GUYET. GUIGNARD.
^IIV^T /r„*T,r vsì Jésuite François, né à Tours l’an 1601, entra dans la Societe lan £GUYET (Charles jeiuite t-ra ç , & la Théologie Morale pendant deux l ‘ aMn *
l<Sl1 » & y enseigna es bâtes Lettres,ja nd d dc ]on p ue durée. Il devint, consommé dans
ans. II s attacha ensuite aux Prédications, ce qui tut ae longu
la conoissance des Cérémonies, de l’Eghse: cela paroît par aeux Ouvrages qu on a de luiÌ 1 mourut à Tours le 30 de Mars 1664 (<*)•
{A).
Sotuel,
Biblioth.
Scriptor.
Soctetat.y*^
"K.
Tiou^T C< íí P aron t >ar deux Ouvrages qu on a de lui.'] L’un aP r i ìtre Or do generalis e» perpétuas divins Offtcït recitandi,autre Heortologia , five de Feftis proprús locorum, à Paris
chez Sébastien Cramoìfy 1657 m folio. 11 n’y à guere de des-sein plus pénible, ni d’un auíîì grand détail que celui d’expli-quer les Fêtes de chaque lieu. C'est ce qu’a fait cet Auteur.
Colî ^ NARD (Jean) Jésuite, natif de Chartres (a) , Sc Professeur en Théologie au (->) thuau,'5 f Olcrmont (b) , fut puni du dernier fuplice à Paris le 7 de Janvier Is9s, comme cou- fàg'JìeH™ c ueLeze-Majesté. 11 fut convaincu d’avoir composé un Livre plein de rébellion Sc de fureur A ^Henri lis Sc contre Henri IV (A): Sc comme les circonstances du rems demandoient à a p 3 ïo-
r/ \ 7. j._ gis Fran-
„ N o rirconítances du tems demandoient tian _
contre Henri ìli Sc contre Henri I ^ ff A ): n \rhTauidepuis un jour avoit exposé la vie du
que l’on châtiât avec la derniere íevénte une o ^ d’user d’aucune indulgence envers c societateRoi à l’attentat de Jean Chastel, on ne trouva pas a-p p & ^ fit paV0 ítre jusques a la mortJcíuite. II refusa opiniatrément de faire amende honora ’ p a é [ é [oiìé comme un Martyrqu’il ne reconoissoit point Henri IV pour Roi e r , Jésuites répondirent quand on eur
par l’Apologiste de Jean Chastel (C). New verrons c ^ c J ( D lis nièrent le fais, Streprocha qu’ils lui avoient donné une place dans Leur y L quant
Jesu, pag,3 Si.
s is) * f ut c °nvaïncu d’avoir composé un livre plein derébellion ©* de fureur contre Henri 111 e/ Henri IV.] Voicicomment on 1 c sut. „ Comme Meilleurs de la Cour ira->» vailloyent au procès de Jchan Chastel, aucuns d’iceux de->> putez pour ce faire s’estans transportez au College de Cler-», mont se saifirent de pluíìeurs papiers , entre lesquels fut5, trouvé un livre escrìt de la main dudict Guignard Jésuite,,, contenant plusieurs propositions & moyens pour prouver» qu'il avoit esté loisible de tuer le Roy, avec plusieurs in-„ ductions pour faire ausii tuer son successeur. En voicy„ quelques unes extraictes dudict livre qui se trouve encores„ au Greffe de la Cour ( i ) ”. L’Auteur de l’Anti-Cotonraporte en fuite quelques Extraits de ce Livre-ìi ; mais com-me Victor Cayet en a donné de plus amples, j’aime mieuxemploier ici son Narré. „ Quant à Guignard, il ne put nier,, qu il n’eust escrit les neuf Propositions suivantes, sçavoir,
„ I. Z»e en l’an 15 72,, au jour sain ct Barthélémy, si on» eust saigné la veine basilique, nous ne sussions tombez de„ fièvre en chaud mal comme nous expérimentions : sed„ qmcquïd délirant Reges ; pour avoir pardonné au sang, ils« ont mis la France à feu & à sang, or in caput reciderunt„ tnala.
