Band 
Tome second. C - I.
Seite
630
JPEG-Download
 

& 3 o

G UEBRIANT.

qu’il ait commiíé par raport à cette Dame. Cela peut servir à 1a préserver de quelques mauvaissoupçons (G). II ne faut pas croire légèrement tout ce que Guy Patin a dit d’elle {H). Celanous fournit une Remarque , où l’on verra en quel tems elle mourut. On verra dans une autreRemarque l’erreur d’un Écrivain Allemand (/), qui a fait des Notes fur Priolo. II ne faut pas

oublier

ville avec Madame de Guebriant, accompagnée de la maî-tresse en question. Mais le jour de la capture , la Maré-chale qui vouloir être dans Brisac, lors que la prémiere nou-velle y arriveroit, suposa je ne sai quelle affaire, qui l’em-pêchoit d’être de la promenade, 8c voulut néanmoins quetoute la troupe qui la devoir suivre s'allàt promener. Laseconde fausseté regarde la mort de cette Dame. Monsr.

Priolo la fait mourir de chagrin, dans un tems où la guer-(n) Labar- r e civile n’étoit pas encore terminée; mais il est fur (22)dxUS à H r" qu’elle ne fe déconcerta point, pour le mauvais succès debus Gallic'" son entreprise de Brisac, 8c quelle continua ses intrigues àLibr. ix, Bâle même, & fe remplit la tête de vastes desseins, pourl>*g. 7ì7,*d fe faire valoir auprès de la Reine mere, 8c auprès du Car-ann. i6jz. dinal Mazarin: en un mot, quelle n’est morte qu’en r659après avoir fait une si grande figure à la Cour, qu elle de-voir être prémiere Dame d’honneur de la Reine Marie Thé-rèse. Comment est-ce qu’un Historien comme Mr. Priolo,qui avoir eu assez d’habitudes avec le grand monde pour en d’Auguste (30)bien savoir la carte, & qui n’a publié son Livre que peu de stérilité,d'années après la mort de cette Dame, a pu li mal placerfa mort, qu’il lui a ôté cinq ou six années d’une éclatan-te prospérité ? C’cst peut-être lui avoir rendu un bonoffice.

- Monsr. de la Barde observe que cette Dame, non contes-te de l'emploi d'Ambassadrice qu’elle avoit eu, souhaita com-me quelque chose d’un plus grand relief, de s’engager dansune intrigue de guerre (zz). On difoit même quelle aspiraau Gouvernement de Brisac, 8c à posséder les terres que leRoi a en Alsace. Elle se seroit paiée des sommes que le Roilui devoir, 8c auroit formé dans cette frontière un petit Etat.

EÁ tempeftate vulgatum Dubecam non mod'o Brifiacum expete-re fibi, ouï Prafeda efiet , sed gy pradia qua Rex in Alsatiâpojfidet omnia , quibus huic permijfis Are ft alieno liberaret, quofath grandi Dubect obstriftus erat : ita mulier nihil nist ingensanima volvere folìta, fibi fpeciem Principatùs aliquam in hàcab Aulâ remotà regione fingebat (24).

( G ) Cela peut ... la préserver de quelques mauvais soup-çons. ] je viens de dire que pèut-être on lui a rendu un bonoffice. Le bon office, au cas qu’il fût là, consisterait en ceque si V Auteur n'avoit point représenté la Maréchale de Gue-briant comme morte avant la fin des troubles, il auroit faitsoupçonner à plusieurs de ses Lecteurs, qu’elle étoit l’une des

monter à Aspasie, 8c à Lamie, ni même à la Duchesse deValentinois, ne voions-nous pas dans le même tems à peuprès dont Mr. Priolo parle, une Duchesse assez avancée enâge (29) qui ne laissoit pas de faire de grandes conquêtes enamour ? Monsr. de la Barde que je cite s’accorde avec Monsr.Priolo sur ce point, savoir que les femmes sc mêlèrent extre-mement du gouvernail pendant les orages de la derniere mi-norité. L’Auteur des Pensées fur les Comètes auroit pu ajou-ter cette Citation à celles de son Article CCXXXVI, & nonseulement celle-là, mais une infinité d’autres semblables quel’on trouve dans les Livres.

