GUISE.
6s6
(f) Maimb.Hist- de laLigue,
456.
(g) Lk-mi-me , p*g. 4S0.
(h) Lk-mê-me, pag. 462.
( 1 ) Lk-mt-me,p“g. 47S-
mais il eut Tans doute ses raisons pour se contenter du titre de Lieutenant Général de TÈfiat £ 5 ? Cou*ronne de France , accompagné réellement d’une autorité presque despotique. Lui Lc la Ligue su-poiérent que le thrône étoit vacant, & ainsi ils renversèrent les Loixjes plus solennelles & les plusfondamentales du Roiaume. je raportcrai un Acte que l’on a ôté des Regîtres du Parlement deParis ( £>>J , Lc par lequel nous verrons qu’en ce qui concerne la création des Présidons de ce Par-lement il exerça toutes les fonctions de Roi. II convoqua les Etats du Roiaume (/), Lc les sictenir à Paris l’an iypj. II y créa un Amiral, Lc quatre Maréchaux de France (§ ). II y dé-clara que l’on n'étoit ajsemblé que four froceder à Vêle filon d'un Roy qui fufi Catholique ( b ). Maisquand il vit que sélection ne pouvoit tomber fur lui ; car il étoit marié, Lc l’on vouloit choisirun Prince qui pût épouser l’Infante d’Espagne, il détourna adroitement cette entreprise, 6c avecd’autant plus duplication, qu’il fut que le Duc de Guiíe ion neveu étoit celui que l’on vouloircréer Roi. 11 eut un chagrin extrême de cette nomination ( i ). La Duchesse fa femme ne lapouvoit soufrir , Lc conseilla à son époux de faire flâtofi la faix avec le Roy , que d’eftre fi las-che de reconnciflre four son Maiflre & four son Roy ce petit garçon : c'efi ainfi qu'elle afelloit fatméfris son neveu. Ceux qui font quelque attention à ces attentats de Guises, ne peuvent com-prendre à quoi songeoit le Philosophe Cartésien Jaques Rohault ( R ) , quand il écrivit l’Epitt'C
Dé -
(49)Maimb.
Hist. de laLigue, pag.315 .
(t) JournalMS. de M.Loysel.
(\) Journalde Henn
111 .
s S o) Maira-bourg, Hist.de la Ligue,3 I í-
(51) Là-mê-me,pag. 3 16.
(íl) Lk-mi-r»e,pag. ZI 7 .
(x) JournalMS. de M.Loyíel.
(*) Cayet,
/.
(53) Maim»bourg, Hist.de la Ligue,
t*l- 3 ‘*.
(54) Vià
Maimb.Hist. de laLigue, pog.JI8 irl»‘V.
(ss) Lkmé-Pie, pag. s I S.
( fí) ll fautfin voirfris que lesSeize eurentfait pendre lePrésidentBwjsott , leParlement nevoulut plusrentrer. C'efice qui obligeale Duc deJ*ítienne à f etransporter àparis pourf a f aire dontil tfl iciquffiien.
ordres four commander en Champagne zy en Brie (49) : II en-tra le douzième de Février 1589 à Paris " (f) où comme„ si l’on eust veu lc Duc de Guise resuscité en sa personne,
„ on fit éclater la joye publique avec tant de transports 8c„ d’excés, qu’on en vint mesme jusqu’à exposer son Ta-„ bleau avec la Couronne fermée , & à luy dresser un„ Trône Royal (s) ; & s’il eust eû aillez d’ambition &
„ d’audace pour s’y placer , il eust trouvé peut-estre assez„ de gens qui l’eussent reconnu , pour tenir fous luy des„ Gouvememens qu’il leur eust donnez en titre de Du-„ chez 8c de Comtez avec hommage, comme fit Hugues„ Capet (50) ”. Mais il refusa d’accepter cet honneur,8c ne voulut pas dans la fuite qu’un autre le possédât. IIse contenta d'établir d'abord son autorité en se rendant le plusfort dans le Conseil de la Ligue (51). ll y faisoit fajsermalgré les Seize tout ce qu il voulait, zy il s’y fit donner en ejfetune autorité fort approchante du souverain pouvoir des Rois.Car la premiere chose , qui sut arreftée dans ce nouveau Con-seil, sut que pour marquer ce pouvoir presque absolu zy souve-rain qu on luy laijsa prendre , ou qu on luy donna, il auroit dés-ormais , jusqu ct la tenue des Estais , la qualité toute extraordi-naire , zy de laquelle il n y a nul exemple , de Lieutenant Géné-ral , non pas du Roy , car la Ligue rien connoijfoit point encore,mais de V Estât zy Couronne de Rrance. . . . (52'). ll f resta leserment de cette nouvelle zy bizarre dignité , le (J:) treizièmede Mars, au Parlement , qui en vérifia les Lettres scellées desnouveaux Sceaux qu on fit au lieu de ceux du Roy qui surentrompus ; zy pour commencer Vexercice de fa Charge par un ailede Souverain , (*) il fit aujfitost publier de nouvelles Loix con-tenues en vingt zy un articles pour unir fous une mesme formede gouvernement toutes les villes qui estoient entrées dans laLigue , zy celles qui y