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Tome second. C - I.
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H A I L L A N»

(45) Mois deJmiUt i6?fS,tMrtidc IX ,pag. S25.

(44) Varil-las, Hist.deLouïs XI,Livre X 9fa%. zr8Edition deHollande*

S’iL VAUTmieux êtrejugé par unAuteur quepar d'au-tres.

(45) Partoutoù parlant deses Censeurs ,sl s'c'toit servida futurdans la Pré-face de la 1Edition , il sesert du prété-rit dans U 2.

( 4 «) Ailcttrì 111 .

Í47) Ct Ile île

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(48) T 5 nHaillan ,VréfAu de/'Histoirede France,

fag- sn. 7 9 ,je me fers icide e Edit. (te

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soit sacrifié à la Politique. Je ne sai s’il faisoit bien de publier certaines choses qu’il ne savoir quepar ouï-dire ÇH). On le critiqua beaucoup, 6c il en témoigna du chagrin par la fierté avec la-quelle il repoussa ses Censeurs (/). On n’a pas tort dans toutes les choses qu’on critique : jele montrerai par un Passage du Sieur Sorel (K)> La maniéré dont il parle de soi-même est un

témoí-

tftant saisi, elle fat brustèe. Quelques-uns ont trouvé , zytrouveront mauvais que je die cela , zy que j’oste à nos Fran-çois une opinion qu ils ont fi longuement eue d'une chose sainc-te , zy d’un miracle, pour la vouloir maintenant convertir enfable. Mais je l’ay voulu dire , pour ce qu il a esté ainfi des-couvert par le temps qui defeouvre toutes choses ; zy puis cen est chose fi importante, qu on la doive croire comme Articlede foy.

(H) ll publia certaines choses qu il ne savoit que par oui-di-re.'] C’est fur un tel fondement qu’il publia que Charles VIIIavoit été fupofé. Voler les Nouvelles de la République desLettres (43). Varillas réfute ce Conte (44).

(/) ll témoigna du chagrin, de se voir critiqué, par la fier-té avec laquelle il repoujja ses Censeurs.] Comme les Ouvra-ges qu’il avoit donner au public avant l’Histoire de Francea voient été critiquez.* il nc douta point que cette Histoiren’eût le même fort : c’est pourquoi il fit le fier par avance ;il mit au revers du Titre un Sonnet qui sent un peu le Gas-con : en voici les six derniers Vers,

Mille & mille ignorans , superbes envieux ,

Mesdìfans, estourdis, vains, zy presumptueux ,

Te voudront attaquer une indigne querelle.

Mais ne crains tout cela , ains paffe hardiment,

Car leur prefumption, ny leur sot jugement ,

Ne pourront empescher ta carrière immortelle.