1 Q ue Néron cruel a esté tué par un Clement, &” e ^î?) ne simulé despesché par la main d'un vray Moine.
” «H' Appâtons nous un Néron Sardanaple de France,” de Bearn, un Lyon de Portugal, une Louve
" o Angleterre, un Gtifon de Suede, & un Pourceau de» oaxe.
s ” JY- Pensez qu'il faisoit beau veoir trois Roys, si Roys" r, rrt .p 1 j Cn ! nommer, le feu Tyran, le Béarnais, Sc ceV o ° narque de Portugal D. Anthonio.
fur 1 p’ ” Ue ' e Plus bel Anagramme qu’on trouva jamais» disoit Tt Tyran deffunct estoít celuy par lequel onVí rv 1 x 'duin Herodes.
; ' V >Ue Pîcte héroïque faict par Jacques Clement," 77™ , e ? on du 8. Esprit , appelle de ce nom par nos" izsEOmgtens, a été justement loué par le feu Prieur des" lis ° mS oourgoing Confesseur & Martyr , par plusieurs" tant » Paris que j’ay ouy de mes propres aureilles,
" ""qui! enseignoit la Judith, que devant ce beau Parle-" V,'Pours. Ce que ledit Bourgoing qui plus est a” rV- 'on propre sang, Sc sacré de sa propre mort: Se
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Ennemis rapportaient que parcest acte comme de-
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>i ne falloit croire ce que» ms derniers propos il avoit improuvé», testable.
,, VII. Que la Couronne de France pouvait 8e devait„ estre transférée en une autre famille que celle de Bourbon.
„ VIII. Que le Béarnais ores que converty à la foy Ca-„ tholique seroit traicté plu» doucement qu’il ne méritait, si„ on luy donnoit la couronne monachale en quelque Con-„ vent bien reformé, pour illec faire penitence, de tant de„ maux qu il a fait à la France, 8e remercier Dieu de ce qu’il., luy avoit fait la grâce de se recognoistre avant la mort.
IX. Que fi on ne le peut deposer sans guerre, qu’on,, guerroyé: si on ne peut faire la guerre, la cause, mort,„ qu’on le face mourir (2)
( J 3 ) Il refusa opiniatrément de faire amende honorable, c ril fit paraître jusques à la mort qu’il ne reconoissoit point HenriIV pour Roi de France. ] Donnons la fuite de la Narrationde Cayet. „ La Cour ayant veu ces efcripts, Guignard au-„ t h em - interrogé fur iceux a luy representez, recogneut les» avoir composez & escrits de fa main, & pour ce il fut„ condamné par la Cour s*) de faire amende honnorable„ nud en chemise , la corde au col, devant la principale„ porte de l’Ectise de Paris, & illec estant a genoux tenant», en ses mains une torche de cite ardente du poix de deux» livres, dire & déclarer que meschamrnent & mal-hcureu-,> sement & contre vérité st avoit escrit, le feu Roy avoir« esté justement tué par Jacques Clement, 8e que U le Roy,, à présent régnant ne mourait à la guerre, il le falloit faire„ mourir, st oul q f e repentoit, 8e demandoit pardon à„ Dieu, au R 0 y, & \ Justice. Ce faict estre mene 8e con-duit en la place dc Greve, pendu 8e estranglé à une po-„ tence qui y seroit pour cet effect plantée, 8e âpres le corps„ mort réduit 8e consumé en tendres eti un feu qui fêtait
„ faict au pied de ladite potence. Cest Arrest fut exécuté,, le 7 Janvier, & fut ledit Guignard pendu ôc bruílé en fo„ Place de Greve. Comme on l’eust auparavant mené de-,, vant l’Eglise Nostre-Dame pour y faire amende honorable »
„ estant nud en chemise, 8e tenant desjà la torche, il de-,, manda au fieur Rapin, Lieutenant de robbe courte, ce,, qu’on vouloir qu’il fist: il luy dit, qu’il failloit qu’il de-,, mandasl pardon à Dieu Se au Roy, suivant ce que luy di-,, roit le Greffier. Je demanderay bien pardon à Dieu, luy„ dit-il, mais au Roy, pourquoy ? Je ne l’ay point offensé.
