]Jaques Ferri ion pere fut quarante 8c un an à passer succes-sivement par tous les dégrez de l’ancienne Magistrature decette ville, 8c ne sortit d’emploi qu’à la supreffion qui se fitl’an 1643 de la Juridiction des Juges qu’on apelloit Trei-zès. Elizabeth Jolli fa femme , mere de notre Paul Ferri,étoit sœur du célèbre Pierre Jolli Procureur du Roi à Mets,à Toul, 8c à Verdun, auques Mr. le Bey-de Batilli 8c Mr.Boissard adressent plusieurs Epigrammes dans leurs PoésiesLatines.

(B) A Vâge de dix-neuf ans, il avoit déjà publié un Li-vre.'] En voici le Titre , Les frémieres Oeuvres Poétiquesde Paul Berri Mejfin, oh fous la douce diversité de ses concep-tions fe rencontrent les honestes libertez d’une jeunesse. II le fitimprimer à Montauban en 1610. II n’étoit encore queProposant , mais comme il se préparoit à être promu bien-tôt au Ministère , il finit son Avertissement au Lecteur parces mots , fat ludo nugisque datum. Si ce Recueil de Poé-sies étoit en Latin , on l’apelleroit Juvenilia Pauli Ferrii.Voici un nouvel Auteur à ajouter aux Enfans célèbres, siMr. Basset les rimprime. La prémiei'e Piece que l’on ren-contre dans ces Poésies est une Pastorale intitulée, Isabelleou le dédain de l’Amour. On voit ensuite plusieurs Sonnets8c quelques Stances fous le Titre de Les Gloires d’Isabelle, 8cenfin plusieurs Stances 8c Sonnets pour des Ministres 8cautres personnes de Montauban , de Mets, 8c de la Ro-chelle.

(C) ... Ceux qu il publia depuis en divers tems lui aquirentbeaucoup de réputations Celui qu’il fit imprimer l’an 1616,fous le Titre de Scholastici orthodoxi Specimen (x),montre quela doctrine des Protestans fur les matières de la Grâce a étéenseignée par les Scholastiques. Ce Traité lui attira l’estimede T illustre Mr. duTleffis Mornai, qui lui en écrivit une Let-tre (3) où il lui donna ses avis fur un autre Ouvrage qu’ilavoit ouï dire que Mr. Ferri composoit. Cet autre Ouvragefut imprimé à Sedan, chex Jean Jannon , 1 ’an 1618,8c a pourTitre, Le dernier Désespoir de la Tradition contre VEcriture,ou Réfutation du Livre de François Kíro». Voici le Titre d’unLivre publié à Leide l’an 1630 : Pauli Ferrii Vindicte pro Scho-lastìco orthodoxo adverses Leonardum Perinum Jesuitam,Doc-torem Theologum , cy Vniverfitatis Mufstpontans. Cancellarium,jufta, plena, arnica, in quibus agitur de pradestinatione cy an-nexis, de gratta cy libero arbìtrio, de causa peccati, cy justifi-catione. Ce Jésuite avoit publié un Livre l’an 1619 , qu’ilavoit intitulé Thrasonica Pauli Ferrii Calvinifia (4). Monsr.Ferri, en 1654, fit un Catéchisme général, pour montrerqu’il avoit été nécessaire de réformer l’Eglise Romaine. IIle publia la même année sous le Titre de Catéchisme géné-ral de la Réformation. Mr. Bossuet, qui étoit alors Cha-noine 8c Archidiacre de Mets, 8c qui s’est rendu depuis sicélèbre fous le titre d’Evêque de Condom , 8c fous celuid’Evêque de Meaux , écrivit contre ce Traité de Monsr.Ferri. Je ne dois pas oublier que ce Ministre fut choisi pourprononcer le Sermon funèbre de Louis XIII » 8c celui de laReine mere Anne d’Autriche. Ces deux Sermons font im-primez. II fit auffi des Prières en quelques rencontres pourla guérison de leurs Majestez. Ces Prières furent imprimées,8c font très-belles.

Ajoutons à tout ceci un Passage de Mr. Ancillon (;).„ Monsr. Ferry a fait encore un autre Livre (6), qui a„ pour Titre Le dernier Désespoir de la Tradition , qui est un„ très-bon Ouvrage en son genre. II fit auffi en Tannée„ 16x4 un Livret qui a pour Titre, Remarques d’Histoires„ fur le discours de la vie cy de la mort de St. Livier, cy le,, récit de ses miracles nouvellement publiées par le Sr. de„ Ramberviller Lieutenant Général au Bailliage de l’Evêché„ de Metz , avec diverses approbations des Dofileurs, Mr.„ Ferry ne voulut pas estre conu pour Autheur de cette pe-” r!f'* > Ki Ce ’ P arce siu’il Tavoit écrit contre un homme con-„ fiderable, 8c son compatriote, avec lequel il ne vouloir„ pas fe brouiller ; mais il m’a fait présent d’un Exemplaire„ de ce Livret, depuis que j’ay esté son Collègue, 8c je l’ay

rans,

„ encore actuellement, fur lequel il a mis ces mots de fa„ propre main, au dessous du Titre, Par Paul Ferry ”.

