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Tome second. C - I.
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HAILLAN. HALI-BEIGH. H A L ï C A R N A S S Ë.

d’ailleurs de ce qu’il peut, on n’y fait pas de réflexion,» & on ne pense aucunement à luy. Vous direz peut-es--> tre que vostre humeur ne vous porte pas à rien deman-» der, ny a parier avantageusement de vous mei'me, pour-» ce que l’un semble estre une marque de bassesse & l’au-» tre d’orgueil. Mais je pretens que cette humeur se doit» corriger, 8c qu’elle vient d’erreur 8c de foibleíse, plus-» tost que d’une honeste pudeur & modestie. . . • Vous,f pouvez dire auíìì que vos œuvres parlent assez, fans qu iljj soit besoin que vous y adjoustiez les promesses 8c les,) vanteries, lesquelles estant ordinaires aux Charlatans qui,> veulent tromper , semblent ne pouvoir estre bien fean-” a un homme d’honneur qui cherche seulement la ve-» rite. Mais ce qui fait que les Charlatans font blasmables,„ n est pas que les choses qu’ils disent deux mefmes font„ grandes 8c bonnes; c’est seulement qu’elles font fausses,” ot qu ils ne les peuvent prouver: au lieu que celles que” î Ç. ret , er sl ^ ue vous devez dire de vous, font fl vrayes,„ oc n evidemment prouvées par vos escrits, que toutes,, les réglés de la bienséance yous permettent de les assu-„ rer, 8c celles de la charité vous y obligent, à cause qu’il„ importe aux autres de les sçavoir. Car encore que vos” escntS P ar lent assez au regard de ceux qui les examinent” ® vec loin, & qui sont capables de les entendre : toute-j> tors cela ne suffit pas pour le dessein que je veux que vous3» ayez, a cause qu'un chacun ne les peut pas lire, 8c que3j ceux qui manient les affaires publiques n’en peuvent gue-s, res avoir le loiflr. II arrive peut estre bien que quelcun3, de ceux qui les ont leus leur en parle; mais quoy qu’on33 leur en puisse dire , le peu de bruit qu’ils sçavent que33 vous faites , 8c la trop grande modestie que vous avez33 tousjours observée en parlant de vous , ne permet pas3, qu ils y facent beaucoup de réflexion. Mesure à cause" flu on use souvent auprès d’eux de tous les termes les

i, plus avantageux qu’on puisse imaginer, pour louer des„ personnes qui ne sont que fort médiocres, ils n’ont pas„ sujet de prendre les louanges immenses, qui vous sont„ données par ceux qui vous connoissent, pour des veri-„ tés bien exactes. Au lieu que lors que quelcun parle de„ soy mesme, Sc qu’il en dit des choses tres-extraordinai-„ res , on l’escoute avec plus d’attention ; principalement,, lors que c’est un homme de bonne naissance, 8c qu’on„ sçait n’estre point d’humeur ny de condition à vouloir„ faire le Charlatan. Et pource qu’il se rendroit ridicule„ s'il usoit d’hyperboles en telle occasion , ses paroles sont„ prises eri leur vray sens ; Sc ceux qui ne les veulent pas„ croire, sont au moins incitez par leur curiosité, ou par„ leur jalousie , à examiner si elles font vrayes. . . . Cela„ estant tres certain , 8c pouvant assez estre prouvé par les„ escrits que vous avez desjà fait imprimer , vous le de-„ visez dire si haut, 1 e publier avec tant de foin, Sc le met-„ tre si expressément dans tous les titres de vos Livres, qu’il„ ne pust doresnavant y avoir personne qui l'ignorastPouvoit-on attaquer par des raisons plus spécieuses 8c plusfortes la modestie de Mr. Des Cartes ? On n’oublia rien,on prévint toutes ses excuses, 8c néanmoins ce fut inutile-ment (70). Notez qu’on eut beaucoup de raison de In-vertir que le public est accoutumé de voir que ceux qui de-mandent quelque chose le font avec importunité, 8c en sevantant beaucoup. C’est qu’ils savent que sans cela ils n’ob-tiendroient rien. Malheur à ceux qui se rebutent du pre-mier refus, 8c qui ignorent 1 e haut ton dans leurs Requêtes.Du Haiïlan savoit son monde quand il agissoit de la ma-niéré qu’on a vue ci-dessus. II faut se plaindre souvent, 8cíuplier souvent pour être exaucé une fois dans une Cour.Si Je Cardinal de Richelieu étoit tel qu’on le représentedans l’Histoire dc l’Académie Françoise (71), c’étoit un Phé-nix.

