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Tome second. C - I.
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guignard.

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tenoient alors les mêmes Maximes. II est certain qu’en ce tems-là tout le Roiaume étoit plein dePrédicateurs séditieux (A), 8c.de personnes qui dans leurs Ecrits, Sedans leurs Discours particu-liers

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Parlement que ce Livre-là fut donné à examiner en leur pré-fence à tels Commissaires qu’on auroit voulu choìíir. N est-U pas bien sûr que n’aiant point fait cette démarche ils ontdonné à conoitre qu'ils se défioient du Livre, & que s’ilstraitoient de prétendues les Propositions que leurs ennemisen alléguoient, ce n’étoit qu’en Style d’Avocat ? On faitbien que les parties qui plaident traitent toujours de prétenduaulu long-tems qu’elles peuvent tout ce qui les incommode.

Je ne fai si les Adversaires des Jésuites ont fait la démarchedont j ai parlé, qui est de prier le Parlement de nommer desyommiiìaìres pour l’exarnen du Manuscrit en présence desìntereisez.. Un bon Procès verbal fur cela eût fermé la bou-che pour jamais à la chicane la plus opiniâtre. Mais fanstoutes ces formalitez on a d’assez bonnes raisons deque Guignard avoir mis dans son Traité lesqu on lui attribue.s étant, on doit être bien surpris de la fausse idée ques Apologistes en donnent. Citons Richeome. „ Ce qui” l U V tr0UVé en Cambre de Jean Guignard, dit-il (10),

” oc mrquoy il fut condamné à la mort, étoit une question” av °it traitée autrefois lisant la Théologie, qui estait:

” sil est loisible de tuer un tyran ; question que tous les ca-5> nonistes & philosophes moraux mettent en leurs discours,

» & que Bodin entre les modernes a traitté en fa Republi-» que ”. Richeome nous aprend ailleurs ( 2.1 ) qu’Henri IVfut satisfaisl de cette Responfc. 11 faloit donc que ce Princefût bien facile à se contenter ; car elle étoit très-mauvaise,puis quelle représentoit le plus infidèlement du monde le ca-ractère du Livre de Jean Guignard. Nous avons vu cì-des-sus (n) la réflexion , qui fut faite fur ce Passage de Ri-cheome par l’Auteur de l’Anti-Coton. Elle ne marque pointle défaut qui se rencontre dans les paroles de ce Jésuite, &ne s'attache qu’à ménager une occasion d’invectiver toute laSociété des Jésuites. Tant il est vrai qu’il y a des gens quiaiment mieux avoir le plaisir de satiriser tout un Corps, quede réfuter en forme un fimple particulier.

Le Jésuite Eudaemon Johannes a renchéri fur Richeome ;car il a dit que Guignard n’avoit fait que disputer pour 8rcontre fur la Question Théologique s’il est permis d’ôter lavie aux Tyrans, 8c il ajoute que cela ne le rendoit pas plusdigne du dernier fuplice que les autres Théologiens qui s’e-xercent, non seulement sur cette Question , mais aussi furcelle de l’Existence de Dieu ( 2.3 ) : Theologica quastione inutramque partem scrìpta fiipplicium non magis meritus est,quant S. Thomas, quam reliqui Theologi, qui non modo deTyrannorum nece, fed de ipfa etiam Dei existentia , in utram-que partem disputare solitì fient. Déguisement horrible del'état des choses, puis que Guignard ne s’étoit pas contentéd’examìner un Probleme en raporteur des raisons du pour &du contre ; mais qu’il avoir pris l’afirmative, & aprouvé nom-mément l’assassmat de Henri III,& toute autre action sem-blable qui seroit exécutée sur Henri IV.b Lc p e re Gretfer inséra dans l’un de ses Livres (24) uneRelation du Procès de Jean Chastel, dans laquelle le Livredu P ere Guignard est décrit comme une simple Collection dedivers Passages concernant la Thèse s’il est permis aux parti-culiers doter la vie aux Tyrans. On ajoute que par formede Narration il avoir parlé du Jacobin, qui assassina Henri III,« qu’il protesta fur l’échafaut que c’étoit le vrai caractère deson Livre, & qu’ii n’y avoir pas mis un seul mot qui putofenser le Roi: (25) In cubiculo P. Joannis Guignardì X heo-logia Professons, perbrevis Traftatus repertus est , quem ipfean teannos quatuor vel qu'mque confcrìpferat , quo ïlla Sju&stiocontìnebatur à Doâloribus in Scholis passim traiïata Cr agita-is •• Utrum Tyrannum qui sc palàm hostem gerit Reipublicmnceat privato occidere ? De quâ Quastione Argumenta , qm inutramque partem, ut solet, ad dìscutiendam disquirendamque'vmtatem , a varïis Audiorìbus adferuntur, ibi quoque congeftaerant. inter alia item narratìone comprehenfum fait quid/ ate J-tr emel J s ^“minicanus Monachus in Henricum III au--Q; "T* f- Cum jam patibulum à longe confpexiffiet

