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Tome second. C - I.
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Lc Ci l’on en croît cet Historien, ce ne fut point le mari qui se vengea du Galant de sonEpouse j il se contenta de la jetter dans une extrême fraieur (N). 11 laissa plusieurs en*fans s e ). ■ ’

On le surnomma le balafré ( O ), à cause d’une blessure qu’st reçut a la joue dans un combaten ip 7s . L e q uc de Maienne son frere se déclara Chef de la Ciguë, & lous cette qualité ilexerça un pouvoir qui diféroic peu du Roial. 11 ne tint qu’à lui de prendre le nom de Roi (P) h1 mais

^ tàìjsa Ja Femme enceinte .

concernant cette DucheíTe de Guise. II nous conte (33)»le Prince de Porcien peu avant que de mourir pria fafemme , soupçonnait de quelque affection pour le Duc deGuise, de ne le point épouser. Vous êtes jeune, lui dit-il, voustes belle , z? vous êtes riche , toutes ces qualitez jointes enfetn-le 4xfgc celle d'une illustre extraction vous seront rechercher debeaucoup de gens. J'aprouve que vous soyez remariée, je vouslà iffe le choix des partis, C5° de tout le Royaume je n'en excepteW'm seul homme. C'est le Duc de Guise, c est l'homme du

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4 J 13.

Monde que je hai le plus , & je vous demande en grâce que monplus grand ennemi ne soit pas héritier de ce que j’ai le plus ai-Mc de tous mes biens. Il mourut d’une fievre chaude d Parisa s 1564; cy Jix ans après, fa veuve, après avoir balancé laMémoire d’un mari mort avec la presence d’un objet fi confide-r “bU qu étoit Henri de Lorraine Duc de Guise, se laissa vain-c s e ù son mérite, o? Vépousa. Ce récit & celui de Varillas nel°nt guere compatibles ensemble.

(-M) . . , u infidélité conjugale y fut réciproque .] Les ga-lanteries du Duc de Guise sont assez conues : elles entrentdansée portrait que Mr. Maimbourg a fait de lui, commeon la vu ci-dessus. " II avoir paìíé la nuict qui preceda’> son assassinat avec une Dame de la Maison de la Reine,„ ce qui fut cause qu’il se rendit plus tard que les autres» au Conseil, Sc Ion crut même que le saignement de nez„ qui luy prit dans la Sale du Conlèil , 8c qui 1 obligea à-> demander quelques confitures, vint de ce qu il avoir é-» puisé ses forces avec cette femme. Si vous ne voulez>> pas m’en croire, croyez en à tout le moins Mr. de Thou,

» dont je vous raporte les paroles à la marge (f), 8c ad-» mirez l’injustice de ce Duc. Parmi toutes les ìnfidélitez-, qu’il faisoit à son Epouse, il ne vouloir pas souffrir qu’el--, le luy en fist.à son tour; car il fit cruellement assassiner» un beau jeune Gentilhomme , nommé 8. Megrin, l’un-, des Mignons du Roy, à cause de certains bruits qui cou-» rotent de lui & de Madame de Guise (J.). N’en déplaise» au Roy de Navarre, qui avoir ses raisons pour aprou-» ver le châtiment de S. Megrin ( 34 ), cette action du„ Duc de Guise estoit un très-grand péché (33) ”. Nousentendrons bientôt un Auteur qui nous dira que le Ducde Guise n’eut point de part à l’assaffinat de St. Megrin.Onl'en crut pourtant l’auteur à la Cour de France (3 6);& le Roi de Navarre en fut fi persuadé qu'il dit. sesai bon gre au Duc de Guise mon Cousin de navoir pusouffrir, qu un mignon de couchette, comme sainêl Maigrin ,le fist cocu ; c efi ainsi qu’il faudrait accoustrer tous les au-tres petits galands de Cour qui se méfient d’approcher lesPrincesses pour leur faire Vamour (37). Mais l’Auteur cueje vais citer ne nie point les amourettes de la Duchesse deGuise. II est vrai aussi qu’il les raporte sans les garantir vé-ritables.

