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Tome second. C - I.
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HALL.

t»j Witte,

in DiarioEiograph.

(í) Idem,ibidem.

(i) JosephHall, Apo-logie pourl’honneurdu Mariagedes Person-nes Ecclé-siastiques,fol. B z verso.Je me sers deIa Version de.Jaqueraot,imprimée ÀCeneve, P AnI6SJ.

(t) Neeeffi-tâtt prepetltn-te preiitio estco, tdcere qtt&qitis stn:liosc~ptrfecerit.Chrysost. tnUIa : Vtin&mtolternjsctit,

&C*

(i) Hall,

Epistres

Mcílées,

11 Décade >fAff. 1 95 def Edit, de Gí+neve 9 1627,suivant laVerfìan de

Jaquemou

(j) Martïaî.Epigr. LXXtitré VU

(4) Jnven.Sat. XIV,Vers. 33.

(j) Votezsor tetit ía Ide U l Déca-de, ir U IVde la II, irl* I de l* V.

(Si Hall,Epistres •Mâ--,

HALL (Joseph) l’un des plus illustres Prélats qui aient été en Angleterre áù X V I ïíìecle fut prémiérement Professeur en Rhétorique dans i’Académic de Cambnge, & puis succes-sivement Ministre à Halstede, Doien de Worcester, Evêque d’Exceter, Sc enfin Evêque deNorwich (a). II fut Député au Synode de Dordrecht, & y assista pendant quelque tems> maisétant tombé malade, il fe vit contraint de fe retirer de cette fiuneuse Assemblée {A). II publiabeaucoup de Livres, dont pluíieurs ont été traduits d’Anglois en François par Théodore Jaque-mot. On y trouve de belles Pensées, une,très-bonne Morale, & même beaucoup d’onétion. Hmourut l’an idyó àl’âge de quatre - vingts - deux ans (b). II aimoit si fort l’étude, qu’il eut sou-haité passionnément que fa santé lui eût permis de faire en cela des excès (A). Ses Ecrits, quandl’occasion s’en présente, témoignent qu’il étoit bien chaud contre le Papisme ( C ). II ne desa-prouvoit guere moins ceux qui se séparent du gros de l’arbre lans une extrême nécessité. Ce qu’ildisoit d’Arminius en est une preuve ( D ). II déploroit les divisions des Protestans, Sc il composa

quel-

(A) Il se vit contraint de se retirer du Synode de Dor-drecht.] Un Prêtre, qui écrivit contre lui, ne manqua pas del’iníulter fur cette Députation ; mais voici ce que Joseph Halllui répondit (i) : " Queluy mesures » ou autre de ses teme-

„ raires & volages compagnons.dient en quoy

„ c’est que j'ay fait honte à ceux qui m’ont envoyé. C’a„ esté à mon juste regret, que la nécessité de ma santé,

„ voire de ma vie , m’en a appelé prématurément ; mais„ puis qu’il m’a fallu ceder à la nécessité dc la mort, ou„ de ce départ, les autres jugeront si j'en partis avec plus„ d’infirmité que d'approbation , quelque indigne que j'en„ fusse (f)

(_B) Il aimoit fi fort V étude, qu il eut souhaité . . . que sasanté lui eut permis . . . en cela des excès.] Cette circonstan-ce de fa Vie lé trouve dans une de ses Lettres. N’ayez pointpeur, écric-il a un ami (2) , que je travaille par trop à eflu-dier. j}’ay un corps qui me contrerole afiez en cela ; de fortequ il n est pas de besoin que mes amis s’en tourmentent. Il n ya rien en quoy je peujfe plustost exceder fi j'osoye seulement né-gliger la santé de mon corps pour ajfouvir le defir de mon esprit.Mais cependant que j’affeéle cy recherche les thresors de science,ma foiblejse me tance en me disant : II se vaut mieux conten-ter d’un petit savoir , que de se priver de santé. J’acquiesce,cy souffre patiemment d’eftre frustré de la félicité que savoycchoisie. Que l’on est heureux lors qu’avec une ame si stu-dieuse l’on a un corps qui peut résister aux suites dune for-te & continuelle aplication de l’Esprit ! Joseph Hall n’aiantpas eu ce partage se gouverna comme doivent faire enpareil cas les hommes prudens : il refrenoit son inclinationdès que son corps l’avertissoit que cela étoit nécessaire àfa santé. Ceux qui veulent forcer la nature, & se clouersur les Livres lors même qu’ils sentent que l'étude leur é-chaufe trop le sang, ou leur épuise la tête, s''éloignent plusqu’ils ne doivent de la Maxime que la vie ne consiste pasà vivre, mais à se bien porter.