entreraient encore , dont le nombre enfort peu de temps fe trouva tresrgrand (53). II se mit en cam-pagne , 8c attaqua plus d’une fois l’armée du Roi , il amenadans le Roiaume les troupes d’Espagne ; 8c s’il traversa ledessein qu’avoit la Ligue de créer un Roi qui se mariât avecPlissante , ce ne fut qu a cause que cette nomination nepouvoit le regarder lui qui étoit marié , 8c qu’elle n’étoitdestinée qu’au Duc de Guise son neveu. II fut fi obstinédans fa rébellion, qu’il continua de faire la guerre à Hen-ri IV après même que la ville de Paris fe fut soumise à cePrince réuni au giron de l’Eglise Romaine. II ne se soumitqu’après avoir été prévenu par des ofres fi avantageuses quilui furent faites de la part du Roi, qu’il auroit eu de lapeine à se promettre de tels biens d’un Prince qui lui au-roit eu les dernieres obligations (54). L’Edit qui fut faiten fa faveur est daté de Folembrai l’onzieme de Janvier
1 S 96 (ss)* . _ , , ,
( A_) J e raporterat un Acte que l on a ote des Regîtres duParlement de Paris. ] J’en ai une Copie qui a été faite furl’Original signé du Tillet. Voici la teneur de cet Acte.
„ Extrait des Registres du Parlement.
„ Ce jour le Sieur Duc de Mayenne Lieutenant Géné-„ ral de l’Estat Royal & Couronne de France, les Chambres„ assemblées, 8c les gens du Roy prefens , après avoir re-„ montré à la Cour les causes qui l’avoient fait acheminer„ en cette ville , & laisser une grosse armée , 8c que de-,, puis le quatorzième jour du mois passé ladite Cour n’es-„ toit entrée (36), & que à présent n’y ayant aucun Pre-,, lìdent , luy avoit semblé nécessaire d’en venir commu-„ niquer 8c aviser avec elle pour y en remettre jusqu’à„ quatre , afin que cette grand’ Chambre 8c celle de laTournelle ne demeure fans chefs, 8c qu’à ceux qui fc-„ ront éleus il en fasse expédier les provisions, n ayant„ voulu entreprendre d’en nommer aucuns de fa part, ains„ le tout remis à ladite Cour : fur ce ayant interpellé plu-„ sieurs fois la Cour de les nommer, & les gens du Roy„ oiiis, aprez qu’il luy a esté remonstré par Mr. Mathieu„ Chartier Doyen 8c plus ancien Conseiller , que advenant>, vacation desdits Estais la Cour avoit accoutumé d’en-, nommer aucuns aux Rois dont il choisissoit l’un ou deux-> qui en estoient pourveus : mais qu’à présent n’y ayant» a ucun Roy & veu l’estat de la ville, icelle Cour s’en re-„ mettoit à luy 8c le prioit d’en vouloir nommer ; & enfin-> êj ,rez plusieurs excuses a dit puisqu’il plaisoit à ladite-> Cour, 8c suivant la priere qu’il avoit faite le matin à Dieu-, 8c a son Saint Esprit que cette affaire se conduisist en
„ toute sincérité , il se resolvoit de nommer pour premier,, Président le Sieur Chartier plus ancien Conseiller déja„ nommé par la Cour pour Président en icelle; les vertus,» integritez , 8c suffisances duquel estoient très-notoires *„ un chacun ; 8c pour second le Sieur Hacqueville Presi*„ dent au grand Conseil ; le tiers le Sieur de Nully premier„ Président en la Cour des Aydes, 8c devant pourveu de„ l’un desdits Estais ; 8c pour le quatrième , le Sieur le„ Maistre Advocatdu Roy, n’ayant jamais veu qu’il sache„ lesdits Sieurs Chartier 8c le Maistre , ou bien tels autres-, que ladite Cour avisera , laquelle nomination approuvee„ par ladite Cour, la matière mise en délibération; 8c non-„ obstant les excuses 8c remontrances dudit Sieur Char-„ tier de son aage de 79 ans , indisposition notoire de f*„ personne , 8c qu’il estoit nouvellement relevé 8c sorti„ d’une grosse maladie, 8c que cet aage desiroit plustost un„ repos que le travail requis en un tel estât, a esté arresté„ qu’il feroit le serment de premier Président en ladite„ Cour. A tant a passé au Barreau , 8c après avoir jure„ que pour y parvenir il n’a baillé ne promis de donner ou„ faire donner par luy ou par d’autres , or , argent, ne„ chose équipollente , en outre de bien 8c deiiement exer-„ cer ledit Estât Lc Office de premier Président, il y a este„ receu Lc fait profession de sa foy ez mains de Me. Estien-„ ne Fleury plus ancien Conseiller. Fait en Parlement le„ second jour de Decembre mil cinq cent quatre-vingt on-„ ze. Collation faite. Signé
Du T u 111.
