H I A L L A N.
(d) Vtìtí l*Htmtr<j. (E)à la fin.
{e'' MercureFrançois,'Tome II ypAg. m. 6ï.
(f) vuHaillan ,Préface de/'Histoirede France.
(C,f) Garas-se , Recherche des Re-cherches ,fag. 5/41,541,
R e'f L E-x 1 o n furl’Esprit _mercenairede ceux quiiervent leïublic.
(íjj Netmijsttra en-tera nifi plenacruoris hìrti-
do. Horat.de Arteíoët. Versaait.
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fit des menaces de la plume de fer à ceux qui méconoîtroient ses travaux ( J), & qu’il la jugeâtaussi propre à les flétrir, qu’il prétendoit que fa plume d’orj étoit capable d’éterniser le mérite deses bienfaiteurs. II mourut à Paris le 23 de Novembre 1610, dans íà soixante 6c feizieme année,6c fut enterré à Saint Eustache ( e ). II ne faut pas oublier qu’il avoit suivi François de N cail-les Evêque d’Acqs à l’Ambassade d’Angleterre, 6c à celle de Venise (/). On verra dans les Re-marques plusieurs morceaux de ses Epitres Dédicatoires, 6c de ses Préfaces. 11 s déplairont à ceuxqui ne cherchent qu’une conoissance superficielle des Hommes illustres, mais non pas à ceux quisouhaitent de les conoître exactement intus £5? ìn cute. C’est en faveur de ceux - ci que je tra-vaille j 6c je fuis certain qu’ils me sauront gré de la peine que je prens de faire voir le portraitdu cœur selon les linéamens que j’en trouve dans les Livres où les Auteurs sc sont peints eux-mêmes. Ceci soit dit une fois pour toutes. On pourroit faire fur ce portrait de du Haillanun fi grand nombre de réfléxions, que je m’imagine que personne ne trouvera mauvais que j’en fassequelques-unes (M). Ce me sera une occasion de louer la modestie de Monsieur Des Cartes.
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strvir au public , auquel je pense profiter , & avoir profité parmes labeurs. Hequoy je repoy un singulier contentement , carj'ay travaillé à ceste intention. Aussi eft-ce presque toute la ré-compense que s en ay , er je me sentiray bien satisfait de ce der-tiier labeur , quand je spauray que vous ïdurez, eu agréable.
On croira ce qu’on voudra de ce que je vais raporter, jecite mon Auteur (64): „ Henri le Grand ... fit un jour
„ un repart au Sieur du Haillan. Car comme du
„ Haillan, homme .... vain . . . . & sujet à sa bouche
„.parloit un jour au feu Roy trop librement, se
„ plaignant du peû de gages qu’il recevoit de fa libéralité,„ o 2. a luy dire, Sire vous sçavez que j'ay deux plumes en„ qualité d’Hiftorien public, tiltre dont il a pieu à V. M.„ m'honorer, la premiere d'or , la seconde de fer avec ma„ plume d’or je rends immortels ceux qui me font du bien„ 8c de l’honneur, 8c par ma plume de fer je ternis la repu-,, talion de ceux qui ne cognoissent pas les mérités de mes„ travaux. A ceste Harangue le Roy qui cognoissoit le dé-,, faut de l’homme, lequel estoit au gorgerin , non pas au gan-„ telet ou à la cuirassé, luy dit avec une promptitude royalle„ 8c merveilleuse : Monsieur du Haillan, je ne pense pas que„ vous ayez une plume d'or ; car il y a long-temps que vous„ vous l’euffiez paísée par le bec ".