( N) lise contenta de jetter son Epouse dans nne extrêmefraieur.'] ” Caussade Saint Maigrin Gentilhomme Bourde-„ lois étoit devenu Favory du Roy Henry Trois, par 1e„ seul avantage de sa beauté. ... II eut l’impudence de„ dire que la Duchesse de Guise s’étoit prostituée à lui (j).„ Comme le Duc de Guise étoit l’homme le moins suscep-„ tible de jalousie à 1 égard des Femmes » on ne s’adressa-, pas d’abord à luy pour luy faire confidence de la sotte» vanité de Saint Maigrin. On en parla à ses plus proches-> Parens & à ses meilleurs Amis; & les uns & les autres,, le sollicitèrent avec tant d’instance, que pour se délivrer», de leurs importunitez, il leur promit de se venger pré-" fièrement de fa Femme, & ensuite de son prétendu" galant. Et de fait, il s’abstint contre fa coutume de cou-" j^er avec elle la nuit suivante ; & le lendemain il entra’» ■ dans fa Chambre des les quatre heures du, matin avec un,, poignard a la main droite, & une écuelle d’argent rem-" phe d une liqueur noirâtre à la gauche. II réveilla laDu-„ chefle qui dormoit profondément : il luy reprocha en„ peu de mots son infidélité, & il luy dit avec un visage,, 8c d un ton de voix ou elle pouvoir découvrir tous les» symptômes de la fureur 8c du désespoir, qu’il ] U y don->, noit le choix de mourir du poignard, ou du poison pre--, paré dans l'écuelle qu’il tenoit (38) ”. La Duchesse n’aiantPu rien obtenir par ses prières, frit le prétendu poison çy l’ a -vala, cy se mit à genoux devant son Oratoire, en attendantle moment qu’elle devoir expirer; mais comme ce prétenduPoison étoit le meilleur consommé que l'on eût pu preparer, el-le ne sentit aucun mal, 8c dans une heure son mari lui vinta Ptendre, la maniéré dont on l’avoit pressé de se defaire d’elle,la raillerie dont il avoit prétendu punir le conseil qu on luia voit donné. Les parens vr les amis du Duc de Guise qui nes-peroient plus de luy tourner l’esprit contre fa femme , après l’ex-périence qu’ils venotent à'en faire, s’attachèrent uniquement àtuer Saint Maigrin. ils Vattendirent au nombre de vingt Ca-valiers au sortir du Louvre à minuit,cy ih luy donnerent tren-íe-írcîi coups d'épée, ou de pistolet, presque tous mortels. LeLot n en témoigna rien, parce qu on luy rapporta que l’on cro-yait avoir remarqué parmy les Assassins un homme qui à faai t extra ordinairement haute, cy à ses mains faites en épau-le de mouton , paroiffoit être le Duc de Mayenne.

Notez que cette Duchesse de Guise avoit été de la Reli-gion, pendant la vie de son premier mari; mais quand ilfut mort elle so fit Catholique dans la Chapelle du Chafleande S. Germain en Laye a l instance de la Peine Catherine deMedicis fa marraine (,39).

(O) On le surnomma le balafré .] Un Historien célébré

fait une Remarque qui ne me paroit point juste. Le Duc deGuise, dit-il (40), Gouverneur de Champagne chargea lesReiítres, cy les défit près de Chafieau-Thierry. Il y fut blesséà la joue gauche d’un coup d’arquebuse, dont la balafre {*)luy demeura toute sa vie, très-glorieuse envers les Catholiques,cy fort advantageuse à l'esgard des Dames, qui croyent queceux qui font braves le font par tout. II a quelque raison dedire que les marques de bravoure fervent d’tine puissante re-commandation auprès du sexe. Mademoiselle de Scuderi adit quelque part (41), que bien que la valeur ne soit pas lavertu des femmes, H efi pourtant constamment vrai quellesl'aiment, cy quelles font même quelquefois injustice à d’autresbonnes qualitez, d, l’avantage de celle-la, en préférant des gensqui ne font simplement que braves, à d autres qui ont plusieursvertus au lieu d’une. 11 est certain qu’un Cavalier suspect depoltronerie devient le mépris des Dames (41), 8c que plu-sieurs d’entre elles mettent à l’épreuve le courage de leurssoûpirans, je veux dire qu’elles les exposent à des querellespour découvrir s'ils sont capables de s’en bien tirer. Quellesactions de témérité ne faìlòít-on pas dans des armées deFrance au XVI fsede pour l'amour d’une maîtresse, 8c afinde mériter ses bonnes grâces (43) ? On ne peut donc pas cri-tiquer à tous égards la Remarque de Monír. de Mezerai ;mais on peut soutenir que la raison fur quoi il la fonde n’estpas solide. Les Dames aiment les hommes vaillans , lesCavaliers courageux , d’accord ; mais ce n’est pas à causequ’elles s’imaginent qu’ìls sont braves par tout; c’est plutôtà cauíe du grand éclat qui accompagne la réputation de bra-voure , 8c qui rejalit fur les maîtresses de ceux qui sc sontaquis cette brillante réputation. II y a donc plus de fasteque d’impudicité dans la préférence que les femmes don-nent aux gens de guerre fur les bourgeois, 8c aux guerriersd’une valeur distinguée fur les guerriers du commun. El-les croient qu’il y a bien plus de gloire à captiver un grandcourage , qu’à captiver les cœurs pacifiques, L’avantageest tout certain de ce côté-là: le reste est fort cal'ud. II ya des braves qui dans les combats d'amour n'égalent pasl’homme casanier. Tel Romain qui avoit fait vingt cam-pagnes glorieuses , & secondes pour lui en récompenses mi-litaires , n’avoit jamais été comparable fur l’autre chef devigueur à un Ovide 8c à un Horace (44; , 8c à cent petitsmuguets très-mal propres à se servir d’une épée. Je ne pen-se pas que le plus brave homme de France eût pu disputerfur ce point-là avec Zacachrist; ni que le Maréchal de Rant-zaw, qui portoit tant de glorieuses marques de fa valeurLc qui étoit bien plus balafré que le Duc de Guise, ait apro-ché de la force du tendre Voiture. r