„ C h Ait l e s de Lorraine Duc de Mayenne Lieutenant„ Général de l’Estat Lc Couronne de France , A tous ceu*
„ qui ces présentés Lettres verront, Salut. La principale„ marque de l’authorité Lc sainte volonté de ceux qui ont„ gouverné les Estats, Lc ce qui les a fait plus estimer p ar <T« les peuples qui leur ont esté soumis, 8c admirer par le*
» Estrangers, a esté quand ils ont eu foin de relever *
„ maintenir les deux colomnes, fur lesquelles est sondée„ la conservation de ' toutes les monarchies, la pieté Lc 1 *
„ justice. C’est pourquoy depuis qu’il a pieu à Dieu nost s„ appeller à la direction des affaires de ce Royaume , âpre®
„ avoir regardé le mieux qu’il nous a esté possible aux if„ glemens Lc provisions nécessaires pour avancer la gl 0l (
,, de Dieu , nostre principale intention a esté de reroP 11 ^
„ les places des principaux Officiers de la justice , de P eT '
„ sonnes de probité Lc de vie Lc intégrité de mœurs c ° n '
„ venables au rang que nous avons désiré leur faire tenù*
„ Et fur ce qu’il nous a esté remontré Lc avons reconnu„ qu’il estoit très-necessaire de pourvoir aux estats Lc os»'
„ ces des Presidens de la Cour de Parlement de„ afin que par faute d’iceux le cours de la Justice ne s°*
„ internais ou interrompu comme il a esté depuis q» e H ,,
„ tems , ayant résolu d’y en mettre Lc establir jusq u,, nombre de quatre , afin que tant la grand Chambre„ Plaidoyé que la Tournelle ne demeurent fans chefs ; *>, .
voir faisons, qu’aprez avoir cejourd’huy communisi»?
,, Messieurs de ladite Cour, les Chambres assemblées »s» désirs Lc intentions, Lc nommé les quatre personnes <]
„ nous avens estimé propres , dignes , Lc capables de,, charges, lesquels ils auroient eu très-agreables, fifres„ il appert par Pacte Lc arrest de cedit jour cy attadie„ le contrescel ; nous considérant les bons 8c agréables,, vices que Mre. 8 cc. Car ainfi le désirons. En te .f ce }
„ de quoy nous avons à ces présentés fait metrre n . eI ji-„ du Royaume de France. Donrté à Paris le 2 Dec„ bre 159t. Signé Charles de Lorraine, Lc fur le reply - “
„ Monseigneur, Pericard ’’. , nt é
Mr. Marais Avocat au Parlement de Paris a eu W m ' ade m’envoier la Copie qu’il avoit faite de cet Acte. ,communiqué aussi des Observations fur mon Diction ^qui me donnent une haute idée de son Esprit, LcErudition. , - r rit
(R) Ceux qui font attention aux attentats des Gui >peuvent comprendre à quoi songeait le Philosophe Carte] ^ques Rohault. 1 ! II publia fa Physique an 1 71, „
au Duc de Guise, qu’il régala de ce Compliment. a u-
„ il rn auroit esté libre de délibérer sur le choix , q ture I-„ tre protection aurois-je pu ménager mx. fi en s. au j de« les que je donne au Publie, que celle d un No 4 ^our
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