(70) Voiezàídevant dumème Traitédes PassionsU Réponsede Monpr»

Des Cartesaux Lettresde cet

(71) Le Car-dînai de TÇi-cheíieu ne 'fitjamais de bien.a Mainardî&cs fut en par-tie . . . par -ce Cfu'il ai -moù qu’on neluy deman-da (i rien , ixqu’on luyUijfaft lagloire de don-ner de sonpropre mou-vement. Pel-lift Hist. del’Académieftanç.p^ra. 27 S.

HALI-BEIGH, prémier Dragoman à la Cour du grand Seigneur au XVII siecle, étoitné Chrétien dans la Pologne; mais aiant été pris fort jeune par les Carrares, il fut vendu auxTurcs, qui l’élevérent dans leur Religion au Serrai!. 11 s’apelloit Albert Bobawski ( A ) en sonpaïs. II aquit la conoislance d’un très-grand nombre de Langues (A), & devint assez habile pourfaire des Livres (C). II eut beaucoup de commerce avec des Anglois, qui i’engagérent à traduirecn Langue Turque quelques Ouvrages (a). II avoit envie de retourner au giron du Christianis-me; mais il mourut avant que d’exécuter ce beau dessein (5). Voiez le Suplément de Moreri.

í r ) Ricaut,ì'N présentI e '’EinpiieOttoman,Livr. 11 ,t*g.m. 40J.

(2) Remar-ques curieu-ses, paj. 667.

(*) n iVt‘lle Bliot.

Pag. st* P Edit. de“Glande.

b) T)Ans lesÚnoadix de

1 dînera

Çha^’ït

fyrnal de, ei plìc,d 'Mai

.(/*) il s'apclloit Albert Bobowski.] Nom qu’on a lati-nise par celui de Bobovius ; mais la plupart des Auteurs s’ysont trompez. Mr. Ricaut apelse ce Polonois Albert Bobo-mus (1). Bespier son Traducteur le corrige , Lc met (z)Bohonius, farce que Thomas Smith l’écrit ainsipag. 39 de sonEfist. de morib. Turc. Il est vrai qu en ce lieu il y a Bozo-r.ius, mats /'Errata marque qu il faut lire Bohonius. Le pré-micr Traducteur (3) de Mr. Ricaut a mis Robovius.

(B) Il acquit la connaissance d'un très-grand nombre de Lan-gues.] Qu’il me soit permis de citer id un peu au longl’Auteur de Lacedemone ancienne 8c nouvelle : Voiez ., dìt-il (4), comment Fornettì, Panagiotti , la Fontaine , G tousles autres Dragomans de la Porte font circonspects , quand ilstraitent avec les Ministres des Princes Chrétiens, ou avec lesgens de leur fuite. Le fameux Renégat Polonois Halybey , quià lapostasie près , V moralement parlant , est un des plushonnêtes hommes du monde , ne s’explique pas mieux avec lesFrancs , quoy qu il soit leur grand amy ; & il le pourraitpourtant bien faire , luy qui parle dix-huit Langues différentes.

(C) ... ct* devint affez habile pour faire des Livres. ] A lapriere de Thomas Smith, il composa un Traité de Turca-rum.liturgia , peregrinatione Meccana, circumcifione, agroto-rum visttatione, gc, que Mr. Hyde à qui Thomas Smithle donna a publié ( y ). Hali - Beigh traduisit en LangueTurque , environ l’an 1653, à la priere de Mr. Basire , leCatéchisme de l’Eglise Anglicane. II traduisit en la mêmeLangue toute la Bible , à la priere de Levin Wavnerus,qui envoia cette Traduction à Leide afin qu’elle y fût im-primée. On n’a point exécuté cela ; mais le Manuscrit segarde dans la Bibliothèque de Leide. Je ne parle point d’u-ne Grammaire Turque , 8c d’un Dictionaire Turc , com-

