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G U I G N A R D.
quant à cc qui regarde son suplice, ils emploiérent plusieurs tours d’esprit, & ils tachèrent d*cx-ténuër i’atrocité de ses dogmes ( E ), òc de l’excuíèr fur le grand nombre de personnes qui
tenoient
(ît) Tdctb*tgo u clarttmcalo terra-qtte fiâtes , à"vltimttm niíamflms do-lìturœ domusinnoemmpí&mentum .Nu Uns tu t ■san?uittisvefltgia ditsexteret y tota -que in bacVota meatbit G alita,
(7) Respon-f- Apologé-lî]ue àl ’A nti- Co-ton , pd j.
(*) Li-mi-
tae, (il. 4 J.
{to) Ri-cheome,ExamenCatégori-que del’Anti-Co-ton, Chip.XXI.pag.XI}.
j, peur d’offenser nostre Roy , toutesfois assez clairement,
„ pour le discerner en ces mots : Te tairay , ô estoille lui-„ santé au ciel çr en terre, cr derniere expiation de la mai-,, son , qui âpres cela ne devoit plus rien souffrir î Nul jour„ n effacera les traces de ta mort: Puis adjouíle, Toute la,, France se joindra à mes vœux (tt) ; Cela ne peut conve-„ nir qu’à Guignard qui estoit Jeíuite François, & qui est le„ dernier Jésuite qui a souffert supplice en France LePere Coton répondit entre autres choses (7), qu’il n'y avoitpoint de Jésuite qui eut réprouvé le jugement de la Cour, e?“qu un chacun avoit taché de fe persuader quelle avoit con-damné Guignard pour un juste subjeíî; que tout ce que l’on yadjouste n est pas esgalement certain, e? qu il faut rapporterbeaucoup de choses à la licence des langues er à l’injure dutemps; (8) que fi aucun Jésuite ria condamné Guignard detrahison er perfidie, c’estparce que aucun ri eux ria veu nifieu au vray le fonds du procez. J’ay veu , continue-t-il,pluiieurs Catalogues des Martyrs Jésuites, L? rien ay veu au-cun ou Guignard fust, & fi en ay veu de la taille de Rome.Mais quand aìnfi seroit qu ailleurs on les euft effigiez de cétefaçon-, qui ne fiait quelle est la licence que fe donnent lesPoètes, ©- les Peintres. II nie que le Paflàge de Bonarsciusconcerne Guignard ; mais c’est nier une chose presque indu-bitable. Un autre Apologiste ne fut pas 6 décisif, st fe con-tenta de biaiser. Voici ce qu’il répondit à l’Auteur de l’An-ti-Coton: „ Tu te fasches que Clarus Bonarscius loue en„ son Amphithéâtre ce Pere, & qu’il l'appelle estoile luisan-„ te au ciel : Comment sçais tu qu’il, parle de cc Pere, veu„ qu’il ne le nomme point? Prens tu conjecture dequoy il a„ esté exécuté le dernier en France ? il est aussi le premier.„ Mais quand ta conjecture seroit vraye, dequoy te fasches
(ttj Euda>mon Johaïmes,Confus.Ami-Cot o*Jii Cep. II,t*g. SI.
bres affemblées, portoit ces deux tnesmes propositions outrageu-sement escrites : car entre autres choses il y avoit, Que lc
Néron &c. Que si on ne peut depOsek
le Biarnois sans guerre, qjj’on guerroyé: si
ON NE PEUT FAIRE LA GUERRE, Q_u’° N LE F A C Smourir. Vostre Majesté peut voir l’original, ceci le méritébien (11). Voici ce que répondirent les Jésuites par la plu-me de Richeome (13). „ Sire, je ne veux icy accuser„ personne, ny plaider pour ce defunct, il est meshuy hors„ de Cour Sc de procès, ni demander vengeance, non plus„ que luy, que je crois prier au ciel pour ses ennemis : J e„ dis seulement que vostre Majesté avoit pardonné tout ce„ qui s’estoit passé de semblable, 8c ce prudamment Sc roya-„ lement à l’imitation de l’Empereur Octavien (Jj.), st u } dt», brûler tous les papiers de debtes, qui donnoient matière,» de calomnies 8c querelles: Sc de l’Empereur Constantin le,, Grand (ss), qui fit aussi mettre au feu les libelles de dis-„ sension. Et certes s’il eut fallu rechercher tous ceux de la,, Ligue, qui avoient escrit Sc parlé, on n’eut jamais trou-„ vé la fin des troubles 8c d’inimitiez : 8c y avoit en ce„ temps-là mille Sc mille François, qui avoient de pires„ escrits chez eux, que celuy que ceít homme feinct icy &„ produit, qui neantmoins vous font demeurez tres-fideles„ serviteurs Sc subjects: pourquoy donc allegue-il cest escrit„ contre la loy d’oubliance , 8c contre un trespassé? Que„ s’il y avoit en iceluy faute du tout punissable, n’a-elle pas„ esté assez expiée par le supplice de mort ? Faut-il huict ans„ âpres remettre fus le procès, Sc condamner encor une fois„ celuy qui a esté exécuté tant d’années devant ? Je dis da-„ vantage que cest escrit (**) n’estoit point de ce Théolo-gien, c’est une feinte de l’adversaire ”. Remarquez bien