Dès le commencement de fa Préface il fait cette Observa-tion : Si cette Histoire de France ne peut plaire à tous, com-me je fiai bien quelle ne pourra plaire aux délicats , aux igno-rans, or aux envieux ( ausquels auffi je ne veux plaire) quidonneront leur sot, leur ignorant, zy leur envieux jugementsur elle, je m’ajjeure quelle plaira à ceux là d'entre vous quitravailles c , qui fiavez ce que vaut l'aune du labeur, qui avezle jugement purgé de toute pafiton, z? qui excusez honnefte-ment les fautes cy inadvertances qui fi pourroient trouver enun fi grand oeuvre. La derniere partie de ce Passage est con-sidérable, 8c très-vraic à certains égards: il n'y a point deLecteurs qui soient plus ardens à critiquer, ni plus témérai-res Sc injustes dans leurs Censures, que ceux qui n’écriventrien. Un Auteur a plus de sujet de se promettre quelque su-port, 8c quelque équité parmi les Auteurs, que parmi lesautres gens qui ne savent point par expérience les dificultezdu .métier. Bien entendu que la jalousie ne s’eri mêle pas ;8c quelquefois elle ne s’en mêle point; car on ne marche pastoujours fur la même toute: la réputation des unsn’est pastoujours de la même espece que celle des autres. En cecas-là, il vaut mieux être jugé par un Auteur laborieux,que par des Lecteurs fainéans. Dans l’autre cas ceux-cifont encore plus équitables. Mais revenons à du Haillan.II parie ainsi vers la fin de fa Préface. „ Cependant je re-,, gardera/ mes envieux 8c calomniateurs qui portent en-„ vie 8c haine à mon labeur, 8c qui contre luy & contre„ moy jecteront les dards de leur malice. Pouvant bien„ dire véritablement, Lecteurs, 8c qu’en ma fortune, en,, mes actions, 8c mes eferits , je n’ay esté envié ny hay„ que des ignorans , des meschans , 8c de ceux qui ont„ leur nom , la santé de leur corps, 8c leur réputation„ fouillée de quelque vice ”. Les tempêtes de Critiquequ’il avoit prévues arrivèrent effectivement (45). Voicice qu’il marque dansl’Epitre Dédicatoire (46) de la secon-de Edition ( 47 ). C est œuvre . ... ne fut fi tost né, qu ilfut abbdié zy mordu par l'envie zy par la mesdifimee de toutesfortes zy conditions de gens, les uns ouvertement mes ennemis,& les autres dijftmulez amis; mesmes il y en eut qui faisansbonne mine, comme en toutes leurs allions ils la faifoient, zyqui cherchans par voyes obliques zy indireóles voflre faveur delaquelle ils s’estaient affamez, la voulurent acheter par l’impos-ture zy par la calomnie, aux despens de ma réputation, zy decelle de mon Histoire, en lui donnant en vostre présence (Sire)le blasme de ce dont depuis elle a esté le plus estimée, zy qui luydonnera plus de grâce zy de faveur envers la postérité, qui estla pure vérité, zy la hardiesse du langage. II témoigne enco-re plus de colere, 8c plus de fierté, en finissant fa Préface.Ceux là, dit-il, u fan s de leur malice accoutumée ont esté dunombre de ceux qui se sont attaquez à moi : mais je me fuisproposé de regarder p attentivement leur ignorance que je n enfais que rire, zy me couvrirai du voile de la vérité, zy de labienveuillance de ceux là d.'entre vous leblcurs ,qui avez leu zyqui lirez mon œuvre avec jugement, zy qui l’avez pris zy leprendrez en bonne part : car c est pour vous pour qui il est fai 6 î,non pour les envieux, ignorans, zy malicieux qui ne peuventrien voir de bon , zy qui ne fiavent ni juger, ni estimer ce quiest digne de quelque louange. Parmi les choses qu’il a dites àses Censeurs, j'en ai trouvé une qui mérite d’'être pesée.>, Si quelquefois je nomme des hommes le nom desquels>> Lecteur trop chatouilleux dira n’estre pas une affaire„ a Estât, _ je luy respondray qu’il m’a semblé ainsi , que" J bi'n mon jugement que luy le sien , & que

» (.tel pourra il estre) je sçay mieux ce que j’escrits qu’il", nc j 1 . 1 J u S er de nies eferits (48) Voilà ce que biend autres Auteurs peuvent 8c doivent représenter à leurs Cri-tiques. Un homme qui s’est occupé plusieurs années à une

espece d’Ouvrage conoît mieux qu’un autre quelles en fontles propriétez. II n’aura pas , fi vous voulez , autant debon goût, ni autant de jugement qu'un autre générale-ment parlant ; mais puis qu'si a étudié de certains sujets,8c qu’il s’y est exercé avec une longue aplication, l’on doitcroire qu’il juge mieux de leur nature 8c des ornemens qmleur convienent, que ceux qui n’en ont pas fait une étu-de particulière. C’est pourquoi nous ne devons pas nousimaginer que certains Auteurs agissent imprudemment, lorsqu’en diverses rencontres ils préfèrent leurs lumières à cellesde leurs amis, ou à celles de leurs ennemis, gens au resteplus habiles queux. Un Ecrivain, moins éclairé générale-ment parlant que ceux qui le lisent, aura néanmoins plus devues qu’eux fur les sujets dont il traite ; 8c pendant qu ilsignoreront s’il a eu quelque raison de dire telles 8c telles cho-ses , il saura que plusieurs motifs raisonnables 8c fondez fur lecaractère de son Ouvrage l’y auront porté. De là naissentune infinité de Censures très-mal fondées, de là vient enco-re qu’il seroit juste d’étudier bien les Réglés avant que deprononcer fi un Ouvrage est bon ou mauvais. Par exemple,pour bien juger de l’Histoire commentée que je nommeDiblionaire Historique zy Critique, il faudroit avoir étudié lesdroits 8c les privilèges d’un Historien Commentateur; Sc la-dessus je pourrois dire comme du Haillan, Je sai mieux ceque j'écris qu un tel ne fait juger de mes Eferits. J’ai étudiela nature 8c les attributs des Compilations, si elles plaisoientpar tout aux mêmes gens, elles ne seroient pas bonnes; ceuxqui n’en conoissent pas le caractère n’y voudroient trouverque ce qui est de leur goût.

