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Tome second. C - I.
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ÍÎAMADRYADÈS. H A N N O N,

àvoit rien entre les natures mortelles qui vécut autant que cette forte de Nymphes (D), i-.es Poëteâont quelquefois pris les Hamadryades pour les Naïades ( L): ils ne s’assujettissoient point si exactementaux définitions de chaque espece, qu’ils ne les confondissent ensemble quand xls le jugement à propos.

phe l’avoit prié d'épargner. Cette Nymphe avoit vécu plu-sieurs siécles dans cet arbre. Nous avons vu ci-dessus fa su-plication. En voici la suite :

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VI *I. pag.

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Notez que le Poëte Stace fupose qùe leS demi Dieux sujetsà la mort ne vivent pas aussi long-tems que les arbres. II faitmention d’un bois qui avoit vu renouveliez ses Dryades 8cses Faunes, 8c que l’on pourroit comparer à ces vieux châ-teaux, qui ont servi de demeure aux peres.aux fils, aux pe-tit-fils, Lee.

Stat sacra senettd

Rumine, tiec solos hominum transgressa vettrnoïtrtur avos, Nymphas etiam mutafie super fie s,Taunorumque greges ( 22 ).

Il parle ailleurs un peu autrement; car il fupose quel arbremourroit fi l’Hamadryade cessoit de vivre.

Quìd te, qus. medi'ts fervata penatibtts, arhor,

1 e 6 la per ©• postes liquidas emergis inauras ?

6j uo non sub domino savas pajsura bipennes ?

Et nunc ignáro forsan vel lubrica Nais,

Vel non abrupt os tìbi demet Hamadryas annos (23).

Àu reste, il n’a pas été malaisé aux Gentils^ s’ìmaginerqu’il y avoit de cette espece de Nymphes; car ils concevoientdes sentimens de vénération 8c de religion pour les arbresqu’ils croioient être fort vieux, 8c dont la grandeur extraor-dinaire étoit un signe d'une longue vie (2,4). 11 n’étoit pasmalaisé de passer de là jusques à croire qu’ils étoientla de-meure d’une Divinité. On en fit une idole naturelle ,je yeuxdire que l’on se persuada que sans le secours des consécra-tions , qui fa isolent descendre dans les statues la Divinité àlaquelle on les dédioit, une Nymphe, une Divinité, s’étoitconcentrée dans ces arbres. Le chêne qu’Erysichthon coupaétoit vénéré pour fa grandeur, 8c pour fa vieillesse: on í’or-noit comme un lieu sacré; on y apendoit les témoignages dubon succès de fa dévotion ; 8c les monurnens d’un vœuexaucé.

Stabat in bis ingent annoso robore quercui

XJna, nemus : vit t a mediam memoresque tabella,

Sertaque cingebant, voti argumenta pottntis (2.5 ).

Se faut-il étonner qu’il ait été pris pour la demeure d’uneHamadryade ?

(E) Les Poètes ont quelquefois pris les Hamadryades pour lesNaïades.] C’est ce qu’a fait Properce en parlant des Nym-phes qui enlevèrent le mignon d’Hercule ( 26 ) : il les apelletantôt Hamadryades, tantôt Dryades, c’étoient néanmoinsles Nymphes d'ùne fontaine. Ovide tout au rebours apelleNaïades les Nymphes dont le destin dépendoit d’un arbre :

Naìda vulnerìbus succidit in arbore saSlisllla périt : fatum Naiados arbor erat (27).

Par occasion je remarquerai qu’il étoit encore plus ordinairede confondre réciproquement les Hamadryades 8c les Drya-

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Eam tamen ille

Incogìtate succidit per juvenilem petulantiam.

Quamobrem inutile deinde manupretium nymphàEt ipfi persolvit c? generi (15 ).

(-D) Il n y avoit rien . . . qui vécût autant que cette sorte, Nymphes.] Ausone nous aprend cela dans les "Vers que jem en vais copier, 8c qui font une Version du Grec d’He-siode :

Ter binos deciesque novem super exit in annos ,

3 ufla senescentum quos impies vita virorum.