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tu qu’il loue ce Pere comme bien heureux (9) ?. qu’ils prétendirent qu’il n’étoit point vrai que l’Ecrit de Jean
„ Or accuse 8c te plains de Clarus tant que tu voudras, tu„ ne m’en garderas pas, que je ne le loué de ceste louange,„ 8c que je ne loué avec îuy ce Pere, par ce qu’il estoit un„ grand Théologien , 8c faisoit honneur à la France, fa„ patrie, que tu des-honores ; 8c croy avec le mesme Cla-„ rus, qu’il est au ciel si ce n’est au rang des martyrs, au„ moins au nombre des bien-heureux : non pour avoir esté„ condamné au supplice; mais pour avoir quitte la vanité,, du monde pour servir Dieu 8c le public en Religion avec„ l'appareil de toutes ses forces, pour avoir vescu en bon,, Religieux plusieurs années, pour avoir enseigné la foy Ca-tholique , Sc combattu l’heresie que tu de sens sous le man-
Guignard fut tel que leurs Adversaires le prétendoient. LesObservations de Richeome (14), pour prouver cela, fontles plus fossiles du monde ; mais si Henri IV, fur cette ins-cription en faux ne demanda pas qu’on lui montrât l’Origi-nal, 8c s’il ne donna point ordre aux Ennemis des Jésuites dejustifier dune maniéré incontestable que les Propositionsqu’ils attribuoient à Guignard étoient effectivement dans fo nLivre, il fut coupable d'une extrême négligence, ou d’uncertain ménagement qui pouvoir passer pour timidité. Quoiqu’il en soit, l’Auteur de l’Anti-Coton, qui savoit sans douteque les Jésuites avoient nié hautement ce qu’on débitoit ssi 1le Manuscrit de leur Confrère, ne laissa pas de leur objecter
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„ teau"d’eíht; cn somme, pour avoir enduré patiemment les mêmes Propositions, que le franc Sc libre Discours, ^„ tous les tourmens de la mort, 8c la confusion du suplice, de dire quelles étoient extraites du Manuscrit de Guignarûí
t_- «, -/ - - > " r. . ^
„ 8c avoir rendu lame en bon 8c ferme Catholique (10)
II avoit parlé ainsi page 18 r : Tu te formalises dequoy nousavons mis au catalogue des Martyrs lediél Pere : qui te Vadï 6 î, finon Vesprit de mensonge , qui faiâi courir ta plumesCar il ri y a personne de tant de miliers de gens de bien, quiont leu ce catalogue, qui y ayent trouvé ce que tu controuves :st tu rias veu ce catalogue, comme il est vray semblable,pour-quoy parles tu fi affeurèment d'une chose d toy incognui ? Astu fi peu de foin de ton honneur de prendre tous faux rapportsà bon conte, csr les exposer comme verìtez., cr te faire moquerpensant nuire aux Jésuites? Le Jésuite Eudaemon Johannesrépondant à l’Anti-Coton nia que Guignard eut été mis auMartyrologe des Jésuites, 8c remarque que les Tailles-douces de leurs Martyrs avoient été faites 8c mises en ventepar des gens qui ne cherchoient qu’à gagner , Sc qui nedépendoient point des Jésuites ( 11 ). Vtrebaris nimirum, neprolatis Martyrum nostrorum Catalogis, impudenti/stmi men-dacii convincerere , qu& te causa impulit, ut srigidam hancCatalogorum varietatem dignam plané stupore isto animi som-niares. Nam neque'mendacium tegis , esr vecordiam tuamprodis : Martyrum erim nostrorum effigies non à nobis, fid abexteris lucri fui causa typis excusa, vénales per orbem palamtxpofiu ab iis sunt, ut in nofira potestate nullo modo fueritquis Martyrum Catalogus, aut à Gallis emeretur, aut in Gal-Vtam ab emptorìbus importaretur. Neque vero ita ftolidos quis-quam Jesuitas exifiimaturus est , ut cum rem eam aggrederen-tur, non vidèrent fieri non poste, ne Gignardus quoque cumcaterìs martyribus vel ab amicis, vel ab inìmtcis in Galliammitteretur. Mirum vero efi, fi cum utrisque generis Catalogivenderentur, non riifi unus in Galliam , isque ad tuas uniustnanus venerit, in quo Gignardus legeretur, quem fi apud tehabes, proser sodés , fi non habes indica, apud quem inveniripoffit. Nam nos quidem Roms. nunquam Gignardum adfirip-tum Societatis Martyribus vidimus : numquam in Martyresretulimus.
