GUISE.
<S6z
(h) Galeaz-zo Gualdoïrioiato,Histoire desRévolu-tions deNaples,
Livr. II,pag. m. 71.
(<) Li-mê-»»- > ?->L. 75 -à" saiv,
(k.) Là-mí-me, fog. 74.
(0 te PneAnselme,Hist. desgians Offi-ciers, p. 460.
(m) Vtiez. la
‘Fjmíirt]- ( ì:) .
(n) Vain. lamime TJf-marque.
(<?) ^Arrivéeban 1654.
(s) Ansel-me, Hist.de gransOfficiers,
fag. 4 «->.
lors que les Napolitains se soulevèrent, & le demandèrent pour Chef. 11 accepta leurs proposi*rions, Sc partit le 13 de Novembre 1647 (/a). Ees obstacles, qu’il lui salut vaincre pour entrerdans Naples (r), furent de telle nature, que la Calprenede ni Scuderi n’ont jamais peut-être rieninventé qui fût plus digne d’un Aventurier de Roman. Ce Duc fut reçu du peuple de Naplesavec une joie extraordinaire, Sc l'on ordonna le 17 de Novembre qu’il seroit appelié Generalijftmedes armes, U défenseur de la liberté , avec les mesmes honneurs dont jouïjfoit le Prince d’Or ange enHollande , fous la protection du Roy très-Ckrestkn (k j. U trouva beaucoup de difficultez dans l’exer-cice de cette nouvelle dignité, ÔC il donna beaucoup de preuves de son esprit & de son courage;mais la fortune lui fut contraire: la Cour de France ne pouvant, ou ne voulant l’aflîster, il t\eput se maintenir; Sc il se vit obligé à faire des tentatives périlleuses où il succomba, Sc perdit faliberté. 11 tomba entre les mains des ennemis qui le transportèrent en Espagne, où il fut détenuprisonnier assez long-tems. 11 fut mis en libeité au mois d’Août 1 6 fz (/), à la sollicitation duPrince de Condé (m), Sc l’on croit que la Cour d'Espagne y consentit d’autant plus facilementqu’elle espéra que le Duc de Guise retournant en France y exciteroit des brouilleries Sc des fac-tions (b). Tout le monde a cru que la Cour de France négligea de l’assister, parce qu’elle nefouhaitoít pas qu’il afermît son autorité dans le Royaume de Naples, Sc qu’elle jugeoit qu’il étoitplus de son intérêt que les habitans de ce païs-là fussent au pouvoir des Espagnols, que s’ils deve-noient sujets de la Maison de Lorraine. Le Duc de Guise étant de retour cn France ne songeapoint à des cabales qui pussent accommoder les a faires du Prince de Condé : il s’occupa beaucoupplus de galanteries, Sc s’il entreprit une expédition pour tâcher de se rétablir dans Naples (£)tce fut plutôt une afaire d’ostentatìon qu’un dessein solide. Cela n’aboutit à rien. On lui donnala charge de Grand Chambellan, qui étoit vacante depuis la mort du Duc de Joyeuse son frere(0). II fut choisi en i6p6 pour aller au devant de la Reine de Suede qui venoit en France: onne pouvoit pas faire un choix plus judicieux; car jamais homme ne fut plus propre que lui poufde semblables commissions, Sc pour toutes les choses où il faloit de la pompe Sc de la magnifi-cence. 11 parut extraordinairement dans le fameux Carrouzel de l’an i66z. II y fut chef de laQuadrille des Mores. II étoit né pour cette espece de journées Sc de spectacles, Sc il méritoitplus qu’homme du monde d’avoir vécu au tems des Tournois, Seau siecle des Paladins. On con-te une particularité bien singulière touchant le don qu’il avoir de se faire aimer des femmes. Ondit que celles qui l’aimoient pouvoient conoître à l’émotion de leur cœur, Sc fans le voir, s’ilétoit présent (F). II mourut de maladie à Paris le z de Juin 1664 (p), Sc fut porté à Join-
ville,
(28) Ansel-me , Hist.des gransOfficiers,p*g. 461.
(Z 9 ) PtiolUS,Lihr. VIU,Cap. V ,pa&.
W. ZI2
(30) Tire deMr. de laBarde, Libr.
édann. 1652.
(31) Intri-gues Galan-tes de laCom deFrauce,^.ajl.
(31) Lk-mt-*»e>pag. 25 }.
(33) Lk- mi-mtypag. 254.