Hos novies superas vivendo garrula cornix :

Et quater egredìtur comtois fecula cervus.

Alipedem cervum ter vincit corvus : es 1 illumMultiplient novies Phcenix, reparabilis ales.

Quam vos perpetùo decies pravertitis &voNymphe, Hamadryades : quarum longijstma vita est.

Ht cobibent fines vivacia fata animantum,

Catera secrètì novit âeus arbiter avtTempera (16).

Le Poème d’Hesiode où se trouvoit cettè doctrine ne subsis-te plus; maison en peut voir un Fragment dans un Traitéde Plutarque ; un Fragment, dis-je, qui ne contient que cinqVers. Raportons cet endroit-là de Plutarque selon la Versiond’Amiot ; nous y aprendrons qu’il y avoit des Paiens, quisoutenoient la mortalité des Divinitez du second rang. „ He-siode a le premier purement 8c distinctement mis quatre„ genres de natures raisonnables, les Dieux, 1 er Dtemons„ plusieurs en nombre 8c bons ,les demi-Dieux, 8c les Hom-„ mes. ... Il estime que les D tenions mesmes âpres cer-,, taines révolutions de temps viennent à mourir : car par-„ lant en la personne d’une Naìde ; il designe le temps au-i, quel ils vienent à définir,

j, Neuf hommes vit la corneille criarde-,

„ Le cerf autant quatre fois vif fe garde jj, Le corbeau noir fi longuement vieillit ,

„ §ue de trois cerfs les vies il emplit,

„ Et le Phénix de neuf corbeaux égale„ Les pours, mais vous, progenie Royale„ De Jupiter, Nymphes aux chefs plaisant j„ De dix Phénix vous fournissez, les ans .

des. II y a dans Y Hercules Oèteus ùne Scène où l’on a décrit;» Or ceux qui ne prenent pas bien ce que le Poëte á voulu les effets du chant d’Orphée. Òn y dit entre autres chosesentendre par ce mot Genean, c’est-a-dire l’âge de l’hom- que les Dryades quitant leurs arbres acouroient vers lui:

Et quercum fugiens suam ^

Ad vatem properat Dry as (z8);

Í1 y â quelque aparence qu’il s’agit là de ces mêmes Nym-phes qui naissoient 8c qui moúroient avec un arbre, & qu’àproprement parier on nommoit Hamadryades, 8c non pasDryades. La tradition ne portoit pas constamment que cesNymphes-là ne fe pussent détacher jamais de leurs arbres,non pas même pour quelques momens. Ainsi Seneque a pusuposer qu’elles les quitérent pour aller entendre le chantd’Orphée. Notez que Servius s’est trompe, lors qu’il a cruque le Poëte Stace a parlé des Hamadryades dans ces Versdu VI Livre de la Thébaïde :

Linquunt fientes dileéla locòrumOtia, can a Pales, Silvanusque arbiter umbrst ,Semideumque pecus, migrantibus adgemit illisSilva, nec amplexs dìmittunt robora Nymphe. ( atj).

II est sûr que les Nymphes,dont il s’agit là .étoient celles quel’on apelloit proprement Dryades, 8c qu’ainsi Servius a eútort d’apliquer le nec amplext dimìttunt robora Nymphe auxilamadryades, dont il venoit de donner le caractère par cesparoles, Hamadryades cum arborìbus & nascuntur er pereunt,unde plerumque, casa arbere, sanguis emanat (30). Barthius n’apoint aperçu l’erreur de ce Grammairien, quoi qu’il alléguéun Passage qui étoit fort propre à la lui faire conoître. P ul-tra notatio in Commentario Àntiquo, dit-il (31), Dimittunt.lNon cum effectu ìntellige, dimittúnt enim omnino ,quamvissero dimittant. Sed diuturnitatem manifestai amoris.non abs-cessisse Nymphas, nisi penitus prostratis arboribus. Siç solemusdicere : Ille modum non facit plorandi, non facit alius finemrìdendî, cum diutius rideat aut fleat. Ces paroles ne montrent-elles pas clairement, que Stace ne parle point de la même es"pece de Nymphes que Servius a définie, 8c qui moúroientnécessairement lors que leurs arbres etoient coupez ?