„ Vous Pavez offencé, luy dit Rapin, en ce que vous avez„ escrit contre luy. Guignard luy répliqua : ce que j'en ay„ escrit a esté auparavant que Paris fut remis en son obeys-„ fance. Vous le dites, luy dit Rapin, ce qui n’eít point;
„ & quand ainsi seroit, vous estes descheu du pardon & abo-„ lition général que le Roy a octroyé à ses subjects de Paris„ depuis leur réduction, puisque vous n’avez point ignoré„ qu’il a esté tres-estvoictement enjoint de brufler telles efcrL,, turcs, fur peine de la vie: les ayans gardées contre ces„ Edits, vous lavez donc offensé 8e le public. Apres avoir>, contesté l’un contre l’autre plus d’un quart d’heure, quel-,, ques raisons 8e menaces que dist 8e fist le dit sieur Rapin,
„ Guignard ne voulut point faire amende honnorable , 8c,, fans la faire il fut mené au supplice ( 3 )
11 est visible qu’en disant quïl n'avoit point o sensé le Roist suposoit qu’Henri IV ne letoit pas. Nous allons voir qu’onle loue d’avoir eu effectivement cette pensée,Se de n’y avoirjamais renoncé.
(C) ll a été loué comme un Martyr par VApologiste de JeanChastel.] Le Chapitre X de la V Partie de l’Apologie de cescélérat est intitulé Martyre du P. Guynard justifié de toutpoiníî. L’Auteur le déclare heureux pour être mort, comtne
. im qui fe tient ferme fur la base z? solidité de la pierre Evan-gélique. C’est a dire de l'obeiffanee , or pour l’obeijfance del'Eglise (4). la constance du personnage (J), jusques au der-nier fouspir, ajoute-t-il (5), pour ne vouloir reconnoistre pourRoy, celuy que l’Eglise a condamné, ny pour juges Icgiátnes,ceux qui fe font séparez, de l’Eglise, c r jugent contre ìEglise ;or pour ne vouloir proférer les clauses & parolles, portées parleur Arrest, pour faire l’amende honorable: persistant en lavérité, de ce qu’il avoit prefché, or couché en ses mémoires{pour raison dequoy en fust l’exécution précipitée , Or sur lechamp, or en chemise, sans remener aux prisons) or en quipar ce moyen de tout poinff, a esté justifié le martyre, pourn y avoir aultre fubjeêl , sinon elfine pure vérité Catholique,souflenue jusqu à la mort inclusivement, dont le contraire estherefie : est ce qui servira de tesmoignage , pour leur faireun jour leur procès, les tenir aux fers pieds or mains, leurprononcer leur Arrest, or condamner diffinitivement, or dejugement irrévocable , comme celle gloire est a tous lesSaincts (J), lots que celuy, qui garde la vérité éternelle-ment (J)> tlent rwYí fij l es Uvres du greffe éternel, outout est escrit, voire mesme qui en est le livre, fera jugementa ceux, qui souffrent injure (*).
(D) Nous verrons ce que Us Jésuites répondirent quand
on leur reprocha qu’ils lui avoient donne une place dans leurMartyrologe,] Citons d'abord Un Passage de l’Anti-Co-ton (6): >, Le Lecteur s'enquerra , s’il luy plaist , s’il fe„ trouva jamais Jésuite qui ait condamné ce Guignard de tra-„ hison & perfidie. Au contraire Richeome en son Apolo-„ gie rexeufe, tant qu’il peut; disant que Guignard traictoit„ ses susdites propositions, comme par forme de dispute eil„ Théologie. Et en cela nous sommes d’accord; car auísi,„ je dy, que tuer le Roy, a tousiours esté une des résolutions>> de la Théologie des Jésuites. Si quelque Jésuite, demy„ par force , demy par honte , le condamne , c’est pour„ n avoir pas esté assez discret, ou pour avoir mal pris son„ temps, ou pour quelque semblable raison. Ce qu’on net*« recognoistre, en ce que les Jésuites ont mis ce Guiím,v4„ au Catalogue de leurs Martyrs, qu’ils ont faict imprimer à,, Rome, en deux formes, en l’une desniipiw n - , A
„ ». oram, iln’yespoint,,l „X) en LT r " r ‘ i y
„ qu-o» pa» vendre en France fans dan" ïím f ITT.
” dVcêGdid' s °" *^“1 ft
" qU6S aU ciel ce OwMard. quoy que fans le nommer, de
„ peur
(l) Cayet,
Chronol.
Novenairt,
s S9s, feUa43 } Versai
( 4 I Apolo-gie pour Jí-han Chas-tel, Part. V ,Chap. X ,P“g. 23 S.
(f) Cótij-tance da PereGuynard,
(5) Là-mê-me, pag. 13 9 .
(i)
' 4 >.
(t)
Pfal.
Mpae,
(*) Pfal.141.
(6) Anti-Coion, pag,18, 19.