Notez, je vous prie, que quand j’ai dit que l’Historiena représenté comme stériles les quatre Dames, dont le cre-

(nj Legati. . . perpt -nam fufitnut-rxt , (fuod t&“metfî amplurr*ipfiy

fieumque vi-Jutn , t amenmaçis suprafam>na.tn ejsevidebatur ,quidstAmquodad mili‘tiam pertintrW, attìntere »eujus fibi ft-cuftatem dariift CharlrvofUn€iotÌ9 efi «r-hitrata..Labard.pa£. <10.

( 24 ) liem,ibidem.

M e'di-s a N C E dePiîolo con-tre quelquesDames.

dit étoit si grand, je n’ai entendu cela que par raport à laplupart des Lecteurs; car ceux qui savent que ces parolesde Monsr. Priolo, neque régna, neque fibi selicis uteri , sontune allusion à une chose que Paterculus a dite de Julie fillene les prendront pas pour une marque

(H) il ne faut pas croire légèrement tout ce que Guy Patina dit d'elle.l Voici deux Passages de ses Lettres. Madamela Maréchale de Guebrian , dit-il dans une Lettre du 9 Sep-tembre 1659, est morte (3D a Perigueux : elle n a été mala-de que treize heures , C y est morte fans confejfion ; elle étoit l*

Partisan de ct païs-là , elle y est fort maudite. Dix jours âpres r ,„il en parla de cette maniéré : Il est venu des nouvelles que la j'" fris

(29) m ' c,ut nevtrt*Maria ,

yvasori*

(d’Avaa-

as**

,sirota ?"

pitlchritttj*

tentas'. v .

bmi m fi

«•'Kî-

et ***dtm ttt“ >u n(tu" h *

ft*

(lî) Ftîol.Uhr, II ,num. 43 .

(16) ìiem y

Libr.. VIII,

nuof. to.

(zj) Vfitz. lafin de cette'Remarque.

quatre femmes dont il parle très-desavantageusement. IIdit que ce furent quatre femmes qui allumèrent la guerrecivile par toute la France ; quelles avoient plus d’esprit quede vertu, Sc que n’aiant pas réussi dans leurs projets. ellesfirent les' dévotes 8c se mirent en Religion; ce qui est ordi-naire , dit-il, quand le miroir fait conoître qu’on n’est plusen état de bien tenir fa partie dans le monde. Tune qua-tuor, non quidem abfurda ingénia , sed qua plus moribus noce-hant quàm ingenio proderant omnem Galliam commiserunt. . .Jpst poftea improsperts , ut fit, rébus se pradamnantes Numinifidem obligarunt per religionis mtnâacem fimulationem v fu-cosa superstitione : ejfœtis vitiis januâ clausâ , cum spéculadamnante, se putris foneHus, pracisâ eius sententiá resormi-dat (25). Ad arbitrium quatuor sxminarum nostra diu rec-ta. IlU neque Regno neque fibi selicis uteri dum sua magni-tudìne peccandi licentiam metiuntur, Galliam omnem in sum-mum discrimen vocavere, cyc (2 6\ Pour mieux compren-dre combien cette Maréchale est obligée à l’Historien, qui latire de la bande de ces quatre Dames, il faut se souvenir qu’illes représente comme stériles (27 ), 8c mésurant à leur gran-

J L t, /*«« aa Ha - s-ì » /T. u A. . * "__ __ T . .

