GUISE.
< 5 s 7
Dédicatoire de íà Physique.
[ST) R.O.
* rh ysique.
( sl ) Hotat.
L,;»°
' ^- 17 °.
». rom rems a esté destiné à soûtenir les plus grandes vcritez» du monde? Vos Ancestres ont défendu, avec une p e». digne d’estre à jamais proposée pour exemple, les sentez» Divines de la Foy, contre ceux qui s’en font déclarez ìes„ ennemis : Ces Illustres Héros ont maintenu aux dépens de-, leur sang, Ôc de leur vie, les veritez Politiques, je veux,» dire les Loix fondamentales de l’Estat, & les droits ìm„ muables de nos Souverains (*), contre les attaques du ae-» hors, ík contre les fureurs intestines de la rébellion ; Jttt U„ estoit réservé pour surcroist de partage , à VOSIKt,, ALTESSE, d’estre encore le Protecteur des véntez de» la Nature, âpres avoir succédé dans le reste à tous les no-» Mes sentimens de ses Ayeuls. Nous verrions mesme a leur„ exemple éclater encore aujourd’huy ce mesme zele en la-- Personne de V. A. avec la mesme ferveur, si le deraut,, d’occasion n’en suspendait l’exercice, fous le Régné glo--> r 'eux du plus Grand & du plus Sage Monarque du Mon-„ de (57 ) Si un Poëte débitoit de telles choses, mêmeen très-beaux Vers, on auroit lieu de prétendre qu il le feroitPour ses péchez, & pour expier quelque grand crime. Onlui pourroit apliquer cette pensée d’Horace :
Nec satis apparet cur versus faílitet', utrum
Minxerit in patrios cintres, an triste bidental
Moverit inccstus: certe surit (58).
Que doit-on donc penser d’un célèbre Philosophe, & d unbon Mathématicien , à qui des folies de cette nature fontechapées ? N'avoit-il point commis quelque forfait abomina-ble qui méritoit qu’on l'.abandonnât à un sens si réprouve ?rations plus doucement : n’a-t-il point déshonoré son caracte-fij P ar l’afirmation d’un mensonge si palpable ? Disculpons sonCartésianisme autant que nous le pourrons. II faut supoíerpour cela que Mr. Rohault ne composa point son Epître De-dicatoire en qualité de Philosophe, il s’étoit dépouille de cepersonnage jusqu’à la chemise, & st s’étoit revetu de celuide Panégyriste par se malheureux engagement que contrac-tent ses Auteurs dune Epître Dédicatoire. Belle leçon pourdétourner d’un tel dessein tout bon Philosophe! Paíions plusavant, & disons que celui-ci, lors même qu’il fut couvert dela livrée d’un personnage étranger, ne perdit pas toutes lesidées de l’office de Philosophe. & que s’il débita un menson-ge tout-à-fait grossier, ce ne fut point par une lâche flatene,mais par un péché d’ignorance. II ctoìt aparemment de cesPhilosophes, & de ces Mathématiciens, qui n ont du goûtque pour la Science naturelle, & pour Euclide, & qui mé-prisant tout se reste ne daignent pas même s’informer del’Histoire de leur pais. Peut-être aussi que l’aplication à fairedes Expériences contre le vuide, & fur les propriétez de l’ai-man, & fur les diverses réfractions de la lumière, &c, ne luilaissoit point assez de loisir pour lire Mr. de Thou, o» Mr.de Mezerai; & qu’ainst il ne connoifloit VHistoire de Mes-sieurs de Guise que fous cette idée générale qu’ils s’étoientfort oposcz à la rébellion des Huguenots. II étoìt donc en
quelque maniéré dans la bonne foi. Mais gardons nous biend’afiiìrer que son ignorance le disculpe, elle n’étoit point in-vincible , st pouvoir au contraire s’en délivrer aisément. IIn'avoit point d’Ecolier qui ne lui pût faire le récit des ac-tions de Mrs. de Guise contre Henri III ôc contre Henri IV ;
& il n’y avoir fi petit Légiste, ou si petit Praticien, qui ne luipût dire que c’étoient des attentats diamétralement oposezaux Loix du Roiaume, & un renversement total des princi-pes les plus essentiels à la Monarchie Françoise , & une fuitecontinuelle des plus grans crimes de félonie Sc de Leze-Ma-jesté qui puissent être commis. S’il n’a donc pas été coupabled’avoir parlé contre fa conscience, il mérite pour le moinsque nous le blâmions d’avoir négligé de s’instruire fur les faitsdont il parloir. Je pense que c’est là toute fa faute; Sc je nefaurois me persuader qu’il ait trahi ses lumières pour s’érigeren dateur; car s’ìl avoit eu quelque teinture de l’Histoire duXVI lìecle, Sc du Système Politique des François, eût-il oséfe servir de l’encens qu’il emploia pour 1 e Héros de son Ou-vrage ? Eût-il osé le louer d’être tout prêt à imiter ses Ancê-tres si l’occafion lui en étoit présentée? Netoit-ce pas direréellement, En cas de besoin , vôtre Altesse sera toujours dis-posée à exciter une sédition dans Parts ,à y faire pouffer lesbarricades jusques au Louvre , à contraindre le Roi de prendrela fuite, à le faire déchirer par les inventives les plus violen-tes des Prédicateurs, h lut intenter un Procès au Parlement deParis, à le deposer, à le faire affaffiner par un Moine, à ex-clure de la succession Monsieur le Dauphin , e? tous les Princesdu sang, à mener dans le Roiaume l'armée Espagnole pour lesempêcher de soutenir leur bon droit, cre ì Concluons que Mr.Rohault n’awoit pas tenu un langage significatif de toutes cesPropositions, s’il avoit conu que ses paroles signifioient effec-tivement cela. S’il faut donc lui pardonner cette foute, c’estparce qu’il ne savoir ce qu’st difoit.