(34) Notez,qu'il publia,pour fe dis-eitlpcr une
\Uelatien decette chétiveExpédition.Vous la trou-verez. dansun RecueilHistoriquede diversesTleces im-primé enHollande , in12, l'an 7666.
(35) Intrig.Gai. de laCour deïiance, pag.258.
*(36) Votez. UVie de Hen-riette Sylviede Moìiere,Fart. I , nag.
m. 55 > ;6
dx Part. If ,pag. 762,163.(3 7 ) NecjamfurtivumT>iio médita -tur amorem :Conjugìum%/ocat hocpra~jexit ntmineculpam. Vil-gil. Libr.jV, Vers. I 7 i.(38) Neccon-jftgis unqttatn
prettendt t*’
das .dut htcin '.(titra ve~„i lâ.lb.Vers.zzî. VeitZ. aDemoiselle de
( E ) il s occupa beaucoup plus de galanteries , cy il entrepritune expédition pour tâcher de fe rétablir dans Naples, j Cetteexpédition fut faite l'an 1654. Le Duc fe rendit maître deCastell’ à-mare, & la perdit peu après (18). Raportons unPassage de Príolo, où nous aprendvons que la liberté du Ducde Guise ne servit de rien aux Espagnols, ni au Prince deCondé. Guifius ante paucos annos dux e le élus Reipublica Nea-ptlitana, c? inter fitvos tumultus captus ac dtduilus in Hispa-niam , nunc libertate donatur , id maxime procurante Condio.lberica fuit vafrities , Guifium Gallu redonare , cy Condaoconcedere ; ut , qui avorum non immemor , postes rurjus moli-rt nova , cy ciere turbas. At oblitus donata libertatis, cyCondú négligent , choreas <y bajìiludia cogìtavit. Rurfits abeo t entât um ìter Neapolitanum ofientui fptit , renovaturum inanimo levi fpes accifas per va nant ludibfium. Nullus morta-lium tam vana concepit , editus atavis, (jui tam grandia, tamfolida captabant (2.9). Mr. de la Barde raporte que la Reinemere avoit consenti à l’échange que les Espagnols avoientproposé : ils avoient ofert de relâcher le Duc de Guise pour-vu que la France leur rendît tous les prisonniers de leur parti.Ils fe ravisèrent peu après, & dans l'espérance que le Duc deGuise seroit un puissant instrument entre les mains de Monsr.le Prince de Condé pour fomenter bien des troubles dans leRoiaume, ils le relâchèrent à la priere de ce Prince. Mais,dès que le Duc se vit en France, il déclara qu’aiant reçu desEspagnols un si rude traitement, il ne seroit rien en leurfaveur, ni pour témoigner fa rcconnoissance au Prince pen-dant qu’il le verroit dans leurs intérêts; que s'il l’en voioit sé-paré , il n ’y avoit rien qu'il ne voulût faire pour son service.II trouva d’aiìlcurs qu’il étoit fort redevable à la Reine merequi lui avoit fait l’honneur de consentir que pour le ravoir,on renvoiât aux Espagnols quatre-mille prisonniers dontquelques-uns étoient des gens d'importance (30). Quoiqu’il en soit, il s'attacha plus à faire l’amour, qu’à faire laguerre. Il revint à Paris plus amoureux de Mademoiselle dePons , qu il m ïavoit été avant fa prison, 8 c il résolut de l’é-poufer (31); mais, aiant sû qu’elle lui étoit infidellc, il latraita fort indignement : il lui fit même un procès cy lui de-manda en jufiiee des Pendants d'oreilles e (limez, cinquante-mil -le écus, & une riche tapisserie qu'il luy avoit donnée; mais iln’tn eut pas le succès qutl s'en étoit promis: la perte de sonprocès redoubla fa colère, cy il résolut de l'aller insulter dansfa maison (32). Elle en fut avertie, & se garantit de l’in-sulte. Elle se retira quelque tems après hors du Roiaume.Ze Duc de Guise ayant apris son départ (33) s’embarqua furla ilote du Roi pour faire un second voyage à Naples (34).Etant revenu en France il fut amoureux de Mademoiselle deGorce qui l'aima de meilleure foy, 8c qui aprés fa mort fe re-tira dans le Couvent des Carmélites ou elle prit l'habit ( 35 ).Tout ceci nous montre, que s'il a été un Héros, ce n’a pasété selon les idées de Corneille, mais selon celles de RacineLc de Quinaut. C’étoit un Héros toujours amoureux (36),& qui ressembla quelquefois à celui de l'Enéide: il jouîtde_tous les privilèges de mari, il laissa croire à fa maîtressequelle étoit fa femme, & il ne prétendoit pas néanmoins? U u i! e à- La voilà semblable à Didon (37), le voilàsemblable a Enée (38). Ne disons pas pour cela que ses
■ dejjf 1 > Psm. (B) de l ^article de Garnachr,k« Duc de Nemours ér une%oh<in (tons m cas fouit 4 alai dr. Duc i, Grise & de U Comtesse de Bojsr.