Maréchale de Guebrian est morte à la suite de la Cour. Tiltétoit tante du Marquis de Vardes, cy rta jamais eu d’enfant-fe pense que la succession en est bonne. Elle est morte en 4 joursb fans confejfion. On peut dire d’elle ce que dit Erasme, ctradiant , d’un Cordelier qui mourut subitement , obiit finecrux, fine lux, sine Deus («). On dit quelle devoit beau-coup ; mais en récompense la Reine lui doit 40000 pistoles , qu el-le lui prêta durant le Siégé de Paris.

§ (ce) Ce Mot sc trouve dans les Facéties de Bebclius, aufeuillet 56 de l’Edition de 1542. Et Luther l’a aussi emploiedans ses Propos de table., Tom. I. au feuillet 86. Omnes,dit-il d’un bon nombre de ses Adversaires, mortui sent fintcrux, ey fine lux. Rem. C r i t.

Comme il y a dans les Lettres de Mr. Patin beaucoupde nouvelles, qu'il ramassoit en faisant la ronde de ses ma-lades (32), je ne voudrois pas faire lond fur tout ce que je

intir h»W'iïvirìG0 s lita

fr*

“t 1, - „Rtor'f

íí>

K

Stf

“frlC^ 5 ’

l^-gClU’car : * crf^.,1

- . - . . n>í

viens Remprunter de lui. je croirois volontiers que cèpe sibi^ici*

Dame fe mêloit dans les partis, 8c que la dépense excessivequ’elle se plaisent de faire, 8c son génie qui aimoit l’occu-pation, la tournoient vers cette source de gain, 8c qu’ainuelle se faisoit maudire dans les lieux où elle exerçoit sonsavoir faire: mais je ne pense pas que ce fût dans le Pen-gord ( 33 ). Son heure l’y surprit fans doute, lors qu’elle nefaisoit qu’y passer pendant le voiage de la Cour en Guien-ne , dans le tems qu’elle espérait de prendre bientôt pos-session de la dignité de prémiere Dame d’honneur de la Ber-ne; car on ne doutoit plus alors du mariage du Roi avecl’In santé d’Espagne.

Si l’on réimprimé les Lettres de ce Docteur, on fera b nrnd’y ajoûter des Notes rectifiantes, 8c un bon Indice alpha-bétique. Mais ne quittons pas son Ouvrage, sans tirer <j el’une des Lettres dejà citées quelque chose qui concerne I*Famille de Guebriant. II dit que la Comtesse de Motet,Maîtresse de Henri IV, est célébré dans l'F.uphormion de sar-clai fous le nom de Casina ; que c est à l'endroit oie elle fut ma-riée au Comte de Cefi-Sancy, qui depuis fut envolé Ambas*'

deur la licence de pécher; se repaissant toujours de grandes deur à Constantinople,cy que là fe voit la description d’un c° n '.idées ; S attachant en secret au Cardinal par 1 entremise de trat de mariage d’un homme qui veut bien être cocu, cyleurs Galans, 8c se trahissant les unes les autres; deforte que promet <ty s’oblige à le souffrir-, qu environ Tan 1618 tUt I ecette Eminence n’étoit point le Juge de trois, mais de qua- ’ ' "

tre Déesses coquettes. Sic Mazarinus non trium sed quatuorDearum Ubidinantium judex suit. Pendant que celles-làétoient dans ses intérêts, d’autres lui étoient fort contraires,

8c ne trouvoient rien -qui leur coûtât trop, pourveu qu’ellesse poussassent dans le secret des intrigues. Elles y paioient

remaria au Marquis de Vardes, fils du bon-homme Gouvernéde la Chapelle, tyc. II faloit dire la Capelle (34); ce G° u "vernement a été aussi possédé par celui qui épousa la Ç on }'tesse de Moret. On pouvoit ajoûter que Henri IV stip u ' a ..Comte de Cesi, qu’il quitterait cette Comtesse dès se ‘°des noces, 8c que cela fut exécuté (3;). L ’Euphormttn

(li) P Ars(ni copiamjjcere M aii-4^ AfcAnumqHídlìàet ri-martntur .Pnolo,

Libr. II 9wm. 42 .