A t nostri bene computentur anni ;

Et quantum tetricn tulere febres ,

A ut languor gravis, aut mali dolores,

A vita meliore separentur :

Infantes sumus , cy feues videmur.

JEtatem Priamique, NefiorisqueLongam quiputat este, Martiane,

Multum decipitarque, fa'liturque.

Non est vivert, sed valere vita (3).

Et fi le vêle pour le service du public les encouragcoit ànégliger leur santé, ce seroit un zélé mal entendu ; car ilspeuvent être plus utiles à la République des Lettres en mé-nageant leurs forces , qu’en ne les ménageant pas : on vabien plus loin en travaillant un peu chaque jour, qu’en s’a-pliquant quelques semaines de fuite à un travail opiniâtrequi vous attire dc fort longues incommoditez. Heureux,je le dis encore un coup, celui qui est si robuste qu’il peutétudier quatorze ou quinze heures chaque jour , fans êtrejamais malade. Une infinité de gens de Lettres font pri-vez de cette félicité ; quelques-uns en petit nombre , pauciquot aquus amavit Jupiter, la possèdent:

tfnus & alter

Torfitan h te sperant fuvenet, quibus arte benigna

Et meliore luto finxit pracordia Titan (4).

(C) il étoit bien ehaud contre le Papisme .] Ses Epittes Mê-lées (5) peuvent fufire à donner des preuves de ce fait-là.Je n’en tirerai qu’un Passage; & je le choisirai de telle sor-te qu’il fera voir que l’Auteur haïssoit bien les Jésuites ; &notez que je le tire d’une Lettre qui contient les Observa-tions que fit Joseph Hall environ l’an 1610 dans son Voia-ge du Païs-Bas Espagnol. Les Relations des Voiageurs nousfont ordinairement conoitre quel est leur goût dominant,s’ils font Antiquaires, Physiciens, Géographes, Ingénieurs ,dévots, ou bigots, &c : celle de Joseph Hall ne respire quela Controverse. Aussi a-t-il avoué qu’il ne vouloir rapor-ter que ce qu’il avoir remarqué comme Théologien ( 6 ) : maisvenons au fait , citons ce que nous avons promis. Nousvismes'en nostre chemin beaucoitp d'Eglises démolies, fans qu ily reflast autre chose que des tristes monumens , pour donner àcognoistre au passant qu’il y a eu de la dévotion cy de t hostilitéen ces lieux. O misérables traces de la guerre ! outre le sang es-pandu , la ruine, cy la désolation ! La furie a sait en ces lieuxce que 1 Avarice cy 1 Ambition nous voudroyent faire , maisUt seront pas : car cependant qut la vérité régnera au dedans,

elle gdrentira les murailles au dehors. Et de fait (quoi que ditle vulgaire ) l’idolatrit a abbatu ces murailles (7) , cy non larage. S’il n y eust point eu d’Hollandois pour les raser, elles fus-sent tombées d’elles mesmes plustost que de recéler tant d’implft ex. fous leur toitì. Ce font des speSlades , non tant de cruauté,comme de justice : cruauté de ï homme, justice de Dieu. Matsje m’esbahis que les Eglises tombent, cy que les Colleges des Jé-suites se dreffent par tout. Il n y a point de villes où il ne s enbastiste , ou en laquelle il n y en ait des construits. D'où vientcela ? est-ce que la dévotion ne soit pas tant necefjaire en la poli-ce ? Ces gens-ld {de mesmes que l’on dit du renard) font mieuxleurs affaires lors qu ils font plus maudits des hommes. Nulleseéìe n est tant detestée par ceux de leur parti mesme , ni tanthaye de tous , ni tant contrequarrée par les nostres , cy neant-moins ces mauvaises plantes ne laìffent pas de croistre abon-damment : Quiconque vivra long temps les verra craints cy re-doutez, des leurs propres,qui maintenant les haiffent; verra, dts-je, devorir par ces sept vaches maigres toutes les befles grasses,qui paiffent dans les pasturages autour du Tybre. Je prophétiséte que Pharao a songé. L’évenement justifiera ma croyance (°)-Cette Prophétie n’a point eu encore son effet; la puissancedes Jésuites s est fort augmentée depuis ce tems-là en dépitde tous les efforts de leurs Adversaires; mais ceux-ci fontencore bien formidables, & leur donnent beaucoup d’exeiycice. Ceux qui liront le Traité que Joseph Hall a intituleNulle Paix avec Rome , seront convaincus de son zèle con-tre le Papisme. II fut imprimé à Geneve , selon la Ver-sion Françoise de Jaquemot , l’an 162,9, in 12. Qu’on voieaussi sa Serieuse Dissuasion d’adhérer à la Papauté , à W. V-Révolté, cy c (9).