(12! StatmsïTheb L.lr.VI, Vers. sL

me,

> font monter ceste somme de temps à un grand nom-„ bre d’années, car ce n’est seulement qu’un an, de maniéré„ que la somme totale ne vient à faire que neuf-mille-sept-„ cens 8c vingt ans, qui est la durée de la vie des Damons.

„ Et y a plusieurs des Mathématiciens qui la font plus courte„ que cela. Pindare mesme ne la fait pas plus grande quand,, il dit, que les Nymphes ont la destinée de leur vie égale,, aux arbres, 8c que c’est pour cela qu’on les apelle Ama-» dryades, pource quelles naissent 8c meurent avec les ches-,, nés (17) ” Plutarque,mérite quelque censure, pourn’a-voir pas raporté le Vers où Hésiode márquoit lá durée dé lavie humaine, car c’étoit la base de tous les calculs suivans. jepuis sirposcr qu’Hesiode avoit marqué cette durée, puis queson Traducteur commence par dire que l’âge de l’hommecomprend 90 ans. Cette mesure étant une fois posée, oripeut suputer combien vivent les cerfs, les corbeaux, 8cc; 8cl’on trouve que la corneille vit 864 ans, le cerf 3456,1e cor-beau 10368, le phénix 93312, 8c l’Hamadryade, neuf censtrente trois mille cent vingt. Tout cela est ridicule, 8c Pli-ne a raison de le rejetter comme fabuleux. De spath atquelonginquitate vita homìnum, non locorum mode fiius, vtrumexempta, ac sua cuique sors nafiendi incertum fecere. Hefio-dus , qui primus aliqua de hoc prodidit ,fabulose (ut reor) mul-ta de hominum avo referens, cornici novem nostras attributsatates , quadruplum ejus cervis, id triplicatum corvis. Et re-liqua fabulofius in phoenice, ac Nymphis (18). Quand on ré-duirait la chose à la plus petite suputation, qui est celle de nedonner qu’une année à l’âge de î’hqmme (19), on trouve-toit fausse la doctrine d’Hesiode à l’égard des Hamadryades :elles ne peuvent vivre qu’autant que les arbres; or il n’y apoint d’arbre qui puisse vivre 9720 ans. Ce que Pline rapor-ke de la longue vie de quelques arbres (20), ce que d’autresdisent du chêne de Mamré ( 21 ), cent contes de même na-ture, quand ils feraient aussi véritables qu’ils font douteux,ue prouveraient rien contre moi.

(r;l hlemiSilva 111Lìbr. l yVers, 59 »p. w. 14» lí«

(24) knnitihìJìctct sacrosvtîftfíate lt*~C 9 s adoremttiin quìbusgrandi* Ò*antìcfua robo-ra }am nontantam ha-béni fptcitmiquantum relí •giontm»Quintil.

Libr, X 9 Otpám.

47 !.

(a;j Ovid.Metam.Libr. VIII,

Vers. 746.

(26) Tro-peit. Bltg.XX Libri Ù

(27) Ovî*J

dius, Fait,Libr. IV,F. 131 ,

(íSl Scnecs,*in Herc.Oeteo, Version , pag,m. Z 22»

(.29) Stariu*,'Theb. Libr.VI,Vers. uo,'fog. m. 2Z4.

(30) Sèrviuíin AEneid.Libr. III ,Vef. 34.

(31.) Barth.in StatUTheb. Libr,VI, Vers. u J,pog. 3«9To mi 11L

t«l y .

HANNON General des Carthaginois fut chargé de faire le tour de ? Afrique (a)dans l’Océan p ar l e détroit que nous apellons de Gibraltar, 6c découvrit plusieurs pais / ’h jcontinue fa Navigations si les vivres ne lui eussent manqué. Onkdoirns.irae ^ ì%

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tome si vivres ne lui eussent manqué. Quelques-uns assurent

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II entra11 eûtqu’il l’acheva(A),

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