posez par le même Dragoman. Mr. Ricaut avoue qu’il te-non de lui beaucoup de choses, qu’il a raportées dans sonLivre de l’Etat présent de l’Empire Ottoman. S’st l’avoitconsulté sur tout ce qu’il dit, il n’auroit pas avancé que lesfemmes Mahométanes n'espérent pas l’entrée du Paradis.Hali-Beigh soutient le contraire dans l’Ouvrage que Monsr.Hyde a mis au jour. Rycautum refellït , docuitque mulierfsTurcicas omnino fperare fe aliquando &que ac viras in Paradi-fum receftum iri, quod ìste pag. 271 negaverat ( 6 ). Mr. Ri-caut entre autres choses ta porte (7) qu’il aprit de ce Dra-goman , qu’il y a des Turcs qui croient que les âmes deshommes qui meurent entrent dans les corps des bêtes , dont letempérament aproche le plus de celui du corps quelles viennentde quitter. Un Droguiste dit un jour à Hali-Beigh , qu ilprioit Dieu averses freres du même métier (8), que leurs âmespussent avoir l'honneur , après leur mort , d'entrer dans le corpsde quelques chameaux , parce que ce font des animaux sobres ,laborieux,patiens, doux, & qui leur aportent leurs drogues de'spais les plus éloignez de l'Orient. < 3 pùil ne doutait point, qu'a-pres la révolution de trois mille trois cens foixante-cinq ans ,pendant laquelle son ame auroit voyagé par tout le monde, c?auroitpassé fuccefivement de chameau en chameau, elle ne dutretourner encore une fois dans un corps humain beaucoup pluspure, & plus parfaite, quelle n étoit au commencement. Ce futlà le Credo du Droguiste. On dit que la pluspart des Chinoisfont fort attachez à cette opinion. On a parmi les Oeuvresposthumes de Mr. Barrow une Relation Angloise d’uneconspiration qui fut faite dans le Serrai!, contre Kioscngrande-mere de Mahomet IV. Albert Bobovius, Muficiendu Serrail , G témoin oculaire de (et évenement , a composécette Relation (§).

f HALICARNASSE, ville capitale du Roiaume de Carie, étoit une Colonie des Ar-

4^’ gìcns (a) {A). Elle fe rendit fameuse sous les deux Artemifes, & fous Maufole le mari de la

j ï J ° n, p. Me- derniere. Le tombeau de ce Prince y fut un très-grand ornement ; car il fut compté entre lesc 4^xy/' kP ;t merveilles du Monde. La fontaine Salmacis étoit une autre singularité d’Halicarnasse. 11 y(i) Fleins eut peu de villes fur cette côte de mer, qui résistaííènt à Alexandre autant que fit celle-là (h).pi^ s Pí-' C’est qu’on avoit eu soin de la bien fortifier. Vitruve (c) nous aprend quelques particularitez sorCu «sern, ^ construction, ct nommément po.urce qui regarde ses ports. Meursius, tout habile qu’il étoit -ca f , a apliqué aux deux ports de Rhodes (r/), ce que Vitruve n’a dit que de ceux d’Halicarnasse. A-x ’ lexandre fut oblige de brûler la ville, pendant que la garnison se défendoit encore vigoureusementdans les forteresses. Hérodote ct Denys d’.Halicarnasiè sont nez dans cette ville.

hall

( si) .C’étoit une Colonie des Argiensf] Le conducteur de la Pausanias (i) se nomme Antha, & le fait file rLColonie s’apelloit Anthes,8t partit de la ville de Tresene (i). 8c ne lui attribue point d’avoir mené lui-mêm P i, ^Mne,,,, il attribue cela à ses descendans. Qu™ Q tfTl ,A s Colome;

U). tiabo, utr. xir. CalUnaachus «Stephaaum. d’Halicarnasse étoient surnommez (3] 101t ’ CCUX

(a) Voiez 14Remarq. (C),

(b) Journalde Leiplic,

1691, pag,226.

{ 6 ) Journ;de Leipsic,Mois de Mai"91, pag %226.

(7) Etatprésent dol’EmpireOttoman,f. 40s, 407*’

( 8 ) C'est qtietous ceux cf*cce Dro^utfieconeijsoit àCon fl Antin opli.imbus de l<*Métempsycoseétoient Dro -gttistes.

(9) Voiez UBibliotìieq.Universelle „

Tom.X,pAg,

62.

(c) Libr. ilc-?, vin.

(d) In Rho-d°, pag. 36 ,

( 3 j Libr. II,png- 73-(3) Steph.in A

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