(H) ... Il ne desaprouvoit guere moins ceux qui fe séparent

du gros de l’arbre . Ce qu il disoit d’Arminius tn est unt

preuve. ] La I Epitre de la Iíï Décade fut écrite à Monst-Smith, & à Mr. Rob. Chefs de la séparation qui s’étoit faitedepuis peu à Amsterdam. II leur représente vivement (i°)qu’ils ne pouvoient faire un plus grarrd outrage à leur tnert ,l’Eglise Anglicane, que de s’enfuir d’elle , que fi tant efi olt .quelle fufi vitieufe elle estait néanmoins leur mere , celeur devroìt servir de cause suffisante, pour déplorer fa condi-tion , pour prier pour elle, pour tascher de la redresser, V n °spour la fuir ; Cefie procedart dénaturée est honteuse. Ils *n e 'guoientlc Précepte sortez, de Sabylonne (u); mais il l eUrrépondit que l’Eglife dont ils s’étoient séparez en étoit sot-tie. " Babylonne ” , continue-t-st ( 12 ), ” le sent e®„ mesme, & voithien qu’elle est abandonnée, & se pi 111 )

„ à tout le monde, que non seulement nous Pavons délit*',, fée , mais aussi que nous Pavons despouillée : .

„ Et, sinon que vous vouliez estre aveugles de vostre Ss’,, vous pouvez encor voir les monceaux de ses autels 6„ moîis, les cendres de ses Idoles, les ruines de ses wo»

„ ments, la condamnation de ses erreurs , & la veng ea ^

,, ce de ses abominations. Où font les ff) 11 -

,, bastimens de cette maudite Cité ?. Où *°

„ ces tas pourris (pourris non par la succession du tefflP '„ ains par la corruption) de transubstantiations de P alJ J. e ’„ d’adorations d’images, cette multitude de Sacreme^»

„ pouvoir des Indulgences, cette nécessité des Conse® 0 ^„ ce prosir des pèlerinages, cette ignorance contraw c {s, approuvée, & ces dévotions incognues ? Où soh^j-„ voultes , ou mines profondes de peines & de Pssf foit„ res , & tout ce qui a esté inventé par ces Papelard"

„ pour le proffit, soit pour la gloire , contre D® u Lj US ,„ Christ? Tout cela n’est-il pas exstirpé du milieu d Wj eU x,„ & enseveli dans la poussière ? La Majesté de ccS r e à la„ n’a elle pas défia depuis un long temps esté exp® ^ p a ;c„ risée publique du commun , de mesmes que 1° e par,, dc Mithra, & de Serapis (13) ” ? Ils alléguoi ent ,fi^ e uroitle consentement aux cérémonies l’Eglise Anglicane « /p 0 ri< 3 .

tous jour s aux Pauxbourgs de Babylone (14). E eU n iere $entre autres choses, qu’en raisonnant de cette ^ Gí -trouveroient par tout Babylonne. Voudriez vous J i eq)a ]nneve, leur demande-t-il (15) , à cause du pain J . „ p a ;,qu’on y regoit au Sacrement de la Cent (16) ? • • quitte„ tes un peu comparaison du lieu que vouS j a cra inte de„ avec celuy que vous avez choisi , & de po int p ar '

,, sembler vous repentir trop tost ne voU ®. un commun

„ tial en cest affaire. Là où vous estes V plustost "„ refuge de toutes sectes, de toutes lmre> ’us respiré„ n’y en a un meslange ; Au lieu-qu «T , tr ou-

„ soubs un air libre & serain de l’Evangst e > .. j rf iam S '

„ blé de cette odieuse composition du en la V e '

& Anabattisme , 6c là vous jyiveT^c^ y 0 us

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pimere de telles sectes, voire dc d’avantage.

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