Encore deux Passages de du Haillan, qui notis aprendrontqu’il fut critiqué, 8c qu’il s’en fâcha. Mes œuvres, Sire,

. n ont peu éviter les abois zy la morsure de la calum-

nie, zy de l’envie, zy des mesdìfans cy calumniateurs, des arguillens desquels non seulement mes eferits ont esté piquez »mats aujst U cours de ma fortune en a esté blejfê, ulcéré, &arresté : semble que quelques rayons de vertu zy capacité, quemes ennemis cognoiffoient en moy, faifoient mal aux yeux deleur ignorance zy malice , zy que ma lumière leur estait infu-P"portable. Mesmes, Sire, en vostre prefence f ay esté cahmntezy fi mal accoustré , qu il n a pas tenu a mes ennemis que jen aye esté arraché de vostre faveur zy bonne grâce, en laqttel-le jseulle s ay toufiours semé ïesperance de tout mon bien, &les graines de ma tres-humble zy tres-devote servitude : tn& Svoflre bonté zy sage jugement, Sire, les a fait trouver impos-teurs , zyi m’a délivré de la crainte du mal qu ils me protu-rotent (49). C’est ce qu’il dit à Henri III l’an 1580, en I®dédiant une nouvelle Edition de l’un de ses Livres. La Pré-face du même Livre est foudroiante contre les Censeurs àedu Haillan: j’en ai tiré ce qui fuit. „ II y a bien eu qu £ *'„ ques esprits bizarres, (le nombre desquels est effréné)

„ coustumez à mesdire de tout, 8c à blasmer tout, pour çe„ qu’ils sont morfondus du catarrhe de l’ignorance 8c de 1*„ prefumption, qui ne l’ont voulu gouster. De ceux-là, j es„ uns sont Courtisans ordinaires, les autres sont du Palais,„ les autres du Collège, les autres font quelques Mign° n . s,, creftez venans nouvellement des Universitez avec trois„ bandes de Latin fur leur robbe, 8c un efchantillon d’hp n '„ neur acheté, qui furetans tous les Livres font profem 01 *„ de les mespriser 8c rejeter, s’ils y voyent quelquele t£r _„ mal couchée, ou s’ils n’y trouvent ce qu’ils n’y fçavent P as„ chercher. Les autres font quelques-uns qui font prose» 11 ®,, d’efcrire, lesquels enflez 8c gros de Livres, toutes les mP,, maines en engendrent un, en remplissent les boutiques 0„ Libraires, parlent hardiment d’un chascun, mesprifimt *

„ œuvres d’autruy, 8c n’aprouvent que les leurs. De„ derniere espece d’hommes, il y en a qui sont comme »»'„ ges: car s’ils voyent qu’un autre face un œuvre, à trem„ pas de là ils en enfantent un autre tout avorton, aU„ ils font porter un semblable nom. Toutes ces P° rteS r 0 j S„ gens mont attaqué, pincé, 8c abbayé, non toutes,, mordu, 8c n’ont fait aucun mal à mon œuvre présent,

» à celuy de l’Histoire de France, 8c ont fait feulemen„ que fait le charbon mort, qui noircit fans pouvoir bru j„ car malgré leurs envies, chiquaneries, pédanteries, ^

„ dissons 8c présomptions, mes œuvres courent par le ^,, de, ont emporté une grande 8c bonne réputation, *"-^5„ traduits en diverses langues: .... Quant aux Cou ^,, mesmes qui ont mesdit de mes œuvres, 8c eZ à„ voulu rendre odieuses, ce sont hommes accoui- ^ [0 .„ desrober l’honneur d’autruy, quand les moyens ue„ ber autre chose leur défaillent (50) ”. . , • cr j t i-

(K) On ria pas tort dans toutes les choses ^ c0I1 .

que : je le montrerai par un Passage du Sieur So f e ‘‘ J j g jutient une Critique raisonnable de quelques de , s meS mesHaillan, 8c quelques petits Eloges aussi. ^ a ’ v ° u " aV strimiter Ì élégance des meilleurs Historiens , mats pou’• j ^moins de peine, il a presque traduit mot a mo o

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voir donné un commencement fabuleux a fin st constH eK .'entierement de fin invention, ayant fat çntr t sçavoit)trt Pharamond zy fit pl> tS fidelles Conseil.ers » í fi

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