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Longueville fìlíc du Prince de Condé se trouva mêlée. II sortit victorieux de ce combat, & n’estcraignit pas beaucoup les suites, quoi que cette action fût un duel dans toutes les formes, Lc qu’ellese fût passée au milieu de la Place Roinle, & qu’il eût contre lui une partie des Princes du Sang.Ces circonstances Sc plusieurs autres, Sc les informations que le Parlement de Paris commença defoire faire à la requête du Procureur Général du Roi (/), n’empêchérent point que le Duc deGuise ne sc montrât en public, Sc n’allât faire la campagne de í’annéc suivante ( g ) au siégé deGravclines sous Mr. le Duc d’Orleans. II ne faut pas néanmoins douter que cette Avanture nefût la principale cause du volage qu’íl fit quelque tems après au delà des Monts. II étcit à Rome
lors
„ la Reine eût intérêt d’empccher que le Duc d„ demeurât trop uni avec 1 e Prince de Conde, ûe ? f-„ leur autorité ne fit préjudice à la sienne; neanm ss„ me il y avoir encore plus de danger à leur lai e p„ leur ressentiment jusques à la dernière extrémité,
„ vailla à les accommoder. Elle obligea la Princesse„ dé & la Duchesse de Longueville à recevoir la latistacuoa„ de Madame de Montbaíbn, & cette Duchesse alla.. aux deux Princesses en fa présence qu’elle n avoit P° in ‘
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( 20 ) Vdiet teMinistère
d’Etat sont la peste dune Cour; ori ne sauroit sen déli-vreí îvec trop de promptitude: il faut le plutôt qu on peutles faire servir d’ornement dans les pais étrangers. Si la Duchesse dont je parle eût continué de demeurer a Pans âpresla conjuration de Chalais son amant àvorsse ( xo) , à eu^fait souvent des siennes. Nous votons qu elle to a pe ne re ^ ^ ^vpnnp en France, qu’elle jetta les fondemens de ce malheu Riche i ieu ,
reux combat qui fit périr le Comte de Coligni; jeune Sei- /, p « s .reux combat qui v ^s services à la Couronne: 310,6- 3,7.
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Cardinal »imprimée À
J __-, stipulé par le même accommo- Lc à farmee, « Ottanses. F Suivra T la trace le duel^du iíjÍ Tom.i,
» dement, que cette Duchesse éviteroit toutes les occasions des A Comte de Coligni, vous en trouver ex
,, de se rencontrer avec les deux Princesses, ce qu’elle n’ob- Duc e > ■ • J e j a Duchesse de Chevreuse, qui
» serva pas dans la fuite. La Duchesse de Chevreuse ayant la so } 1I . ce jXument la jalousie dune autre Du-
-- convié la Reine à une collation quelle lui avoit fait pre- cwploia Dames parfaitement d’intelligence, quoi
„ parer dans la maison de. Renard auprès de la porte de la chelle. v.e Pautte, concerterent un
-, Conférence, mena fa belle-mere pour lui aider à en faire st 11e 1 une fu rémitation. d’une Princesse du sang.
» ies honneurs! La Reine s’éroit faite accompagner par la récit qui fletnssoit la réputation dune* ^ ^ ^
„ Princesse de Condé, qui voyant la Duchesse de Montba- Y ? 1 horreur quand même on n’y considéreroit que ce-
" ^ voulut se fetirer, mais la Reine la retint & pria cette ff ^^s s son vien à Rouvrir p« quels motifs de ven-
- -«- séance cette machine fut faite, on fe trouve beaucoup plus
saisi de frémissement. Fut-ce par tendresse pour foa man,fur re nour le venger d’une injure qu il eut fouferte en son
honneur uue l’on répandit un Conte désavantageux a la D u-honneur que ■ p H ,i, ( nnn . cc f u t par un tout autre
. -— chessede Longu i']. 0 nneur d u mari en foufroit de plus en
-- ment de la Duchesse ; mais Coligny qui ne fe croyois èsir de vengeance, 1 iho Dame ^iée fe vouloit
„ pas vangé de ce qu’on l’avoit voulu commettre avec la plus, bien loin Q etre repa_ .