Aventures soient héroïques: il n’y a rien là qui ne se voiesouvent parmi les Bourgeois, & parmi les Gentils-hommeSordinaires.
(f) On dit que les femmes qui l’aimaient pouvoient conol Jtre . . . sans le voir , s’il étoit présent. ] Je ne donne pointcela pour une chose certaine, je me contente de raporter ceque j’ai lu. Ces deux amans, c’est-à-dire le Duc de Guise& la Comtesse de Bossu, devaient bien s'aimer , cy je fuitsurprise , que leur amour ait fini plutost que leur vie. d*avoient un pressentiment secret , qui les advertiffoit de leur ar-rivée, long-temps avant qu ils fe vissent-, cy jugez, s'il nousplaist, Madame , fi ce pressentiment ejloit juste. Le Duc efiottdevenu jaloux du Comte de * * *, qui en effet estait fort amou-reux de la Comtesse , cy qu on sçait avoir esté un des homme 1du monde le mieux fait. Elle ne ï aimait point', cy quoy qu oUau voulu en dire , Angélique m a juré que Madame de* * ^airr.fi t uniquement le Duc de* * *. Mais il n estait pas aufifpersuadé de son bon-heur qu'il auroit dû l'estre; cy recevanttous les jours des advis que son Rival estait fort affidu Czpassionné, il résolut de l’examiner sans en estre apperçeu, fvint pour cela incognito à Bruxelles. On y faifoit alors d e :grandes réjouissances pour la naissance d’un Prince qui estoiten Espagne, cy qui fut nommé Baltazar . . . ( 39). ,, f„ Duc étant arrivé sçeut que plusieurs jeunes Seigneurs d u„ Pays faisoientune Mascarade d’Indiens, & alloient dégui-„ fez de cette forte chez Madame la Comtesse de Cant e '„ croix, où il devoir y avoir une très-grande Assemblée: ",, se fait âpporter un de ces habits, Lc n’eut pas beaucoup ° c„ peine à les voir ; car il n’y avoit point d’ordre de les ca-,, cher. II en commande un tout semblable ; & le mêlant„ parmy 1a troupe de ces gens masquez, il entre avec euX„ dans la Salle où.on dançoit. II y vit Madame de *
„ plus belle à ses yeux qu’il ne l’avoit jamais veuë, & ^? n ' t„ sieur le Comte de * * * auprès d’elle ; car il y c « 01 n,, tousiours dans les Assemblées, 8 c elle ne pouvoit 1 c»» empêcher , à cause du respect qu’on devoir à fa st u f-- lité. . . . Si-tost que le Duc entra , la Comtesse son>> cette certaine émotion que fa présence avoit accourw„ de luy donner. Elle ne put la croire trompeuse; &
,, gré ce que son Amant luy avoit eferit d’un voyage 1 P„ posé , elle le chercha curieusement parmy les
& fit fi bien qu’elle le découvrit. Cela fit fort éc ^„ leurs affaires; car l’Amante dans la première joye e ^„ revoir, ne put dissimuler ses sentimens ; & l’Aman ^», aussi fi transporté, qu’il oublia les raisons qu’il aV ? l „ ttre
„ cacher encore son Amour.J’ay veu une c
„ originale du Duc , sur cet effect de la fimpathie > %- e„ estoit à mon gré une des plus belles Lettres qu on P^ ^„ écrire. II s’y plaignent de l’excez de fon bonheur : ^
,, advoùoit bien que c’en estoit un fort grand, que„ ainsi deviné par fa Maîtresse. Mais il difoit que ce„ ostoit le plaisir de voir ce qui fe passoit dans fon ^„ fans qu’elle eust envie de luy monstrer. Les -- teS„ découvertes étoient à son gré, une de plus P . ( p 0 j t„ joyes qu’un Amant pust sentir ; & n en ne foy parois„ plus touchant pour une Ame deucate , que P
„ chemens de tendresse & de sincente, ou 1 art & b?
„ caution ne peuvent estre soupçonnez dav„ part (40)
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