(X>) On voit cette fausseté dans les Lettres de Guy Patin,]Voici le Pasiàge (7). ,, Monsieur Ferri Ministre de Mets„ y est mort depuis un mois. II étoit un des plus fa vans„ de fa volée. Si le Cardinal de Richelieu ne fût pas mort„ si-tôt, il alloit faire accorder les deux Religions. II y,, avoit plusieurs Ministres gagnez pour cela. Ce Monsieur„ Ferri étoit de la bande, 8c en avoit une pension de 500„ écus tous les ans. Voilà comment les Huguenots en par-„ lent ici ”. Les ennemis de ce Ministre renouvellérentce faux bruit à l’occasion de son Catéchisme général, oùils prétendirent .qu’il donnoit prise à son Adversaire, je veuxdire à Mr. T Abbé Bossuet Archidiacre de Mets, qui écrivitcontre lui.

(E) Il entretint un grand commerce de Lettres avec Du-rteus.] Ce commerce dura plus de vingt-cinq ou vingt-sixans. Je raporterai fur ce sujet une Historiette qui m’a étécommuniquée. Duraeus, étant à la foire de Francfort aumois d’Avril i66z, témoigna à quelques Meilleurs de Metsla passion extrême qu’il avoit de voir Mr. Ferri. Lors qu’ilsfurent prêts à s’en retourner chez eux, ils lui demandèrents’il vouloir être de la partie, 8c Texhortérent à ce voiage,8c s’offrirent de l’attendre jusqu’au lendemain. II auroitvoulu qu’on lui eût donné plus de tems pour fe résoudre,mais il salut mettre fin bientôt à la délibération. II prit leparti d’aller à Mets : fur cela voici deux obstacles qui feprésentent, il faloit se résoudre à s’habiller à la Françoisecomme un homme de campagne , 8c à faire raser unegrande barbe blanche 8c quarrée qu’il portoit. II avoit del’aversion pour la prémiere de ces deux choses, 8c Tautrelui étoit une terrible mortification. Mais le désir de voirMonsr. Ferri surmonta tous ces obstacles. Ils arrivèrent àMets si tard, que Durœus fut obligé de renvoier fa visite aulendemain. Mais quelqu’un de ceux qui étoìent venus aveclui alla dire de fort bon matin à Mr. Ferri que Monsr. Du-raeus étoit arrivé le jour précédent, 8c qu’il étoit juste de pré-venir fa vifíte.Monsr. Ferri se trémoussa tellement à cette nou-velle, 8c se remplit si fort du plaisir d’aUer embrasser inces-samment ce bon Docteur, qu’il oublia d’attacher les jarretiè-res de son calçon, 8c qu’il sortit demì-habillé. Leur entre-vue fut accompagnée de mille marques.édifiantes de zélé»8c d’estime réciproque. On croit qu’enfuite de leurs Confé-rences Mr. Ferri fit un Ecrit qu’il adressa aux Théologiens àeStrasbourg. Quelqu’un deux, qui aparemment n’étoit paspour lc Syncrétisme, écrivit contre Mr. Ferri. Remarque 1en passant combien Mr. Amyraut s’étoit trompé, lors qu’en1647 il parloir de ce Durœus comme d’un homme qui ne vi-voit plus (8).

Mettons ici ce que Mr. Ancillon Collègue de Monjr*Ferri a dit de Durœus (9). „ II vint à Mets où il conss ra„ dans une maison tierce avec Mr. Ferry 8c moi sur ce sij-„ jet. II nous dit en confidence tout ce qu’il avoit f 33 *„ jusqu’alors, 8c ce qu’il avoit dessein de faire à la fuite »„ 8c nous demanda nos avis; Nous remarquâmes que c’es-„ toit un homme de bien 8c qui estoit fçavant, quïl est 01t,, très-capable 8c très-propre à négotier une affaire de cet-„ te importance; II l’avoit mis dès lors en très-bon état; 1,, avoit dés-ja parole de tous les Princes d’Allemagne &

„ Roys du Nord ; II nous dit qu’il ne trouvoit pas de oib 1 ',, culté de la part des Princes, 8c qu’il n’y avoit que q uel j„ ques Ministres, qui aportassent des obstacles 8c qui s os'„ posassent à ce grand 8c souhaitable ouvrage. H se lou 01,, fort de la Charité des Messieurs de Zurich qui Juy avoicu„ fourni de grandes sommes d’argent pour faire ses voyag e ”„ 8c pour suppléer à ce qu’il falloir au de là de ce que„ Protecteur (10) luy faisoit donner. Nous Texhortam„ fort à continuer de travailler jusqu à ce qu’il eut mis„ dessein à exécution ”. ce

Je marquai dans la prémiere Edition de cet Ouvragque portoit le Mémoire qui m’avoit été fourni, c’estq uclfuite des Conférences de Duraeus 8c de Ferri en 1 ^^ier

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