Au reste, ce ne font pas seulement les Ecrivains Protes-tais qui ont. fait une description désavantageuse des actionsSc des desseins de Mrs. de Guise : il y a eu de bons Catholi-qnes qui en ont parlé fur 1 e même ton. Lisez un Ecrit quel’on attribue à Louis Servin Avocat Général au Parlementde Paris ( 59).
§ ( « ) Baptiste le Grain, 1 . 6. de fo Décade du Roi Henrile grand, pag. 635. de l’Edition de Rouen, 1633. parlant duDuc de Maienne, dit en propres termes que tout Chef de laLigue qu’étoit ce Duc , il ne souffrit jamais qu il fust faitbresche aux Loix fondamentales de l’Etat : Sc l’Edit de Fo-lembrai, du n. Janvier 1596. (*) lotie le même Duc del’affection qu’il avoit monstrée à conserver le Roiaume en sonentier , duquel il ria fait, ni souffert le démembrement lorsque la prosperìté de ses affaires semblait lui en donner quelqutmoien : comme il n a fait encores depuis qu estant affaibliApparemment Mr. Rohault , meilleur Philosophe que Gé-néalogiste, prenoit pour l’un des descendans de celui-ci ceDuc de Guise, à qui il dédia fa Physique en l’année 1671.Rem, Cru. '
f 59 ) IntituléVindicixíecundumLibeitaremEcdesixGallicans»Sc i^egii Sta-tus Gallo-Franco-rum. Je ntfers de l*Edi mtien de í$93 ,in 8 .
C*lMem. dcde Ligue,Tom. 6. pag*z? 6 . édit, dtI $99*
tv.
X^Lïvrt
“"Lettresf Hsquier,p ,% 17 3 ir
, U
GUISE (Charles de Lorraine Duc d e) fils aîné du précédent, naquit le 20d’Août 1571. On l’arrêta arec plusieurs autres le jour de l’exécution de Blois , & il demeuraAbi M chtò- prisonnier jusques au mois d’Août iyyi. II fe sauva alors du Château de Tours (a). La Lì-gue en fit des feux de joye par tout , & le Pape en rendit grâces à Dieu publiquement. Ce jeuness -. Prince fut reçu dans Paris avec de grandes acclamations ( b ), Lc vit accourir en foule vers lui,non seulement 1 e Peuple, mais auffi la Noblesse de la Ligue. II se lia très-étroitement avec lafaction des Seize-, mais toutes ces grandes prospéritez ne servirent qu’à la ruine du Parti, par la. í4 jalousie qu’elles donnèrent au Duc de Maienne. J’en ai parlé dans p Article précédent. On ditdom que la Duchesse de Mompcnsier devint amoureuse de ce jeune Duc de Guise son neveu (A). Ce-f lui-ci ôta à la Ligue l’un de ses Preux , en tuant de fa propre main le brave Saint Pol (B). Uobtint le Gouvernement de Provence lors qu’il fe soumit à Henri quatre l’an 15-94 ( c ). II eut4 u £gu e , sous Louis XIII quelques emplois par mer & par terre (d) ; mais on l’empêcha de voler troplann - 159*1. haut, & on l’obligea même de sortir de France. Ce fut l’effet d’une sage Politique du Cardinalde Richelieu (C). II se retira à Florence (í), & mourut à Cuna dans le Siennois le 30 de Sep-tembre
(A) On dit que la Duchesse de Mompenfier devint amou- du Camp devant Chartres au Duc de Elever s -, cr enfin son or-rtuse de ce jeune Duc de Guise son neveu. ] Voici ce que di- gueil insupportable , joint k la tyrannie qu il exerçait dans lasoit Mr. Ménagé (1). „ Madame de Montpenfier aimoit Province, luy .fit perdre la vie par la main du jeune Duc de