( M ) On pourroit faire fur le portrait de du Haillan un figrand nombre de réflexions , que personne ne trouvera mauvaisque j’en fasse quelques-unes. ] II n’est pas aisé de laisser pas-ser ceci sans y ajoûter quelque réflexion. Une personnequi demanderoit si ceux qui exercent les charges publiquesfont auffi mercenaires que les valets d’un petit particulier,paraîtrait d’abord faire une Question absurde, mais après unbon examen on trouveroit là un juste sujet de Problème,8c l’on se déclarerait même pour l’affirmative. Considérezun peu les récits des Nouvelistes imprimez, ou non im-primez , 8c les Conversations des personnes qui ont vulpng-tems le grand monde : consultez les Historiens qui en-trent le plus dans le détail : lisez bien sur tout ceux qui don-nent des Mémoires. Si vous faites bien tout cela , je nedoute point que vous ne tombiez d’accord qu un pauvrelaquais est à proportion moins mercénaire , 8c plus désin-téressé , que la plupart des personnes qui possèdent les gran-des charges, soit dans la Maison des Princes, soit dans l’E-tat. Ce font des personnes qu’on ne contente presque ja-mais, toûjours prêtes à demander de nouveaux honneurs,8c de plus grans apointemens, à se plaindre de la petitefledes récompenses, à étaler leurs services, à murmurer si onles oublie pendant que l’on songe à d’autres, à menacer dese retirer, à faire paraître leur mécontentement par des dé-marches brusques, audacieuses , 8cc. Ces Messieurs-là secroient d’autant plus permis d’exiger des récompenses ma-gnifiques , qu’ils se persuadent que leur Maître , un Roi,ou un Souverain, le Public en un mot, ne tombera pointdans rindigence quoi qu’on soit une sang-sue bien a faméesur sa peau , & qui succe fortement (65). Ne me citezpoint un tel 8c un tel qui se sont ruinez au service de leurPrince ; 8c tel grand Seigneur dont toutes les Terres 8cl’Hôtel même font en décret. Ce ne font point là desexemples de désintéressement. Le zèle pour la patrie n’estpoint la cause d’une telle pauvreté: l’esprit mercénaire, oule luxe 8e la débauche Pont produite. On a cru qu’enparaissant à la Cour ou à P Armée avec de grans équipages,inutiles au fond à P égard du bien public, on parviendraitplus facilement aux récompenses : 8e enfin si l’on s’est ruiné,ce n’est pas pour le profit de l’Etat, c’est pour satisfaire sonfaste , 8e d’autres passions particulières. Les Aristides 8eles Fabrices, qui, après avoir joui des plus grandes chargesLe passé toute leur vie dans une frugalité merveilleuse, n’a-voient presque rien à laisser à leurs enfans, font de bonsexemples de Pesprit non mercénaire ; mais où trouve-t-onde telles gens ?
Ce qu’il y a de plus fâcheux est de voir que les gens deLettres né fe puissent point guérir de la maladie commune.La Cour & PArmée étant des Ecoles d’ambition 8c de luxé,8e par conséquent de faim 8e de soif des richesses, il nefaut pas trop s’étonner que l’on y aprenne à ne rien fairepour rien , mais à vouloir être largement récompensé deses service'. Et comme c’est une passion qu’il n’est pas ai-sé, de contenter si l’on ne vante beaucoup ce que l’on afà - 8c si l'on ne pousse des plaintes de n’avoir pas encoretouche une juste récompense, il n’y a pas lieu de se tantformaliser de cette conduite. Mais il fera toûjours raison-nable de déplorer que l’étude & la profession des Lettresn aient point produit dans le cœur de du Haillan une fa-
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gesse qui Pempêchât de faire tant de parade de ses travaux,
8c de se plaindre de la médiocrité de sa fortune. S’il étoitle seul Auteur qui en eût usé de la sorte, il ne faudrait pass’en soucier: le mal est qu’il copioit en cela un très-grandnombre d'Ecrivains, 8c que cent autres Pont copié, 8c lecopient encore. C’est ce qui fait un grand tort aux Muses»c’est ce qui les prive de la gloire dont elles devraient jouird’inspirer à leurs Sectateurs un véritable désintéressement,
