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Tome second. C - I.
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GUISE.

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belles & tant de Satires contre ce Duc, 8c contre le Cardinal son frere (H). En cela ils n’agis-soient ni selon les réglés de l'Evangile, ni selon celles de la prudence, veu que ces sortes d'Ecritsirritoient de plus en plus un ennemi très-puissant (/), 8c lui donnoient des prétextes de nourrirlà haine, 8c d’augtnenter la persécution (K). II y auroit de ['injustice à imputer à tout le Corps

l’im-

(jç) Maim-bourg, Hist,du Calvi-nisme, put.ïçï. Veicises Citations :Duplcix*

Íoms Fran-çois II,

6 r 9. Spond.ad ann.

1560. n. 76.Me?eray,Tom. 2 pax.7Sf. tiré dela Foplin. I.6. p. 104.

& de Bel-car. L 2$.pa£ 946.

ff) Me'moìr.dc Casttln.

(;6) Maim-, Hist,du Calvi-nisme ,

1 5 ï»ïSl.

(37) Lk-mê-153 .

(0 Mémoi'res de Caft.L. 1. c. 7.Sur ejuoy l'onprit un impri-meur qui ’a-voit imprimeUn Livre ìntì-iuli , le Ti-gre, dontC ^Auteurprésumé ér leMarchandfunnt pen-dus»

(js) CeU ’stJ aux, votez,la 'Remarquesuivante.

„ Dieu selon les lumières de leur conscience? Voilà le-,» norme turpitude , Fe qui tient d’une espece de Farce,„ des Religions qui persécutent & qui contraignent d’en-„ trer. Un homme dune telle Religion ne fera pas diffi-„ culte de protester , que pour ce qui le concerne en fa„ personne il pardonne à un homme de différente Reli-„ gion les offenses qu’il en a reçues, mais il ne laisse pas de,, renvoyer au gibet ou aux galères fous prétexte qu’il n’a„ pas la véritable foi, & fût-ce une personne de qui il au-„ roit reçu du service. En bonne foi ce Duc ne lòngeoit„ guere à ce qu’il 'disoit, puis qu’il oioit comparer les deux„ Religions, 8c donner l’avantage à la sienne en ce qui re-„ garde la charité. Le Gentilhomme , qui avoit conspiré„ contre lui croyant que sa mort seroit avantageuse à la Re-„ ligion Protestante, ne suivoit pas la vraye doctrine de son„ parti; car il n’y a point de Théologien Protestant qui ne„ dise, prêche, Lc soutienne, qu’il n’est pas permis, afin„ de procurer l’avantage de fa Religion, d’assassiner : mais le„ Duc conformément à une doctrine aprouvée, Lc mille,, fois commandée dans fa Religion, opinoit dans lé Conseil„ du Roi à faire des Edits qui condannassent à mort une in-„ imité de bonnes gens, Lc il n’avoit veine qui ne tendît à„ l’extirpation de la Secte par les voyes les plus violentes.,, Avec ces dispositions n’est-ce pas fè moquer du monde,„ que de se glorifier qu’on a une Religion qui ordonne de„ pardonner ? C’est à quoi je prie les Convertisseurs de fai-,, re attention. Ils se mettent dans un état que toutes les„ plus belles maximes de la Morale Chrétienne deviennent„ dans leur bouche des sornettes, Lc des ironies de farceur,„ ou un vain Galimatias ”.