,, maison de Bourhon dont il ,vnit -"" -
„ __uiw ia iveme ia retint ct pria cette
„ Duchesse de s’aller promener ailleurs pour l’amour d’elle,„ ce qu’elle fit de fl mauvaise grâce que la Reine en demeu-„ ra fort irritée, même lors qu’elle fut de retour au Palais„ Royal, elle lui fit porter par Guenegaud Secretaire d’Etat„ un ordre de fe retirer incessamment à fa maison de Ro-chefort. Cette querelle sembla être terminée par f éloigne-
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( 21 ) Novef-ca, Maratre >titre d'inimi-tié encore plusgrand tjuecelui de so-crus.
,, maison de Bourbon dont il avoit Thonneur d’être alié, fìt venger de ce que cette Ducheffe, aiant épe„ apeller le Duc de Guise par le Marquis d’Estrades : Le de Longueville, l’avoit privée de son galant.
» Duc accepta le défi, & prit pour son second le Marquis son de cette ofence on tint des discours qui eurent entre au-
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de Bridieu. Ce combat fut â la place Royale , & ì’a-» vantage demeura tout entier au Duc de Guise, qui des-„ arma son ennemi aprés l’avoir blessé dangereusement , &
>, alla ensuite séparer les seconds qui s’étoyent batus avec», beaucoup de courage, fans avoir eu aucun avantage l’un,, fur Vautre. Ce combat donna beaucoup de réputation„ au Duc de Guise & auroit augmenté la considération que„ sa Maîtresse avoit déja pour lui, s’il avoit persisté dans„ cet engagement, mais son cœur prit d’autres impressions„ peu de teins aprés (13)”.
Notex que Mr. de la Barde met ce duel à lan 1644, &qu’il assûre que les deux seconds s’entre-bkssérent considé-rablement (14). Mais Mr. Sarrau dans une Lettre qu’ilécrivit peu de jours après cette action assûre, que Monsr.Destrades ne fut point blessé (15), & que le combat fe fitle 11 de Décembre 1643. Grotius s’accorde à cela quantau tems;car dans une Lettre (16), qu’il écrivit de Paris le 19de Décembre 1643, il raconte qu’il y avoit huit jours quele Duc de Guise 8c le Comte de Coligni s’étoient batus enduel. II observe une circonstance que Mr. Sarrau a omise,c’est que le Comte fut désarmé. 11 est surprenant que Monsr.Sarrau ait omis cela: une nouvelle de cette nature, 8c d untel éclat peut-elle être écrite fans qu’on raccompagne d’u-ne circonstance aussi essentielle que l est de marquer si l’undes combatans vainquit Vautre, ou s’ils furent separex sansqu’aucun d’eux eût eu du pire ? II faut reconoître ici l’effetdes passions. Mr. Sarrau en qualité de bon Protestant avoitbeaucoup de chagrin de la victoire du Duc de Guise. LeComte de Coligni fils aîné du Maréchal de Chatillon des-cendoit de 1 Admirai de Coligni en ligne directe : il étoitde la Religion , 8c il sembloit que là querelle fut com-me un renouvellement de l’ancienne inimitié des GuisesLc des Chaulions. Tout cela faisoit que Monsr. Sarraueût souhaité de tout son cœur l’avantage de ce Comte dansce combat. II ne voioit son désavantagé qu’avec chagrin:il auroit voulu sc le cacher à soì-même, & ne le pouvant,il le cachoit pour le moins aux autres. Voilà pourquoi iln’en parla point dans la Lettre qu’il écrivit à Saumaise.C’est ainsi que le cœur de l’homme se tourne dans les nou-velles désagréables. On fait ce qu’on peut pour ne les pascroire, 8c si l’on n’a pas la force de se tromper, ni celle desoutenir qu’elles sont fausses , on s’épargne à tout le moins îaviolence qu’il faudroit fe faire au cas qu’on les avouât nette-ment , ou qu’on ks aprît à ceux à qui elles ne sont pas co-nues. ' Mr. Sarrau quelques jours après écrivit à son ami quele Prince de Condé avoit voulu absolument que le Duc d’En-guien, qui avoit donné retraite dans fa maison au Comte deColigni, le congédiât, 8c que ce pauvre Comte s’étoit retiréchex un Ministre (17). II mourut de chagrin (18) cinqmois après le combat (19)-
On ne sauroit faire de solides réflexions fur ce duel, fansdonner beaucoup d’éloges à la prudence avec laquelle legrand Cardinal de Richelieu mit hors du Roiaume la Du-chesse de Chevreuse. Les Dames, qui abusent de leurbeauté Lc de leur esprit pour fe fourrer dans les intrigues
tres fuites un fameux duel dont 1 Histoire s est chargee. 8cvoilà par quel endroit la belle-mere & la belle-fille ont aquisVimmortalité; car on lira leur conduite autant que durerontles Ecrits des Historiens François du Régné de Louis XIV.