Z ifeTf ? . S. Andrew Apostoli exempta & verbisil-tîsfldít àE/ tonsalutavtt ; Utâ mente dc sronte scalasconscendtt, e qutbus allocutus arcumfufam fpeâíantium mul-titudmem. quod suppheu hoc genere enecaretur , aliam nonfitbtfe causam quam quia ante annos quatuor -vel quinqueperbrevem TraSlqtum conscripsiffiet , nullius injuria, nulïiusincommoda , m quem collegisfet opiniones & fiententias SanSlo-rum Patrum, variorumque Autíorttm , quos ïpst ante monu-mentis commendaverant de hac Quastione : Utrum liceat pri-■vato homini occidere manifestum Tyrannum ; TraElatumil-lum fie neque typis in lucem editum evulgaffè ; quin in altorummanus eum nunquam pervenisfe. Regem ibi neque verbulo U-sum aut osfensum. Qua Patris verba omnem çircumstantem■Populum in magnam comtnìseratìonem ìnflexemnt.

Quels déguifemens, ou plutôt, quelles impostures! Maishotez qu’à ja faveur dune équivoque il pouvoit dire qu’iln avoit rien dit qui put offenser le Roi; car il ne prétendoitpas qu’Henri IV fut Roi.

■ Gîtons u n f 0It j on g Passage d’un Livre qu'on ne trouveque rarement. Cela peut servir d’excuse à la longueur de larnv 10n i sans compter que ce Passage nous aprendra, I ,.queson a n 0it prêché la même Doctrine qu’il foutenoit danscon£rm ' ’„ que Von prétendoit que cette Doctrine étoitglise £ u ç e ® des ar >ciens Peres, & une Décision de l’E-ïò me 1 j Ument de tout le Parti Catholique. Voìla un

mélange de fausserez & de véritez. „ Mais d’autant plus„ cruel a esté l’exces, commis en la personne du pere Guy-,, gnard, que moindre estoit aussi, voire du tout nul le sub-„ ject, sur lequel ilsluy ont faict perdre ia vie. Assavoir„ pour des collections & mémoires, tirez tant des Peres,

„ que des Décréts, pour montrer qu’il est loysible, de faire„ la guerre aux princes hérétiques & excommuniez, qu’ils„ ont trouvé en son estude. Sur l’advis spécial, qu’un cer-„ tain Ministre, qui avoir quelques années auparavant ouy„ ledict Guynard, preschant à Bourges fur ce fubject, leur„ donna de le fouillier, & les servir à ce besoing. Car íì„ pour des collections scholastiques, il fault condamner a„ mourir, quel préjugé contre les saincts Peres, dont elles„ ont este tirées ? Si tels mémoires font damnables, que ne”, le font ceux dont ils font pris? Et comment sauvé S. Hi-„ laite, ia lumière des Françoys, & Lucifer Evesque de„ Sardaigne, qui de leur temps ont escrit si vivement, fur” ce fubject, contre l’Empereur Constantius, & luy ont en-” voyé leurs livres ? Et comment ausii S. Cyrille, & 8. Gre-goire de Nazianze, contre Julian l’Apostat ? Si ce font„ choses débatues, de temps immémorial, digérées par l’ac-„ cord des anciens, ratifiées par le jugement de PEglise, a„ qui sculle appartient decider telles veritezj Sc depuis re-,, ceuës & publiées es Escholles des Théologiens : depuis,, quand venus ces censeurs, qui si haultement les reprou-,, vent ? quoi condamnent le S. Esprit ? 8c osent juger des„ couleurs, où ils font vrays aveugles * & conducteurs des,, aultres aveugles ? Et si telles collections condamnées, 8c si,, severement punies, comment souffertes telles des hereti-,, ques ? Comment leurs livres & pestilens escrits, leurs pro-,, positions 8c maximes, jugées & condamnées qu’elles font j,, tant par 1 Eglise,que par lesParlemens de France PPourquoy„ leurs prefehes 8c blasphémés tolerez, contre Dieu & con-„ tre l’Eglise, voire aprouvez par Edìct, 8c vérifié par eux?