„ fort son neveu le Duc de Guise, fils de Henry le Balafré Guise qui le fit tomber mort à ses pieds d'un coup d’épée qu U„ J’ai veu autrefois des Lettres fort passionnées quelle lui luy donna droit dans le cœur , parce que ce Prince l'ayant prié„ avoit écrites. C’est pour cela que dans la Satyre Ménip- fort civilement de retirer de Reims les gens de guerre qu il y« pée, quand on place tout le monde, se Héraut crie : Ma- avoit mis pur s en affeúrer, ce prétendu Marefchal , qui vou--, dame de Montpenfier, mettez-vous sous vôtre neveu ’’ loit malgré qu il en tust , y estre le maistre absolu, luy avoitMr. Ménagé ne se souvenois pas bien de tout ce que dit se dit 'fierement, en mettant la main sur la garde de son épée,Héraut; il en oublioitune clause très-notable : il y a dans se qu il n en feroit rien (4). C’est assez la coutume que dansCatholicon, Madame la Douairière de Montpenfier, comme une rébellion les braves, qui abandonnent le service de leurPrincesse de vofire chef, mettez, vous soubs vostre Nepveu Prince légitime, aspirent un peu à l’indépendance. Mais ilsVoiez la réfléxiòn que fait fur cela l’Auteur des nouvelles énrouvent très-fouvent que le chef de la révolte demandeRemarques fur cette Satire Mémppée ( z ). j de soumission que le vrai maître. Je croi qu’Henri IV
(B) ll ôta à la Ligue l’un de ses Preux , en tuant de fa tro- eût été plus indulgent pour les brusqueries de Saint Pol, q Uepre mam le brave Saint Pol. J „ Saint Paul, soldat de fortu- ne le fut le Duc de Guise. Notez que Monsr. de Mezerai» ne, qui par sa valeur & par sa conduite au mestier des ar- donne tout le tort au Duc, qui voulant, dit-il ( 5 ), avoir U’• ® es avoit aquis son titre de Noblesse ( 3 ) ” sot P,m des despoùille de ce brave, pour en faire fin accommodement, luy
Quatre Mar#v 4 »«*nv A » Th nim 1 » T»”*- r . ^ ntjstrp.lle fur le de Tleìmt erra .» J
I;] Mena
giana
». 57 .
II
Pog.
391 ,
d,
A l
fi í’e*;
j&.'ïí
i 6ue >f«í.
(c) Anset-me, Hist.des gransOfficiers,
pag. 427 .
(d) Lx-mt-me.
(í) La~mi~me %
4 Go,
_ __ ,,„w»uv \$) iuL iun
quatre MaïcchauTde Frnce que le Duc de Maienne créa en1593. Ce Duc après la mort du Duc de Guise, dont ce Ca-pitaine estait la créature, ïavoit commis au Gouvernement deChampagne, eu après s’eftre rendu maifirt de Reims , de Mezje-rts, w de Vitrystl t út l’audace de s emparer par force du Duchéde Retelois ,cr d'en prendre poffejfion en qualité de Duc,en vertudu don qu il difoit en avoir <■« rlu k>â ramrn. U ’’ --
^_ j-.. , luy
uc uc v-w "r ur le pavé de Reims , L? luy donna
fit un } ven tre. Le même Historien observe que
de l espee , j v it le jour de devant les barricades
Sam m I cvuso pete de celui-ci. Admirez la reconnoissan-au Du a c rnn eut de ce grand service.
Ce (Cl On ï obligea de sortir dp France. Ce fut ï effet d’une
rt-l .**.'*• du C u. A,u ut de V.-
• ‘ —- - t-jt-jj .-i- — ^uí,en vertu (C) un coongea ue jorur ap trance. Ce fut l'effet d’une
, H en avoir pû du Pape,comme U Roy l'écrivit sage Politique du Cardinal de Richelieu , j On avoit fait unea u ME ll. J* Oooo —' st -
( 4 ) M ai m WHist de laLigue, peg.+60,
( 5 ) Mezer.Abr. Chron,Tow, VI »paç. 124Vêtez, ci-des-sous dans UT^mares. {C)ct que Marie^de Medu ìs di-foit de cette
triste