II y a des gens qui croient que le véritable mérite d unefemme est de couvrir si sagement fous lc voile de la mo-destie ses plus grandes qualitez, qu’elles ne puissent servir dematière ni aux Auteurs, ni même aux Conversations (12).Cette Morale est bien rigide, trop peut-être, 8c il n’y a pointd’inconvénient à la mitiger, 8 c à soufrir qu’une Dame aitl’ambition d etre placée dans le temple de mémoire, 8c dansles Ecrits d’un Historien. Mais il faudroit qu elle n’eût envue que les Auteurs qui comme Valere Maxime font un Ca-talogue des plus grans exemples de piété, de chasteté, Ta-rn our conjugal, de charité, de constance, 8cc. C’est là qu’onpourroit légitimement briguer une place : mais de tenir uneconduite qui ne peut que procurer éternellement un mauvaisrenom dans quelque coin de l’Histoire,ou dans les plus longschapitres de la Chronique scandaleuse, c’est en vérité un dés-ordre qui mérite toute l’indignation que le cœur de l’hommepuisse concevoir.
Au reste, il y a des variations fur la maniéré dont la Courde France témoigna son ressentiment à la Duchesse de Che-vreuse au tems de l’affaire de Chalais. Les uns disent qu’onrelégua en Lorraine cette Duchesse. C’est l’expreffion dont sesert l’Auteur de l’Histoire du Cardinal de Richelieu impriméeà Amsterdam l’an 1694 (13). Le Président de Gramond ditsimplement que cette Dame pourvut à sa sûreté par la fuite,8cque la considération de son sexe avoit empêché qu on ne lamît en prison. II ajoûte que si on l’eût emprisonnée l’on eûtrendu un très-grand service au public, soit au dedans, soit audehors du Roiaume , vû qu’elle devint la perturbatrice depresque toutes les Cours de l’Europe. Fuga item consulit sibtDuctftt Cafrusù multis rea nominibus : fcxus fragilisas ,vr ve-neratio inbibuerant nufer quo minus er if fa tri carcerem trahe-retur : certe magnum erat GallU , magnum princifibus externisab ed detentione beneficium , auâirìce passim in res novas intra.cr extra Gallium eâ fmmina , aularumque ferme tota Europaomnium perturbatrice , quod fuo tnfra loco reidemus (24). Levéritable détail est de dire que d’abord on lui commanda defe retirer de la Cour, qu’ensuite on la fit garder, mais nonpas si exactement qu elle ne trouvât le moien de sortir horsdu Roiaume. Fer dijscilia Régine tempora hanc diligentifsimecoluerat , atque observaverat (Rohana Mombasona) atque eâcausâ & Ludovic» XIII er Richelío invifa , Aulà puisa , ineuftodiam con;eíla, poftremo fuga fibi confulere , atque in His -pania, & Belgio exulare coatla sucrât (25). Mr. de la Bardequi dit cela a raison de remarquer qu'elle devint odieuse àLouis XIII ; car on lit dans les Mémoires de Mr de la Ro-chefoucaut (26), que les raisons qui rendoient irrésolue laReine fur le retour de Madame de Chevreu k,estait une clau-se part,cube,e de la déclaration ^ une aversion esirange quele Roy avoit témoigné contre elle tn mourantCette Dame mourut au mois d’AoûtXante 8c dix-neuvieme année (27 ).
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(zt) VtìtZ, fe*T^tmarq. (D)de l* Article
JUDITH,
1679, dans fa soi-
(iî) a u
sage 303 du/ Tome à.l*ann . \ 6z6.Votez, auffì f eMinistèredu Cardinalde Riche-lieu , Tom. I,P“g- 3 , S,
(24! Gra-mond, His-toi. GalliïLibr. XVI,P A i- 70, , aiami, 1626.
sos) Labar-d:tus , Hist,de RébusGall. Libr.II,tait. f. 7,.
(ïí) Pag. mi14.
(27) Merc.
Galant,
167 9,pag. , 2 'Edition deHollande,