„ Et s’il n’est loysible de faire la guerre a un Prince heretiquej„ comment loysible a l’héretique de la faire au Prince Ca-„ tholique? Et quelle justification pour eduy, qui comme„ chef des Hérétiques, a faict la guerre toute fa vie, aux,, Roys de France Catholiques ? Qui est tout, ce dont il s’eíl„ fait valoir, 8c pourquoy il a esté condamné, 8c qu’ils re-„ connoissent pour leur Prince ? Pourquoy non loysible con-„ tre luy, ce dont oultre l’authorité des Décréts, luy mes-„ me a donné l’exemple? Joinct, que cela en tout n’estoit» condemnable » pour estre une proposition Scholastique 8c„ generale, & purement-de la doctrine de l’Eglife. Et en„ tout cas, appartenant au général du party, 8c par conse-„ quent couvert, tant par l’edict de la trahison de Paris, que„ par celuy, qui depuis a esté publié. Veu qu’a en user-, ainsi, il n’y avoir aucun, non seullement de ladicte Socie-„ té, mais ny auffi Ecclésiastique bien zélé , voire ny de„ tout le party Catholique, qui ne deust subir mesme pei-„ ne (27) ’’.

(F) Tout le Roiaume étoit plein de Prédicateurs séditieux.']Le mal ne cessa point par l’Absolution que le Pape accordaau Roi Henri IV le 16 de Septembre 1595. Lisez ces paro-les du Cardinal d’Ossat : elles font dans une Lettre qu’il écri-vit de Rome à Mr. de Villeroi le 14 de Mai ióoí. Je par-lai puis aprés au Pape de ce que le Roi désirait, que S. S. or-donnât au nouveau Nonce, de pourvoir à ce que les Prêcheursen France prêchassent avec la discrétion e? modération requi-ses, sans s ingérer aux afaires d'Etat, dont ils ne savaient lesmotifs; ni tenir propos tendans à sédition: e? lui en laissaiauffi un mémoire par écrit , duquel vous aurez, copie avec laprésenté. S. S. me dit , qu elle l’ordonneroit ainsi au Noncenouveau (28 ). Mr. Amelot de la Houssaie a commenté ad-mirablement ce Passage du Cardinal d’Ossat: ,, 11 ne sied pas„ mieux aux Prédicateurs, dit-il, de parler des afaires du„ Gouvernement Politique, où ils n’entendent rien, Ia plus-,, part; qu’aux Politiques, de décider en matière de Foi 8c,, de Religion. Les afaires d’Etat font si délicates, 8c si cha-„ touilleuses, qu’il est toujours dangereux d’en parler devant„ le peuple, qui n’est presque jamais content du Gouverne-„ ment. Omni populo , dit Plutarque, inest malignum quid-,, dam C? querulum in imper antes. Tous les Prédicateurs ont„ bon zele, je Pavoise ; mais comme ce zele n’est pas toû-,, jours acompagné de science 8c de prudence, il est de l’in-„ terest public, que ceux qui sont habiles s’abstiennent, par„ modestie, de faire entrer ces matières dans leurs sermons,„ pour imposer aux autres la nécessité de se tenir dans les„ bornes de la doctrine évangélique , qui recommande par-„ tout la paix 8c l’obéïflance. Dans les dernières années du„ régné d’Henri III, 8c dans les premières d’Henri IV, ses„ Docteurs Aubry, Boucher, Pelletier, Lincestre, Rose,„ Feu-ardent, & plusieurs autres de cette Camarine, a voient„ tellement profané le Ministère de la Parole, que Ia Chaire„ de la Vérité étoit devenue en France la Tribune de l’im--, posture 8c de la calomnie; 8c que 1e peuple, empoisonné„ par les oreilles, n’adoroit plus d’autre Croix, que celle de„ Lorraine. C’est-pourquoi il étoit absolument nécessaire„ de réprimer cete licence farisienne, 8c de rétablir la hon« ve discipline dans un Ministère sacré, q Ue l’esprit de revnl-, te avoit converti en mistére d’iniquìté ”

Si se Nonce du Pape s’aquita bien de'fa commission ;1nota pas néanmoins ce grand désordre n ',

prêcher 8c de parler féditìeufement, & '<se fairegître*pirla des conspirations contre la vie de Henri IV fzo I esMmmm v éri-

(17) Apola.gie pourJehauChastel,Pan. V,Chap. IX,pag. 134suh antes ,

(itj D’Oâ-iat, Lettre

CCLXXUI ,ptg. ZS»,370, du ItTome Edit,de Paris ,I 4 S 8 ,

(151) Voíltilt ChapitreIII de /’ AB-tî- Coton,