( H ) ll seroit à souhaiter que les Protestant n eussent pointsait imprimer tant de Libelles CL ... de Satires contre ce Vuecl . . . fin frere. ] Dans l’Assemblée des Notables, dontj’ai parlé ci-destus, le Cardinal de Lorraine dit fièrement,®uil se faisoit honneur de la haine CL des emportement desHuguenots ; §lu’on avoit fait courir dans Paris , cl de Partsdans toutes les Provinces , une infinité de Libelles remplis dé in-jures trés-atroces, cl de furieuses menaces contre luy CL contrele Vue de Guise Jon frere ; q ail en avoit en son particulierjusqu à vingt-deux qu il conservait soigneusement , CL qu’il pre-nois plaisir à les montrer comme autant de marques tris-écla-tantes de leur zèle pour la Religion, CL de leur fidélité invio-lable au service du Roi, auquel il avoit plu de les choisir pourses Ministres (3 j). Je le dis encore un coup, il seroit à sou-haiter qu’on n’eût point mis en lumière un si grand nombred’Ecrjts satiriques ; ils nuisent encore aujourd’hui par les Ré-flexions qu’ils fournissent aux Miffionaires. Par exemple, leSieur Maimbourg ne manqua pas de réfléchir d’une maniérémaligne Sc satirique, sur ce que le Cardinal avoit dit de cesLibelles. „ Et certes il est tout évident que ce fut Je stile or-„ dinaire des Huguenots de ce temps-là, de déchirer impi-„ toyablement par mille scandaleux Libelles, Lc par mille„ impudentes Satyres, tous ceux qui ne leur estoient pas fa-„ vocables, fans respecter ni mérite, ni qualité, ni Rois,,, ni Princes, ni Prélats, ni tout ce qu’il y a de plus in-„ violable Lc de plus sacré parmi les hommes. Pour moi„ je puis asseurer que j’ay veu un gros Recueil en dix Vo-„ lumes in folio , tous remplis de ces méchantes Pieces que„ les Huguenots firent alors contre les Rois Henry II, Sc,, François II, contre la Reine Catherine, quand elle n’é-„ toit pas en humeur de les favoriser, contre le Roy de„ Navarre, depuis qu’il se fut joint aux Catholiques, & fur„ tout contre le Duc de Guise & le Cardinal de Lorraine„ Archevesque de Reims, où tout ce que la médisance Sc„ la malignité la plus noire a jamais inventé de crimes fu-„ posez, d’injures atroces Lc de calomnies, (t) est bruta-„ lement répandu lans jugement Lc fans esprit. En forte,, que pour peu qu’on ait d'honneur Lc de bon sens, on,. ne pourra jamais jetter les yeux durant quelques mo-„ ments fur ces sots Lc insolens Ecrits , qu’on n’en ait le„ dernier mépris m esté d’une juste indignation contre leurs„ impudens Auteurs f 36) ”. Voilà les Réfléxions odieu-de Monsr. Maimbourg. Ceux qui répondirent à son

ses

Histoire du Calvinisme n’oubliérent pas de les réfuter.II ajoute (37)’que le Cardinal de Lorraine , ,, qui avoit„ l’ame aussi grande que l’csprit, ne se voulut venger de,, ces faiseurs de Libelles, que par un généreux mépris„ qu’il fit de leur impuissante fureur; ce qui pourtant n’em-„ pefcha pas que le Magistrat faisant son devoir n’en prist„ quelques-uns que l’on fit passer par toute la rigueur des„ loix, qui ordonnent qu’ils soient traitez comme des ern-„ poisonneurs publics. En effet, il se trouve qu’il y en eut„ deux de pendus (J), qui furent l’Auteur (38) d’un de„ ces médians Libelles, intitulé le Tigre , Lc celui qui le dé-„ bitoit fous main ”.

(/)... Ces sortes i'Ecrit s irritoient de plus en plus unennefni trés-puifiant. j Mr. Maimbourg dit à tort que la gran-deur d’ame du Cardinal de Lorraine le porta à ne fe ven-ger de ces faiseurs de Libelles que par un généreux mépris ;car peut-on voir une vengeance plus outrée Lc plus injuste,que celle qu ìl emploioif? 11 ne prenoit pas la peine de re-chercher les Auteurs particuliers de ces Libelles, voilà toutCC que peut prétendre le Sieur Maimbourg, mais il exter-

minoit autant qu’il lui étoit possible tout le Corps des Rt>formez; il étoit le grand promoteur des Loix pénales, Lcdes fuplices contre eux : il travailloit à les soumettre aucruel joug de l’Inquifttion. N’étoit-ce pas se venger pluscruellement, que s'il eût borné son indignation à faire pu-nir les Auteurs de ces Satires ? Nous allons voir qu’il n’estpas vrai qu'il modérât son ressentiment contre cette forted’Ecrivains.