Si nous remontons plus haut, nous trouverons que leravisseur d’Helene n’est pas le vaillant Hector, mais le lâ-che & efféminé Paris ; 8c nous verrons que le grand Ho-mère, qui peignoir fi heureusement 8c si naïvement toutesles passions, fe sert de l'exemple de ce pagnote pour dé-crier 1’impatience déréglée de ceux qui s’aproebent de leursfemmes pendant le jour. 11 n’y a dans ses Poèmes que leseul Paris qui en ùse de la sorte. Notez qu’il est embraséde cette impatience au milieu même de la honte qu’il de-voir avoir de s’être fiuivé tout fraîchement d’un combat.Le Poète n’a-t-il point voulu désigner par là les forces vé-nériennes des poltrons ? Plutarque ne le dit point , maispeut-être l’eût-il pu dire avec autant de raison qu’il en aeu dans les paroles suivantes (45) ; A quoi servira d’exemplece que fait Parts en Homère , qui s'enfuyant de la bataille s enva coucher dedans le litl avec la belle Helene : car ríayant lePoete nulle part ailleurs introduit homme qui aille de plein jourcoucher avec fa femme, il monstre assez, clairement , qu'il jugecy réputé telle incontinence reprochable cy honteuse {46). Volezdans le II Livre de l’Ilìade les reproches que faisoit Hec-tor à ce fuiard, 8c voici ce qu’Helene lui représenta ;

Quod bene te jaílas , cy fortia saíîa recenses-,

A verbis faciès dijfîdet ista fuis.

Apta magis Veneri, quam fint tua corpora Marti.

Bella gérant sortes : tu Pari, femper ama.

Hedlora, quem laudas, pro te pugnare jubeto;

Militia efi operis altéra digna tuis (47).

(P) Le Duc de Maienne . . . exerfa un pouvoir qui difera

peu du Roial. Il ne tint qu œ lui de prendre le nom de Roi 1 IIaprit à Lion la mort du Duc 8c du Cardinal de Gusse'sesfreres , & tout aussi-tôt il se retira en Bourgogne dométoit Gouverneur (48). II y assembla des troupe & !

il marcha vers Paris. II fut reçu à Troyes avtc lès me meshonneurs que I on rend aux Rois. Il y agit en Souverain , en-voyant de la des Commissions aux Créatures du Duc de Guise,V Jur tout a Rome cy à Saint Paul,amquels il fit expedíer des

ordrts

(39) Hïïâ*rion deCofìe, Vieides DamesIllustres,Tom. /, pag,295.

(40) Meze-rai, AbrégéChronol.Tom. V,pag m20T, à sann m1575.

(*) ‘A causéde cela on lenomme le ba-lafre,

(41) 04»-

P un des Vo-lumes de laClelié.

(41) Votez, cl -dessus la T{e-m -rejue (H)de

Cervan-

tes.

(43) Bran.

tome en pat*le en diversendroits #

(44) lïavoíU01 . VN»Libri n,

qu*ii prit lafuite dans uncombat , érSuetòne , inVira Hora-tii, assure cjuece ì'ollte adres venereasintempe-rantior tra-ditar, riani(k spécula-10, &c.

U*':Plut. <JCaudiendis-Poëtis ,pa%.18, F ; Ver*fion d'X-

myot.

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ldem.ibid.

Í 47 ) Ovid.Epist. He-len ad Pa-Úá.Verf.isUpag. m. 74.

74?) Maim-bonrg, Hist.de ia Ligue,pag. 15 - 4 -