iv ^wv». MHOJ «WW «wv, ,uni{j«w. —aavw } J-- -'•V'-VJ» CA. AJUC V.»-ia lut C.AV.CUIV. \ /• -t-i Z-. t*f v a.

de leur personne (28), 8c cela est presque inévitable à celles fait point promettre cela, mais il fait promettre par contra »qui se veulent mêler de guerres civiles. Elles ont besoin de qu'on ne toucherait point l’Epouse. Cette particularité

’ ™ “ ’ . - - • -- - a.. -.Psi-. celui

sof:

»> £I !’ n?<"

‘fe-

Pt

cíers- (l( ,u>r% idirfáoo*:

bi<V'

í

pr01 /' ’?«'vl> lli ' 1

v‘ ,l> , ifolf'f’iit

otdss |í

la confidence des Chefs de parti, il leur importe que cesMessieurs leur prêtent le secours de leur épée, 8c de leurpolitique ; mais ils ne font rien pour rien, 8c leur galante-rie fait bien profiter de l’occasion. Les engagemens qu’el-les contractent deviennent tôt ou tard des obligations aucorps , dont l’on ne s’aquitte que fur ce pied-Ià. On nedonne point le change aux créanciers ; ils exécutent furl’hypotheque. Telle est la condition d’une Dame qui veutêtre directrice des Révolutions d’Etat. Monsr. de Turenneavec toute sa sagesse ne put surmonter, dit-on, l’impétuo-fité du torrent; il voulut lui aussi qu’on reconût par îe ser-vice personnel ce qu’il faisoit pour la Fronde. J’avois cruque c’étoit peut-être la prémiere 8c la derniere fois quel’on eût causé de ses galanteries ; mais j’ai apris d’une per-sonne qui le pouvoit bien savoir qu’il se mêloit assez sou-vent de ce métier-là. L âge de la Maréchale de Guebriantn’empêcheroit pas tous les Lecteurs de la prendre pour l’u-ne des quatre , si l’on n’y avoit beaucoup mieux remédiéde la façon que j’ai dit, que par les caractères qu’on leurdonne, dont il n y a que quelques-uns qui ne lui convien-nent pas : 1 âge » dis-je, n’y seroit rien ; car pour ne pas re-

devoit point être oubliée par Mr. Patin. Au reste , cc ch* 1 ’) ;qui a donné la Clef de YEuphormion (36) fe trompe, ^ lu

prendre pour le Comte de Moret Yolympion qui se f° u ®ces conditions de mariage. ,3

(/) On verra . Terreur d’un Ecrivain Auetna^ ■- M ^

L’Histoire de Mr. Priolo fut réimprimée à Lcipsic P° „ 0 . ó/jLiWseconde fois l’an r686. On y joignit des Notes d unfesseur nommé Franckenstein , qui à la vérité ne */, it pl1

exemtes de fautes, mais qui néanmoins sentent un no ^assez bien instruit pour un étranger. Ce Professeur ^ ,.íidit que Priolo accuse souvent de trop d’ambition lachale de Guebriant (37), ajoûte qu’elle en donna une P -

ve signalée, lors qu’elle demanda à la < q° ur , d 'Ì- R ? 1 A «triche jt»"’ (htlogue les mêmes honneurs, que l’Archiduchesse d cd

y avoit reçus, quand elle y avoit amene fa fille fiance- . 4.^Roi. II cite Mr.de Wicquefort au II Livre delAmba ^ y f *deur, Sect. VIII, page i 3 4- Ma.s outre qu st faloit ate ^

4 tìasdaf >lr

' J 2 A-- de 71 An). (IK) Vain. PFJitim dí Lí,lle j‘s, i’llià ce d

AU mets de mai T6<2 4&e <*e «ru. \ Patte

in t. (27) 1‘ n Ai r,marqué c',,' yccus.n-n q* ,n 2■ 1

ticrcs suit p™ U £r. Franckcnstçin, quot que fort amplt,

11 v \ h- .

-