Catìelnau, cité par Mr. Maimbourg (39), fait cette Re-marque : Contre la Maison de Guise à tous propos les Hugue-nots faisaient imprimer quelques Libelles injurieux. Sur quoil'on prit un Imprimeur qui avoit imprimé un petit Livre intitu-lé le Tigre, dont lAuteur présumé CL un Marchand furentpendus pour cette cause. Ce Narré n’est point exact : il n’a-prend point ce qui fut fait à flmprimeur, Lc l’on y avancefaussement que la personne soupçonnée d'avoir fait ce Livrefut pendue. II saloir dire comme a fait le Sieur de la Plan-che , que l’on pendit flmprimeur Lc un Marchand : or ni l’unni l’autre n étoit Y Auteur présumé. Raportons les propres pa-roles de cet Historien (40). La cour de Parlement faisoit degrandes perquisitions h l’encontre de ceux qui imprimoyent ottexposaient en vente les Escrìts que l'on semois contre ceuxde Guise. En quoy quelques jours se pasferent fi accortement,qu’ils sceurent enfin qui avoit imprimé un certain Livret fortaigre intitulé le Tigre. Un Conseiller nommé du Lion en eutla charge, qu il accepta fort volontiers , pour la promesse d’unestât de Président au Parlement de Bourdeaux, duquel il pour-rait tirer deniers, fi bon luy sembloit. Ayant donc mis gensâpres, on trouva ïImprimeur nommé Martin ïHommet qui tnestoit saifi. Enquis qui le luy avoit baillé, il respond que c es-toit un homme inconu-, CL finalement en accuse plusieurs de /<*-voir veu CL leu , contre lesquels poursuites surent faites : maltils le guignerent au pied. Ainsi qu on menoit pendre cejì Impri-meur, il se trouva un marchant de Rouen moyennement richeCL de bonne apparence , lequel voyant le peuple de Paris efirefort animé contre ce patient, leur dit seulement , Et quoy, mesamis, ne suffit-il pas qu il meure t Laissez faire le bourreau.Le voulez vous davantage tourmenter que fa sentence ne por-te ? (Or ne savoit-il pourquoy on le faisoit mourir, CL dejceX-doit encor de cheval à une hostellerie prochaine. ) A ceste pa-rolle quelques Prestres s'attachent h luy, l'appellans HuguenotCL compagnon de cest homme, CL ne fut ceste question plustofiesmeue que le peuple fe jette fur fa malette CL le bat outrageu-sement. Sur ce bruit ceux qu on nomme La Justice approchent,CL pour le rasreschìr le menent prisonnier en là conciergerie duPalais, ou il ne fut plustofl arrivé que du IÂon l'interroguesommairement sur le sait du Tygre, cl des propos par luy tfnus au peuple. Ce pauvre marchant jure ne savoir que c’estait,ne l’avoir jamais veu , ny ouy parler de Messieurs de Guise :dttqu il est marchant qui se meste seulement de ses affaires. Hproteste que l’homme que l’on menoit au suplice lui étoit en-tièrement inconu, qu’il avoit été néanmoins meu de pitié, &qu’il avoit exhorté le peuple à laisser faire au bourreau st noffice. II requíst qu’on informast de sa vie cl conversationqu il se soumettoìt au jugement de tout le monde. Du L ,onsans autre forme CL figure de procès, fait son raport k la c° ltrCL aux juges déléguez par icelle , qui le condannent à efire p&sdu CL estranglé en la place Maubert ,cl au lieu mesme ott avoitesté attaché cest Imprimeur. Gjuelques jours âpres, du Lion Jstrouvant à souper en quelque grande compagnie, se mit à pjsanter de ce pauvre marchant. On luy remonstra l’iniquitfjugement par ses propos mesmes. Sjue vottlez-vous ? dit-H> 1faloit bien contenter Monsieur le Cardinal de quelque chojl,puis que nous n avons peu prendre VAutheur : car autrementne nous euft jamais donné relafche. Jugez par là st Mrs- ûGuise étoient insensibles à l'égard d’une Satire. Brantom^nous instruira tout à l’heure de leur extrême sensibilité. »

„ y eut force Libelles diffamatoires contre ceux'qui g° uve :,, noient alors (41) le Royaume; mais il n’y eut aucun q„ piquât Lc offensât plus qu’une Invective intitulée le ’» (fur limitation de la prémiere Invective de Cicéron f„ tre Catilina ,) d’autant quelle parloir des amours d„ très-grande Lc belle Dame d’un grand son proche: fi„ lant Auteur eut esté appréhendé, quand il eût eu ce g" ran -„ vies, il les eût toutes perdues : car Lc le Grand Lc 1 » 1 -

„ de en furent fi estomaquez, qu’ils en cuiderent de f n

„ rer (42.) J’ai dit ailleurs (43) que François Hofut cru l’Auteur de cette Satire. . . j ]a \ n e,

(K) ... cl lut donnoient des prétextes de nourrir s A ^ voUSCL d’augmenter la persécution .] Quelque médians qufassiez Messieurs de Guise, il fera toujours vrai q u ; ntimputoit dans les Libelles cent choses qu’ils n’avotefaites. C’est une fatalité inévitable à tous ceux q" avoir

lent d’écrire fans avoir eu part aux affaires, ou >a ^

consulté de bons Papiers; ce leur est , dis-je , uneinévitable que d’avancer mille mensonges, su n^'veut fere contre des gens dont on a été maltraite. nvenger, Lc l’on est bien aise de rendre infâmes c^ 4 p 0 nfécutent : dans cette disposition on croît tou 4 .

entend dire, Lc quand même on ne le croiroi P‘ ’ , ^ire.qu’on a droit de le publier, puis qu on 1 ? ™«f l con si-Or quand ceux qui font diffamez dans ces Li " ’ t tr ès-dérent qu’on leur attribue des crimes dont us le jnno-

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