( E ) . . . lis tachéreut ri exténuer V atrocité dé ses dogmes ,C de Vexcuser sur le grand nombre de personnes qui tenoientalors ses mêmes Maximes .] Voiez dans la Remarque {A)la Doctrine de Guignard : ’elle fait horreur. On imprimaen i6oz un petit Livre intitulé Le franc er véritable Dis-cours au Roy, fur le retablistement qui luy est demandé pourles Jésuites. Nous y trouvons entr’autres choses » que st lePape peut mettre la main fur le Sceptre des Rois & furleur temporel, ajytfi que disent les Jésuites, il reste fans diffi-culté que quand fa Satncleté fulmine un Roy, il demeure pri--po, il demeure particulier, il ri est plus Roy; W ,s'il continuede vouloir regner , il e st tyran. Quiconque demeurera riaccord- % t re ™ íír ‘ Proposttion fera par force traîné à la derniere.ALuffi le livret escrit de la propre main de Jean Guignart Je-f.tltt , V qu tl rtcogntut t» plain Parlement les deux cham-
A» t! '
qui fe trouvoit encores au Greffe de la Cour (15). On 1 U1répondit que ce qu’il diíoit est une des choses qu’il faut ex-porter à la licence des langues 8c à l’injure du temps, &qu on lui nie que fur le Greffe de la Cour se trouvent ces j"*'rôles, si on ne peut faire la guerre qu’on le face mourir, ts "quelles neantmoins gifl la queue du fidrpion ( 16). Ces paro-les, lui répondit un autre (17), portent le suc du venin dtta calomnie, mais ce font paroles, & mensonges ; car il nt rtrouve rien de cela au registre du greffe. Ces Réponses f° npitié ; car l’Auteur de l’Anti-Coton n’avoit point dit queparoles fe trouvassent dans les Registres du Parlement, o 131dans le Manuscrit qu’on gardoit au Greffe. II faloit doiss'pour répondre quelque chose de solide, lui soutenir qu’ct^n’étoient point dans ce Manuscrit. Or c’est ce quo les ì e n Ltes qui ont réfuté l’Anti-Coton n’ont pas osé soutenir : ~~ainsi, il est très-juste de croire que cette Proposition se tr °,voit dans l’Ecrit du Pere Guignard. Plusieurs raisonspersuadent. e
I. En premier lieu, l’Arrêt du Parlement porte (18)
veu le procez criminel . fait à Vencontre de
Guignard . pour avoir esté trouvé saisi de plusn tlfS 7
vres, contenans entr autres choses , approbations de trest ** 1O 1 tresinhumain parricide du feu Roy , que Dieu abfiw* ’ET INDUCTIONS POUR FAIRE TUER LE RPRESENT REGNANT . ll fira dit que w
a déclaré e? déclaré ledit Guignard atteint & convaincs ^crime de leze Majesté, cr ri avoir composé & escrit ^ S ^ ttS otí ,vres contenans plusieurs faux ev séditieux moyens, pf^n-F ^ ^ver qu il avoit esté loisible de commettre ledit p arricl ^ e ’ v a-Estoit permis de tuer le Roy HenkJ S oU-TRIEME a PRESENT REGNANT. II ne sant poin nCter que les paroles de l’Arrêt qui sont ici en grosses set ^ otonfe fondassent fur celles qui selon l’Auteur de l’Antt-étoient contenues dans le Livre de Guignard. Thou,
II. Outre cela , qui pourroit douter que Mr. de wPrésident au Parlement de Paris, n’eût lu le Livre d
suite ? Or tout comme une infinité d’autres Ecrivainsre que l’on y trouvoit les paroles en question ( l 9 r . j on né
III. En troisième lieu , les Jésuites n’ont l arrl gL 0C jiées
de preuve que les Propositions qui leur étoient r ? ^
comme prises de ce Manuscrit ne s’y trouV . , n5 jesIls ont seulement nié que la derniere se &
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