8c un généreux mépris des richesses, 8c des récompensespubliques. Ils ressemblent aux autres hommes, dit-on, ilsne sont pas moins sujets que les autres à l’ambition 8c à l’a-varice , les deux maladies populaires du cœur humain. Dest sûr que le désir de vivre à son aise par le moien d’utibon revenu n’est point Punique raison des vanteries, 8c desplaintes de du Haillan , 8c de ses semblables : l’orgueil y abonne part. Ils s’imaginent que le public aura une grandeestime 8c pour leur personne 8c pour leurs Ouvrages, “ >
l’on aprend qu’ils ont touché de grosses pensions ( 66 ): il y •' >,a bien du mécompte là-dedans : quelques particuliers, j el’avoue , fe laissent surprendre à cet extérieur, 8c font ceraisonnement sophistique, Un tel Auteur a obtenu de beauxemplois , er va en carofie; donc il a un grand mérité, & s lSOuvrages font bons : mais le public donne rarement dans cepanneau, 8c en tout cas un tel charme ne dure point. L Jpostérité juge des Livres par les Livres mêmes : s’ils sontbons, elle ne les méprise point, quand même elle lirait aUcommencement de la Préface que P Auteur est mort dîfaim : s’ils sont mauvais, elle les méprise , quand mêmeelle verrait aux prémieres pages que l’Auteur a été saitComte, ou Marquis, 8c qu’il a laissé un million. Que crai-gnez-vous ? pourquoi vous tourmentez-vous ? eût-on pddemander à du Haillan : il vous est permis de dire que vousn’avez épargné ni soin ni peine pour rendre bon votre Ou-vrage : votre devoir vous engageoit à de très-grandes fati-gues, 8c c’est une civilité envers le public, que d’exposefdans une Préface, qu’on a fait tout ce qu’on a pû pour mé-riter son aprobation. Vous deviez vous arrêter là, 8cpoint représenter la grandeur 8c le prix de vos travaux com-me un sujet légitime de demander* de plus grandes récom-penses , 8c de vous plaindre de n’avoir pas été assez bienpaié. Avez-vous peur que les siécles à venir ne sachentque vos veilles 8c vos recherches ont mis dans un très-beaNjour l’Histoire de France , mais quelles ne vous ont p a 5enrichi? Quel tort cela peut-il faire à votre mémoire? j 5l’on dit que vous n’avez pas eu Pindustrie damasser d .bien , on suposera que vous manquiez d’une qualité si un’est guere bonne. Votre gloire n’en soufrira pas, dorm e ten repos. Si l’on dit que cette industrie ne surpassoit p 01 ®vos forces, mais que vous ne vous êtes pas soucié de v °en servir, content de vos Livres 8c de vos études, &consacrer votre tems à l’instruction du public , ne se ra 'point vous donner un très-bel éloge ? Ne sera-ce point upréjugé en faveur de vos Ouvrages ? Si le mépris des ric» e 'ses, 8c fi votre aplication continuelle à composer de °°
Livres vous exposoient au péril de mourir pauvre » V,devriez souhaiter que cela fût mis dans votre Epitaphe V"'
Cela vous vaudrait un bon titre de noblesse dans !a ,sYse-blique des Sciences : ce chemin de l’immortalité (°°| jjeroit très-beau ; ne craignez point là-dessus le juge me n ^la postérité. Si l’on blâme l’ingratitude 8c l’injuso c s ,ceux qui n’ont pas eu soin de récompenser vos P e *‘ f orque vous importe ? C’est un blâme qui ne tombe P 01vous. >;i se
II faut dire ici à la gloire de Monsr. Des Cartes» T ^ ueconserva pur 8c net de cette honteuse maladie, si - eS ]esP un de ses amis eût emploié pour P en infecter les ' ^léplus dangereuses. Voici de quelle maniéré cet a se, ^1l’animoit à se vanter, 8c à demander hautemen r
compenses (69). „ Sçachez que ce n’est P aS “j-,.touché ^ Clir so;„ obtenir quelque chose du public, que d’en a s ân s dire JW'*
„ un mot en passant, en la Préface d’un L>iy ' n „ e x- iC i„ expressément que vous la desirez 8c l’ atte " n seulement T^s.
„ pliquer les raisons qui peuvent prouver, * gran fl inte- U 11„ que vous la méritez, mais aussi qu’on a ® J r e beaU-„ rest de vous l’accorder, 8c qu’on en “Oi que tous
„ coup de profit. On est accoustumé de , en sont
„ ceux qui s’imaginent qu’ils valent j-Lportunité f?
„ tant de bruit, 8c demandent avec tant ce qni! s
„ qu’ils prétendent, 8c promettent tant au soy qu’ aveC„ peuvent, que lors que quelcun ne ? „y ne
„ modestie, 8c qu’il ne requiert rien de donne
„ promet rien avec assurance, quelque preuve u d’ah'
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